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Full text of "Histoire naturelle des oiseaux"

HARVARD UNIVERSITY. 




J^ 1 H R A I^ V 



MUSEUM or OOMPAEATIVE ZOÔLOGY. 

GIFT OF 

THEODORE LYMAN 

OF THE 

Clans of lBf55. 



'éac^^^/^f^, 



: V.L!^i.- -^ 



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f<.^'*-yu^t*.*^ , I^ 



m 



HISTOIRE 

NATURELLE 

DES OISEAUX. 



Tome Seizième. 



HISTOIRE 

NATURELLE 

DES OISEAUX. 



Tome Seizième. 




A PARIS, 

Suivant la copie m -4.» 

DE L'I MPRIMER IE ROYALE. 
M. Dec. LXXXI. 



V 

I 

^^ ■! II. .1. . . I ■ ■ . ■* 

TABLE 

De ce qui eft contenu dans 
ce Volume. 

Le Pélican. ...... Page r 

Kariétés du Pélican 35 

Le Pélican brun. Première variété» 

37 

Le Pélican à bec dentelé. Seconde 

variété ,. 41 

Le Cormoran. . . , 43 

Le petit Cormoran ou le Nigaud. 

57 
Les Hirondelles de mer. 6j 

Le Pierre-garin ou la grande Kiron- 
délie de mer de nos côtes. Première 
efpèce 75 

La petite Hirondelle de mer. Seconde 
efpèce 84 

La Guiffette. Troifième efpèce. 87 
Oifeaux, Tome XFL a 



V) TABLE. 

La Guiffette noire ou VÉpouvtntail. 
Quatrième efpèce 9^ 

Le Cachet. Cinquième efpèce. . 93 

L'Hirondelle de mer des Philippi- 
nes. Sixième efpèce.. 9^ 

L'Hirondelle de mer à grande en- 
ver gare. Septième efpèce. ... 97 

La grande Hirondelle de mer de 
Cayenne. Huitième efpèce. lOO 

VOisEAu DU Tropique ou le 
Paille - EN-QUEUE. loz 

Le grand Paille-en'queue.'Premîhre 
efpèce III 

Le petit Paille -en- queue. Seconde 
efpèce 113 

Le Paille- en- queue a brins rouges.. 
Troifième efpèce 1 16 

Les Fous 119 

Le Fou commun. Vremicre efp. 133 
Le Fou blanc. Seconde efpèce. 137 
Le grand Fou. Troifième efp. 139 
Le petit Fou. Quatrième efpèce. 142 
Le petit Fou brun. Cinquième ef- 
pèce 143 

Le Fou tacheté. Sixième efpèce. 144 
Le Fou de Bajfan. S^pticme efp. 145 



TABLE. vij 

La Frégate 15^ 

Les Goélands & les Mouet- 
tes. 168 

Le Goéland à manteau noir. Pre- 
mière efpèce 187 

Le* Goéland à manteau gris. Seconde 
efpèce 189 

Le Goéland brun. Troiiîème efp. 193 

Le^ Goéland varié ou le Grifard. 
Quatrième efpèce 200 

Li Goéland à manteau gris '-brun 
ôû le Bourgmejire. Cinquième 
efpèce 208 

Le Goéland à manteau gris & blanc. 
Sixième efpèce 213 

La: Mouette blanche. Première ef- 
pèce.. • .-,.•.• 215 

La Mouette tachetée on le Kutgeghef, 
Seconde efpèce. 218 

La grande Mouette cendrée ou 
Mouette à pieds bleus, Troifième 
efpèce 22^ 

La petite Mouette cendrée. Quatriè- 
me efpèce 227 

La Mouette rieufe. Cinquième ef- 
pèce 232 



viij TABLE. 

La Mouette d'hiver. Sixième éfpèce^ 

338 

Le Labbe ou le Stercoraire. 

Le Labbe a longue queue. i^<^ 
L'An HINGA 455 

L'Anhinga roux x6o 

Le Bec-en-ciseaux. . . x6t 

Le NoDDi 172, 

L'Avo cette 179 

Le Coureur z88 

Le Flammant ou le Phéni- 

coptère x^z 

Par M. DE BuFFON. 



HISTOIRE 



;«.':;•' •::<;><:>y;.*w;:w>.;>;;:w: 







HISTOIRE 

NATURELLE. 

"^ LE PÈLICAN(a). 

jLiE Pélican eft plus remarquable; 
plus intéreffant pour un Naturalifte par 
la hauteur de fa taille j & par le grand 



* Voyeilts planches eniuminées, n,^ 87. 
(a) En Grec , o'yojcpoTûtxoç, n«xs«;àva?, dans 
Opien , n5Xs;c/voç; en Latin, onocrotalus; & ea 
ancien Latin , trno , fuivant Verrlus Flaccas & 
Fefliis ; en ancien François , lîpane , félon Cotgrave 
& Béïon; en Hébreu, hakik ; en Chaldéen, catha ; 
en Arabe, kuk & alhaufal , c'eft-à-dire , gojier ; 
en Perfan, kik ( Aidrovande), tacab ^ c'eft-à-dire^ 
porteur d'eau ; & mi fi , mouton , à canfe de fa grof- 
feur ( Chardin ) ; en Égyptien , be^as ou gemd- 

OifeauXj TomcXFL A 



z HlJIoire Naturelle 

fac qu'il porte Tons le bec , que par la 
célébrité fabuleufe de fon nom, confa- 
cré dans les emblèmes religieux des peu- 
ples Tgnorans j on a repréfenté fous fa 



t! bahr ( chameau de la rivière. Vanfleb ) ; en 
Turc ^ fac kagufi/i; dans l'ancienne Langue vandale, 
hukriei ( Wolfang. Lazius ) ; en Efpagnoi, groto; 

^en Italien, agrotto ; à Rome, triio ; & vers Sienne 
& Mantoue , agrotti; dans les Alpes de Savoie, 

gocttnufe y à caufe de fa poche , fembliible au 
goètre , auquel les habitans de ces cantons font 
fujets; en Anglois^ pelecane ; en Allemand, meer- 
gans , fihnée- gans ; & en Autriche, ohrhi^ogel, en 
Polpnois, bai, bak cnd^oiiemski ; en Rufle, baba; 
en Grec moderne, touèano (Spor\. Voy. enDalmat.) 
aux îles d'Amérique, & dans les relations, ^ra//i 
gofier; en Mexicain, atototl; & par les Efpagnols 
des Indes, alcatrai ; aux Philippines, pagala; par 
les nègres de Guinée, fokko;en Siamois, uoktho. 

Pélican. Bélon , Kat. des Oifeaux^ page 153, 
avec une mauvaife figure, page 154. — Pélican, 
livane. Le même, Portrait d'oifeaux , page 30, 3, 
même fig. — Onocwtalus. Gefner, Jvi. pag. 630, 
avec une figure peu exade , répétée , Icon. Av'u 
pnge 94. — Onosjotalus feu j)elecanus. AldrovAude , 
jivi. tom. IJI, pag. 42, avec de mauvaifes 
figures, pages 48 & 49. — Willughby , OrnlthoL 
pag. 246. — Ray , Syiwpf jivi. pag. 121 , n.^ i. 
— Jonrton , Jvi, pag. 91. — Marfigl. Danuô, 
tome V , page 74 , tab. 35. — Onocrotalus Ams, 
Bomius, Ind, orient, page 67. — Onocrotalus tm^. 



du Pélican. ) 

figure îa tendrefle paternelle, fe déchi- 
rant le fein pour nourrir de fon fang fa 
famille latiguiffante , mais cette fable 
que les Egyptiens racontoient déjà du 
vautour (b)j ne devoit pas s'appliquer 
au pélican qui vit dans Tabondance (cj^ 
& auquel la Nature a donné de plus 
qu aux autres oifeaux pêcheurs une grande 



Schwenckfeïd , Avi. SUef, page 311. — Piancus 
gulo , Onocrotalns albus, Klein, AvL pag. 124, 
n.^ I. — Onocrota/us. Charleton, Exercit, pag. 100, 
li.^ I. 'Onomait. pag. 94, n.^ i* — Moehring^ 
yft'i. Gen. 65. — Onocwtalus Plirdo ^ pelkanus Bel- 
lonio y Aldrouando ; truo feflo, Rzaczynski , Hijî. nat» 
Folon. pag. 288 Idem , Audtuar, page 399. — 
Peiecanus gulâ ficcatâ Onocwtalus, Linnce^^s ^ Svfi, 
nat, éd. X, Gen. 66^ Sp. i. — Alcatrax, Nie- 
remberg, pag. 223. •— AtototL Hernandez, page 
673. — Pélican. Ancie.is Mémoires de i'Acadé- . 
mie des Sciences, tome III, partie m, pag. 189, 
avec une figure exade. — Edwards , tome I I ^ 
page 92 , avec une beiie figure. — OnoLvotalus 
albus , ai carneum coloram non mhil inclinans ; remi^ 

gibus majoribus nigris ; re&ricibus canddis 

Onocrotalus. BrilTon^ OrnithoL tome V'Ijpag,5i9, 

(b) Voyei Crus Apol'o. 

(cj Saint- Augultin & Saint Jérôme, paroilTent 
être ies auteurs de i^'application de cette fable j» 
originairement égyptienne, au pélican. Fid. Exerpu 
ex Rieronim* apud Lu^um de oln^t. in Pf» loi, 

Aij 



4 Hifîolre Naturelle 

poche dans laquelle il porte & met eii 
réferve Tamplc provifion du produit de 
fa pêche. 

Le pélican égnic ou même furpafle 
en grandeur le cigne (^dj j 8c ce feroit 
le plus grand des oifeaux d'eau fej, 
il Talbatroffe n étoit pas plus épais , & 
fi le flamant n'avoit pas les jambes beau- 
coup plus hautes s le pélican les a au 
contraire très-baffes, tandis que fes ai- 
îes font fi largement étendues, que Ten* 
vergure en efl: de onze ou douze pieds (f). 



(d) M. Edwards eftime cefui qu^il décrit du 
double plus grand & plus gros que le cygne. 
Celui dont parle Eilis , étoit, dit- il , deux fois 
plus fort qu'un gros cygne. Voyage à la baie d'Hud- 
fon> tome I y page 52. 

(e) « Je partis le 2 odobre pour me rendre 
» à i'île de Griel , par ce canal qui eft paralèlie 
M au bras principal du Niger. ... il étoit tout 
») couvert de pélicans ou grands gofiers , qui fe 
M promenoient gravement comme des cygnes fur 
»» les eaux; ce font, lc.ns contredit, après Tautru- 
che , les plus grands oifeaux du pays. » Adanfon , 
Voyage an Sénégal, page 136. 

(fj Les pélicans décrits par M.^^ Je PAcadé- 
îiiie des Sciences , avoient onze pieds d'enver- 
gure, ce qui eft, fuivant leur remarque, le double 
des cygnes ^ des aigles. 



du Pélican. f 

îl fc foutfent donc trcs-aîfément & très- 
long- temps dans Tair , il s y balance avec 
légèreté & ne change de place que pour 
tomber à-plomb fur fa proie , qui ne 
peut échapper , car la violence du choc 
Sf^h grande étendue des ailes qui frap- 
pent & couvrent la furface de Teau , la 
font bouillonner 5 tournoyer (^gjj Se 
étourdiffent en même temps ie poiflon, 
qui dès-iors ne peut fuir j c'eft de cette 
manière que les pélicans pèchent lorf- 
qu'ils font feuîs ("h ) ; mais en troupes 
ils favent varier leurs manœuvres Se agit 
de concert 5 on les voit fe difpofer eu 
ligne & nager de compagnie en formant 
yn grand cercle quils reiTerrent peu-à- 
peu pour y renfermer le poiffon (^iji 
êc fe partager la capture à leur aife* 
Ces oifeaux prennent , pour pêcher , 
les heures du matin & du foir où le 
poiflbn eft le plus en mouvement , & 
choifîlTent les lieux ou il eft le plus 

Cg) Petr. martyr. Nov. Orb. Dccad. I , lib. VI, 
fà) Voyei Labat , Dutertre. 
(ij Adanfon, Voya^Q au Sénégal, page 136* 

A iij 



6 Hifîoire Naturelle 

abondant -, cef\ un fpeârac le de les voir 
rafer Teau , s'élever de quelques piques 
au-defliis , & tomber le cou roide & 
leur fac à demi- plein , puis fe relevant 
avec effort retomber de nouveau ( k) ^ 
& continuer ce mnncge jufqu'à ce qfle 
cette large beface foit enticrement rem- 
pire 5 ils vont alors manger & digérer à 
Taife fur quelques pointes de rochers, 
où ils reftent en repos &: comme aflou- 
pis jufqu'au foir ( l ). 

Il me paroît qu'il feroit poffible de 
tirer parti de cet inftindl du pélican , 
qui n avale pas fa proie d'abord 5 mais 
Taccumule en provifion , & qu'on pour- 
roit en faire , comme du cormoran , 
un pêcheur domeftique *, & Ton affure 
que les Chinois y ont réufïï (m). La- 
bat raconte auffi que des Sauvages avoient 
dreffé un pélican qu'ils envoyoient le 

(kj Nieremberg, Eifl, nat. Ub. X, pag, 223. 

(IJ l^oyei Labat, Dutertre. 

(m) Voye-^lt Voyage de Pirard ; Pars, 1619, 
$oine I » page 376 ^ mais Pirard fe trompe on fe 
perfuadant que cet oifeau ne fe voit qu'à la 
Chine. 



du Pélican. 7 

matin après lavoir rougi de rocou, & 
qui le forr revenoit au carbet le fac 
plein de poillons qu'ils lui faîfoient dé- 
gorger (nj. 

Cet oîfeau doit être un excellent na- 
geur 5 il eft parfaitement palmipède j 
ayant les quatre doigts réunis^ par une 
feuîe pièce de membrane , cette peau & 
les pieds font rouges ou jaunes fuivant 
l'âge (^o J. Il paroît auflî que c'eft avec 
l'âge qu'il prend cette belle teinte de 
couleur rofe tendre & comme tranfpa- 
rente ^ qui femble donner à Ton piu-. 
mage le luftre d'un vernis. 

Les plumes du cou ne font qu'un du- 
vet court , celles de la nuque font plus 
alongées 5 & forment une efpèce de 
crête ou de petite huppe fpj; la tête 



( nj Nouveau Voyage aux îles de rAmérique> 
tonie VIII y pagz 296. 

Xo) Aidrovande. 

(p) C'efl ce que Béfon exagère dans fa figure , 
en lui donnant un panache qu'il compare mal-à- 
propos à celui du vanneau ; en quoi Gefner & 
Aidrovande Pont fuivi dang les leurs. Celle de 
Gefner eft encore plus vicieufe , en ce qu'elle 
porte cinq doigts, 

A iv 



8 Hijloin Naturelle 

eft aplatie par les côtés -, les yeux font 
petits & placés d^ins deux larges joues 
nues 1 la queue eft compofée de dix- huit 
pennes *, les couleurs du bec font du 
jaune & du rouge-pâle fur un fond giîs, 
avec des traits de rouge-vif fur le milieu 
& vers rextrémité , ce bec eft aplati cn- 
deflbs comme une large lame relevée 
d'une arête fur fa longueur , & fe ter- 
minant par une pointe en croc \ le de- 
dans de cette îanv? , qui fait la mandi- 
fculc fjpérieure, préfente cinq nervures 
Taillantes , dont les deux extérieures for- 
ment des bords tranchans -, la mandibule 
inférieure ne confifte qu'en deux bran- 
ches flexibles qui fe prêtent à Texten- 
lion de la poche membraneufe qui leur 
eft attachée , & qui pend au - deflbus 
comme un fac en forme de nafle. Cette 
poche peut contenir plus de vingt pintes 
de liquide (q) ; elle eft fi large & Ç\ 
îongue, qu'on y peut placer le pied (r) ^ 

(q ) t« La longueur du bec du pélican que je 
j) mefurai , étoit de plus d'un pied & demi , & 
j» fon liK contenoit près de vingt - deux pintes 
d*eau. »» Adanfon, Voyage au Sénégal , pagt 136, 

(tJ Bélon. 



du Pélican. 9 

où y faire entrer le bras jufqu'au coudeYj ). 
Ellis dit avoir vu un homme y cacher 
fa tètQ (t); ce qui ne nous fera pourtant 
pas croire ce que dit Sanciius (u) y 
qu'un de ces oifeaux laifla tomber du 
haut des airs un enfant nègre qu'il avoit 
emporté dans fon îzc. 

Ce gros oifeau paroît iufceptible de 
quelqu éducation , & même d'une cer- 
taine gaieté malgré fa pefanteur (x): 
iî n'a rien de farouche, & s'habitue va- 



(f) C/efner- ' 

(t) Tome I, page 52. 

(u) Dans Aldrovande, tovit III, pa^. ^o, 

(x) Cefl un oifeau gai,, hetîé Ef vioge. Bélorî. 
C^toit une chofe divertilTante à voir iorfque noust* 
pouffions & animions contre iui des ieunes u 
garçons ou bien nos chiens, comment il* favoit t« 
admirablement bien fe mettre en état de dé- <« 
fenfe , fe jetant avec beaucoup d'impétuofité a 
fur les chiens ou fur ies jeunes garçons & les u 
frappant fort joliment avec fon bec , que ceux- u 
ci repouffoient de même; de forte qu'on auroit « 
dit qu'on battoit deux morceaux de bois Pun « 
contre î*autre , ou qu'on jouoit avec des cli- « 
quettes. »> l^oyage m Guinée , par Guillaume B&p 
vmn; Umcht, 1^0^, Utm XK 

Ay 



1 Bijlûire Naturelle 

îontrers avecThomme {^y J. Béîori en vît 

un dans Tîle de Rhodes, qui fe prome- 
noit familièrement par la vilie ( :( ) j Se 
Culmann , dans Gefner , raconte Thiftoire 
fameufe de ce pélican qui fuivoit TEni- 
pereur Maximilien , volant ilir Tarmée 
quand elle étoit en marche , & s'élevant 
quelquefois iî haut , qu'il ne paroiffoit 
plus que comme une hirondelle, quoi- 
qu'il eût quinze pieds ( du Rhin ) , d'un 
bout des ailes à l'autre. 

Cette grande puifTance de vol feroit 
néanmoins étonnsnte dans un oifeau qui 
pèfe vingt -quatre ou vingt -cinq livres, 
/î elle n'étoit merveilleufement fécondée 
par la grande quantité d'air dont fon 
corps fe gonfle , & auiïi par la légèreté 
de fa charpente *, tout fon fquelette ne 
pèfe pas une livre & demie ( a)^ les 



^vj Rzaczynski 'parle d'un pélican nourri pen- 
dant quarante ans à la Cour de Bavière, qui fe 
plaifcit beaucoup en compagnie , & paroiiïbit 
prendre un piaifir finguiier à entendre de la 
mufique. Au&uar. pag, 399. 

flJ Obrervation, pa^e ^jg, 

(a) Anciens Mémoires de l'Académie des 
Scieaces, tomt lll , part, ui , page 198. 



du Pélican. 1 1 

os en font fî minces qu'ils ont de la 
tranfparence , & Aldrovande prétend 
qu'ils font fans moeie ( bj. Ceft fans 
doute à la nature de ces parties folides 
qui ne s oiïîfient que tard , que le Péli- 
can doit fa très -longue vie (c) ; Ton 
a même obfervé qu'en captivité il vivoit 
plus long-temps que la plupart des autres 
oifeaux ( d J, 

Au refte, le pélican , fans être tout- 
à - fait étranger à nos contrées , y eft 
pourtant aflez rare , fur-tout dans Tinté- 
rieur des terres. Nous avons au Cabinet 
les dépouilles de deux de ces oifeaux , 



(b) Tome III ^ page 51. 

(cj Turner parle d'un pélican privé, qui vécut 
cinquante ans. On conferva pendant quatre-vingts, 
celui dont Cuimannus fait i'hiltoire , & dans fa 
vieilIeîTe il étoit nourri , par ordre de i^Empe- 
reur, à quatre écus par jour. 

(d) D'un grand nombre de pélicans nourris 
à la Ménagerie de Verfailles , aucun n'eft mort 
pendant Pefpace de douze ans, durant iequeï 
temps , de toutes les efpèces gardées à la Ména- 
gerie , il n'en elt aucune dont il ne foit mort 
quelque animal. Mémoires de T Académie des Sciences^ 
cités j)lus haut, page 191. 

Av) 



1 1 Hijloirc Naturelle 

lun tué en Dauphrné , & l'autre (ur la 
Saône Ce y): Gefncr fait mention d'an 
qui fut pris fur le lac de Zurich, & qui 
fut regardé conime un oifeau inconnu (f). 
ÏI n efl: pas commun dans le nord de 
l'Allemagne fg ) ; quoiqu'il y en ait un 
grand nombre dans îes provinces méri- 
dionales qu'arrofe le Danube ( hj ; ce 
féjour fur le Danube cft une habitude 
ancienne à ces oifeaux , car Ariilote les 
rangeant au nombre de ceux qui s'at- 
troupent fij j dit qu'ils s'envolent du 
Strymon, & que s'attendant les uns les 
autres au paflage de la montagne , ils 
yont s'abattre tous enfemble & nicher 



(e) M. de Piolenc nous mande qu'il en a tué 
un dan^s un marais prés d'Arles; & M. Lortin- 
ger un autre fur un étang entre Dieuze & Sar- 
lebourg. 

(fj Voyei Aidrovande, tomt III j pag. 51. 

(gj Avis peregrina. , . . rard has terras fré- 
quentât, . . . anno 15B5 , Uratiflaviie ^nocrotalus 
Captus fuit. Schwenckfel, pag. 312. 

(hj Rzaczynski. 

( ij G régales aves funt grus , oîor ^ pelccan. Wiff* 
Mnimal. lib. Vill, cap. xij. 



du Pélican. i $ 

fur îes rives du Danube ( k). Ce fleuve 
& le Strymoti , paroiffent donc limiter 
îes contrées où ils fe portent en troupes 
du Nord au Midi dans notre continent, 
& ceft faute davoir bien connu leur 
route que Pline les fait venir des extré* 
mités feptentrionaîes de la Gaule ( l) ; 
car ils y font étrangers , & paroiiTent 
rêtre encore plus en Suède & dans les 
climats pius feptentrionaux , du moins 
il Ton en juge par le filence des Natu- 
raliftes du nord (m) ^ car ce quen dit 
Oiaiis Magnus , n'eft qu'une compilation 
mal digérée 5 de ce que les Anciens ont 
écrit fur Vonocrotale , fans aucun fait 
qui prouve fon pafiage ou fon féjour dans 
les contrées du nord. Il ne paroît pas 
même fréquenter l'Angleterre , puifque 



(k) Etpelecanes (^ que Scaliger & Gaza rendent 
mai par plateau ) loca mutant^ volantque à Sîrymone 
fiuvio ad Daiiubium y atque ibi pariant ; uniperfc 
abeuiit ; expedtan turque à prioribus poflerîores > prop* 
tereà quud priorum profpedtus fuper volanrÀum montist 
çbje&u intercipîtur poflerioribus, Ariftot. Zoco citato^ 

(l) Hift. Nat. lib. X. 

(raj Linn5ei\?, MuUer, Brunnidw 



ï 4 Hijloire Naturelle 

ïes auteurs de la Zoologie Britannique 
ne le comptent pas dans le nombre de 
leurs animaux bretons , & que Charletou 
rapporte qu on voyoit de Ton temps dans 
îe parc de Windior des Pélicans envoyés 
de Ruflîe fnj. Il s'en trouve en effet, 
& même alTez fréquemment fur les lacs 
de la Ruiïie rouge & de la Lithuanie , 
de même qu'en Volhinie , en Podolie 
& en Pokutîe , comme le témoigne 
Rzaczynski(^Oy^,- mais non pas jufque dans 
îes parties les plus feptentrionales de la 
Mofcovie 5 comme le prétend Ellis. En 
général 5 ces oifeaux paroiffent appartenir 
fpécialement aux climats plus chauds que 
froids. On en tua un de la plus grande 
taille & qui pefoit vingt-cinq livres dans 
rîle de Majorque, près de la baie d'Al- 
cudia, en juin ijj^fpj; il en paroît 
tous les ans régulièrement fur les lacs de 
Mantoue & d'Orbitello ^qj ; on voit 



fnj OnomaJIicon Zoïcum. pag, 94. 
(0) Andtuar. pag. 399. 

(p) Journal hiliorique & politique^ 10 juil- 
let 177?. 

(qj Bélon , Is'aiurt des Oifcaux,pa§e 155. 



du Pélican. i f 

dViIîeurs par un paffage de Martial, que 
les pélicans étoient communs dans ie 
territoire de Ravenne(^ry>. On les trouve 
aufîî dans TAfie mineure (fj^ dans îa 
Grèce (tjj 8c dans plufieurs endroits 
de la mer Méditerranée & de la Pro- 
pontide('uJ; Béion a même obfervé leur 
paffage étant en mer 5 entre Rhodes & 
Alexandrie -, ils voloient en troupes du 
Nord au Midi , fe dirigeant vers l'Egyp- 
te (^;\: y), & ce même Obfervateur jouit 



frj Turpe Ravennatis guttur ouocrotali, Mart, 

(f) a Des onocrotaîes fe nourriiTent dans un 
lac qui eft au-defius de îa vilie d^Antioche. >? 
Béfon , Obfermtions ^ page i6l. 

ftj a Nous tuâmes à coups de pierre ( aux 
environs de Patras ) un de ces gros oifeaux qwe « 
nous appelons pélican; les Latins oiwcrotali, &« 
les Grecs modernes toubano; je ne fais fi c'étoit « 
le froid qui Pempêchoit de voler; il a un fac a 
fous le bec où nous fîmes entrer- plus de « 
quinze pots d^eau ; auffi les Grecs difent qu'il u 
va porter de i'eau dans les montagnes aux u 
petits oifeaux. li eft fort commun en ces quar- « 
fiers- là, auffi r bien que du côté de Smyrne. >» 
Voyage en Dalmatit , par Jacob Spon & George 
Vuheler ; Lyon, 1678, tome 11^ page 41. 

(aj Bélon 5 Nat. des Oifeaux, page 153. 

(x) Idem 5 Obfiryadons , page 90. 



I 6 HiJIoire Naturelle 

une féconde fois de ce fpedacle vers les 
confins de TArabie & de laPaleftinefyy). 
Enfin les Voyageurs nous difent que 
les lacs de la Judée & de l'Egypte , les 
rives du Nil en hiver , & celles du Stry- 
nion en été , vues du haut des collines , 
paroifTent blanches par le grand nombre 
de pélicans qui les couvrent (^':iJ. ' 

En raflemblant les témoignages des 
difFérens Navigateurs, nous voyons que 
les pélicans fe trouvent dans toutes les 
contrées méridionales de notre continent, 
& qu'ils fe retrouvent avec peu de dif- 
férences & en plus grand nombre dans 
celles du nouveau monde. Ils font très- 
communs en Afrique fur les bords du 
Sénégal & de la Gambra > où les Nègres 
leur donnent le nom de pokkofa);h 



(y) Idem, ibid. page 139. « Lorfque payions 
■») par la plaine de Rama, les voyons pafTer deux 
99 a deux comme cygnes , volans allez bas par- 
99 deflus nos têtes; combien qu'on les voye voler 
aufli en groffes troupes comme des cygnes. » 
Bélon , Nat, des Oif pag, 155. 

(x) Idem, ibid. pag, 154. 

(a) Relation de Moore. BiJlQm générala d^ 



du Pélican. i 7 

grande langue de terre qui barre lem- 
bouchure de îa première de ces rivières ^ 
en efl; remplie (b) ; on en trouve de 
même à Lcango . & fur les côtes d'Anr 
gola ( cj j de Sierra Lcon^fdjSc de 
Guinée fej; fur la baie de Saldana ils 
font mêlés à la multitude d'oifeaux qui 
femble remplir lair Se la mer de cette 
plage ffj. On les retrouve à Madagaf- 
car (g) j à Siam (hjj à la Chine (^i^. 



Voyages j tome III y page 304. — Voyage de ïe 
Maire aux Canaries; Paris, lôg^^-page 104. 

( bj Hiftoire générale des Voyages, tome II, 
page 488. Relation de Brue. 

fe) Relation de Pigafetta , page 92 ; mais 
MeroIIa fe trompe en p renant pour des péiicans, 
certains oifeaux noirs , dont il vit grand nombre 
fur la route de Singa. Foye^ fon Voyage^ pag. 636* 

(dj Hiftoire générale de5 Voyages, tome III ^ 
page 226, Relation de Finch. 

fej Voyage de Degenes; Paris , 1698, p, 41. 

ffj Kiftoire générale des Voyages , tome II, 
fage 46. Relation de Dounton. 

(gj Voyage de François Cauche; Paris, 16^1, 

(hj Second Voyage du P. Tachard , dans 
î'Hiftoire générale des Voyages, tome IX, pag&, 
311. 

(ij Voyei Pirard , cité plus haut. 



1 8 Hijloîre Naturelle 

aux îles de la Sonde ( k) &c aux Philip- 
pines ( l)^ fur- tout aux pêcheries du 
grand lac de Manille (m). On en ren- 
contre quelquefois en mer( nj; & enfin 
on en a vu fur les terres lointaines de 
Tocéan Indien , comme à la nouvelle 
Hollande (^ojjy où M. Cook dit qu'ils 
font d'une grofî'eur extraordinaire (^/? y). 

En Amérique 3 on a reconnu des péli- 
cans depuis les Antilles ("q J Se h terre- 



fkj In iittoribus Jav<e & circnmjaccntium infw 
larum. Pifon , Hifl, uat. lié. V y pag. 69. 

(l ) Tranf;^ (fiions philofophiques , Numéro 285. 

fmj Sonnerat , Voyage à la nouvelle, Guinée. 

( n ) t* Le 13 décembre , après avoir palTé îe 
» Tropique , plufîeurs oi féaux nous vinrent vifîter ; 
?) il y en avoit quantité de ceux qu'x)n appelie 
grand go/ier, » Voyage de le G uat ; Amfterdam , 
1708. tome /, page 97. 

(o J Hiftoire générale des Voyages, tome XI, 
page 221. 

(p) Premier Voyan;e , tome IV, page iio ; 
6* tome III j pages 360 &* 363. 

( g J Dutertre, Labat, Sloane. a If y eut, en 
M 1^^565 au mois de feptembre , une grande mor- 
») talité de ces oifeaux, particulièrement des jeunes; 
» car toutes les côtes des îles de Saint- Aloufie , 
»> de Saint- Vincent > de Becouya , & de tous les 



du Pélican. i 9 

ferme (r) j Tlfthme de Panama (^f) & 
îa baie de Campèche f tj ^ jufqu'à la 
Loiiifîane fuj & aux terres vciiines de 
îa baie d'Hudfon ( x ). On en voit auffi 
fur les îles & les anfes inhabitées près 
de Saint- Domingue ( 'j ) i & en plus 
grande quantité fur ces petites îles cou- 
vertes de la plus belle verdure 5 qui 
âvoiiinent la Guadeloupe , & que diÔé- 
rentes efpèces d'oileaux femblent s'être 
partagées pour leur fervir de retraite : 
Tune de ces îles a même été nommée 
\ilc aux grands go fier s ( X^)* lis grofif- 
fent encore les peuplades des oifeaux 
qui habitent Tîle d'Aves (a) ; la côte 



Grenadins ^ étoient bordées de ces oifeaux morts.» 
Duterm, HiJIoire général & des Antilles, tom& II ^ 
^age 271. 

(rj Ovîedo. 

ffj Wafer. 

f tj D.impier, tome III, page 316. 

(uj Hiftoîre générale des Voyages, tome XIV, 
page 456. 

fx) Ibidem , page 663. 

CyJ Note communiquée par M. le chevalier 
Deshayes. 

(ij Dutertre. 

[aj Labat, tome VlIIj page 28» 



lo HiJIoire Naturelle 

très - poiffonneufe des Sambales les attire 
en grand nombre {bj; & dans celle 
de Panama on les voit fondre en trou- 
pes fur les bancs de fardines que les 
grandes marées y pouffent , enfin tous 
îes écueils & les îlets voifins font cou- 
verts de ces oifeaux en fi grand nom- 
bre 5 qu^on en charge des canots 5 & 
qu'on en fond la graiffe dont on fe fert 
comme d'huile (^cj. 

Le pélican pèche en eau douce comme 
en mer 5 & dès-lors on ne doit pas être 
furpris de le trouver fur les grandes 
rivières , mais il eft fingulier qu'il ne s'en 
tienne pas aux terres baffes & humides, 
arrofécs par de grandes rivières , & qu'il 
fréquente aufïï les pays îes plus fecs, comme 
l'Arabie & la Perfe (^djj où il eft connu 
fous le nom de porteur d'eau ( tacab ) ; 
on a obfervé que comme il eft obligé 
d'éloigner fon nid des eaux trop fré- 
quentées par les caravanes 5 il porte de 



(b) Wafer. 

(c) Ovieclo, livre V. 

fdj Voyage de Chardin, Jmjlerdam , 17111 
tome II f j^a^e 30. 



du Pélican. 21 

très-loin de leau douce dans fon fac à 
ies petits , les bons Mûfulmans difent 
-très-religieufement que Dieu a ordonné 
à cet oifeau de fréquenter le défert pour 
abreuver au faefoin les pèlerins qui vont 
à la Mecque, comme autrefois il envoya 
le corbeau qui nourrit Elie dans la foli- 
tude {ej; auflî les Egyptiens en faifant 
allulîon à la manière dont ce grand oi- 
feau garde de Teau dans fa poche , l'ont 
furnommé le chameau de la rivière (f). 
Au refte , il ne faut pas confondre le 
pélican de Barbarie dont parle le doéteur 
Shaw ( g) j avec le véritable pélican, 
puîfque ce voyageur Ait qu'il neft pas 
plus gros qu'un vanneau. Il en efl: de 
même du pélican de Kolbe , qui eft 
Toifeau fpatulc ( h J. Pfgafetta , après 



(e) Chardin ; Amjîerdam , i 7 i 1 5 tome II, 
page 30. 

ffj GemeL et Bahr. Vanlleb. Voyage en Egypte^ 
Paris, 16"] J j page 102. 

f gj Allas platyrwchos ©U pélican de Barbarie, , . 
de la grandeur du vanneau.,, Voyage en Barbarie; 
la Haye^ I74B' ^^^"^ t> P^g^ S^B. 

fhj Defcription du cap de Bonne efpérance , 
part, m y chap, ly. 



%l Hijîoire Naturelle 

avoir bien reconnu le pélican à la cote 
d'Angola (^ijj fe trompe en donnant 
fon nom à un oiieau de Loango à Jam- 
bes hautes comme le héron fk); nous 
doutons auffi beaucoup que Yalcatra^^ 
que quelques Voyageurs difent avoir 
rencontrés, en pleine mer entre l'Afrique 
& l'Amérique ( l) jy Toit notre pélican-, 
quoique les Efpagnols des Philippines 
& du Mexique j lui aient donné le nom 
dalcatra^ ; car le pélican s éloigne peu 
des côtes , & fa rencontre fur mer an- 
nonce la proximité de la terre (m). 

Des deux noms pélecan ( n) & ono- 
crotale (o) que les Anciens ont donnés 
à ce grand oifeau , le dernier a rapport 
à fon étrange voix , qu'ils ont comparée 
au braiement d'un hie(p ). Klein ima- 
gine qn il rend ce fon bruyant le cou 



(IJ Idem , ibidem. 

(kj Voyei Hiftoire générale des Voyages, 
tome 11^^ page 588. 

( LJ Ibidem , tome f, page 448. 

(m) Sloane, lUft, oj\ JamaU, pag. 322, 

(nj Ariftote, Lib. IX y cap. x. 

foj Pline, lib. X, cap. xlvii. 

(pj Bélon, î^atun des Oijeaux, page 153. , ^ 



du Pélican. 23 

plongé dans Teau (q) ; mais ce fait 
paroît emprunté du butor, car le pélican 
fait entendre fa voix rauque loin de Teau, 
& jette en plein air fes plus hauts cris frj. 
Elien décrit & caraâérife bien le pélican 
fous le nom de cela (f); mais Ton ne 
fait pas pourquoi il le donne pour un 
oifeau des Indes 5 puifqu'il fe trouve & 
fans doute fe trouvoit dès-lors dans la 
Grèce. 

Le premier nom pélecan ^ a été le 
fujet d'une méprife des traducteurs d'Arif- 
tote , & même de Cicéron & de Pline (tj ; 
on a traduit pélecan par platea j ce qui 
a fait confondre le pélican avec la fpatule*, 
& Ariftote lui-mêiT^, en difant du 
pélecan qu'il avale des coquillages minces. 



( q) Ordo , Avi. j^ag. 143. 

(r) n Lorfque les pêcheurs s'approchèrent pour 
le tirer , ii jeta des cris effroyables. »5 Reîation 
d'un pélican pris fur le iac d'Albufera , près 
d'Alcudia dans i'île de Majorque. Journal hifio* 
Tique & politique, 20 juillet 1773. 

(f) Le même nom de cela, exprime en Grec 
vjn goëtre, une gorge gonflée. 
(tj Foyei i'artjde de la fpatuîe. 



14 Hijïoire Naturelle 

Se les rejette à demi - digérés pour en 
réparer les écailles f uj, lui attribue une 
habitude qui convient mieux à la fpa- 
tule 5 vu la ftrudure de Ton œfophage (^x); 
car le fac du pélican n*eft pas un efto- 
mac où la digeftion foit feulement com- 
mencée , & c'eft improprement que Pline 
compare la manière dont Yonocrotalc 
( péiicin ) avale & reprend fes alimens 
à celle des animaux qui ruminent ^y 7 ,' 
«c II n'y a rien ici, dit très-bien M. Per- 
j?rault, qui ne foit dans le plan général 
5^ de Torganifation des oifeaux*, tous ont 
53 un jabot dans lequel fe reflerre leur 
J5 nourriture 5 le pélican Ta au- dehors & 
Jîle porte fous tt bec (^T ^ au lieu de 



(u) Voyei Ariftote , H/7?, animai, lib. 7X, 
cap, xïV ; tx Ttctns. Scaliger, 

(x ) Voyei Mémoires Je l'Académie des Scien- 
ces, oepuis i666 jufqu'en 1699, tome III, part* III, 
fag. 189 ^ fu'w, 

(y) Onocrotalo. . . . fancibiis inefl uteri genus > 
hue omnia inexpkbile animal congerit , mira ut jit 
capacLtas ; mox perfe&â rapinà , fcnfium init in os 
redâita ^ in veram alvum , rumi nantis m%re , refert* 
Plin. lié. X , cap. xLf^ii. 

(ij Mémoires de l'Académie des Sciences , 

J3 lavoir 



du Pélican. 25 

l'avoir caché eivdedans & placé au bas ce 
de rœfophage ^ mais ce jabot extérieur ce 
na point la chaleur digeftive de celui ce 
d^s autres oifeaux 5 & le pé4can rapporte et 
frais dans cette poche les poiffons de face 
pêche à fes petits. Pour les dégorger, ce 
il ne fait que prefler ce fac fur fa poi-ce 
trine, & c'eft cet ade très-naturel quiet 
peut avoir donné lieu à la fable fi gêné- ce 
paiement répandue 5 que le pélican s'ou- ce 
vre la poitrine pour nourrir fes petits ce 
de fa propre fubftance ^^û^). jj 

Le nid du pélican fe trouve commu- 
nément au bord des eaux, il le pofe à 
plate-terre (^/^y) , & c'efl: par erreur 5 & 
en confondant , à ce qu'il p^roît , Ix 



depuis 1666 jufqu'en 1699, tome IH , part, m 3 
page 18 £5* fuii^', 

faj Foyei le Docteur Shaw , cité dans l'addi- 
tion au tome IJ d'Edwards > page 10. 

(b) Béîon , Sonnerat & autres. — u Ifs pon- 
dent fans façon à plate-terre, & couvent ainli u 
leurs œufs. . , j'en ai trouvé jufqu'àcinq fous «« 
une femelle , qui ne fe donnoit pas la peirie de u 
fe lever pour me laifier pafler ; eHe fe conten- « 
toit de me donner quelques coups de bec , & u 
de crier quand je ia irappois pour l'obliger de 4* 

Oifeaux, Tome XFL B 



ii Hijloire Naturelle 

fpatiile avec le pélican , que M. Salerne 
dit qu'il niche fur les zïhres(cj. II eft 
vrai qu il s'y perche malgré la pefanteur 
& fes larges pieds palinés , & cette habi- 
tude qui nous eût moins étonnés dans 
Jes pélicans d'Amérique , parce que plu- 
fieurs oiieaux d'eau s'y perchent (d) ^ 



•9 quitter fes œufs. , . Il y en avoit quantité de 
t, jeunes fur î^otre iflct. . . . j'en pris deux petits 
n que j'attachai par le pied à un piquet, où j'eus 
I) le piaifir, pendant quelques jours, de voir leur 
ij mère qui les nouriiifoit, & qui demeuroit tout 
») le jour avec eux , paflant la nuit fur une bran- 
n che au delîus de leur tête ; ils étoient devenus 
?, tous trois fi familiers, qu'ils fouffroient que je 
9) les touchafîe , &; les jeunes prenoient fort gra- 
^y cieufement les petits poiflbns que je leur pré- 
9> fentois, qu'ils mettoiert d'abord dans leur havre- 
>, fac. Je crois que je me ferois déterminé à les 
„ emporter, fi leur mal-propreté ne m'en avoit 
9) empêché ; ils font plus fales que les oies & les 
») canards ; & on peut dire que toute leur vie 
I9 eft partagée en trois temps, chercher leur nour- 
99 riture , dormir & faire à tous momens des tas 
d'ordures larges comme la main.» Labat. Kouveau 
Voyage eux îles du L* Amérique , tome if^III, 
fo^es 294 Esf 296. 

(cj Ornithologie, p<7^e 369. 

(dj FoyeiV^mck des tinamous & des perdrix 
de U Guyaue, terne IV de cette hijioirc de^ Oifeaux, 



du Pélican. zj 

fe trouve également dans les pélicans 
d'Afrique & d'autres parties de notre 
continent ( e ). 

Du refte , cet oifeau âuflî vorace que 
grand déprédateur ( fjy engloutit dans 
une feule pêche autant de poiffon qu'iî 
en faudroit pour le repas de îîx hommes. 
II avale aifément un poiflbn de fept ou 
huit livres , on aflure qu'il mange auflî 
des rats (g)j & d'autres petits animaux. 
Pifon dit avoir vu avaler un petit chat 



fej u On les voit ( en Gainée ) fe percher, 
au bord de la rivière, fur quelque arbre , où'« 
ils attendent pour fondre fur le poiflbn , qu'il «.< 
paroiife à fleur- d^eau. n Voyage de Gaines au dé- 
troit de Magellan: Paris, 1698, page 41. « Nous 
vîmes ces gros oifeaux qu'on nomme pélicans , f^ 
fe -percher fur les arbres , quoiqu'ils aient les u 
pieds comme Poifon. . . Ils font des œufs gros u 
comme un pain d'un fou. >» Voyage à Madagas- 
car , par Fr. Cauche , page 136. 

(f) InexplehiU animale , dit Pline. 

(g) « lï aime pafîionnément les rats & îe* 

5ïvale tout entiers quelquefois nous le w 

faifions approcher, & comme s'il eût voulu nous « 
en donner le divertiOement , il fuilbit fortir de « 
fon jabot un rat & le jetoit à nos pieds, »> Bof- 
mon ^Voyagé en Guinée, Lettre XV 

Bij 



2 8 Hijîoire Naturelle 

vivant par un pélican fi familier , qu'il 
venoit au marché oi) les pêcheurs fe 
hâtoient de lui lier (on fac, fans quoi 
il leur enlevoit fubtilement quelques 
pièces de poifTon (hj. 

Il mange de cote , & quand on lui 
jette un morceau il le happe. Cette poche 
où il emmagafine toutes fes captures, 
cft compofée de deux peaux , Tinterne 
eft continue à la membrane de Tœfo- 
phage, l'extérieure n'eft qu'un prolonge- 
ment de la peau du cou , les rides qui 
la pliflent , fervent à retirer le fac , lorf- 
qu' étant vide il devient flafque. On fe 
fert de ces poches de pélican comme de 
veffies pour enfermer le tabac à fumer-, 
auflî les appelle-t-on dans nos îles blagues 
pu blades (i) ^ du mot Anglois blader^ 



(h) Pifon^ Hljl. nat. lib. V, pag;. 6ç. 

(i) On prépare ces blagues en les frottant bien 
entre les mains pour en afifouplir la peau ; & 
pour achever de l'amollir on l'enduit de beurre 
de cacao, puis on la pafle de nouveau dans les 
mains, ayant foin de conferver la partie qui eft 
couverte de plumes comme un ornement. Note 
communiquée par M. le chei^alier Des/iayes. — « Les 
i> matelots tuent le pélican pour avoir fapocl^Çj 



du Pélican. 19 

qui fignîfie veflïe. On prétend que ces 
peaux préparées font plus belles & plus 
douces que des peaux d'agneaux (k)^ 
Quelques marins s'en font des bonnets (l) i 
les Siamois en fiîent des cordes d'inftru- 
mens (m) j & îes pêcheurs du Nil fe 
fervent du fac, encore attaché à la ma- 



mans îaqueîle iîs mettent un boulet de canon , u 
& qu'ils fufpendent enfuite pour lui faire pren- « 
dre la forme d'un fac k mettre ieur tabac. »> 
Le Page du Pralz. Ififtoire de la houijiaiie, tom. Il, 
page 113. 

fkj «t Nos gens en tuèrent beaucoup ^ non 
pour îes manger. . . . mais pour avoir leurs «« 
blagues ; c'efi: ainfî qu'on appelle le û\c dans a 
îequelils mettent leur poiiTon. Tous nos fumeurs a 
t'en fervent pour mettre leur tabac haché. . . « 
On les pafiTe comme des peaux d'agneaux , &; « 
cUes font bien plus belles & plus douces ; elles t< 
deviennent de Pépaiffeur d'un bon parchemin, u 
mais extrêmement fouples , douces & maniables. « 
Les femmes efpagnoîes les bordent d'or & de « 
foie d'une manière très-fine & très-délicate ; j'ai *< 
vu de ces ouvrages qui étoient d'une grande t« 
beauté. »> Labat , tome VIIIs pag, 399. 

(l) *< Nous faifîons des bonnets des facs que 
ces oifeaux avoient au cou. m Voyage à Mada- 
gafiar , par Fr, Cauche; Paris, l6^l , pa^» 236. 

(mj Second Voyage du P. Tachard ; HiJIoivM 
généraU du Vojagcî , tQm& IX » page 311. 

B iî] 



3 Hijloin Naturelle 

choirc 5 pour en faire des vafes propres 
à rejeter leau de leurs bateaux, ou pour 
en contenir & garder , car cette peau 
jie fe pénètre ni ne fe corrompt par fon 
féjour dans' Teau (^nj. 

Il femble que la Nature ait pourvu , 
par une attention fîngulière, à ce que le 
pélican ne fût point fufFoqué , quand , 

Î)our engloutir fa proie , il ouvre à Teau 
à poche toute entière , la trachée-artère 
quittant alors les vertèbres du cou fe 
jette en devant, & s'at-tachant fous cettQ 
poche, y caufe un gonflement très-fen- 
fible -, en même temps deux mufcles en 
fphindter refTerrent Tœfophage de ma- 
nière à fermer toute entrée à Teau ('oj. 
Au fond de cette même poche eft ca- 
chée une langue fi courte , qu'on a cru 
que l'oifeau n'en avoit "point (^pj; les 
narines font auiîi prefque invifibles & 
placées à la racine du bec*, le cœur eft 



fnj Obfer valions de Bélon ; Paris , 1555 » 
page 99. 

foj Mémoires de TAcadémie des Sciences, 
rage 196. 

CpJ Gefner. 



du Pélican. 3 i 

très - grand -, la rate très - petite , les 
cœc'jms également petits , & bien moin- 
dres à proportion que dans Toie , le 
canard & le cygne (q). Enfin Aldro- 
vande aflare que le pélican n'a que douze 
cotes {^r^ 5 & il obferve qaune forte 
membrane , fournie de mufcles épais , 
recouvre les bras des ailes. 

Mars une obfervation très-intéreffante 
eft celle de M. Méry & du P. Tachard (i)^ 



fqj Aldrovande. 

frj Idem, tome III, page 51. 

ffj w Dans le voyage que nous fîmes à la 
Mine d'aimant, M. de la Marre blefla un de « 
ces grands oi féaux que nos gens appellent grand u 
gojier, & les Siamois hoatMo. » . . ii avoit fept« 
pieds & demi ies ailes étendues. . . . Dans Ja « 
diflTedtion on trouva, fous le pannicuîe charnu, ^4 
des membranes très déliées qui enveloppoient j< 
tout ie corps, & qui , en fe repliant diverfe- " 
ment , formoient pluiîeurs finus confidérables , u 
fur-tout entre les cuilTes & le ventre , entre ies «« 
ailes & ies cotés Se fous ie jabot ; il y en avoit i« 
à mettre ies deux pouces ; ces grands finus fe t< 
partageoient en piufîeurs petits canaux , qui à « 
force de fe divifer dégéneroient enfin en une «« 
infinité de petits rameaux l^ms iffue , qui n'é- u 

Biv 



3 i Hijioire Naturelle 

fur Taîr répandu fous la peau du corps 
entier du pélican -, on peut même dire 
que cette obfervation eft un fait général 
qui s'cft manitefté d'une manière plus 
évidente dans le pélican , mais qui peut 
fe reconnoître dans tous les oifeaux , & 
que M. Lory, célèbre & favant Méde- 
cin de Paris, a démontré parla commu- 
nication de Tair jufque dans les os & 
les tuyaux des plumes des oifeaux. Dans 
îe pélican , l'air paffe de la poitrine dans 
les linus axillaires, d'où il s'iniinue dans 
les véficules d'une membrane cellulaire 
épaifle 8c gonflée , qui recouvre les muf- 
cles & enveloppe tout le corps , fous la 
membrane ou les plumes s'implantent -, 
ces véficules en font enflées au point 



» toient plus fenfibîes que par les buîles d^air qui 
» les enfloient; de forte qu'en pref^ant le corps 
j) de cot oifeau ,on entendoit un petit bruit , fem- 
>» blable à celui qu'on entend lorfqu'on prefie ie« 
» parties membraneufes d'un animal qu'on a foui- 
5» île. . . On découvrit avec la fonde Se en fouf- 
5» fiant , la communication de ces membranes avec 
le poumon. » Second l^oyaui du P. Tachard -, Hijîoiit 
générale des Voyages, tome IX, ^agt 3 il. 



du Pélican. - 35 

qu*en preflant le corps de cet oîfeau ; 
on voit une quantité d'air fuir de tous 
côtés fous les doigts. Ceft dans lexpira- 
tionque Tair comprimé dans la poitrine, 
p^iSt dans les fmus , & de-là fe répand 
dans toutes îes véficuîes du tiflu cellu- 
laire ^ on peut même en foufflant dans là 
trachée-artère 5 rendre fenfible à Tœil cette 
route de Y?Ar (tj^ & Ton conçoit dcs- 
ïors combien le pélican peut augmenter 
par-là fon volume fans prendre plus de 
poids, & combien le vol de ce grand 
oifeau doit en être facilité. 

Du refte, la chair du pélican n'avoit 
pas befoin d'être défendue chez les Juifs 
comme immoudt ( u ) ; car elle fe dé- 
fend d elle-même par fon mauvais goût, 
fon odeur de marécage & fa graille 



ftj Voy^i l'Hiftoire de TAcadémie des Sciences, 
depuis 1666 jufqu'en 16865 tomt II , pag. 144 Ô* 
fii'wanus. 

(u) « Me)yfes, Auteur Hébrieu , a dit dans le 
onzième chapitre du Lévitique , que ie cygne & m 
Vonocrotalus , étoient oyfeaux immondes. » Bélon ^ 
Nat, des Oifiaaxy page 155, 

Bv 



3 4 Hijloire Naturelle 

huileufe fxj , néanmoins quelques Na- 
vigateurs s'en font accommodés (yj* 



(x) Dutertre , Labat. 

(yj *< Leur chair efl: meilleure que celîe de» 
boubies & des guerriers. « Dampier. Voyage au- 
tour du monde i Rouen , 17 15. tome lll, page 317. 




^o77t.xn. 



:PZ.I.pcl<7-^34; 




d>,..Scu, 



J.E PKJ.TCA^s^ 



du Pélican. 5j 



FARIÉTÉS DU PELICAN. 

JNous AVONS OBSERVÉ daiis plu- 
fieurs articles de cette Hiftoire Naturelle, 
qu'en générai les efpèces des grands 
oifeaux , comme^ celles des grands qua- 
drupèdes exiftent feules ^ ifolées & pref- 
que fans variétés \ que de plus elles p.v 
roiflent être par- tout les mêmes, tandis 
que fous chaque genre ou dans chaque 
famille de petits animaux , & far - tout 
dans celles àts petits oifeaux •, il y a une 
multitude de races, plus ou moins pro- 
ches parentes , auxquelles on donne im- 
proprement le nom à'efpèces. Ce nom 
efpèce 5 & la notion métaphyilque qiui 
renferme , nous éloigne fouvent de la 
vraie connoiiTance des nuances de ia 
Nature dans fes productions beaucoup 
plus que les noms de variétés j de races 
& d^ familles. Mais cette filiation perdue 
daas la confufion des branches & dQ% 
rameaux parmi les petites efpèces , fe 
maintient eatre les grandes *, car elles 
admettent tout au plus quelques variétés 

Bvj 



3 6 Hijîoire Naturelle 

qu'il ell toujours arfé de rapporter a 
iefpèce première comme une branche 
immédiate à fa fouche. L'autruche , le 
cafoar, le condor, le cygne , tous les 
oifcaux majeurs n'ont que peu ou point 
de variétés dans leurs efpcces. Ceux qu'on 
peut regarder comme les féconds en 
ordre de grandeur ou de force , tels 
que la grue , la cigogne , le pélican , 
l'albatroffe , ne présentent qu'un petit 
nombre de ces mêmes variétés, comme 
nous allons l'expofer dans celles du péli- 
can qui fe réduifent à deux. 




du Pélican. 37 

*L£ PÉLICAN BRUNii). 

Première variété^ 

JN OUS AVONS DEJA REMARQUE que le 

plumage du pélîoan eft fujet à varier , 
& queyfuivant Tâge^ il eft plus ou moins 



* Voyex îes planches enluminées , nP 957. 

(ij OnocTotalui Jïpe pélican us fufcus. Sioane , 
Jamdic, pag. 322 , n.*^ i. — Ray , Synopf, Jui. 
page 191 , n.^ 8. — Pekcanus fié- fufcus gulâ dif- 
unfilii. Browne, Nat, hift, of Jamaïc. page 480. 
— /ilcatraies grandes de la iflci Efpanola, Oviedo^ 
iib. XiV , cap. Vi. - — Onocrotalus pedibus cœruleis 
& brevioribus , rofro cocMeato. FeuHîée , Jeurual 
à*obfervations , page 257. ^ota, La defcription de 
Feuillée eft confufe & paroît fautive. — PtUcanus 
fifcus. Linnaeus, Syfl. nat. éd. X, Gen. 66 , Sp. i. 
Variet. 1. — • Pélican. Ellis ; Voyage à la baie 
d'Uudfon , tome I y page ^2,— Pélican d'Amérique. 
Edwards , page & pi. 9:^ , avec une belle figure» 
■ — Grand golîer. Dutertre , Hifloire naturelle des 
Antilles, tome II , page 271. — Onocrotalus cine-' 
no -fufcus fupernè mediis pennarum candicantibus; 
capite & collo candidis ; remi gibus majoribus nigrisi 
redtricibus cinereo - fufcis, . . . Onocrotalus fufcus» 
BiiiTon, OrmthoL tome VI; page 534, 



3 8 HiJIoire Naturelle 

blanc & teint d'un peu de couleur de 
rofe-, il femble varier auffi par d'autres 
circonftances, car il eft quelquefois mêlé 
de gris & de noir *, ces difîërences ont 
été obfervées entre des individus qui 
néanmoins étoient certainement tous de 
la même efpèce (aJ;ox il y a fi peu 
loin de cts mélanges de couleur à une 
teinte générale grife ou brune, que 
M. Klein n'a pas craint de prononcer 
affirmativement que le pélican brun & 
le pélican blanc , n'étoient que des va- 
riétés de la même efpèce ( b ). Hans 
Sloane , qui avoit bien obfervé les péli- 
cans bruns d'Amérique , avoue auffi qu'ils 
lui paroiflent être les mêmes que les 



(a) a Les uns avoient tout le plumage blanc, 
» avec ce ton léger & tranfparent de couleur de 
99 chair, excepté les ailes où il y avoit du gris & 
» du noir aux grandes pennes ; les autres étoient 
9> d'un couleur de chair ou de rofe beaucoup 
plus décidée. » Mémoires de l'Académie des Sciences , 
cités plus haut. — Le pélican tué fur le iac d^Ai- 
bufera , avoit le dos d'un gris- noirâtre. Journal 
politique cité plus haut, 

(b) p^arietates itaquc funt onocroîalus alhns 6* 
fufçus ; varietates onocrotali Edwardi Jfricanus &* 
jimericanus. Kkirip Ordo Avi* page J42, 



du Pélican. $9 

pélicans blancs ( cj : Oviédo, parlant 
des grands gojiers à plumage cendré que 
Ton rencontre fur les rivières aux An- 
tilles, remarque qu'il s'y en trouve en 
même temps d un fort beau blanc (dj; 
& nous fommes portés à croire que la 
couleur brune eft la livrée des plus jeunes , 
car Ton a obfervà que ces pélicans bruns 
étoîent généralement plus petits que les 
blancs. Ceux qu'on a vus près de la baie 
d'Hudfon, étoient aufli plus petits & 
de couleur cendrée ( ej; ainfî leur blanç 
ne vient pas de l'influence du climat 
froid. La même variété de couleur s'ob- 
ferve dans les climats chauds de l'ancien 
continent. M. Sonnerat, après avoir dé- 
crit deux pélicans des Philippines 5 ^'^^^ 
brun, l'autre couleiir de rofe, foupçonne , 
comme nous , que c'eft le même oifeau 
plus ou moins âgé ffj ; & ce qui con- 



{cj Jamaïc. page 322. 

(dJ Hiftoire générale des Voyages, f07;2eX//'/, 
fag£ 228. 

fej Elîis & i'Hiftoire des Voyages, tome XIF, 
page 663; & tome XV , page 268. 

(f) Voyage à la nouveiie Guinée, page 93. 



40 Hijioire Naturelle 

firme notre oprnron , c'eft que M. Brrflbn 
nous a donné un pélican des Philippines 
qui femble faire la nuance entre les deux, 
& qui n'eft plus entièrement gris ou 
brun, mais qui a encore les ailes & une 
partie du dos de cette couleur & le 
refte blanc (^gj. 

(g) OnocTO talus fipernè grifeo - ciriereus infernè 
albîis , uropyglo coucolore; capite, & collo caudkau^ 
îibus , taenia in collo fuptriore longitndinali fufco 6* 
albido variegaîâ ; nmigibus majoribus ci/icreonigri- 
cantihus, n&ricibus cinereo- allis , fcapis nlgrican- 
tibus , lateralibus in exortu candidis, . . . Onocrotalus 
P/iilifpenfis, Brifforij OrnithoL tome VI , pag. 527. 




du Pélican. 4 i 



LE PÉLICAN 

A BEC VENTELé(h). 

Seconde variété. 



n 



)i la dentelure du bec de ce pélican 
du Mexique eft naturelle & régulière , 
comme celle du bec du harle & de 
quelques autres oîfeaux 5 ce caraûère 
particulier fuffiroit pour en faire une 
efpèce différente de la première, quoi- 
que M. Briffon ne la donne que comme 
variété (i) ; mais fi cette dentelure n eft 
formée que par îa rupture accidentelle 
de la tranche mince des bords du bec, 
comme nous ravons remarqué fur le bec 
de certains calaos, cette diftérence accr- 



f h J Jwtotl y alcatrai , onocrotalus Mexicanus 
deinatus. Hernandez, Hift, Mexic. pag. 672 , avec 
une figure grolïière. — AtototL Fernand. pag. 41 , 
cap. 128. 

(i) Onocroraius roflro dentlculato, Varktas , a% 
Brifibn, OmitlioU tome VIj page 523, 



41 Hifloire Naturelle ^ SiC. 

dentelle, loin défaire un caradère conf- 
tant & naturel 5 ne mérite pas même 
d'être admife comme variété , & nous 
fommes d'autant plus portés à le préfu- 
mer , qu'on trouve , félon Hcrnandez , 
dans les mêmes lieux le pélican ordinaire 
& ce pélican à bec dentelé ("kj. 

(k) Hernandez, uhi fuprà. 




45 



*LE CORMOR^NCa). 

Xje NOM Cormoran fe prononçoît d- 
devant cormaran , cormarin ^ & vient de 



* Voyei les planches enluminées, //.^ 927. 

^fl^ En Grec , ^«iXfitJtpûjtopctf ; en Latin , coTvm 
aquaîicns'i en Italien, corvo marino; en Efpagnol, 
tuervo calvo ; en Allemand , fcarh , wa^kr- rahe; 
en Silélîen, fee-rabe; en Anglois^ cormorant ; en 
Suédois, hafstjaeder; en Norwégien , s^ûry,* & 
à ilie de Feroè*^ hupllng; en Polonois , krukwodny; 
dans quelques-unes de nos Provinces de France, 
crot'pejcherot» 

Cormoran. Bélon , Nat, des Olfeaux j ip2Lg, 161. 
Idem , Portraits d*olfiaux , mauvaife figure. — 
PAalacrocorax, Gefner , Avi* page 683. — Connus 
aquaticHS. Idem, ibid. page 350. — Idem, Icou. 
jipi* pag. 84 , figure reconnoifîabîe. — Aîdrovande, 
Ji>i, tome m, page 261. — Wiilughby , Ornithol. 
page 248. — R2iy j Synopf, Avi. page 122 , n.^ a, g, 
— Sibbald. Scot, illufir, part, II , lib. m , pag. 20. 
Mariîgî. Danub, tome V , page 76 , avec une 
trés-mauvaife figure , pî. 36. — Carh aqiiaticus. 
Gefner, JvL page 136. — Morfix. Idem, ibid. 
Aîdrovande, Charleton , Jonfton, répètent fous 
ce nom morfex, &: fous celui de PàaUcrocorax , 
les notices de Gefner. — Connus lacufirls, Schwenck' 
feld , ApL pi. 346. •— Corpus finaium mari nus» 



44 Hijloire Naturelle 

corbeau marin ou corbeau de mer ; les 
Grecs appeloient ce même oifeau corbeau 
chauve (b) , cependant il n'a rien de 
comnum avec le corbeau que fon plu- 
mage noir 5 qui même diffère de celui 
du corbeau en ce qu'il eft duveté & d'un 
noir moins profond. 

Le cormoran eii un affez grand oifeau 



Nieremberg, page 224. — Connus aquiticus major. 
Rzaczynski, An&uar. hifl. nat. Poion, page 3 "4, 
' — Plancus corpus lacitflris. Klein, >^W. page 144* 
n.^ 5. — PdUcanus fubtus albicaus, re&riclbus quor 
îuordecim, Linnceus. Fauna Suecica , n.^ Ii6. — 
Pelecanus caudâ aqiiali , corpore nigro , ro/lro edcn^ 
tulo . • . Carho. Idem, Syft. nat. éd. X, Gen. 66^ 
Sp. 3. — Cormoranr. Albin , tome 2 , page 53 , 
avec une mauvaife figure ^ pi. 81. — Le cormoran. 
Salerne , Hifî. des O.feaux , pag. 371. — Pkala- 
crocorax criflatus, fuperiiè cupri colore obfcuro tintas 
6f ad viridt inclinans , marginibus pennarum nigro-' 
virefcentibiis , iiifemè nigro virefcens uropygio conco- 
lore; capite fuperiore ^ collo Jupremo iineolis loiigi- 
tudinalibus • albis variegatis ; gutture & macula ad 
crura exteriora candidis ; reStricibus nigricantibiis. . • 
P/ialacrocorax. Briflbn , OrnithoL tom. VI , pag. 511. 
(b) PhalacrocoraXj ^ la lettre, corb tau chauve : 
dans Ariftote, on lit fimplement corax ; mais c'eft 
d'un oifeau d'eau qu'il s'agit , & aux caradléres 
que le Phiîofophe lui donne ; on reconnoît chi-* 
rement le cornioran. 



du Cormoran. 45 

à pieds paîmés, aufli bon plongeur que 
nageur, & grand deftrudeur de poiffon^ 
il eft à-peu-près de la grandeur de l'oie, 
iTiais d'une taille moins fournie, plutôt 
mince qu'épaiffe , & alongée par une 
grande queue plus étalée que ne Teft 
communément celle» des oifeaux d'eau y 
cette queue eft compofée de quatorze; 
plumes roides, comme celles de la queue 
du pic 5 elles font , ainfi que prefque 
tput le plumage, d'un noir luftré de vert^ 
îe manteau eft onde de feftons noirs , 
fur ua fond brun ^ mais ces nuances 
varient dans différens individus , car 
M, Salerne dit que la couleur du plu- 
mage eft quelquefois d'un noir-verdâtre v 
tous ont deux taches blanches au côté 
extérieur des jambes , avec une gorge- 
rette blanche, qui ceint le haut du cou 
en mentonnière , & il y a des brins 
blancs, pareils à des foies, hériffés fur 
le haut du cou &c le deffus de la iètQ^ 
dont le devant & les côtés font c\\^n- 
\esfc); une peau, également nue, 

(cj Qucedam animçiHa nataraliter calnm , fimt 



4(î Hifloire Naturelle 

garnit le deflbus du bec qui eft droit 
jufqu a la pointe , où il fe recourbe for- 
tement en un croc très-aigu* 

Cet oifeau eft du petit nombre de 
ceux qui ont les quatre doigts afTulettis 
& liés cnfemblc par une membrane d'une 
feule pièce , & dont le pied muni de 
cette large rame , fembleroit indiquer 
qu'il eft très-grand nageur \ cependant il 
refte moins dans Teau que pluiîeurs au- 
tres oifeaux aquatiques , dont la, palme 
neft ni aufli continue , ni auffi élargie 
que la fienne , il prend fréquemment 
fon eiTor , & fe perche fur les arbres : 
Ariftcte lui attribue ctttQ habitude , 
exclu (ivement à tous les autres oifeaux 
palmipèdes (dj ; néanmoins il Ta com- 
mune avec le pélican, le fou, la frégate, 
l'anhinga & Toifeau du tropique , & ce 
qu'il y a de fingulier , c'eft que ces 
oifeaux forment , avec lui , le petit 



ftmthiocameli 6' cotvI aquafici , quibus apud Gracoi 
tiomeii efl iude. Plin. lib. II, cap. xxxvlii. 

(d) Qui corvns appellatur, . . infidet arborihus £/ 
tiidnlatur in lis , hic un us ax gcnere palmiptdum* 
Arilbt. Hijl. Animal, lib. Vlll , cap, m. 



iu Cormoran. 47 

nombre des efpèces aquatiques qui ont 
les quatre doigts entièrement engagés 
par des membranes continues v c eft cette 
conformité qui a donné lieu aux Orni- 
thologiftes modernes , de raffembler ces 
cinq ou fix oifeaux en une feuie famille , 
& de les défigner en commun fous le 
nom générique de pélican (e); mars 
ce neft que dans une généralité fcho- 
îaftique & en forçant^ lanalogie 5 que 
l'on peut fur le rapport unique de la 
fimilitude d'une feule partie, appliquer 
ie même nom à des efpèces qui diffè- 
rent autant entr elles que celle de Toi- 
feau du tropique , par exemple, & celle 
du véritable pélican. 

Le cormoran eft d'une telle adrelîe 
à pêcher & d une fi grande voracité , 
que quand il fe ]QXtt lur un étang, il 
Y fait feul plus de dégât qu'une troupe 
entière d'autres oifeaux pêcheurs -, heu- 
reufement il fe tient prefque toujours 
au bord de la mer, & il eft rare de le 



Ce) Kîein, Linné, ont formé cette famifîe.j 
le cormoran y figure fous ie nom de ptUcami$ 
carhOi la frégate, fous celui de fdcçanus aqailus.^ d'c. 



48 HiJIoire Naturelle 

trouver dans les contrées qui en font 
éloignées ( fj. Comme il peut refter 
long- temps plongé ( gj j & qu*il nage 
fous Teau avec la rapidité d'un trait, fa 
proie ne lui échappe guère, & il revient 
prefque toujours fur l'eau avec un poif- 
Ibn en travers de fon bec ^ pour l'ava- 
ler, il fait un (ingulier manège, il Jette 
en Tair fon poiiTon, & il a TadrefTe de 
le recevoir la tête la première , de ma- 
nière que les nageoires fe couchent au 
pafîage du gofier, tandis que la peau 
membraneufe qui garnit le defTous du 
bec , prête & s'étend autant qu'il eft 
iiéceffaire pour admettre & laifler pafTer 
le corps entier du poiffon , qui fouvent 
eft fort gros en comparaifon du cou de 
l'oifeau. 

Dans quelques pays , comme à la 
Chine, & autrefois en Angleterre (^A y) ^ 
on a fu mettre à profit le talent du cor- 

' (fj uLe 27 janvier ( 1779), on m'apportât un 
>» cormoran que l^on vel^oit de tuer au bord de 
la rivière d'Guche, il étoit perché fur un faule. » 
Extrait d'une Lettre de M. Hébert. 

(gj Lon^o /patio urinari poteft. vSchwencï<feId, 
(hj Suivant Lynceus dans Wiliwghby. 

moran 



du Cormoran. 49 

îïîoran pour îa pêche , & en faire 5 pour 
.ainfi dire , un pêcheur domeftique , en 
lui bouclant d'un anneau le bas du cou 
pour Tempêcher d'avaler (a proie , & 
l'accoutumant à revenir à fon maître , pn 
rapportant le poiffop qu il porte dans 
le bec. On voit, fur les rivières de la 
Chine , des cormorans ainii bouclés per^ 
chés fur l'avant des bateaux , s'élancer & 
plonger au fignal qu'on donne en frap- 
pant fur l'eau un coup de rame 5 & reve- 
nir bientôt en rapportant leur proie qu'on 
leur ôte du bec, cet exercice fe continue 
jufqu'à ce que le maître , content delà 
pêche de fon oifeau , lui délie le coa 
& lui permette d'aller pêcher pour fon 
propre cgmpte (i ). 

La faim feule donne de Tadivîté au 
cormoran, il devient parejTeux & lourd, 
dès qu'il efl: raffalié 5 auffi prend- t-il 
beaucoup de graiffe, & quoiqu'il ait une 
odeur très -forte, & que fa chair foit de 
mauvais goût , elle n'eft pas toujours 

(i) Voyei Nieremberg, page 224. — Voyagea 
la Chine, par de Feynes; Paris , 1630, f^ge 173. 
•— -Hift. générale des Voyages, tome H , fag. 22,1, 

Oifeaux ^ Tome XFI. C 



jo Hîjîoire Naturelle 

dédargnce par les matelots , pour qui 
le rafrajchiflement le plus fimple ou le 
plus grofîîer , eft fouvent plus délicieux 
que les mets ies plus fins ne le font pour 
notre délicatefle ( k ). 

Du moins les Navigateurs peuvent 
trouver ce mauvais gibier Ibr toutes les 
mers, car on a rencontré le cormoran 
dans îes parages les plus éloignés , aux 
Philippines ( l) ^ à la nouvelle Hol- 
lande ( m)j & jufqu'à la nouvelle Zé-- 
lande ( n). II y a dans la baie de Sal- 
dana une île nommée Y île des cormorans y 
parce qu'elle eft , pour ainfî dire , cou- 



(k ) a Leur chair a furieufement le goût de 
» poiflbn ; malgré cela elle eft allez bonne , parce 
cfu'iis font fort gras. »» Dampier , Voyage autour 
du monde, tome III , page 234. — « Nous tuâmes 
» un grand nombre de cormorans que nous vîmes 
»» perchés fur leurs nids dans les a bres , & qui 
n étant rôtis ou cuits à l'étuvée , nous donnèrent 
\\n excellent mets. » Premier Voyage autour du 
monde , par M. Cook , tome IIÎj page 189. 

flj Où il porte le nom de colocolo. Voyei îes 
Tranfadions philofophiques , //."^ 285^ art, iii; 
& i'Hift. générale des Voyages, tom. X , pag, 412. 

(m) Cook, Premier Voyage, tome IV, pa^ III 

(^J Ibidem, tomt HI , fage 115, 

\ 



du Cormoran. j r 

verte de ces oîfeaux (o) ; ils ne font 
pas moins communs dans d'autres en- 
droits voifins du cap de Bonne-efpérance. 
ce On en voit quelquefois , dit M. le 
vicomte de Querhoënt, des volées de^c 
plus de trois cens dans la radç due« 
Cap, ils font peu craintifs, ce qui ce 
vient fans doute de ce quon leur fait ce 
peu la guerre , ils font naturellement ce 
parefîeux, j'en ai vu refter plus de fixce 
heures de fuite fur les bouées de nos ce 
ancres: ils ont le bec garni en-deflous^e 
d'une peau d'une belle couleur oran-c« 
gée 5 qui s'étend fous la gorge dtcc 
quelques lignes, & s'enfle à volonté ^ce 
l'iris eft d'un beau vert-clair , la pupille ce 
noire , le tour des_ paupières bordé ce 
d'une peau violette *, la queue confor- ce 
mée comme celle du pic , ayant qua- c« 
torze pennes dures & aiguës. Les vieux ce 
font entièrement noirs , mais les jeunes ce 
de l'année 5 font tous gris, &-n'ontce 



(o) Voyei Fîacourt , Voyage à Madagajcar ^ 
Paris, 1661 j jjag, 246. 

Ci] 



5 2 Hifloire Naturelle 

»5 point la peau orangée fous le bec ', îîs 
étoient tous très-gras ( p)» »? 

Les cormorans lont auffi en très-grand 
nombre au Sénégal , au rapport de 
M. Adanfon (q)i nous croyons égale- 
ment les reconnoître dans les plutons 
de rîle Maurice du voyageur Léguât (^r^; 



(p) Remarques faites , en 1774, par M. îe 
vieomte du Querhoënt, alors Enfeigne des Vaif- 
féaux du Roi. 

( q) « On arriva îe 8 octobre à Lamnaï ( petite 
n île du JS'îger^; ies arbres y étoient couverts d^une 
» muititude ii prodigieufe de cormorans , que les 
^y Laptots remplirent, en moins d\me demi-heure, 
M un canot, tant de jeunes qui furent pris à la 
n miin ou abattus à coups de bâtons , que de 
» vieux, dont ciiaque coup de fulil faifoit tomber 
pîuf eurs douzaines. » Voyage au Sénégal, pag. 80, 

(rj « Sur un rocher , près de l'île Maurice , 
99 il venoit des oifeaux que nous appelions /7/wfo//5, 
») parce qu^iis font tout noirs comme des cor- 
jî beaux. Ils en ont à-peu-près auffi ia forme & 
?9 la groîTeur, mais ie bec efl: plus long & crochu 
>5 p. r le bout ,• îe pied eft en pied de canard ; ces 
>> oifeaux demeurent fix mois de Tannée en mer, 
>? fans qu^on les voie paraître , & ks autres lix 
» mois, ceux du voifinage venoient les pafîer fur • 
n notre rocher & y faifoient leur ponte. Us onc j 
fi le cri prefque auffi fort que le mugiiTemen^ 



dîi. Cormoran. 5 5 

& ce qu'il y a d'affez iîngulier dans leur 
nature 5 c'eft qu'ils fupportent également 
les chaleurs de ce climat & les frimats 
de la Sibérie : il paroît néanmoins que 
les rudes hivers de ces régions froides 
les obligent à quelques migrations \ car 
©n obferve que ceux qui habitent en 
été les lacs des environs de Sélenginskoi, 
où on leur donne le nom de baclans j 
Ven vont en automne au lac deBaikal, 
pour y paffer Thiver f fj* H en doit 



d'un veau , & ils font un fort grand bruit la « 
nuit ; pendant le jour ils étoient fort tranquilles, u 
& fi peu farouches , qu^on ieur prenoit iems u 
œufs fous eux fans qu'ils remuaffent ; ils pon- u 
dent dans les trous du rocher ie plus avant qu'ils u 
peuvent. Ces oifeaux font fort gras , de fort a 
mauvais goût, puant extrêmement & très- mai u 
fains. Çaioique leurs œufs ne foient guère meil- u 
leurs que leur chair, nous ne laiiïrons pas d'en a 
manp.er dans îa néceffité , ils font biancs & u 
auffi gros que ceux de nos poules ; quand on les « 
leur avoit ôté, ils fe retiroient dans leurs trous, u 
& fe bactoient les uns contre les autres jufqu'à u 
fe mettre tout en fang. »? J^oyage de François 
Léguât; Amfierdam , 1708 , tome II , pages 45 
6* 46. • 

{fj 4* Les babitans de ces cantons , croient que 
lorfque les baclans font leurs nids fur ]q haut « 

C iij 



54 HiJIoire Naturelle 

être de même des ouriles ou cormorans 
deKamlTchatka^bien décrit par M. Kraf- 
chtn'micoS ( t ) ^ & reconnoiffables dans 
le récit fabuleux des Kamtfchadales , qui 
difent que ces oifeaux ont échangé leur 
îangue avec les chèvres fauvages , contre 
les touffes de foies bL-^nches qu'ils ont 
au cou & aux cuifles ( u ) ; quoiqu'il 
foit faux que ces oifeaux n'aient point 
de langue, & qu'ils crient foir & matin, 
dit Sreller , d'une voix femblable au fon 
d une petite trompette enrouée ( x ). 

Ces cormorans de Kamtfchatka paf- 
fent la nuit raffemblés par troupes fur 
les faillies àts rochers efcarpés , d'où ils 
tombent fouvent à terre pendant leur 
fommeil , & deviennent alors la proie 



» d'un arbre, il devient fcc ; en eHet, nous avons 
>» vu que tous les arbres où il y avoir des nids 
» de ces oifeaux étoient delTéchés; mais il fe peut 
5» qu'ils ne le faiTent que fur des arbres déjà 
fecs. j> Gmelin , Voyait en Sibérie , tome I , pag. 244. 

f tj Hilloire générale des Voyages , tome XIX, 
page 272. 

fuj Hiftoire générale des Voyages , tome I, 
page 272. 

fxj Idem , ibid. 



du Cormoran. j y 

des rencards qui font toujours à TafFûté 
Les Kamtrchadales vont pendant ie jour 
dénicher leurs œufs , au rifque de tom- 
ber dans les précipices ou dans la mer \ 
et pour prendre les oifeaux même , ils 
ne font qu'attacher un nœud coulant au 
bout d'une perche , le cofmoran lourd 
& indolent une fois gîté ne bouge pas , 
& ne fût que tourner la tête à droite 
& à gauche, pour éviter le lacet qu'on 
lui préfente , & qu'on finit par lui pafler 
au cou. 

Le cormoran a la tête fenlîblement 
aplatie, comme prefque tous les oifeaux 
plongeurs , les yeux font placés très-en 
avant & près des angles du bec, dont la 
(ubftance eft dure , luifante comme de 
la corne V les pieds font noirs, courts & 
très-forts*, le tarfe eft fort large & aplati 
latéralement*, l'ongle du milieu eft inté- 
rieurement dei:telé en forme de fcie , 
comme celui du héron , les bras des 
ailes font affez longs , mais garnis de 
pennes courtes , ce qui fait qu'il vole 
pefamment , comme l'obferve Schwenck- 
feid, niais ce Naturalifte eft le feul qui 

C iv 



^6 Hijloire Naturelle 

dife avoir remarqué un oflelet particulier , 
lequel , prenant naîflance derrière le 
crâiie, deicend , dit -il en lame mince 
pour s'implanter dans les mufcles du 



( y ) È cranio occipitis nafcitur ojficiilum triant 
digitomm longitudine , quod tenue , latiafculum , ah 
OTtu feiifim in acutum mucronem gracUefcit, &* muf- 
culis colli implan tatur , quale in nulla avi. hadlenus 
vidtre coinigit, Schwenckfeld > page 246. 




du Cormoran. jf 7 



LE PETIT CORMORAN 

ou LE Ni G A U D ( l). 

JuA PESANTEUR OU pîutôt la parcile 
naturelle à tous les cormorans , eft en- 
core plus grande & plus lourde dans ce 



(x) En Anglois , fho.g§ y cowt 6* fea • crow. 
u Les François , aux îks Faikiand ^ ont appelé 
w ces oifeaux nigauds, à caufe de leur ftupidité, 
w qui paroit fi grande , qu'ils ne peuvent pas 
apprendre à éviter la mort. » Forfter , dans le 
îècond Voyage de Cook, toim IV , page 30. 

Corvns aquaticus minor , fîpe gracculus palmipes, 
"Willughby, Owithol. pag. 249. — SiUbaid. Scot, 
illufir, part. Il, Sp. 3, pag. 20. — I^ay, Synopf, 
^vL page 123 , n.^ ^z> 4. — Gracculus palmlpes 
^rifiotzlis i feu corvus anuaticus minor. Aidrovande , 
Avï. tome m , page 272. — jonfion , Avi. 
page 95. - — Graculiis palmipes ; canus marinas , 
mergus magnus nigar. Charkton , Exercit. pag. 10 1 , 
îî.° Vî, Onvmati. p'dge 95 , n.^ VI, — Corpus 
nquaîicus minor, P.zaczynski , AuB:aar. àifl. nat, 
Pohm. pt'ge 375. — Piancus coryus minor aquaticus. 
Klein, Jvi. page 145 , n.- 6. — Pekcanus fukus 
fiifcus; rectricibus dnodecim. I.inna^us , Fauna Sux. 
n,^-il'j^ — Pdecmas carwKuUius. Forlter. Olffirp, 

C V 



5 8 . Hifioire Naturelle 

petit cormoran , puifqu'elle lui a fait 
donner , par tous les Voyageurs , le 
furnom de shagg y niais ou nigaud : 
Cette petite efpcce de cormoran n'eft 
pas moins répandue que la première ', 
elle fe trouve fur tout dans les îles & 
îes extrémités des continens auftraux ; 
Mjs Cook & Forfter , Tont trouvée éta- 
blie à i'île de Géorgie ; cette dernière 
terre inhabitée , prefque inacceflîbie à 
ï'homme, efl peuplée de ces petits cor- 
morans qui en partagent le domaine avec 
ïes pînguins , & fe cantonnent dans les 
touffes de ce gramen groffier qui eft 
prefque ie feul produit de la végétation 
dans cette froide terre , ainfi que dans 
celle des Etats 5 où Ton trouve de même 
CQS oifeaux en grande quantité (^^^. Une 

pag. 34. — Cormoran Anciens Mémoires de TAca- 
démie de& Sciences, depuis 1606 jufqu'à 1699, 
iome III , partie m , page 213. — Le petit cor- 
moran. Salerne , O rn khoL -p^ige ^']^, -— P/ialacro- 
corax fupernè. nigro-piridefceiis ; infeniè cinereo-albus ; 
guîtvre caudido ; imo ventre grifeo-fufco ; reStrïcibus 
iiigrïcantibus. .... Phalacrocorax minor, BrifTon, 
OmithoL tome VI, page 516, 

fa) Obfervations de M. Foriler , a la fuite du 
fécond Voyage de Cook, pag^ 3^, 



du Cormoran. 5 9 

Hequîj dans le détroit de Magellan , en 
parut toute peuplée, reçut de M. Cook, 
le nom à!ïle Schagg ou île des Ni-- 
gauds (b )i ceft-îà/ceft à ces extrémi- 
tés du globe 5 où la Nature engourdie 
par le froid, laiffe encore fubfifter cinq 
ou fix efpèces d'animaux volatiles ou 
amphibies , derniers habitans de ces 
terres envahies par le refroidiiTement \ 
ils y vivent dans un calme apathique , 
qu'on peut regarder comme le prélude 
du filence éternel qui bientôt doit régner 
dans ces lieux, ce On eft étonné , dit 
M. Cook 5 de la paix qui eft établie «c 
dans cette terre \ les animaux qui Tha-cc 
bitent, paroiflent avoir formé une ligue u 
pour ne pas troubler leur tranquillité «c 
mutuelle 5 les lions de mer occupent c« 
ïa plus grande partie de ia côte 5 les ce 
ours marins habitent l'intérieur derile',a 
& les nigauds les rochers les plus éle-cc 
vés 5 les pinguins s'étabiiffent où il leur ce 
eft plus aifé de communiquer avec lace 
mer, & les autres oifeaux choififfentct 



(h) Cook, Second Voyage ^ îome I f^, pag, 29, 

Cvj 



^"0 Hijîoire Naturelle 

5jdes lieux plus retirés. Nous avons va 
Jîtous ces animaux fe mêler & marcher 
j^enfemble comme un troUj)eau domef- 
55trqu-*oii comme des voLiilles dans une 
îjbjlîe-cour, fans Jamais eflayer de le faire 
du mal. M 

Dans ces terres à demi - glacées , en- 
tièrement dénuées d'arbres , les nigauds 
nichent fur les flancs efcarpés ou les 
faillies des rochers avancés fur la mer (c). 
Dans quelques cantons on trouve leurs 
nids fur les petits mondrains où croif- 
fent des gîayeuls ( d) ^ ou fur les toufîès 
élevées de ce grand gramcn dont nous 
venons de parler (c). Ils j ^^^^^ ^^^^" 
tonnés & raflemblés par milliers , îe 
bruit d'un coup de fuîîl ne les difperfe 
pas , ils ne font que s'élever à quelques 
pieds de hauteur & ils retombent en- 
fuite fur leurs nids ( f )• Cette chafle 



(c) Second Voyage du capitaine Cook , îqïïi, IF, 
page 30. 

(dj Ibidem, page 72, 

(-e) ibidem , page 59. 

(f) Ibidem, /?j^c 30. 



du Cormoran, 6 1 

n'esîge pas m ême Tarme à feu , car on 
peut les tuer à coups de perches & de 
bâtons , fans que lafpeâ de leurs com- 
pagnons gilans & morts auprès d'eux , 
les émeuve affez pour les faire fuir & 
fe fouftraire au même fort fg). Au refte, 
ieur chair 5 celle des jeunes fur - tout , 
eft affez bonne à manger (h). 

Ces oifeaux ne vont pas loin en mer, 
& rarement perdent de vue la terre (ij ; 
ils font comme les pinguins , revêtus 
d'une plume très- fournie & très- propre 
à les défendre du froid rigoureux & 
continu des régrons glaciales qu'ils ha- 
bitent (kj, M. Forfter paroît admettre 
plufîeurs efpèces ou variétés Jans celle 
de cet oifeau { IJ ^ mais 5 comme il ne 
s'explique pas nettement fur leur diver- 
fité , & qu'il ne fuffit pas , fans doute , 

(gj Cook , fécond F'vyage , tome IV y pag. 59. 

(h y ibidem, page 58. — Hiiloire des Navig. 
aux Terres Auflraies, tome II , pag, 6. 

(îj Obfer valions de Forfter, page 192. 

(k) Cook, fccoiid Voyage, mm IV, page 61^ 

(î) Vjyez Forfter, Objlw. ^age lU ; ^ Cook, 
-SROî^ ÎV^ page 72* 



6i Hijîoire Naturelle 

de la différente manière de nicher fur 
des mondrains ou dans des crevaffes de 
rochers pour différencier des efpèces , 
nous ne décrirons ici que le feul petit 
cormoran ou nigaud , que nous connoif- 
fons dans nos contrées. 

On en voit en affez grand nombre 
fur la côte de Cornouailles en Angleterre 
& dans la mer d'Irlande , fur - tout à 
nie de Man (m); il s'en trouve aufli 
fur les côtes de la Pruffe (n) ^ 8l en 
Hollande près de Sevenhuis , où ils 
nichent fur les grands arbres (^o y). Wil- 
îughby dit qu*ils nagent le corps plongé 
& la tête feule hors de l'eau , & qu'auflî 
agiles 3 auffi preftes dans cet élément , 
qu ils font lourds fur la terre , ils évi- 
tent le coup de fufil en y enfonçant la 
tête à l'inftant qu'ils voient le feu. Du 
refte, ce petit cormoran a les mêmes 
habitudes naturelles que le gT^ndfpJj 



(m) Ray, Synopf. Açi. page 123. 
fnj Klein. 
foj Ray, lo:o cîtato. 

Cp) " Pour avaler le poiflbn , il îe jette jen 
r» l'air ^ le reçoit dans fon bec la tête la pre- 



du Cormoran. €^ 

auquel il reflemble en général par k 
figure & les couleurs, les différences con- 
liftent en ce qu'il a le corps & les mem- 
bres plus petits & plus minces *, que fon 
plumage eft brun fous le corps , que 
fa gorge n'eft pas nue, & qu'il n'y a 
que douze pennes à îa queue ( q). 

Quelques Ornithologiftes ont donné à 
ce petit cormoran le nom de geai à 
pieds palmés ( r) ; mais c'eft avec aufîi 
peu de raifon , que le vulgaire en a e» 
d'appeler le grand cormoran corbeau 
d'eau. Ces geais à pieds y aimés j que le 
capitaine Wallis a rencontrés dans la mer 
pacifique {^/J j font apparemment de 
i'efpèce de notre petit cormoran , & nous 
lui rapporterons également les jolis cor- 
morans que M. Cook a vu nichés par 



mière. Nous lui avons vu faire ce manège avec u 
tant d'adrefle , qu'il ne manque jamais fon *< 
coup. " Anciens Mémoires de l'Académie des Sciences, 
iome IJI s partie m, page 214. 

f^J Ray , Wiilughby. 

{rj Graccnlus palmipes. Voyei îa nomenclature. 

(f) Par 20 degrés 50 minutes latitude nord. 
PmmsT Voyage de Coek ^ to.iis 11 ^ page 180. 



64 Hijloire Naturelle 

greffes troupes dans de petits creux que 
ces oifeaiix fembloiait avoir agrandis 
eux-niênies contre la roche feuilletée , 
dont les coupes efcarpées bordent la 
nouvelle Zélande ( t ). 

L'organrfation intérieure de cet oifenu, 
ofîre plusieurs fing^^'arit.s que nous rap- 
porterons ici d'après les obfervations de 
M.rs de TAcadémie des Sciences ( uj. 
Un anneau ofleux eiTibraffe la trachée- 
artère au - deffus de la bifurcation -, le 
pylore n*eft point percé au bas de Tefto- 
mac , comme à l'ordinaire , mais ouvert 
dans le milieu du ventricule , en laiffant 
ia moitié d'en bas pendante au-deffous, 
comme un fac *,& cette partie inférieure 
eft fort charnue &: affez forte de muf- 
cles y pour faire remonter pnr fa con- 
traâion les alimens jufqu'à Torilice du 
pylore*, Tœfophage foufflé , s'enfle jufqu'à 
paroître faire continuité avec le ven- 
tricule , qui, fans cela, en eft léparé 
par un étranglemient , Ic^ inteftins font 

{tj Cook, fécond Voyage, îome /, pa§, 244. 
fi.'J Anciens Mémoires de l'Académie àçs 
Sciences, tome III /partie ni, page 21^ à' fuw» 



du Cormoran. 6^ 

renfermés dans un épiploon, fourni de 
beaucoup de grailTe de la confiftance du 
fuïf 5 ce fait eft une exception à ce que 
dit PIrne , qu en général les animaux 
ovipares n'ont pas d'épiploon { x J, La 
figure des reins eft auffi particulière *, ils 
ne font point féparés en trois lobes , 
comme dans les autres oifeaux *, mais 
dentelés en crête de coq fur leur portion 
convexe *, & féparés du relie du bas- 
ventre par une membrane qui les re- 
couvre jla cornée de IVi^il eft d'un rouge- 
\âf , & le criftâilin approche de la formée 
fpherrque, comme dans les poiilons, la 
bafe du bec eft garnie d'une peau rouge, 
qui entoure auffi l'œil, l'ouverture des 
narines n'eft qu'une fente (i petite 5 qu'elle 
a échappé aux Obfervateurs qui ont dit 
que les cormorans grands & petits , n'a- 
voient point de narines •, le plus grand 
doigt dans les deux efpèces , eft l'exté- 
rieur, & ce doigt eft compofé de cinq 
phalanges , le fuivant de quatre , lê 
troifième de trois , & le dernier , qui eft 

Q:J LiK il, cap. xxxvîi. 



66 HiJIoire Naturelle^ &C. 

le plus court, de deux phalanges feule- 
ment •, les pieds font d'un noir luifant & 
armés d'ongles pointus fyji fous les 
plumes eft un duvet très-fin & auffi épais 
que celui du cygne S de petites plumes 
foyeufes & ferrées comme du velours , 
couvrent la tête , d'où M. Perrault in- 
fère que le cormoran n'efl: point le cor- 
beau chauve pkalacrocôrax des Anciens *, 
mais il auroit dû modifier fon aflertion , 
ayant lui-même obfervé précédemment 
qu'il fe trouve aux bords de la mer un 
grand cormoran différent du petit cor- 
moran qu'il décrit-, & ce grand cormo- 
ran qui a la tête chauve , eft , comme 
nous lavons vu , le véritable phalacroco-- 
rax des Anciens. 



fy) M. Perrault réfute férieufement ia fabîe 
de Gefner , qui dit , ( lib. HT , cap. de corv, 
aquau ) qu^il y a une efpèce de cormoran qui a 
un pied membraneux avec lequei il nage , & 
Tautre dont les doigts font nus , & avec lequel 
il faifit fa proie. 



^^^^ 



n.:xTar. 



JPi.ir./^ct^.Sh^. 




X15 c o:r isKO n-Aisr 



^7 
LES HIRONDELLES 

DE M E R (a). 

JLIans le grand nombre de noms tranf- 
portés pour la plupart fans raifon , des 
animaux de k terre à ceux de îa mer , 
il s'en trouve quelques-uns d'aflez heu- 
reufcment appliqués, comme celui dlii- 
rondelîe qu on a donné à une petite fa- 
mille d'oifeaux pêcheurs, qui reffemblent 
à nos hirondelles par leurs longues ailes 
& leur queue fourchue, & qui par leur 
vol confiant à la furface des eaux, re- 
préfentent affez bien fur la plaine liquide 
les allures des hirondelles de terre dans 
nos campagnes & autour de nos habita- 
tions : non moins agiles & auffi vaga- 

faj En Angiois, /ee fwallow ; en Allemand , 
Jèe fchwalbe; en Suédois, à dans d'autres Lan- 
gues du Nord , taeru , terns , flirii , d'où Turner 
a dérivé le nom de flerna , adopté par les Nomen- 
dateurs pour dillinguer ce genre d'oifeaux. Sur 
nos cotes de l'océan , les hirondelles de mer 
s'appellent ^oëhuAs, 



62 Hifloire Naturelle 

bondes y les hirondelles de mer rafent 
les eaux d'une aile rapide & enlèvent 
en volant les petits poifîbns qui font à 
ïa furface de Teau , comme nos hiron- 
delles y fcii/îdent les infectes *, ces rap- 
ports de forme & d'habitudes naturelles 
leur ont fait donner, avec quelque fon- 
dement 5 le nom d'hirondelles j malgré 
îes difterences eflentielles de la forme du 
bec &i de la conformation des pieds , 
qui, dans les hirondelles de mer , font 
garnis de petites m.embranes retirées 
entre les doigts , & ne leur fervent pas 
pour nager f èj; car il femble que la 
Nature n'ait confié ces oifeaux qu'à la 
puiffarice de leurs ailes qui font extrê- 
mement longues & échancrées comme 
celles de nos hirondelles *, i!s en font le 
même ufage pour planer, cingler, plon- 
ger dans l'air en élevant , raba^ffant , 
coupant 5 croifant leurs vols de mille & 



fh J D'où -vient qu'Alcîrovande, en reparlant 
îes hirondelles de mer comme de petits goëfands, 
îes diftingue pa^- ie nom de goélands à pieds 
iendiis : l^oye:( Ton chapitre de laris fidij?ediùus* 
Ornithoiog, " //^. XIX ^ caj\ x. 



des Hirondelles de mer. 69 

mille manières ( cj j fuivant que îe ca- 
price, la gaieté ou rafped: de la proie 
fugitive dirigent leurs mouvemens *, ils 
ne la faififfent qu'au vol ou en (e poraiit 
un inftant fur Teau fans la pourfjivre à 
la nage ^ car ils n'aiment pointa nager, 
quoique leurs pieds à demi-membraneux 
puiiîènt leur donner cette faciiité 5 ils 
réfîdent ordinairement fur les rivages de 
la mer , & fréquentent auiîî les lacs & 
les grandes rivières. Ces hirondelles de 
mer jettent en volant de grands cris 
aigus & perçans 5 comme les martinets, 
fur-tout lorfque par un temps caime elles 
s'élèvent en Tair à une grande hauteur, 
ou quand elles s'attroupent en été pour 
faire de grandes courfes *, mais en parti- 
culier dans le temps des nichées , car 
elles font alors plus inquiètes & plus 



fcj ii Les marins donnent à tous ces oifeaux 
légers qu'on trouve au iarge , le nom de u 
croifeurs lorfqu'ils font grands, & de goëUttes a 
lorfqu'ils font petits. 59 Remarques faites par M. îe 
vicomte de Querhoënt : & par les notices jointes 
aux remarques de cet excellent Obfervateur, nous 
reconnoiifons en effet dans ces croifeurs & ces 
goëUttçs des hirondelles de mer. 



70 Hijloire Naturelle 

clameufes que jamais , elles répètent Si 
redoublent inceflamment leurs mouve- 
mens & leurs cris , & comme elles font 
toujours en très-grand nombre, Ton ne 
peut, fîns en être aflburdi , approcher 
de la plage où elles ont dépofé leurs œufs 
ou raffemblé leurs petits (d); elles 
arrivent par troupes fur nos côtes de 
Tocéan au commencement de mai (e) ; 
la plupart y demeurent & n'en quittent 
pas les bords \ d'autres voyagent plus loin 
& vont chercher les lacs , les grands 
étangs (^/y)j en fuivant les rivières, par- 
tout elles vivent de petite pêche , & 
même quelques-unes gobent en Tair les 
infeâies volans *, le bruit des armes à feu 
ne les effraie pas , ce fignal de danger 
loin de les écarter , femble les attirer , 
c^r 5 à Tinftant où le chafleur en abat une 



(à) C'eft d'elfes & de ieurs cris importuns, 
que Turner dérive le proverbe fait pour ie vain 
babil des parleurs impitoyables; larus pawirit. 

(e) Obfervation faite fur celles de Picardie y 
par M. Bâillon. 

( f) Comme celui de Vludre près de Dieuie en 
Lorraine , qui , en embraffant fes détours & fts 
golfes y a fept lieues de circuit. 



des Hirondelles de mer. 7 1 

cJans la troupe, les autres fe précipitent 
en foule à Tentour de leur compagne 
bieffée , & tombent avec elle jufqu'à 
fleur-d'eau. On remarque de même que 
nos hirondelles de terre arrivent quel-^ 
quefois au coup de fufil , ou du moins 
qu'elles n'en font pas affez émues pour 
s'éloigner beaucoup : cette habitude ne 
vîendroit-elîe pas aune conjfiance aveu^ 
gle ? Ces oîfeaux emportés fans cefle par 
Un, vol rapide, font moins inftruics que 
ceux qui font tapis dans les filions ou 
perchés fur les arbres , ils n'ont pas 
appris comme eux à nous obferver, nous 
reconnoître & fuir leurs plus dangereux 
ennemis. 

Au refte , fes pieds de l'hirondelfe de 
mer ne diffèrent de ceux de l'hirondelle 
de terre , qu'en ce qu'ils font à demi- 
palmés 5 car ils font de même très-courts , 
très -petits & prefque inutiles pour la 
marche -, les ongles pointus qui arment 
îes doigts ne paroiffent pas plus nécef- 
faires à l'hirondelle de mer qu'à celle 
de terre, puifque toutes deux faihiTent 
également leur proie avec le bec , celui 
des hirondelles de mer eft droit , effilé 



72 Hi/ioire Naturelle 

en pointe , lifle / fans dentelures, 8c 
aplati par les côtés *, les ailes font Ci lon- 
gu's que roifeau en repos paroît en être 
embarraiîé , & que, dans Tair , il femble 
'être tout aile , mais ii cette grande 
puiflance de vol fait de Thirondelle de 
mer un oifeau aérien , elle fe préfente 
comme un oifeau d*eau par fes autres 
attributs , car , indépendamment de U : 
membrane échancrée entre les doigts, ' 
elle a comme prelque tous les oifeaux 
aquatiques , une petite portion de la 
jambe dénuée de plumes , & le corps 
revêtu d'un duvet fourni & très-ferré. 

Cette famille des hirondelles de mer, 
eft compofée de pîufîcurs efpèces , dont 
ia plupart ont franchi les océans & peu- 
plé leurs rivages 5 on les trouve depuis 
les mers, les lacs (g), & les rivières 
du Nord (h J j jufque dans les vaftes 



fgj Le nom même de taent , terns , donné par 
les Septentrionaux à ces hirondelles, fignifie lac, 

(h) M. Gmelin dit en avoir vu des bandes 
innombrables fur le Jénifca , vers Maugafea , en 
Sibérie. I^oya^c çn Sibérk, toim II,j)ag. ^6, 

plages 



des Hirondelles de mer. 7 3 

plages de rocéan auftral ( i ) ; 8c on les 
rencontre dans prefque toutes les régions 
intermédiaires (^*y). Nous allons en don- 



(i) M. Cook a vu des hirondelles de mer vers 
îes Marquifisy qui font les îles vues par Mendana. 
Second Voyage j tome II , page 238. — Le même 
Navigateur s^'eft vu accompagné par ces oifeaux , 
depuis îe cap de l^onne-efpérance jufqu'au-delà 
du quarante - unième degré de latitude auftrale. 
Ibid, iome /, pag. 88. — Le capitaine Wallis les a 
rencontrés par vingt- fept degrés de latitude , & 
cent fix de longitude oueft, dans ia grande mer 
du Sud. Premier Voyage de Cook , tome II , 
page 75. « Les îles bafTes du tropique, dans tout 
?> cet archipel qui environne Taïti, font remplies 
M de volées d'hirondelles de mer , de boubies , 
de frégates, &ç. >» Ohfervatiom de Forfier , à la 
fuite du fécond Voyage de Cook , page 7. — Les 
hirondelles de mer vont coucher fur les buiflbns 
à Taïti ; M. Forfter , dans une courfe avant le 
lever du foleil , en prit ainii pîufieurs qui dor- 
moient le ion® du chemin. Second Voyage Je 
Cook, tome II , page 332. 
I fkj II fe trouve des hirondelles de mer aux 
I Philippines , k la Guyane , à l'Afceniion ; uoyex 
\ à la fuite de cet article îes notices des efpèces. 
I On reconnoît- aifément pour des hirondelles de 
mer, les oifeaux que rencontra Dampier dans les 
parages de la nouvelle Guinée. « Le 30 juillet , 
tous les oifeaux qui avoient efcorté jufque-là « 
îe Vaifleau l'abandonnèrent , mais on en vit « 

Oifeaux , Tome X FL D 



74 Hijloife Naturelle 

ner les preuves , en faifant la defcnptîoit 
de leurs différentes efpèces, & nous com- 
mencerons par celles qui fréquentent nos 



cotes. 



5î d'une toute autre efpèce , qui étoient de fa 
" grolTeur des vanneaHX avec le plumage gris, 
» le tour des yeux noirs, le bec rouge & pointu, 
» îes ailes longues & ia queue fourchue comme 
îes hirondelles. >» Hifloirc générale des Voy^nges , 
tome XI ^ page 217. — « Le 13 Juillet 1773 , à 
»» trente - cinq degrés deux fécondes de latitude, 
5> &: deux degrés quarante-huit fécondes de longî- 
>» tude , pendant un violent coup de vent de. 
» nord-oueft , M. de Querhoent vit beaucoup del 
» damiers , de croifeurs , & les premières petitej 
» goélettes ; elles font au moins de moitié plu{ 
>5 petites que les damiers; elles ont îes ailes fort 
>? longues & conformées comme ceiles de notve 
>5 martinet ; elles fe tiennent ordinairement en 
?î grandes troupes., & s'approchent très -prés de; 
Vaifîeaux , mais fans affeâer de les fuivre. « 
Remarques faites à bord du J^aijfèau du Rai iâ 
Victoire ^ par M. le picomte de Querhcënt, 

> 



H%^ 



des Hirondelles de mer. 75 

^LE PIERRE-GARIN 
ou LA GRANDE HIRONDELLE 

DE MER DS NO^ COTES (l). 

Première efpèce. 

iN ous PLAÇONS ici, comme première 
efpèce 5 la plus grande des hirondelles 



^ Voyei ïes planches enluminées, iu^ 987. 

(l) C^eft proprement cette efpèce dont le nom 
en Suédois eft taerna ; en Hollandois , icflerre ; 
en Suide, fchirriug; en Poîonois, jaskolka morska 
ou kuligmorski ; en Iflandois , thème, krlla ; en 
Lappon , ^/iis/reX: ; en Groènlandois, emerkotulak , 
fuivant Muîler, 

Sterna. Gefner, yf^7. page 586. — Aîdrovande , 
Ji;i. tom. III, page 78. — Jonîlon, Jpi, pag. 94, 
— Larus miiior , fleriia vel filma, Gefner , Icon. 
AvL page 96. — Stema Tumeri , fpeurcr baltntrL 
Wiliughby ,Kîein. — - Hlmndo /narz/zû. Wiïlughby ^ 
Omithol. page 268. — Sibbaid. Scou illuflr. part. II , 
îib. III , page 21. -— Ray , Synopf, AuL page 131 , 
\ n.^ fl, I ; & 191 , n,^ 7 , fous le nom de lilvundo 
marina major, patines de Oviedo, — Hirundino ma- 
rina , Jlerna Tumeri. Rzaczynski j Auanar. Mft. nau 



y$ IJifloire Naturelle 

de mer qui fe voient fur nos cotes -, elle a 
près de treize pouces du bout du bec aux 
ongles, près de feize jufqu'au bout de 
la queue, & prefque deux pieds d'en- 
vergure 5 fa taille fine & mince , le joli 
gris de fon manteau, le bea^^ blanc de 
tout le devant dû corps, avec une ca- 
lotte noire fur la tête, & le bec & les 
pieds rouges en font un bel oifeau. 
Au retour du printemps , ces hiron- 

Polc.n, page 385. — Lanis alhicam. Marfîgî. Danuh. 
tome V, page 2>^, — Klein, Avi. page 138, 
Y\.^ 10. — Lams. Moebriiig , Avi, Gen. 74. — 
Sterna caudâ forcipatâ , Tedtncibus duahus cxtim'is albo 
ftigrnque dimidiatis ; hirundo. Linnaeus , Syft, vaU 
cd. X, Gen. 70 , Sp, 2. — Sterna redtricibus extimis 
maximis dimidiato albis mgrifque. Idem , Fauna 
Suecica, n.^ 127. ' — Sterna hirundo , caudâ forficatâ; 
rtSricibus duabus extimis albo nigroque dimidiatis^ 
Muller , Zoolog, Dan. n.^ 170. — Goiland oa 
larus minoT melanocephales. Feuiliée , Ob/èryatioas 
phyfiques , édit, 1725 , page 4 10. — La grande 
alouette de mer. Albin , tome II , page 57 , avec 
une Hgure mai coloriée, planche 88. — L'*hiron- 
dcile de mer. Salerne , Ornithol. page 392. — 
Sterna Jhpeniè cinereo- alba , infernè nivea ; capm. 
fnptriore nigro ; reniigibas fipteni primoribus interiits 
venus fcapum cinereo-nigricantibiis ; re&ricibus cinereo^ 
albis. . . Sterna major, La grande hirondelle de 
B^r. BrilTon, Ornithol, tome VI , page 203, 



des Hirondelles de mer. , 7 7 

délies qui arrivent en grandes troupes 
fur nos côtes maritimes 5 fe féparent en 
bandes , dont quelques-unes pénètrent 
dans l'intérieur de nos provinces, comme 
dans rOrIéanois(^;72^ j en Lorraine ( n )j 
enAlface(o)^ êc peut-être plus loin, 
en fuivant les rivières, & s'arrêtant fur 
les lacs & fur les grands étangs , mais 
ie gros de Tefpèce refte fur les côtes & 
fe porte au loin fur ies mers. M. Ray 
a obfervé que Ton a coutume d'en trou- 
ver en quantité à cinquante lieues au 
large des côtes les plus occidentales de 
l'Angleterre , & qu'au-delà de cette dif- 
tance , on ne îaiflè pas d'en rencontrer 
encore dans toute la traverfée jufqu'à 
Madère î qu'enfin cette grande multitude 
paroît fe raffembler pouf nicher au3t 
falvages ^ petites îles défertes peu dif- 
tantes des Canaries (pj. 



(m) M. Saîerne dit qu'en Sologne on Tappelle 
j^etit criard» 

( nj M. Lottinger. 

(ê ) Sur le ï-lhiH , vers Strasbourg , on îuî 
donne le nom de fpeurer, fuivant Gefner. 

(j) J Synopf Avi» pag. 191, 

Diij 



7 8 Hijîoire Naturelle 

Sur nos côtes de Picardie, ces hiron- 
delles de mer s'appellent pierre-- garins. 
Ce font , dit M. Bâillon , des oifeaux 
aulîi vifs que légers, des pêcheurs hardis 
& adroits , ils fe précipitent dans la mer 
far le poiflbn qu ils guettent , & après 
avoir plongé, fe relèvent, & fouvent re- 
montent en un inftant à la même hau- 
teur où ils étoient en Tair \ ils digèrent] 
le poifîon prefque auffi promptement 
qu'ils le prennent , car il fe fond en 
peu de temps dans leur eftomac , la i 
partie qui touche le fond du fac fe 
dïflbut la première-, & Ton a obfervé ce 
même effet dans les hérons & dans îesi 
mouettes, mais en tout îa force digeftive 
eft fi grande dans ces hirondelles de! 
mer, qu'elles peuvent aifément prendre? 
un fécond repas une heure ou deux après 
le premier-, elles fe hattent fréquemment 
en fe difputant leur proie , & avalent des 
poiflons plus gros que le pouce & dont 
la queue leur fort par le bec. Celles que 
l'on prend & qu'on nourrît quelquefois 
dans les jardins (q) y ne refufent pas 

(q) « J'en ai eu plufieurs dans mon jardir 



des 'Jlirondelks de mer. 79 

de manger de la chair , maïs il ne paroît 
pas quelles y touchent danS' Tétat de 
liberté. 

Ces oifeaux s^apparient dès leur arri- 
vée , dans les premiers jours de mai: 
chaque femelle dépofe dans un petit 
creux , fur le fable nu :, deux ou trois 
œufs fort gros, eu égard à fa taille -, le 
canton de fable qu'elles choififlènt pour 
cela eft toujours à Tabri du vent de 
Nord & au-deflbus de quelque petite 
dune 5 fi Ton approche de leurs nichées > 
les pères & mères fe précipitent du haut 
de l'air, & arrivent à l'homme en jefâ^it 
de grands cris redoublés d'inquiétude & 
de colère. ' 

Leurs œufs ne font pas tous de la 



où je n'ai pu îes garder iong-temps, à caufe « 
de Fimportunité de leurs cris continuels , même <« 
pendant la nuit. Ces oifeaux captifs perdent « 
d'ailleurs prefque toute leur gaieté ; faits pour a 
s'ébattre en Pair, ils font gênés à terre; leurs «, 
pieds courts s'embarraiTent dans tout ce qu'ils « 
rencontrent, n Extrait d'un Mémoire de M. Bail-^ 
Ion y fur les pierre - garins , d^où nous tirons les 

détails de i'hiftoire de ces Oifeaux. 

D iv 



$0 HiJIoire Naturelle 

même couleur, îes uns font fort bruns, 
d'autres font gris , & d'autres prefque 
verdâtres', apparemment ces derniers font 
ceux des Jeunes couples , car ils font un 
peu plus petits 5 & Ton fait que , dans 
tous îes oifeaux dont les œufs font teints, 
ceux des vieux ont les couleurs plus 
foncées & font un peu plus gros & moins 
pointus que ceux des jeunes , fur- tout 
dans les premières pontes : la fem.eHe 
dans cette efpèce ne couve que la nuit, 
& pendant le jour quand il pleut : elle 
abandonne fes œufs à la chaleur du foleil 
drns tous les autres temps. «« Lorfque le 
j? printemps eft beau, m'écrit M. Bâillon, 
J5& fur-tout quand les nichées ont corn- 
jjmcncé par un temps chaud , les trois 
35 œufs qui compofent ordinairement la 
33 ponte des pierre - garins éclofent en 
>5 trois jours confécutivement-, le premier 
35 pondu devance d'un jour le fécond 
35 qui de même devance le troificme , 
35 parce que le développement du germe , 
35 qui ne date dans celui-ci que de Tinf- 
35 tant de Tincubation com.méncée , a été 
35 hâté dans les deux autres par la chaleur 



its Hirondelles de mer. S i 

au foieîl qu'ils ont éprouvée fur le ce 
fable 5 fi !e temps a été pluvieux ou feu- ce 
lement nébuleux lors de la ponte, cet ce 
effet n'arrive pas, & les œufs éclofentcc 
enfembîe , la même remarque a été ce 
faite fur les oeufs des alouettes & des ce 
pies de mer , & Ton peut croire qu'iî ce 
en efl; encore de même pour tous les ce 
cifeaux qui pondent fur le fable nu«« 
des rivages, n 

Les petits pierre ^ garins éclofentcc 
couverts d'un duvet épais, gris -blanc ce 
& femé de quelques taches noires fur ce 
la tête & le dos , ils fe traînent & quit-c« 
tent le nid dh qu'ils font nés*, le pèreu 
& la mère leur apportent de petits lam- 
beaux de poiiTons, particulièrement duce 
foie & des ouïes *, la mère venant le ce 
foir couver l'œuf non-écîos, les nou-«e 
veaux-nés fe mettent fous fes ailes ^ ces ce 
foins maternels ne durent que peu de ce 
jours ^ les petits fe réunifient pendant ce 
ia nuit & fe ferrent les uns contre lesc^ 
autres-, les père & mcre ne font pas ce 
long- temps non plus à leur donner à ce 
manger dans le bcc) mais fans defcen-« 

D V 



Bl iJiJloire Naturelle . 

^îdre chaque fois jufqu'à terre, ils laîflent 
55 tomber , & font , pour ainfi dire , pleu- 
rs voir fur eux la nourriture', les jeunes 
Jîdéjà voraces 5 s'entrebattent & fe la 
Jîdrlputent entr'eux en jetant des cris*, 
5? cependant leurs parens ne ceffent pas 
55 de verlîer fur eux du haut de Tair, 
55 un cri qu'ils jettent en planant donne 
55raîarme , & à Tinftant les petits de- 
55 meurent immobiles tapis fur le fable*, 
55 ils fcroicnt alors difficiles à découvrir 
55 (i les cris même de la mère n'aidoient 
^^^ les faire trouver; ils ne fuient pas, 
55 & on les ramaffe à la main comme des 
55 pierres. 

55 Ils ne volent que plus de fix femaî- 
55 ncs après qu'ils font éclos, parce qu'il 
55 faut tout ce temps à leurs longues 
55ailes pour croître ; femblables en cela 
55 aux hirondelles de terre qui reftent 
55 plus long temps dans le nid que tous 
55 les autres oifeaux de même gran- 
55deui 5& en fortent mieux emplumés , 
55 Us premières plumes, qui pouffent à 
53 jeunes pierre - garins , font d'un gris- 
» blanc fur la tête, le dos & les ailes j 



àes Hirondelles de mer. 8 j 

îes vraies, couleurs ne viennent qu'àc« 
la mue-, mais jeunes & vieux ont tous ce 
le même plumage à leur retour au ce 
printemps s ^^ faifon du départ de ce 
nos côtes de Picardie 5 eft vers îa mï-^i 
août 5 & j ai remarqué i année dernière ce 
1779 5 ^^^'^^ s'étoit fait par un vent dec« 
nord- eft. J5 * 




DvJ 



8 4 HiJIoire Naturelle 

^ LA PETITE HIRONDELLE 
DE MER ( T ). 

Seconde efpcce. 

V^ETTE PETITE HiRONDELLE de mer ref- 
femble fi b'en à la précédente pour les 
couleurs , qu'on ne la diftingueroit pas 
fans une différence de taille confidérable 



* Voyei îes planches enluminées , nP 996. 

(t) En Anglois , Ujfer fea fwallow ; en Aîfe- 
Tnand , klein fia shwalbe. , & vers Strasbourg , 
fifi/îerlin; en Poîonois , rybiiw. 

Petite mcHiette blanche. Béion , Nau des Oi/l 
page 171 ; & Pomaiis d'oifiaax ; page 35 , è, 
avec une mauvaife figure , fous le nom dV/iro//- 
delU du mer, — Larus pifcator. Gefner , Jii^L 
pag. 507 ; & Icon. Av'u pag. 96. — Jonfton, Avu 
paoe'93, — Aldrovande, A\^l tome lll, pag. 80, 
& pag. 71, fous le titre, larns alhus m'nior. — 
LauiT. pifcator Atdrovav.di £?* Gefneri , fifc/ierlin LeO' 
itcrdi Bidîn-ri. Wiilughby , OrnithoL pag. 269. — 
Ray, Synopf AvL page 131, n.° a, 2. — Larus 
miner cintreus. Sch^venckfeld Ai^i. Silef, page 293. 
— Klein, Ai'u page 138, n.° 11 & n.o 13, 
Jbus le titre , larus pifcator Aldrovandi, • — Larus 
fim^ïatilit j ftir ^ayia , Qtjha^ pifcator. Rzaczynski j 



des Hirondelles de mer. 8 J 

& confiante entre ces deux races ou 
efpèces, celle-ci n^étant pas plus groffe 
qu'une alouette; mais elle eft auffi criar- 
de ( f) j auffi vagabonde que la grande; 
cependant elle ne refufe pas de vivre 
en captivité lorfqu'elle fe trouve prife 
à rembûche, que dès le temps de Bé- 
îon les pêcheurs lui drefloient fur Teau , 



Hlfl. nau Polon, pag. 285; & Au&nar. pag. 3S8 , 
Ibus ie titre , larus mimi cimr&us Schwenckfeldii , 
gavia minor. — Larus pifcator. Charîeton, Èxzhiu 
page 100, n.^ g. Onomait. page 94, 11,0 3. — 
Larus fubcinereus , Toflro & ptdibus crocsis , 
Barrère , Ornithol. cîaf. i , Gen. 4 , Sp. 3. — 
Sterna caiida fubforficata corj)9re cano , capite rofiro^ 
que nigro , pedibus rubris ; fterna uigra. Linr/seus , 
Syjî, îiaL éd. X, Gen. 70, Sp. 3. — Stema fupra 
saiiûs capite mUroque nigro j pedibus rubris. Idem, 
Fatma Suec, n.° 128. — La mouette pêcheufe ou 
hirondelle de mer. Saîerne. Orniihol page 393. 
'— Petite hirondelie de mer. Albin , tome 1 1 , 
page 58 , pianche 90. — Stema fupeniè cimrea , 
infernè nipea ; Jyncipite alho , vertice ô* occipitio 
mgris ; remigib lis tribus prlmoribus nigricantibus , tn- 
Zeriàs maximà parte albis ; red^ricibus cwdidis, , . , 
Surna minor, BriiTon , Ornithol. tome VI , pag. 206. 
(f) ii EHe eil û criarde qu'elle en eftonne 
Taer, & fait ennui aux gens qui hantent Pefté a 
par ies marais &; îe long des petites rivières. » 
Bélon^ Nato des Oifiaux, ^age 171, 



86 Hijîoire Naturelle 

en faîfant flotter une croix de bois , au 
milieu de laquelle ils attachoient un petit 
poilTon pour amorce , avec des gluaux 
fichés aux quatre coins , entre îefqueîs 
Torfeau tombant fur fa proie empêtre k^ 
ailes { t ). Ces petites hirondelles de 
mer fréquentent , ainfi que les grandes, 
les côtes de nos mers , les lacs & les 
rivières^, & elles en partent de même aux 
approches de l'hiver. 

(tj Idem, il>id. 




des Hirondelles de mer, S 7 

"fLA GUIFETTE Çu). 

Troijîème ejj)èc€. 

ÏS OUSADOPTONS5 pour défigner ccttQ 
efpèce d'hirondelle de mer , le nom de 
Guifene qu'elle porte fur nos côtes de 
Picardie , fon plumage , blanc fous ie 
corps , eft ajifez agréablement varié de 



*^ Fbyei ies planches enîumïnées, //.<? 924. 

fïtj Kirr-mtuw. Klein, AvL page 107, n.° la, 
^^Rallus cinenus facie lari. Idem , ibid. pag. 103, 
îî.® 3. — Rallus fubtus albido flai^nfcens , cePmce 
t^mlefcenti mciculato , digitis marginads» . . Rallus 
iariformis. LinnaÊUS, Syfl. iiau éd. X, Gen* 83, 
Sp. 3. ' — Larus cimreus fijjipes , rojlro ac pedièus 
rufefcentibns, Marfigl. Danub. tome V, page 92. 
< — Mouette à pieds fendus. Aibln , tome II , pag. 54, 
planche 82. — Steniafupemè fufcuy marginihus pm- 
iiamm rufefceiitLbas , iufernè alha, rufejceim ad lacera 
adumbrata ; macula pana oculos mgncaute ; ujopygio 
dilutè ciriereo ; remigibus majoribus interiàs vzrfus 
fiapum 6* ad aplcem Jaturatè cimreis ; redtricibus 
dilutc cwereis , ad apicem faturatiorlbus Ef alho 
rufeficnte marglnatls , utrimque extimâ exteriiis can- 
didâ. . • . Surna uczpia. L'hirondelle de mer tache- 
tée. BrilTon, OrnithQU tome VI , page 21 6, 



8 S Hijloire Naturelle 

noîr derrière la tête , de brun , nué de 
roufsârre fur le dos, & d'un joli gfis 
frangé de blanchâtre fur les ailes, elle 
efl: de taille moyenne entre les deux 
précédentes, mais elle en diffère en plu- 
sieurs chofes pour les mœurs. M. Bâillon 
qui en parle par conpan'^ifon avec la 
grande efpèce appelée pierre -gann ^ dit 
qu elles fe trouvei>t également fur les 
côtes de Picardie , mais qu'elles diffè- 
rent par plufieurs caractères , 1.^ les 
guifettes ne vont pas, comme les pierre-- 
garins j, chercher habituellement leur 
nourriture à la mer*, elles ne font pas 
pifcîvores, mais plutôt infedtivores , fe 
tiournffant autant des mouches & autres 
infeâres volans qu elles faififfent en l'air , 
que de ceux qu'elles vont prendre dans 
Teau -, 2.^ elles font peu clameufes & 
n'importunent pas , comme les pierre- 
garins, par leurs cris continuels*, 3.° elles 
ne pondent point fur le fable nu , mais 
choidfTent dans les marais une touffe 
d'herbe ou de mouïTe fur quelque motte 
ïfoiée au milieu de Teau ou fur fes 
bords*, elles y apportent quelques brins 
d'herbes sèches & y dépofent leurs œufs^. 



des Hirondelles de mer. 8 9 

qui font ordînairement au nombre de 
trors ; 4.^ elles couvent conftamment leurs 
œufs pendant dîx-fept jours, &ils éclo- 
fent tous le même jour. 

Les petits ne peuvent voler qu'au bout 
d'un mois , & cependant ils partent avec 
leurs père & mère d'affez bonne heure, 
& fouvent avant les plerre-garins ; on en 
voit voler îe long de la Seine & de la 
Loire dans le temps de leur paffage : 
au refte 5 les guifettes ont les allures du 
vol toutes femblables à celles des pier- 
re -garins ou grandes hirondelles ^ de 
mer, elles font de même continuelle- 
ment en lair , elles volent le plus fou- 
vent en rafant Teau ou les herbes, & 
s'élèvent aufïï fort haut & très -rapi- 
dement. 




50 Hijîoire Naturelle 



"f^LA GUIFETTE NOIRE 

ouVÉPOUFEN TA IL {x). 

Quatrième efpèce, 

\^ ET OISEAU a tant de rapport avec 
le précédent , qu on lappelle gulfette 
noire en Picardie : le nom d'épouvencail 



** ybyex les planches enluminées, //.^ 333. 
(xj En Al'emand , fchvjartxer mew, Klein 
fchwartxe fé&'fchyvalbe; & fur le Rhin vers Straf- 
bourg, mey-vogel ; en Anglois, fiare- crow , fmall 
hUck fia flvallow, 

Larus Mîger. Gefner, Jpi. page 588; & Tcon. 
Av'u page 97. — Jonflon, page 94, — Aidrovancle, 
tome III, page 81. — Laru$ niger fidipes. Idem , 
ibid. pag. 82. — Larus niger GefntrL WHiughby, 
Ornitk'jL page 269. — Ray , ^j//?o/jy? page 131, 
n.^ û> 3. — Larus niger fidipes , dis longiorièus ^ 
jildrot^andi. WiWughhy ^ page 270. — Ray, Synopf, 
page 131 , n.^ 4. — Larus niger fidipes nojler. Wîi- 
lughby , pai^e 270. "^ Larus minor fidipes noflras, 
Ray, Synopf! pag. 132»^ n."^ a, 6, — Larns niger, 
Charîeton , Excrcit. page 100 , n."* 4. Onomait, 
page 95 , n/^ 4. — Lan/s minor niger , meva uigra% 
Schwenckfeld, Mi> Silef, page 294. — Klein , Ji>i^ 



des Hirondelles de mer. 9 i 

qu'on îuf donne ailleurs 5 vient appa- 
remment de la teinte obfcure de cen- 
dré très-foncé qui lui noircit la tête , le 
cou & le corps , ks ailes feules font du 
joli gris qui fait la livrée commune des 
hirondelles de mer 5 fi grandeur eft à- 
peu-près la même que celle de la gui- 
fette commune j fon bec eft noir, & fes 
petits pieds font d'un rouge - obfcur , 
on diftrngue le mâle à une tache blan- 
che phcée fojs la rouge» 

Ces oifeaux n'ont rien de lugubre que 
le plumage, car ils font très-gais , volent 
fans ceffe , &font comme les autres hiron- 



page 138 , n.° 12. — Lams minor nlger Schjvenck" 
fddiu Rzaczynski, Au6tuar, Hifl. Nat, Po/a/2. page 
389. — Larus pyrenaicus tctus ater. Barrère , OrnithoL 
ciaf. I , Gen. 4 , Sp. 5. — La mouette noire. 
Saîerne , OrnithoL page 394. — La mouette noire 
à pieds fendus, page 395. La petite mouette du 
pays à pieds fendus, idem, ibidem. Nota, Dans 
ces trois articles , c'eil toujours le même oifeau. 
^^ Stertia fiperiiè cinerea, iufurnè cinereo- ni^rkans ; 
capite & coUo fiperiore nîgricannèus ; imo i^entro 
niveo; reàricibus cinereis , utrimque extimâ exteriùs 
clneTeo - alha. . . . Sterna nigra. L^hirondeiie de 
mer noire ou i'épouventail. BriiTon , Ornitholog. 
tome VI, page 211. 



5)2 Hijîolre Naturelle 

délies de mer mille tours & retours dnns 
les airs , ils nichent comme les autres 
guifettes fur les rofeaux dans les marais, 
& font trois ou quatre œufs dun vert- 
fale, avec des taches noirâtres qui for- 
meryt une zone vers le milieu fyj ; ils 
chaffent de même aux infedes ailés, & 
leur reflemblent encore par toutes les^ 
allures ("iJ. 



Cy) Wiilughby. 

(l) Obfervations communiquées par M. Bail- 
fan de Montreuii fur-mer. 




des Hirondelles de mer. 5 j 

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ 

LE GACHET (a). 

Cinquième efpcce. 

Un beau noir couvre la illt-y la 
gorge , le cou & ie haut de la poitrine 
de cette hirondelle de mer , en manière 
de chaperon ou de domino \ fon ^os 
eft gris 5 fon ventre blanc 5 elle eft un 
peu plus grande que les guifettes , l'ef- 
pcce n'en paroît pas fort commune fur 
nos côtes , mais elle fe retrouve fur 
celles de l'Amérique , où le P. Feuillée 
Ta décrite (b) ^ & où il a obfervé que 



(a) Goiland ou Larus alho niger , kirundinis 
caudâ, Feuiilée, Journal d' Oh fer valions, , édit, 1725, 
page 260. — Petite hirondelle de mer. Albin , 
tome II, page 58 , planche 89. — Stema fipernè 
faturatè cinereaj infernè alba; capite, collo & pedtore 
fupremo nigris; oculorum amhitu cinereo alho ; re&ri^ 
cihus faturatè cinereis , utrimque extimâ exterius albâ, 
faturatè cinereê marginata, , , , L^'hirondelle de 
mer à tête noire ou le gachet. Brifîbn ^ OrnithoL 
tome VI, page 2iz!. 

( bj Eiie fembie défignée fous ie nom de bufi 



94 Hijloire Naturelle 

CCS oîfeaiix pondent fur la roche nuei 
deux œufs très-gros pour leur taille, & 



dans le paflage fuivant du navigateur Dampier. 
4« Nous vimes quelques bonbies & des bufcs , & 
5» la nuit nous primes un de ces derniers oifeaux , 
» il étoit différent pour la couleur & la figure de 
f) tous ceux que j'avois vu jufqu''ici ; il avoit ie 
n bec long &. délié comme tous les autres oifeaux 
>î de cette efpèce : le pied plat comme les canards; 
>3 la queue plus longue, large & plus fourchue 
9-, que celle des hirondelles; les ailes fort longues; 
»f le defius de fa tête d'un noir de charbon; de 
>5 petites raies noires autour des yeux , & un 
9* cercle blanc aflez large qui les enfermoit de 
j, l'un & de l'autre côté ; le jabot , le ventre & 
9) le defîbus des ailes étoient blancs ; mais il avoit 
„ le dos & le deifous des ailes d'un noir- pâle 
n ou de couleur de fumée. ... On trouve de 
>) ces oifeaux dans la plupart de ces lieux fîtués 
>î entre les deux Tropiques, de même que dans 
»» les Indes orientales & fur la côte du Bréfil; ifs 
>î pafTent la nuit à terre, de forte qu'ils ne vont 
,* pas à plus de trente lieues en m.er , à moins 
?5 qu'ils ne foient chafies par quelque tempête ; 
>î iorfqu'ils viennent autour des Vaiffeaux , ils 
n ne manquent prefque jamais de s'y percher fa 
>» nuit , & ils fe iaiffent prendre fans remuer; 
>7 ils font leurs nids fur les coiiines ou les rochers 
voifins de fa mer. »» hlouveau Voyage autour du 
■monde» par Dampier ; Rouen , 1715 , toniQ /K> 
p^e 129, 



des Hirondelles de mer. 9 f 

marbrés de taches d'un pourpre fom- 
bre , fur un fond blanchâtre. Au refte , 
Tindividù obfefvé par ce Voyageur étoît 
plus grand que celui qu'a décrit M, Brif- 
fon 5 qui néanmoins les rapporte tous 
deux à la même efpèce , à laquelle , fans 
en dire la raifon , il a imporé le nom 
de gachct. 




^6 Hijlùire Naturelle 

» ■ ^ 

L'HIRONDELLE DE MER 
DES Philippins S (c). 

Sixième efpèce. 

VjETTE Hirondelle de mer trou- 
vée à rîle Panay, Tune des Philippines, 
par M. Sonnerai , eft indiquée dans ion 
voyage à la nouvelle Guinée -, fa gran- 
deur eft égale à celle de notre pierre- 
garin, & peut-être eft-elle de la même 
efpèce, modifiée par l'influence du cli- 
mat \ car elle a, comme le pierre- garin , 
tout le devant du corps blanc, le deffus 
de la tête tacheté de noir , & n'en diffère 
que par les' ailes & la queue , qui font 
grisâtres en-deffous, & d'un brun de 
terre d'ombre au- deffus, le bec & les 
pieds font noirs. 

(c) L'hirondelle de mer de i'ile Panay. Sonne- 
rat , Foyage à la nouvclU Guinée , page 1 25. 

L'HIRONDELLE 



des Hirondelles de mer. $ 7 
L'HIRONDELLE DE MER 

A GRAI^DE ENVERGURE. 

Septième efpece. 

f^uoiQUE ce cara6tère d'une grande 
envergure femble appartenir à toutes les 
hirondelles de mer , il peut néanmoins 
s'appliquer (pécialement à celle-ci , qui, 
fans être plus grande de corps que notre 
hirondelle de mer commune , a deux 
pieds neuf pouces d'envergure \ elle a 
fur le front un petit croiflant blanc , avec 
le deffus de la tête & de la queue d\ui 
beau noir, & tout le deflbus du corps 
blanc ^ le bec & les pieds noirs. Nous 
devons à M. le vicomte de Querhoent 
la connoiflance de cette efpcce qu'il a 
trouvée à Tîle de TAfcenfion , & fur 
laquelle il nous a communiqué la notice 
fuivante. c« H eft inconcevable combien 
il y a de ces hirondelles à TAfcenfion ^cc 
i'air en eft quelquefois obfcurci, & j'aii€ 
Oifcaux ^ Tom€ XVL E 



c)8 Hijloïre Naturelle 

3) vu de petites plaines qu'elles couvroient 
î5 entièrement 5 elles font très-piaiHardes 
95 & jettent continuellement des cris aigus 
î)& aigres , exaâiement femblables à 
5) ceux de la frefaye: elles ne font pas 
55 craintives \ elles voloient au-deflus de 
53 moi, prefquc à me toucher, celles qui 
jjétoient fur leurs nids ne s'envoloient 
55 point quand je les approchois , mars 
55 me donnoient de grands coups de bec 
55 quand je voulois les prendre ^ fur plus 
55 de iix cens nids de ces oifeaux , je 
55 n'en ai vu que trois oii il y eut deux 
55 petits ou deux œufs, tous les autres 
55 n'en avoient qu'un*, ils les font à plate- 
55 terre , auprès de quelque tas de pierre, 
55 & tous les uns auprès des autres. Dans 
55 une partie de l'île , où une troupe 
55s'étoît établie , je trouvai dans tous 
55 les nids le petit déjà grand , & pas un 
55feul œuf, le lendemain, je rencontrai 
55 un autre établiflement où il n'y avoit 
55 dans chaque nid qu'un œuf qui com- 
55mençoit à être couvé & pas un petit: 
55cet œuf, dont la grofleur me furprit, 
j^eft jaunâtre avec des taches brunes , 



des Hirondelles de mer. 99 

& d'autres taches cTun violet - pâle ^cc 
plus multipliées au gros bout , fans ce 
doute ces oifeaux font pluiieurs pontes ce 
par an. Les petits , dans leur premières 
âge 5 font couverts dun duvet gris-c« 
blanc •, quand on veut les prendre c< 
dans le nid, dégorgent auffitôt le poif-« 
fon qu'ils ont dans reftomac. ^% 




Eij 



100 Uijloire Naturelle 

"^ LA GRANDE 

HIRO NDELLE DE MER 

VE Catenne, 

Huitième efpèce. 

yj N POURROiT donner à cette efpèce 
la dénomination de très - grande hiron^ 
délie de mer j, car elle fiirpafle de plus 
de deux pouces , dans fes principales 
dimenfions 5 le pierre- gnrin qui eft la 
plus grande de nos hirondelles de mer 
d'Europe. Celle-ci fe trouve à Cayenne -, 
elle a , comme la plupart des efpèces de 
fon genre , tout le deflbus du corps 
blanc 5 une calotte noire derrière la tête , 
& les plumes du mafiteau frangées , /iir 
fond gris , de jaunâtre ou roufsâtre 
foible. 

Nous n avons connoiflance que de ces 

* y^oytx les planches enluminées , n.^ 988, 



àts Uirondeîles de mer. i o l 

huitefpèces d'hrrondelksde mer, & nous 
croyons devoir féparer de cette famille 
d'oifeaux, cekiî dont M. Briilôn a fait 
fa troijieme efpèce j fous îa dénomina- 
tion dhirondeÙe cendrée (e) j parce qu'il 
a les ailes courtes ^ & que ia grande lon- 
gueur des ailes paroît être le trait le 
plus marqué , & l'attribut confiant par 
lequel la Nature ait caraébérifé les hiron- 
delles de i-aer 5 & parce quaufïï leurs 
habitudes naturelles dépendent , pour la 
plupart 5 de cette conformation qui leur 
eft commune à toutes. 



» "M ■< 



{t) Ornithologie, tom^ FI, page 210. 




ilj 



loi HiJIoire Naturelle 

VOIS EAU DU TROPIQUE 

OU LE PaILIE'EN'^QUEUE (a). 

l\ ous AVONS vu des oifeaux fe por- 
ter cîu Nord au Midi, & parcourir d'un 
vol libre tous les climats de la terre & 
des mers -, nous en verrons d'autres con- 
finés aux régions polaires comme les 
derniers enfans de la Nature mourante 
fous cette fphcre de glace {ij; celui-ci 
femble au contraire être attaché au char 
du foîeil fous la zone brûlante que bor- 
nent les tropiques (^cj : volant fans cefl'e 



it^l» M m m ' » m*f< tmm i a 



(fl^PaHîe-en-cuI, fétu-en-cuî, queue de-flèche; 
en Anglois , rhc tropick hhd ; en Eoliandois, 
yylfîaart ; en Elpagnol , rabo di junco ; en Ladn 
moderne , Upturus. 

(b) Foyei dans les dcrnier's articles de cette 
Ililtoire, ceux de V'albutwjjkj du pétrel, du maca- 
rcux, du pinguin, 

(c) C^ell Ams doute dans cette idée que 
M. Linnaeus lui donne le nom poétique de Phaë- 
lon, Pàactofi tecàcrais^ i^vyei , ci-après 5 les nomen- 
ciatures. 



de VOifcau du Tropique ^ &c. i o 5 

fous ce ciel enflammé , fans s'écarter des 
deux limites extrêmes de la route du 
grand aftre, ii annonce aux Navigateurs 
leur prochain paffage fous ces Lignes 
céleftes, auffi tous lui ont donné le nom 
à'oifeau du Tropique ^ parce que foii 
apparition indique l'entrée de la zone 
torride , foit qu'on arrive par le coté 
du Nord ou par celui du Sud , dans 
toutes les mers du monde que cet oifeau 
fréquente également. 

C'eft même aux lies les plus éloignées 
& jetées le plus avant dans l'océan équi- 
noxial des deux Indes , telles que l'Af- 
cenfion , Sainte-HélènCy Rodrigue & celles 
de France & de Bourbon , que ces oifeaujc 
femblent furgir par choix , & s'arrêter 
de préférence. Le vafte efpace de la 
mer atlantique du côté du Nord, paroît 
les avoir égarés jufquaux Bermudes(^(i(^ ^ 



(d) 6i On ne voit guère ces oîfeaux qu'entre 
les tropiques, & à des diftançes très -grandes <« 
de terre ; cependant un des iieux où ifs muki- « 
plient eft éloigné du tropique du Nord , de près « 
de 9 degrés; c'eft ies îles Bermudes, où j'ai vuu 
ces oifeaux venir faire leur couvée dans ies** 



E iv 



104 Hijioire Naturelle 

car c'eft le point dii globe où iîs fe font 
ie plus écartés des limites de la zone 
torride -, ils habitent & traverfent toute 
h largeur de cette zone fejj & fe 
letrouvent à fon autre limite vers le 
Midi, où ils peuplent cette fuite d'îles 
que M. Cook nous a découvert fous le 
tropique auftral , aux Marquifcs (^fj j à 
rîle de Pâque^^^J j aux îles de la Société 
& à celles des Amis (h). Mjs Code & 
Forfter ont auffi rencontré ces oifeaux(^i/ 



>î fentes de hauts rochers qui environnent ces 
îles M Catesby ^ Carolin. append. pag. 14. 

{^ej On trouve les oifeaux du tropique dans 
toutes les grandes & petites Antilles, roye^ Du- 
tertre, Labat, Rochefort, &c.-^ *< En aliant par 
?î mer du Fort-Saint- Pierre au Fort-Royal de ïa 
>» Martinique, diftance de ept iieues, on trouve 
>î des rochers à pic très - élevés qui forment fa 
y) côte de l'île ; c'efl: dans îes trous de ces rochers 
que les paille- en-cul font leurs pontes. » Remarques 
de M. de la Borde , Médecin du Roi à Cayenne, 

ffj Second Voyage du capitaine Cook ^ tom. Il » 
]}age 238. 

fg) Ibidem , page 220. 

fhj Dans les premières de ces îles , f^n nom 
eft manoo'rna ( manoo veut dire oifeauj. 

(i ) L'île que Tafman découvrit par 22 degrés 
36 minutes ac latitudes fudj reçut le nom à'tk 



de VOifeau du Tropique ^ &c. i ûj 

en divers endroits de la pleine-mer , vers 
ces mêmes latitudes ("f^J; car, quoique 



ie Pylflaart, qui caraâérife î'oifeau du tropique : 
Pylflaart^ veut dire à ia îettre flèche - en- ^uem^ 
Voyez Forfter, Second Voyage du capitaine Cook , 
âome //, page 83. 

(kj Par 27 d^es 4 fécondes fatitudes fud, 
& 103 degrés 30 fécondes longitudes oueft, dans 
îes premiers jours de mars , nous vimes des 
oifeaux du Tropique. Cook , Second Voyage , tom. II, 
p âge 1 79. — Nou5 vimes des frégates , des mouettes 
& des oifeaux du Tropique ^ que nous crûmes 
venir de i'ile Saint - Matthieu , ou de celle de 
TAfcenfion , que nous avions laifîee derrière nous. 
Idem , ibîd. page 44. — Le 12 mai ( Î767 ) î^obfer- 
vation donna m degrés ^e longitude oueft, & 
20 degrés 18 fécondes latitude fud; le même 
jour nous vimes des bonites, des dauphins & des 
©ifeaux du Tropique. Voyage du capitaine ÏVallis. 
CoHeétion d'Hawkefworth , tome II, page 76. — 
Étant par les 10 degrés 52 fécondes latitude fud^ 
& 115 degrés 38 fécondes iongitude oueft , on 
prit pour Ta première fois deux bonites , & oit 
aperçut piufîeurs compagnies de ces oifeaux qu^oa 
rencontre fous le Tropique. Voyage autour du monde , 
par le Comodore Byron , page 121. • — A 18 degrés 
de latitude auftrale ( longitude de Juan Fernan- 
dez ) , courant à l'oueft , on aperçut quantité de 
queues de flèche. Relation de le Maire dans l*Hif- 
toire générale des Voyages j tome X, page 436. — 
Par 29 degrés de latitude fud, vers 333 degré? 

Ev 



r c 6 HiJIoire Naturelle 

l;jur apparition fort regardée comme un 
figne de la proximité de quelque terre , 
il ell certain qu'ils s'en éloignent quel- 
quefois à des diftances prodigieufes , & 
qu'ils fe portent ordinairement au large 
à plijfieurs centaines de lieues (IJ. 

Indépendamment d un vol puiflant & 
très-rapide 5 ces oifeaux ont, pour four- 
nir ces longues traites , la faculté de fë 
repofer fur l'eau fmj ^ & d'y trouver un 
point d'appui au moyen de leurs larges 



de îongîtude oueft , nous rencontrâmes îe pre- 
mier oifeau du Tropique. Cook^ Second Voyage, 
tome /> pa^e 284. 

(l) Nous vimes un pailIe-en-cuIC par 20 de- 
grés de latitude nord^ & 336 degrés de longitude). 
« Je fus furpris d'en trouver à 'une aufli grande 
î> dirtance de terre que nous étions alors; notre 
n capitaine ^ qui avoit fait plulieurs voyages aux 
n îles de l'Amérique, voyant ma furprife , m'affura 
?î que ces oifeaux partoient le matin des ifles pour 
» venir chercher leur vie fur ces vaftes mers, & 
»î le foir rctournoient à leur gîte , de forte que , 
M félon le point de midi , il faut; qu'ils s'éloi- 
gnent des ifles environ de cinq cents lieues. »? 
Feuillée, Obferpatlom ( l']l^ J pd^t 170. 

^m^Labat croit même qu'ils y dorment. jVo//- 
veaux Voyages aux ijles de l* Amérique, tome FL 



de VOlfeau du Tropique^ &c. 107 

pieds entièrement palmés 5 & dont les 
doigts font engagés par une membrane 
comme ceux; des corm.orans , des fous , 
des frégates, auxquels le paille-en-queue 
reflemble par ce caraârère , & auffi par 
Thabitude de fe percher fur les âïhrcsfnj; 
cependant il a beaucoi>p plus de rap- 
ports avec les hirondelles de mer c^'avec 
aucun de ces oifeaux, il leur relTemble 
par la longueur des ail^s qui fe croifent 
lur la queue lorfqu'il eft en repos , il 
leur reflemble encore par la forme du 
bec qur néanmoins -eft plus fort , plus 
épais & légèrement dentelé fur les bords. 
Sa groflèur eft à-peu- près celle d\ui 
pigeon commun ^ le beau blanc de fon 
plumage fufliroit pour le faire remar- 
quer, mais fon caractère le plus frappant 
eft un double long brin qui ne parok 



(n) « Pendant trois mois que jVi pafîe au 
Port-Louis de i'iiïe-de France , je r/y ai vu « 
aucun oifeau de mer , que quelques pailie-en- ** 
queue qui traverfoient la rade .pour aller dans << 
les bois. >j Remarques faites par M, le vicvmîe de. 
Qfierhocnt, à hrd du yaijjiau du Pj)i la Victoire , 

E v] 



'JoS Hijîoire Naturelle 

que comme une paille implantée à fa 
queue, ce qui iur a fait donner le nom 
de paille-en-queuc. Ce double long brin 
eft compofé de deux filets chacun for- 
mes d'une coit de plume prefque nue y 
& feulement garnie de petites barbes 
très-courtes , & ce font des prolonge- 
mens des deux pennes du milieu de la 
queue 5 laquelle du refte eft très-courte 
éc prefque nulle, ces brins ont jufqu'à 
vingt' deux ou vingt-quatre pouces de 
longueur, fouvent Tun des deux eft plus 
ïong que Tautte , Se quelquefois il n'y 
en a qu'un feul, ce qui tient à quelque 
accident ou à la faifon de la mue , car 
ces oifeaux les perdent dans ce temps > 
& c*eft alors que les habitans d'Otaïti & 
des autres îles voifines ram:iflcnt ces lon- 
gues plumes dans leurs bois , ou ces 
oifeaux viennent fe repofer pendant b 
nuit (o) ; ces Infulaires en forment des 

(o) a Comme nous partîmes avant ïe lever dta 
» foîeîl , Tahea & fon frère qui nous aceompa- 
»gnoicnt, prirent des hirondeîles de mer qui dor- 
Mmoiert fur les buififons le long du chemin : Us 
'97 nous dirent que piufîeurs oifeaux aquatiques 
wvenoient fe repofer fur les montagnes après avoT 
«voltige tout le jour fur ia mer pour cherchgr 



de rOifeaudu Tropique ^&c. i 09 

touflfes & des pennaches pour leurs guer- 
riers (p); les Caraïbes des îles de T Amé- 
rique fe paflent ces longs brins dans la 
cloifon du nez pour fe rendre plus beaux 
ou p^us terribles ( q)* 

On conçoit aifément qu'un oifeau d'un 
vol auffi haut , aulîî libre , auffi vafte , 
ne peut s'accommoder de la captivité (r): 
d'ailleurs fes jambes courtes & placées 
en arrière, le rendent auffi pefant, auffi 
peu agile à terre qu'il eft lefte & léger 

de la nourriture , & que l'oifeau du Tropique " 
en particulier s'y cachoit Les longues plumes <* 
de fa queue , qu'ii dépofe toutes îes années , <« 
fe trouvent communément à terre , & les Natu- « 
Tels les recherchent avec emprellement. » Forfter, 
Second Voyage de Cook , tome II, page 332. 

(p) Voyei Obfervations de Forfler , /^c^e 18?. 

( q) Dutertre , Rifloire générale des Ainiltes > 
tome II, page l'jS, 

( r ) J^ai nourri pendant long-temps un jeune 
paiile -en- queue ,• j^étois obligé , quoiqu'il fut <* 
grand , de lui ouvrir le bec pour lui faire avaler <* 
îa viande dont je îe nourrifîbis ; jamais il ne ♦« 
voulut manger feul. Autant ces oifeaux ont Pair '^ 
lefle au vol , autant ils paroifîent lourds & ftupi- ^ 
des en cage ; comme ils ont les jam.bes très- u 
courtes , tous leurs mouvemens font gênés ; îe u 
mien dormoit prefque tout le jour, » Remarquas 
faites à ['Ifie de - Frauce , par JSL le vicomu d$ 
QueràQQiit* 



I [ o Hijloire Naturelle 

dans les airs. On a vu quelquefois ces 
oifeaux fatigués ou déroutés par les tem- 
pêtes venir fe pofer fur le mât des vaif- 
ieaux & Ci^ larffer prendre à la main (^fj ; 
le voyageur Léguât parle d une piaifante 
guerre entr'eux & les matelots de fon 
équipage dont ils enlevoient les bon- 
nets /rj. 

On diftingue deux ou trois efpèces de 
paille-en-queue, mais qui ne femblent 
être que des races ou variétés qui tien- 
nent de trcs-f)rès à la fouche commune. 
Nous allons donner la notice de ces 
efpcces 5 fans prétendre qu'elles foient 
en effet fpécifiqucment différentes. 

ffj Hiftoire univeiTelIe des Voyages, par Mont- 
frai iîer; Paris, 1707, page 17. 

CtJ *< Ces oifeaux nous firent une guerre fin- 
»> gulière; ils nous furprenoient parderrière & nous 
>> enlevoient nos bonnets de deOus la tête, & 
M cela étoit fi fréquent & fi importun, que nous 
»» étions obligés d'avoir toujours des bâtons pour 
y> nous défendre d'eux ; nous les prévenions quel- 
Ȕ quefois , Jorfque nous apercevions devant nous 
>iieur ombre au moment qu'ils étoient prêts à 
» faire leur coup. Nous n'avons jamais pu favoir 
»» de quel ufage leur pouvoicnt être des bonnets, 
»> ni ce quils ont fait des nôtres qu'ils ont attra- 
pés, n Voyages cf aventures de Fraiix^. Léguât ; 
Amfierdam^ 1708, tQm& I, page 107. 



Tom XFI. 



J'LTr.pa^ .220 




L'OISEAU DU TROPiqXJï: .-^.IJEP.\XLI:E EX QU^LUÊ. 



de VOifeau du Tropique y &c. 



I 1 1 



"^ LE GRAND 

P AILLE 'EN'Q UEU E(u). 

Première efpece. 

Vj'est fur -tout par la diflerence de 
grandeur que nous pouvons diftinguer 
les efpèces ou variétés de ces oifeaux, 
celui-ci égale ou même furpafle la taille 
d'un gros pigeon de volière , fes pailles 



- VoytX les planches enluminées, n,^ 998, fous 
fa dénominadoit de PdilU-&n>queue^dp Cayenne. 

(n) Avis trqpicoriim. Willughby , Omiihol. page 
250. Avis tropicoTum noflraîihus nautis. Ray-, Sympf. 
Avï. pag. 123 5 n.^ 6; & pag. 191, n.o 4. — 
Planais tropicus, Klein, Apl, pag. 145 , n,^ 7. 
— Lcpturm,,Mo^hxing, AvL Gen. 67. --■ P/iae'on 
re&ricibus duahus lougijjimis , rofiro ferrato , dig'ito 
pofiico adnaîo. . . . Phaeton athereiis, Linnaeus. Syfi, 
tiat, éd. X, Gen. 67, Sp. i. — Fétu-en-cui ou 
oifeau du Tropique. Dutertre, Hifloire des An- 
iilks^ tome II, page 276. — Lepturus alho-argen- 
teus y fupcrnè ciiiereo-nigricante tranjvcr/ïm ftriatus ; 
taniâ fupra oculos fpleudidè nigrâ , redîncibus can- 
di dis , fi apis in exortu ni gris. . . . Lepturus. Le 
Faille-en-cul. Briftoa OmithoL tome VI, pag. 48Q. 



I X 2 Hïjloire Naturelle 

ou brîns cnt près de deux pieds de lon- 
gueur , & Ton voit fur fon plumage 
tout blanc, de petites lignes noires en 
hachures au-deffus du dos, & un trait 
T\oiï en fer- à- cheval qui embrafîe Toeil 
par Tangle intérieur, le bec & les pieds 
font rouges. Ce pailie-en-queue qui fe 
trouve à Tîle Rodrigue , à celle de TAfcen- 
fion & à Cayenne , paroît être le plus 
grand de tous ces oifeaux. 




de VOifeau du Tropique, &c. ii^ 
g ^ ' - '■ \ y - ' j. 

"f LE PETIT 

PAILLE- BN-dUEUE (x). 

Seconde efpèce. 

V-^ELUi-ci n'eft que dé la taille d'un 
petrt pigeon commun ou même au-- 
deflbus V il a, comme le précédent, le 
fer-à-cheval noir fur l'œil ,& de plus il 
eft tacheté de noir fur les plumes de 
laile voifînes du corps , & fur les grandes 



* Voyex ïes planches enîumînëes , nP 369 , fous 
îa dénomination de PallU- en - queue de Tlfle- de- 
France. 

(x) Tke tropkk èird\ -^^teshy ^ CaroUn, append^. 
pag. 14. Edwards, pï. l^<^.— Alcyon média aléa j, 
redtricibus binis intennediis longljjimis. Brown. Nat, 
Ii/fl, of. Jamaic, pag. 582. — Paille- en- cuî ou 
laTUS lencomelanus , caudâ longijpmâ bipeimi. Obfer- 
vations phyfiquesdu P. Feuillée( 1725), pag. 116. 
—- LeptUTus albo- argentzus '^ t<sniâ fupra ocuîos » 
peunis fcapulanbus venus extremltatem , fafclâqut 
fupra alas ni^ris; re&ricihus candidis , fiapis in exortu 
îîigris. . . Lepturus candidiis. Le Paliie-en cul bla.nç. - 
Briffanj Or//â^a/. tonae Vi, pag. 485, 



I I 4 Hijloire Naturelle 

pennes *, tout le refte de fon plumage eft 
bîanc, ainfî que les longs brins j les bords 
du bec qui , dans le grand paille -en- 
queue , font découpés en petites dents 
de fcie rebrouflees en arrière , le font 
beaucoup moins dans celui-ci, il jette 
par intervalles un petit cri , chirïc ^ chirlCj 
&► pofe fon nid dans des trous de rochers 
efcarpés ^ on n'y trouve que deux œufs , 
fuivant le P. Feufllée , qui font bleuâtres 
& un peu plus gros que des oeufs de 
pigeon. 

Par la comparaifon que nous avons 
faite de plufieurs individus de cette 
féconde efpèce , nous avons remarqué à 
quelques-uns des teintes de rougeâtre 
ou de fauve fur le fond blanc de leur 
plumage-, variété que nous croyons pro- 
venir de rage , & ^ laquelle nous rap- 
porterons le paille -en" queue fauve de 
M. BiifTon (y ) ^ avec d'autant plus d'ap- 



fy) Lepturus alho fuhefcens; taniâ Ci^pra oculos^ 
pennis fcapularibus versîis extremitatem, fafciâguefupra 
ûlas nigris ; re&ricibus albo^- fuhefccjnibus , fcapis in 
exortu nigricarnibus. . . . Lepturus fulviis. Le Paille- 
en- cul fauve. BrilTon, Ornit/wL tome VI , pag. 489. 



de VOifeau du Tropique^ &c. i i j 

parence qu il le donne comme plus petit 
que le paille-en-queue blanc; nous avons 
auffi remarqué des variétés confidérables, 
quoiqu'individuelles , dans la grandeur de 
ces orfeaux-, & plufieurs Voyageurs nous 
ont affuré que les jeunes n'ont pas le 
plumage d'un Manc pur, mais tacheté 
ou fâli de brun ou de noirâtre \ ils dif- 
fèrent auffî des vieux en ce qu'ils n'ont 
point encore de longs brins à la queue, 
& que îeurs pieds qui doivent devenir 
rouges 3 font d un bîeu-pâle. Cependant 
nous devons obferver que quoique Ca- 
tesby affure en général que cqs oifeaux 
ont les pieds & le bec rouges , cela n'eft 
vrai fans exception que pour Tefpèce 
précédente & la fuivante, car dans celle- 
ci , qui eft Te/pèce commune à l'Ifle-de- 
France, le bec eft Jaunâtre ou couleur 
de corne , & les pieds font noirs. 



1 1 6 Uijloire Naturelle 

- ' ' " ■ ' '" ^ '^ " ' ^ ' "^ 

* LE PAILLE . EN- QUEUE 

A BRINS ROUGES. 

Troijîème efpèce. 

JLiEs DEUX FILETS OU longs brins Je 
la queue , font dans cette efpèce du même 
rouge que le bec , le refte du plumage 
efl: blanc , à* l'exception de quelques 
taches noires fur Taiie près du dos, & 
du trait noir en fer-à-cheval qui engage 
Tœil. M. le vicomte de Querhoënt a eu 
la bonté de nous communiquer la note 
fuivante au fujet de cet oifeau qu'il a 
c)bfervé à Tlfle-de-France. u Le paille- 
p? en-queue à filet rouge niche dans cette 
jnie, aulli-bien que le paille- en-queue 
55 commun *, le dernier dans à^s creux 
?î d'arbres de la grande île*, l'autre dans 
15 des trous des petits îlets du voifinage. 



* Voyex îes planches enluminées , n.o 979, fous 
la dénomination de Paille -en -queue dç rjjîe-d^ 
ie France, 



de VOifeau du Tropique ^ &c. 1 1 7 

55 On ne voit ptefque jamais le pailîe- 
Jî en- queue à filets rouges venir à la 
53 grande terré*, & hors le temps des 
jjamours, le paille- en- queue commun 
5) ne la fréquente auflî que rarement*, ils 
5?paffent leur vie à pêcher au large, & 
îîiîs viennent fe irepofer fur la petite île 
55 du Coin-dc-mirc , qui eft à deux lieues 
55 au vent de i'Ifle - dé - France , où fe 
53 trouvent auilî beaucoup d'autres oifeaux 
55 de mer. Cèft en feptembre & odobrâ 
55 que j'ai trouvé des nids de paille -en- 
5 j queue (\)i chacun ne contient que 



( x) En îes cherchant , îe haîard me fît être 
fpedateur d'un cowbat entre les manins & les 
paille- en- queue; conduit dans un bois où l'on me 
dit qu'un de ces oifeaux s'étoit établi, je m'affis 
à quelque diftance de l'arbre défigné , & où je 
vis affembler plufieurs martins ; peu de temps 
après le paille -en- queue fe préfenta pour entrer 
dans fon trou , îes martins fondirent alors fur lui, 
l'attaquèrent de toutes parts , & quoiqu'il ait le 
bec très -fort 5 il fut obligé de prendre la fuice ; 
il fit pluiieurs autres tentatives qui ne lui furent 
pas plus heureufes, quoique réuni à la fin avec 
ion camarade. Les martins fiers de leur vidoire 
ne quittèrent point l'arbfe , & y étoient encore 
1 orfque je partis. Suiu de la note de AL ds Querkoënt» 



1 1 8 HiJIoire Naturelle ^ &c. 

>5cleux œufs dun blanc jaunâtre 5 niar- 
îjqiietés de taches ronfles *, on nrafllire 
»? qu'il ne fe trouve fouvent qu'un œuf 
55 dans le nid du grand paille-en-queue : 
jjauiïi aucune des efpèces ou variétés de 
Jîce bel oifeau du Tropique, ne paroît 
ctre nombreufe (aj. 55 

Du refte , ni lune ni l'autre de ces 
trois efpèces ou variétés que nous venons 
de décrire , ne paroît attachée fpéçiale- 
ment à aucun lieu déterminé, fouvent 
elles fe trouvent les deux premières ou 
les deux dernières enfemble , & M. le 
vicomte de Querhoënt dit les avoir vus 
toutes trois réunies à Tîle de TAfcenfion. 



Kota, Rapprochez ceci de ce qui eft dit à î'articîe 
des martins, volume III, page 423 de cette Hifloire 
des Oifeaux. 

faj Remarques faites, en 1773 ? P^r M. fe 
vicomte de Querhoënt, alors Enfeigne des Vaif- 
féaux du Roi. 




I 19 



LES FOUS (a), 

JJans tous les êtres bien organifés , 
rinftrnd fe marque par des habitudes 
fuivies 5 qui toutes tendent à leur con- 
fervation -, ce fentiment les avertît & leur 
apprend à fuir ce qui geut nuire , comme 
à chercher ce qui peut fervir au main- 
tien de leur exiftence& même aux aifances 
de la vie : les oifeaux dont nous allons 
parler , femblent n avoir reçu de la Na- 
ture queia moitié de cet inftinit, grands 
& forts, armés dïm bec robufte, pour- 
vus de longues ailes & de pieds entiè- 
rement & largement palmés , ils ont 
tous les attributs néceffaires à Texercicê 
de leurs facultés , foit dans l'air ou dans 



fa) En Angîoîs, hooby , fou, llup ide ; d^où 
on a fait le nom de boubie qui fe lit fi fréquem- 
ment dans ies reiations de la mer du Sud; par 
les portugais des Indes , paxaros bobos ou fols 
oifeaux; en Latin moderne & de nomenç'ature, 
fula. « Le foir , nous vimes plufieurs de ces oifeaux 
qu^on appelle fols à caufe de leur naïveté, ii 
Obfirpations du P, Feuillée, page 96. 



110 Hijloire Naturelle 

Teau 5 ils ont donc tout ce qu il faut pour 
agir & pour vivre , & cependant ils 
lemblent ignorer ce qu'il faut faire ou 
ne pas faire pour éviter de mourir, ré- 
pandus d'un bout du monde à l'autre, 
& des mers du Nord à celles du Midi , 
nulle part ils n'ont appris à connoîtrc 
leur plus dangereux ennemi-, l'afpcâ: de 
Thomme ne les effraie ni ne les inti- 
mide*, ils fe laiffent prendre non- feule- 
ment fur les vergues dc^ navires en 
mer (b) ^ mais à terre, fur les îiets & 



(b) On a donné le nom de foh à ces oifeaux, 
à caufe de leur grande ilupidité , de leur air niais, 
& de l'habitude de fecouer continuellement la 
tête, & de trembler lorfqu'ils font pofés fur les 
vergues d'un navire ou ailleurs, où ils fe lailTent 
ailement prendre avec les mains. Obfin-ations du 
P. Feuiilée ( édit. 1725^ , page 98. — Si le fol 
voit un navire, foit en pleine -mer, foit proche 
de terre , il fe vient percher fur les mats, 
& quelquefois û Ton avance la main , il 
fe vient mettre delTus. Dans mon voyage 
aux lies, il y en a eu un qui palTa tant de 
fois pardeflus ma tête , que je Penfilai d'ua 
coup de demi-pique. Dutertre , Hifloire générale 
des Anviles» tome 11, paga 275. — Ces oifeaux 
ne font point farouches , foit à terre , fo't à la 
mer} ils approchent du bâtiment faiis paroître rien 

les côtes 



ics FoUs. ï 2 1 

les côtes où on les tue à coups de bâton , 
& en grand nombre, fans que la troupe 
ftupide fâcbe fuir ni prendre fon eflbr, 
ni même fe détourner des chaffeurs qui 
les a/Tomment l'un après Tautre & juf- 
qu'au dernier (c). Cette indiftërence au 
péril ne vient ni de fermeté , ni de 
courage, puifquiis ne favent ni réhfter , 



craindre , lorfque leur pêche les y conduit ; [es 
coups de fufiis, ni tout autre bruit, ne les éioi- 
gnent pas. J'ai quelquefois vu des ^ous fo itaires 
venir roder le foir autour du bâtiment & fe re- 
pofer au bout des vergues, où les matelots alloienc 
les prendre, fans qu'ils fiflfent mine de s'envoîer. 
Obfirvations communiquées par M. de la Borde , Mé- 
decin du Roi à Cayenne. — J^oyei auffi Labat , 
Ncui^eau Voyage aux îles de V Amérique ; Paris , 
1722, tome yi, page 481. Léguât, tome 1^ 
page 196. 

(c) C'eft un oîfeau fort fimple , & qui ne 
s'ôte qu^à peine du chemin des gens. Dampier , 
tome 1 y page 66. — li y a dans cette île de l'Af- 
cenfîon , des fous en fi grande quantité , que nos 
matelots en tuoient cinq ou fix d'un coup de 
bâton. Voyage au détroit de Magellan , par de 
Gennes ; Paris, 1698 , page 62. — Nos foldats en 
tuèrent (dans cette même ifle de PAfcenfion j une 
quantité étonnante. Obfervations faites par M, le, 
vicomte de Quirhoënt, Enfèigne dnsVaiJJlaux du RoL 

Oifeauxj Tome XFI. F. 



lit Hijîoire Naturelle 

m fe défendre, & encore moins attaquer 
quoiqu'ils en aient tous les moyens, tant 
par la force de leur corps que par celle 
de leurs armes (dj. Ce n clt donc que 
par iiTibécillité qu'ils ne fe défendent pas , 
& de quelque caufe qu'elle provienne 5 
ces pifeaux lont plutôt ftupides que fous , 
car Ton ne peut donner à la plus étrange 
privation d'inftinâ: , un nom qui ne con- 
vient tout au plus qu'à l'abus qu'on en 
fait. 

Maïs comme toutes les facultés inté- 
rieures & les qualités morales des ani- 
maux réfultent de leur conftitution , on 
doit attribuer à quelque caufe phyfîque , 



(dJ Les fous font de certains oifeaux ainfi appe« 
lés , à caufe qu'ils fe laifîent prendre à ia main ; 
le jour ils font fur des rochers, d'où ils ne fortent 
que pour aller pécher ; le foir , iis viennent fe 
retirer fur ies arbres , lorsqu'ils y font une fois" 
perchés , quand on y mettroit ie feu , je crois 
qu'ils ne s'envoieroient point ; c'eft pourquoi on 
les peut prendre jufqu'au dernier fans qu'ils bran- 
lent ; ils cherchent pourtant à fe défendre le mieux 
qvi^iis peuvent avec leur bec, mais ils ne feuroient 
taire de mai. Hiftoire des Ai^entumn huwîiers | 
faris, 1686, tome /, pagQ 117, 



des Fous, 11^ 

cette incroyable inertie qui produit Taban- 
don de foi- même 5 & il paroît que cette 
caufe confîfte dans la difficulté que ces 
oifeaux ont à mettre en mouvement leurs 
trop longues ailes (e) ; impuiffance peut- 
être aflez grande , pour qu'il en réiuîte 
cette pefanteur qui les retient fans mou- 
vement dans îe temps même du plus 
preffant danger & jufque fous les coups 
dont on les frappe. 

Cependant, lorfqu'ils échappent à îa 
main de Thomme , il femble que leur 
manque de courage les livre à un autre 
ennemi qui ne cefTe de les tourmenter y 
cet ennemi eft Toifeau appelé la frégate y 
elle fond fur les fous dès qu'elle les 
aperçoit , les pourfuit fans relâche , & les 
force à coups d'ailes & de bec , à lui 
livrer leur proie, quelle faifit & avale 
à rinftant (f)i car ces fous imbécilles 
■' " ■■ ■ ' ■■'■ " "^ III I I I ■ I ■ j I 

( &J Nota, Nous verrons que ïa frégate elfe- 
même, malgré la puiflance de Ton voî, paroît 
éprouver une peine femblable à prendre fon^eflbr. 
Voyei, ci' après, V article de cet oifeau. 

(f) J'ai eu ie plaifîr de voir ies frégates don* 
ner la chafîe aux fols; îorfqu'iis fe retirent par 
bandes le foir au retour de leur pêche , les fré« 



124 Hi/Ioire Naturelle 

Se lâches , ne manquent pas de rendre 
gorge à la première attaque ( g) ^ Se 



gâtes viennent les attendre au palfage, & fondant 
fur eux les obligent tous de crier comme à Paide , 
& en criant, à vomir quelques-uns des poifîbns 
qu'ils portent à leurs petits; ainfi , ks frégates pro- 
fitent de la pèche de ces oifeaux , qu'elles laiflent 
enfuite pourfuivre leur route. Feuillée . Obferv. 
(1725) vûgt 98. — Les fous viennent fe repofer 
îa nuit dans Pi fie ( Rodrigue ), & les frégates, 
qui font de grands oifeaux , que Pon appelle ainfi , 
parce qu'ils font légers & bons voiliers, îes atten- 
dent tous les foirs fur la cime des arbres ; ils 
8'élèvent fort haut, & fondent fur eux, comme 
îe faucon fur fa proie, non poiir les tuer^ mais 
pour leur faire rendre gorge : le fou frappé de 
cette manière par îa frégate, rend le poiffbn, que 
celle- ci attrape en l'air; fouvent ie fou crie & 
fait difficulté d'abandonner fa proie, mais la fré- 
gate fe moque de fes cris, s'élève & s*élance de 
nouveau, jiifqu'à ce qu'elle l'ait contraint d'obéir. 
Voyage de François Ltguat ; Amflerdam , 1708, 
fagt 105. 

(gj Catesby décrit un peu différemment les 
combats du fou & de fon ennemi, qu'il appelle 
le pirate, « Ce dernier , dit-il , ne vit que de la 
» proie des autres &; fur-tout du fou; dés que le 
» pirate s'aperçoit qu'il a pris un poiflbn, il vole 
navec fureur vers lui, & l'oblige de fe plonger 
M fous l'eau pour fe mettre en fureté ; le pirate 
M ne pouvant le fuivre, plane fur l'eau jufqu'à 
fi ce que le fou ne puifle plus refpirer ; alprs il 



des Fous\ 125 

vont enfuîte chercher une autre proie 
qu'ils perdent fouvent de nouveau par 
la même piraterie de cet oifeau frégate. 

Au refte, le fou pêche en planant, 
les ailes prefque immobiles & tombant 
fur le poiiToii à Tinftant qu'il paroît près 
de la furfâce de Teau (h); fon vol, 
quoique rapide & foutenu , Teft înfîni- 
mcîit moins que celui de la frégate , auffî 
les fous s'éloignent -ils beaucoup moins 
qu'elle au large , & leur rencontre eu 
mer annonce affez sûrement aux Navi- 
gateurs le voifinage de quelque terre (ij. 



Tattaque de nouveau, jufqu^à ce que îe fou îas« 
& hors d'haîeine , foit obligé d'abandonner fon « 
poifibn ; il retourne à la pêche pour fouffrir « 
de nouveaux aflauts de fon infatigabie ennemi. *» 

(h) Ray. 

(i) Les boubies ne vont pas fort loin en mer, 
& communément ne perdent pas ia terre de vue. 
Forfter , Obfervatiom , page 192. — Peu de jours 
après notre départ de Java, nous vîmes des bou- 
bies autour du Vaifieau pendant plufieurs nuits 
confécutives ; & comme on fait que ces oifeaux 
vent fe jucher îe foir à terre, nous en conjedu- 
rames qu'il y avoit quelque ifle dans les environs; 
c'eft peut-être i'ifle de Selam» dont le nom & U 
fuuation font marqués très-diverfement dans difFé* 



12^ Hijloire Naturelle 

Néanmoins quelques - uns de ces or- 
k^aux, qui fréquentent les côtes de notre 



rentes cartes. Premier J^oyage de Cook , tome TK , 
fci(e 374. — Notre îatirude étoit de 24 degrés 
28 fécondes ( ie 21 mai 1770, prés de îa nou« 
> elle Hollande ); nous avions trouvé pendant les 
cîernieis jours plufieurs oifeaux de mer appelés 
boub'ies , ce qui ne nous étoit pas encore arrivé. 
La nuit du 21, if en pafla près du Vaifieau une 
petite troupe qui vola au nord-ouell; & le matin 
depuis environ une heure avant îe lever du fofeil 
"iufqu'à une demi-heure après , il y en eut des 
vulées continuelles qui vinrent du nord-nord- 
ouefl:, & qui s'enfuirent au fud-fud-efl : nous 
n'en vîmes aucun qui prît une autre direâion , 
t'eft pour cela que nous conjedurames qu'il y 
avoit au fond d'une baie profonde qui étoit au 
fud de nous , un lagon ou une rivière ou canaî 
d'eau bafie, où ces oifeaux alloient chercher des 
alimens pendant le jour, & qu'il y avoit au nord 
dans le voifinage quelque île où ils fe retiroient. 
Premier Voyage de Cook, tome Uî , page 356. — 
Nota. Nous ne devons pas diiïlmuler que quel- 
ques Voyageurs , entre autres le P. Feuillée , 
( Obferv. pag. 98 > édit. 1725^, difent qu'on 
trouve des fous h plufieurs centaines de lieues en 
mer; & que M. Cook lui -même ne femble pas 
les regarder , du moins dans certaines circonllances, 
comme des avant-coureurs de terre plus sûr que 
les frégates , avec îefqiielles il les range dans ie 
paflage fuivant. <* Le temps fut agréable , oc nous 
ff vimes chaque jour quelques-uns de ces oifeaux 



des Fous. itj 

nord {^k ) fe font trouvés dans les îles 
les plus lointaines & les plus ifolées au 
milieu des océans (l). lis y habitent par 
peuplades avec les mouettes , les oifeaux: 
du tropique , &c. & la frégate qui les 
pourfuit de préférence, n'a pas manqué 
de les y fuivre. 

Dampîer fait un récit curieux des 
hoftîlités de i oifeau frégate qu'il appelle 



qu'on regarde comme des lignes du voiiinage u 
de terre , tels que ies boubies , les frégates , ies u 
oifeaux du tropique & les mouettes. Nous crûmes <« 
qu'ils venoient de l'îie Saint- Matthieu ou de u 
TAfcenQon que nous avions iaiflfées alfez près**' 
de nous. >» Second l'^oyaga Voyait , tonu II , 
page 44. 

( k) Voyei Tarticle , ci-après , du Fou de Bajfan. 

(IJ A l'île Rodrigue; l^oyayz de Léguât^ tom.J^ 
pa^e 105. A celle de rAfceiifion; Cooa', S^conî 
l^oyage , tome IV , page 175. Aux îîes Calamianes; 
Gemelli Caréri, dans i^Hiftoire générale de Yoy?.- 
ges , tome XI , page ç^o^, A Timor , ibidem ^ 
page 254. A Sabuda, dans les parages de la nou- 
velle Guinée ; Dampier , ibidem, ^^^.23 1. A la nou- 
velle Hollande, idem , ibidem , ;7û^e 221 ; & Cook^ 
Premier Voyage y tome IV , page iio. Dans toutes 
les lies femées fous le Tropique auftral ; Forller, 
Qhj1n;atiQns y page 7. Aux grandes 8c petites An- 
tRie3: Feuillée , Labat , Dutertre, &c. A la baie 
de Campèche; Dampier, tomi IIl , page 315. 

F iv 



I 2 8 Hijloire Natureîk 

le guerrier j contre les fous qu'ii nommé 

bouhies(m)^ dans les îles Alcranes y 

fur Li cote d^Yucatan : «c La foule de ces 

Jîoifeaux y efl: fi grande , que je ne 

îjpouvois 5 dit-il, paflcr dans ieurquar- 

5jtier fans être incommodé de leurs coups 

j?de bec, j'obfervai qu'ils étoient rangés 

>jpar couples, ce qui me fit croire que 

jjc'ctoit le mâle & la femelle. . . . Les 

53 ayant frappés , quelques -uns sVnvo- 

j^lcrent, mais le plus grand nombre refl:aj 

5jils ne s'envoloient point malgré les 

55 efforts que Je faifois pour les y con- 

53traindre. Je remarquai aulli que les 

•5 guerriers & les boubies laiflbient tou- 

5) jours des gardes auprès de leurs petits, 

33 fur -tout dans le temps où les vieux 

jjalloient faire leur provifion en mer; 

33 on voyoit un aflez grand nombre de 

53 guerriers malades ou eftropiés , qui 

53paroiiToient hors d'état d*aller chercher 

53 de quoi fe nourrir-, ils ne dcmeuroient 

55 pas avec les oifeaux de leur cfpèce, 

53 & foit qu'ils fufi~ent exclus de la fociété -, 



(^/nJC^cftle mot Anglois, hoohy , fot, ftupide. 



des Fous. 129 

ou qu'ils s'en fuflent féparés volontaî-cc 
rement j ils étoient difperrés en divers u 
endroits 5 pour y trouver apparemment ce 
Toccafion de piller. J'en vis un jour ce 
plus de vingt fur une des îles qui fai- ce 
foient de temps en temps des fortiesct 
en plate -campagne 5 pour enlever duce 
butin 5 mars ils fe retiroient prefquece 
aufïîtôt, celui qui furprenoit une jeune ce 
boubie fans garde 5 lui donnoit d'abord ce 
un grand coup de bec fur le dos pour ce 
lui faire rendre gorge , ce qu'elle faifoitcc 
à i'inftant, elle rendoit un poiffon ouce 
deux de la groiTeur du poignet , & le ce 
vieux guerrier iavaloit encore plus^^e 
vite. Les guerriers vigoureux jouent le ce 
même tour aux vieilles boubies qu'ils ce 
trouvent en mer -, j'en vis un mot- ce 
même, qui vola droit contre une bou-ce 
bie & qui d'un coup de bec lui fitcc 
rendre un poiflbn qu'elle venoit d'à va- ce 
ier-, le guerrier fondît Ci rapidement ce 
defllis 5 qu'il s'en faifit en Tair avant ce 
qu'il fût tombé dans l'eau ( n). j> 



( n) Nouveau Voyage autour du monde, paî 

Fv 



13© Hljloire Naturelle 

C eft avec les cormorans que les oifeaux 
fous ont îe plus de rapport par la figure 
& rorganifatron , excepté qu ils n'ont pas 
le bec terminé en croc, mais en pointe 
légèrement courbée , ils en diffèrent en- 
core en ce que leur queue ne dépafle 
point les ailes -, ils ont les quatre doigts 
unis par une feule pièce de membrane^ 
l'ongle de celui du milieu eft dentelé 
intérieurement en fcie *, le tour des yeux 
eft en peau nue ^ leur bec droit 5 coni- 
que, eft un peu crochu à fon extrémité, 
& les bords font finement dentelés *, les 
narines ne font point apparentes, on ne 
voit à leur place que deux rainures en 
creux-, mais ce que ce bec a de plus 
remarqrable , c'eft que fa moitié fupé- 
rieure eft comme articulée & faite de 
trois pièces 3 Jointes par deux futures, 
dont la première fe trace vers la pointe 
qu'elle fait paroître comme un onglet 
détaché-, l'autre fe marque vers la bafe 
du bec près de la tête , & donne à cette 
moitié fupérieure la faculté de fe brifer 

Ginnaume Dampier ,* Rouai, ^V5i ^ome III, 
fages 256 ^ 257, 



des Fous. 131 

& de s'ouvrir en haut, en relevant fa 
pointe à plus de deux pouces de celle 
de la mandibule inférieure ( 0). 

Ces oifeaux jettent un cri fort qui 
participe de ceux du corbeau & de 
Toie, & c'eft fur-tout quand la frégate 
les pourfait qu ils font entendre ce cri , 
ou lorfquétant raflembiés ils font faifîs 
de quelque frayeur fubite (p). Au refte 5 
ils portent en volant le cou tendu & la 
queue étalée , ils ne peuvent bien pren- 
dre leur vol que de quelque point élevé, 
auffi fe perchent «ils comme les cormo- 
rans. Dampier remarque même qu'à Tîle 



(0 ) « Ce qu'iî y a de plus remarquable dans 
ces oifeaux , c'eit que îa mandibule fupérieure u 
de leur bec , à deux pouces au-defifous de ia «« 
bouche , eft articulée de manière qu'elle peut <« 
s'élever deux pouces au-defifus de la mandibule « 
intérieure 5 fans que le bec foit ouv^t. » Catesby, 
Cam'iuu tome I , page 86. 

Cp ) *< Nous avions été a îa chafTe des chèvres^ 
!a nuit (dans i'île de i'Afceniion ) ; îes coups u 
de fufîl que nous tirâmes avoient effrayé les t* 
fous du voilmage; iîs crioietit tous eiifemble , & <« 
îes autres de proche en proche leur répondoient, u 
ce qui taifuîc un tapage épouvantable. » ISiotc 
CQmmuni^néa p^r M, k vicomte ds Quemoënt , ^c, 

F vj 



1^2^ Hijloire Naturelle 

à'j4ucs ils nichent fur les arbres, quoî- 
qu ailleurs on les voie nicher à terre fqj ^ 
& toujours en grand nombre dans un 
même quartier*, car une communauté, 
non d*infl:inâ: , mais d'imbécillité , femble 
Its raflembler -, ils ne pondent qu'un œuf 
ou deux -, les petits retient long-temps 
couverts d'un duvet très- doux & trcs- 
blanc dans la plupart : mais le refte des 
particularités qui peuvent concerner ces 
oifeaux , doit trouver fa place dans Ténu- 
raération de leurs efpèces. 



(q) Dampîer , tome T, page 66. Nota. M. Vaî- 
Tnont de Bomare , en cherchant ia raifon qui a fait 
fîonner à cet oîfeau ïe nom de fou , fe trompe 
beaucoup en difant qu'il eft le feui des palmipèdes 
qui fe perche ; puifque non-feulement le cormor- 
ran, mais le pélican , i*anhinga, i'oifeau du Tro- 
pique fe perchent ; & ce qui eft de plus fmguiier , 
tous ces oifeaux font ceux du genre le plus com- 
plètement palmipèdes . puifqu'ils ont les quatre 
doigts liés par une membrane. 



^^ 



des Fous. 135 

LE FOU COMMUN(r). 

Première efpcce. 

V->ET 01SEAU5 dont refpèce paroît 
être la plus commune aux Antilles, eft: 
d'une taille moyenne entre celles du 



(1) The hoohy. Catesby , Caroliru tome I , pag. 87. 

— Le fou. Dutertre , Hiftoire généraU des Antilles , 
tome II , page 275. — Cancrofagus minor vulgatlf- 
fimus. Barrère, France équinox, page 128. — Anas 
angnjli roflra , flultus vulgo di^a. Idem , ibidem , 
page 122. — Mergu^ Americanus fufcus flultus vnlg^ 
diêtas. Idem, Oinithol. daf. i, Gen. 3, Sp. 7. — 
Anferi Bajjano congener fufca avis. Sloane , Jamaïc» 
pag. 322 5 avec une figure fautive , tab. 271 , 
fig. 2.5 en ce qu'elle repréfente le doigt de derrière 
dégagé. — Ray, Synopf. Avi, page 191^ n.° 6. 

— An^ethetus major melinus fui tus aie i dus , rofîro 
fèrrato , dentatQ. Browne , iVar. hïfl, of Jamaïc. 
page 48 1. — Plancus morus fimpliciter, Klein , AvL 
page J44 5 n.o 4. — Pelecauus caudà cuneiformi , 
roflro ferrato , remigibus omnibus inigris, . . Pijcator, 
Linnaeus^ Syft. nat* éd. X , Gen. 66^ Sp. 5. — 
Sula fuptrnè cinzreo fufca\ capite & collo concolori- 
bus 3 infernè alha ; r^&ricibus cinereO'fufiis ; oculorum 
amhitu nudo , luteo, . . . Sula, Le Fou. Briffoû 3 
OrnitàoL tome VI j pag. 495, 



13 4 Bijîoire Naturelle 

canard & de l'oie -, fa longueur du bout 
du bec à celui de la queue eft de doR^ix 
pieds cinq pouces, & dun pied onze 
pouces au bout des ongles*, Ion bec a 
quatre pouces & demi , & fa queue près 
de dix -, la peau nue qui entoure les 
yeux eifl: Jaune , ainfi que la bafe du bec 
dont la pointe eft brune -, les pieds font 
d'un jaune-pâîe ( f) ; le ventre eft blanc, 
& tout le refte du plumage eft d'un 
cendré-brun. 

Toute fimple qu'eft cttte livrée , Ca- 
tesby obferve que feule elle ne peut 
caraétérifer cette efpèce, tant il s'y trouve 
de variétés individuelles, et J*ai obfervé, 
5: dit-il, que Tun de ces individus avoit 
55 le ventre blanc & le dos brun \ un 
jî^utre la poitrine blanche comme le 
55 ventre, & que d'autres étoient entiè- 
rement bruns ( tj* 55 Aufîi quelques Voya- 
geurs femblent avoir déligné cette efpèce 
de fous par le nom à'oifeau fauve (uj* 



( f) Catesby. 

(t) Caroiin. tomt I, pag. 87. 
(uj Les oifeaux que nos François, aux Antilles, 
appciient fauva ^ \ caufe de la couieur de leur 



des Fous. I 5 j 

Leur chair eft noire & fent le marécage*, 
cependant les matelots & les aventuriers 
des z\ntilles , s'en font fouvenc repus. 
Dampier raconte qu'une petite flotte fran- 
çoîfe qui échoua fur llie dAves ^ tira 
parti de cette reflburce , & fit une telle 
confommation de ces oifeaux ^ que le 
nombre en diminua beaucoup dans cette 
île (x). 

On les trouve en grande quantité i 
non- feulement fur cette ile d'Aves, mais 
dans celle de Remire j & fur - tout au 



dos, font bîancs fmis le ventre ; ils font de fa 
grofieur d\ine poule d'eau , mais iis font ordinai- 
rement il maigres, qu'ii n'y a que îeurs piumes 
qui ies faflent valoir; ils ont les pieds comme 
les canes , & îe bec pointu comme les bécafîes; 
ifs vivent de petits poiiTons , de même que {es 
frégates : mais iis font les plus ftupides des oifeaux 
de mer & de terre qui font aux Antilles; car foit 
qu^iis fe laiTent facilement de voler, ou qu'ils pren- 
nent ies navires pour des rochers fîottans, auiîitôt 
qu'iîs en aperçoivent quelqu'un, fur -tout ii la 
îîuit" approciie , iis viennent incontinent fe pofer 
deifus, & ils font ^i étourdis qu'ils fe iaiffent pren- 
dre fans peine. HiJIoire naturelle & morale des An-- 
iilles ; Rotterdam, ï6^^ , page 148. 

( xj Voyage autour du monde , tome I, 
^ag€ 66. 



136 HiJIoire Naturelle 

Crand' connétable j roc taillé en pain 
de fucre &^ i/olé en mer, à la vue de 
Cayenne (^yj; ils font auffi en très- 
griind nombre fur les îlets qui avoifinent 
la côte de la nouvelle Efpagne 5 du côté 
de CaraquQ i (" :^ J ; & il paroît que cette 
mC'me efpcce fe rencontre fur la côte 
du Bréfil ( a ) ^ &c aux îles Bahama , où 
l'on rtffare qu'ils pondent tous les mois 
de Tannée deux ou trois œufs ou quel- 
quefois un feul fur la roche toute nue('bj. 

m t " * < < I II I I ■ 

fyj Barrère, France équinoxiale, page 122, 
Cl) t< Ce qui fait que ces oifeaux , ainfi que 
5» beaucoup d'autres , font en fi grande quantité 
>»dans ces parages; c'eft la multitude incroyable 
n Je poifibns qui s'y trouvent & qui ies attire ; 
n eiic eft: telle , qu'h peine a-t-on enfoncé dans 
>•> l'eau des lignes après lefquelîes ii y a vingt ou 
>î trente hameçons, qu'an îes retire avec un poiilbii 
pris k chacun, n Note communiquez par M, de la. 
Borde, Médecin du Roi à Cayenne. 

(a) On trouve fur ces îles ( Sainte Anne , cote 
du Bréfjl), quantité de yros oifcaux qu'on nomme 
fous , parce qu'ils fe laifient prendre ians peine ; 
en peu de temps, nous en primes deux douzaines... 
Leur plumage efl gris ; on les écorche comme 
on fait ies lapins. Lettres édifiantes, A7V RccutiU 

m^ 339- 

ibj Caroline, tome I , pagz 87. 



IH.T:7ur<7..i3ô^ 




I.E l'OX' 



des Fous. 157 

LE FOU BLANC (c). 

Seconde efpèce. 

JNous VENONS de remarquer beau- 
coup de diverfité du b!anc au brun dans 
Tefpèce précédente , cependant il ne nous 
paroît pas que Ton puiffe 7 rapporter 
celle-ci, d*âutant plus queDutertre, qui 
a vu ces deux oifeaux vivans , les dif- 
tïiigue l'un de l'autre \ ils font en effet 
très-difFérens , puifque Tun a bîanc ce 
que l'autre a brun , favoir , le dos , le 
cou Se la tête 5 Se que d'ailleurs celui-ci 
efl: un peu plus grand : il n'a de brun 
que les pennes de l'aile & partie de fcs 
couvertures \ de plus, il paroît être moins 
ftupide -, il ne fe perche guère fur les 
arbres & vient encore moins fe faire 
prendre fur les vergues des navires (^ûf y); 



fc) Fou de la féconde forte. Dutertre, Hifloire 
générale des J vûll es , tome II, page 275. — Sula 
cand'idd vemigibus majoribus fufc'is ; reHricibus can^ 
didis; oculornm ambitn nudo , rubro. Le Fou blanc, 
Briffon, OrnithoL tome VI, page 501, 

(dj Dutertre, uhi fu^ra. 



I 3 § Hifloîn Naturelle 

cependant cette féconde efpcce habite 
dans les mêmes lieux avec la première •, 
on les trouve également à Tîle de TAf- 
ccn/ion. Ci \\ Y a , dit M. le vicomte de 
55 Querhocnt, dans cette jle, des milliers 
55 de fous communs ; les blancs font moins 
5j nombreux-, on voit les uns & les autres 
5? perchés fur des monceaux de pierres, 
55 ordinairement par couples, on les y 
55 trouve à toutes les heures, & ils n'en 
55 partent que lorfque la faim les oblige 
55 d'aller pécher^ ï\s ont établi leur quar- 
55tier général fous le vent de l'île j on 
55 les y approche en plein-jour, & on les 
55 prend même à la main. Il y a encore 
55 des fous qui diffèrent des précédens*, 
*55 étant en mer, parles lO degrés 36 fe- 
55Condes de latitude nord ,nous en avons 
vu qui avoient la tête noire (e ), 55 



ft) Le capitaine Cook trouve des fous blancs 
à i'rie Norfolk, Second Voyage , tome III , ya^, 341, 



des Fous. 139 

LE GRAND FOUCfJ. 

Troijîème efpèce. 

Vjet oiseau, le plus grand oe fon 
genre , eft de la grofleur de loie , & il 
a lix pieds d'envergure, fon plumage eft 
d'un brun-foncé & femé de petites taches 
blanches fur îs tête , & de taches plus 
îarges fur la poitrine , & plus larges fur 
îe dos 5 îe ventre eft d'un blanc-terne -, 
îe îïîâle a ies couleurs plus vives que la 
femelle. 

Ce grand oifeau fè trouve fur les côtes 

Y/y Great hooby. Catesby , Carolin, tome ï, 
pag. 86^ avec une figure d? îa tête. — Plancus 
cougener anfiri Bajfano, Klein ^ Jpi, page 144 , 
n.® 3. — Sula fupernè fatuiatè fufca j alho macuîata, 
cnj}ite , coîlo 6* jie&ore concolorihus , infernè fordidè 
ûlba ; re^ncibus fufcis ; oculonim ambitu nudo > u'r^ri' 
îante, Sula major, Brifibn , QrnithoL tome VI 5 
page 497' 



140 lîijîoire Naturelle 

de la Floride , & fur les grandes rîvîcfes 
de cette contrée. c( II fe fubmerge, dit 
jjCatesby, & refte un temps conlîdéra- 
5?ble fous Teau, où j'imagine quil ren- 
55 contre des requins ou d'autres grands 
55poîflons voraces, qui fouvent Teflro- 
5?pient ou le dévorent, car plufieurs fors 
5? il m'eil: arrivé de trouver fur ie rivage 
de ces oifeaux eftropiés ou morts. 55 

\jn individu de cette cfpèce fut pr's 
dans les eiivirous de ia ville d'Eu le 18 
-oélobre 1772 j furpris très- loin en mer 
par le gros temps , rn coup de vent 
Tavoit fans doute amené & jeté fur nos 
côtes •, i*bomme qu le trouva n*eut pour 
s'en rendre maître , d'autre peine que 
celle de lui Jeter (çjn habit fur le corps. 
On le nourrit pendant quelque temps % 
les premiers jours , il ne vouloit pas fe 
baifièr pour prendre le poiflbn qu'on 
mettoit devant lui, & il falloit le pré- 
fenter à la hauteur du bec pour qu'il 
s'en faifit \ il étoit auffi toujours accroupi 
& ne voi'iloit pas marcher \ mais peu 
après ^'accoutumant au féjour de ia terre 



. des Fous. 141 

il marcha, devint aflèz familier, & même 
fe mit à fuivre fon maître avec impor- 
tunité 5 en faifant entendre de temps en 
temps un cri aigre & rauque ( g )• 



(g) Extrait d'une lettre de M, VAhhé Vincent y 
ProfefiTeur au collège de la ville d^Eu , inférée 
àm^ le Journ^ de Phyiique du mois de juin 1773. 




14^ Hijïoire Naturelle 

P -'■ ■" ' 553 

"^ LE PETIT fou: 

Quatrième efpcce. 

I^'est en effet le plus petit que nous 
connoiffîons dans ce genre d'oifeaux fousi 
fa longueur du bout du bec à celui de 
la queue n'eft guère que d'un pied & 
demi -, il a la gorge , Teftomac & le 
ventre blancs, & tout le refte du plu- 
mage eft noirâtre ^ il nous a été envoyé 
de Cayenne. 

^ Voyti les pianches eniurmnées , z/^. 973 ^ fous 
la dénomination de Fou de Cayenne. 




des Fous, 143 

^L£ PETIT FOU BRUN {h). 

Cinquième efpèce. 

I^ET OISEAU diffère du précédent ea 
ce qu'il eft entièrement brun , & quoi- 
qu'il foit auîîi plus grand , il i'eft moins 
que le fou brun commun de îa première 
clpèce \ oinfi^ nous lafilèrons ces deux 
elpèces féparées , en attendant que de 
nouvelles obfcrvations nous indiquent s'il 
faut les réunir ^ toutes deux fe trouvent 
dans les mêmes lieux , & particulière- 
ment à Cayenne & aux îles Caribes^^i^, 



* y^oyeiles planches enluminées , n.^ g^j^^ fous 
îa dénomination de Fou brun de Cayenne. 

(hjfoï OM fiber marinas , rofiro acutljfimo , adunco, 

ferrato, Feuillée , Obftrvau édit, 1^2^ , pag, 98. 

— Lams pifiator cinereus, Homère ^ France équinox. 

page 134. — Anferi Bajfano congemr , avis cinereê 

clha, Sioane, Jamaïc. tome I, pag. 31. — Ray, 

Synopf. ^vi. page 191, n.^ 5. — Sula cinereo-^ 

fufca , fupernè faturatiîis , infernè dilutius , uropygio 

çinereo alko ; reêtricibus binis iutermediis cinereis , 

latéral ib us cinereo - fufcis , utrimque extima apice 

cineuQ^albâ; oculorum, ambitu nudo , rubrp. , .Le 

Fou brun. Briffon, Or/uf/^oi. tome Vi , page 499/ 

(ij Ray. 



1*44 HiJIoire NaturelU 

"fLE FOU TACHETÉ. 

Sixième efpcce. 

X AR Tes couleurs & même par fa taille, 
cet orfeau pourroit fe rapporter à notre 
troifième eipcce de fous , iî d'ailleurs il 
n'en difîéroit pas trop par la brièveté 
des ailes , qui même font (i courtes dans 
rindividu repréfenté planche pSô , que 
Ton feroit tenté de douter que cet cileau 
appartînt réellement à la famille des fous , 
Il d'ailleurs les caradères du bec & des 
pieds ne paroifîbient l'y rv^ppeler. Quoi 
qu'il en foit, cet oifeau, qui eft de la 
grofleur du grand plongeon , a 5 comme 
lui, le fond du plumage d'un brun-noi- 
râtre tout tacheté de blanc ^ plus fine- 
ment fur la tête, plus largement fur le 
dos & les ailes ^ avec Teftomac & le ventre 
onde de brunâtre, fur fond blanc. 



* Voyei îes planches enluminées, n.<* 986, fous 
la dénomination de Fou tacheté de Cay^nne. 

^^ LE FOU 



des Fous. T4f 

"^LE FOU DE BAS S AN {k). 

Septième efpece. 

ij'ÎLE de Baffow Bajfan, dans le petit 
golfe d'JÉdimbourg , n efi: qu'un très- 



* Voytx îespîanches enîuminées, n.^ 278. 

( kj En Anglois, foland goofe ; aux îles Feroe , 
fula. 

Anfer Bajfanus. Sibbald, Scot. illufir. part. lî, 
îib. III , pag. 20. — Wiiîughby , OrnitàoL pag. 247. 

— Ray , Synopf. JvL pag. 121 , n.- û, 2. — Char» 
ieton, Exercit. pag. 106, n.® 4. Onemait. pag. 95 ^ 
n.^ 4. — Jufir Bûffanus vel fcoîicus. Oq^wqx ^ Avu 
pag. 163 ; & Icon. Avi, page 83. — Aldrovande , 
Avi, tome III , pag. 162. — Jonilon , Avi. pag. 94. 

— Sula hoicri. CIulîus, Exode, au&uar, pcig. ^67. 

— Willughby . page 249. — Ray, pag. 123, 
n.^ g. — Plancus an/èr Bajfanus. Kiein, Aii. page 
143, n.'^ 2. — Graculus. Moehring. Avi. Gen. 66. 
•— Pdecanus caudâ cuneiformi , rofii ferrato ^ remi" 
gibus primoribus nigris. Bcffinus. Linnaeus , Syft, 
nar, éd. X , Gen. 66 ., Sp. 4. — Oie de Soland. 
Aîbin , tome I, page 75, planche %6. — L'oie 
de BaflT. Sahrne , Ornitholog. page 371. — Sulœ 
candida; remigibus primoribus fufcis ; re^ricibiis can- 
cidis ; oculorutn ambitu iiigro, . . . Sula BaJTjja, 
Brifîbn, Ormthol. tome VI, pag. 503. 

O if eaux. Tome XVL G^ 



14^ HiJIoire Naturelle 

grand rocher qui fert de rendez - vous 
à ces oifeaux, qui font d'une grande & 
belle efpèce -, on les a nommés fous de 
Bajfan j parce qu'on croyoit qu ils ne 
fe trou voient que dans ce feul en- 
droit (l) ; cependant on fait par le té- 
moignage de Clufius & de Sibbald 5 qu'on 
en rencontre également aux îles de Fer 
roë ( m) j\ nie d'Alife (n) &c dans les 
autres îles Hébrides ( ). 

Cet oifeau eft de la groffeur d'une 



r/;Ray. 

(m) Clufius, Exode, audtuar, pag. 3^. — HeSlor 
Boëtius , dans fa defcription de PÉcofîe , dit aufii 
que ces oifeaux nichent fur une des îles Hébrides; 
Tnais ee qu'il ajoute, favoir , qu'ils y apportent 
pour cela tant de bois, qu'il fait la provifion de 
l'année pour les habitans , paroît fabuleux ; d'au- 
tant plus qu'il paroît que ces oifeaux, à l'île de 
Baflan, pondent comme les autres fous d'Améri- 
que, fur la roche nue. f^oye^ Gefner, apud Aldrov, 
tome III , pag. 162. 

(nj Sibbald. Scot. ilkfîr, part. II, lib. m ^ 
page 20. 

foj Quelques perfonnes nous afliirent qu'il 
paroît quelquefois de ces fous, jetés par les vents, 
fur les côtes de Bretai,me, & même jufqu'au milieu 
des terres, & cju'on en a vu aux environs de 
Paris. 



des Fous. 147 

cîe 5 il a près de trois pieds de iongueuir 
& plus de cinq d'envergure, il eft tout 
blanc 5 à Texception des plus grandes 
pennes de Taile qui font brunes ou noirâ- 
tres 3 & du derrière de la tête qui paroît 
teint de Jaune ( p ) ; ia peau nue du 
tour dts yeux eft d'un beau bleu, ainfi 
que le bec qui a jufqu à iîx pouces de 
long, & qui s'ouvre au point de donner 
paflage à un poi/Ton de la taille d'un 
gros maquereau , & cet énorme morceau 
ne fufiit pas toujours pour fatisfaire fa 
voracité. M, Bâillon nous a envoyé un 
de ces fous qui a,^ été pris en pleine- 
mer, &qui s'étoit étouffé lui-même en 



(p) Je feroîs tenté de croire que c'eft une 
marque de vieiiielTe ; ceue tache jaune eft de îa 
même nature que celle qu'ont au bas du cou les 
fpatuies; j'^en ai vu en qui cette partie étsit pref- 
que dorée; îa même chofe arrive aux poules 
blanches, elles jaunilTent en vieiilîirant. Nou com- 
muniquée par M. Bâillon. Nota. Ray , eft de cet 
avis quant au fou de Baflan. . . . Totns albus, 
excsptis ails, & vertice , qui <ztate fdvefcit. Synopf, 
Avi.pag. 121; &, fuivant Wiliughfay, {es petits, 
dans le premier âge , font marqués de brun ou 
de noirâtre fur le dos. 

Gij 



148 Hijloire Naturelle 

avalant un trop gros poifTon (q). Leur 
pêche ordinaire dans l'île de Baflan & 
aux Ebudes , eft celle des harangs -, leur 
chair retient le goût du poiffon , cepen- 
dant celle dts Jeunes (r) j qui font tou- 
jours très-gras (f)^ eft affez bonne pour 
qu on prenne la peine de les aller déni- 
cher 5 en fe fufpendant à des cordes & 
defcendant le long des rochers *, on ne 
peut prendre les Jeunes que de cette 
manière-, il feroit aifé de tuer les vieux 
à coups de bâton ou de pierres (t)j 



(q ) Envoi fait de Montveuil - fur - mer , par 
M. Bâillon , en décembre 1777 ; mais c'eft un 
conte que l'on fit à Gefner , de lui dire que cet 
oifeau voyaiit un nouveau poifibn , rendoit celui 
qu'il venoit d'avaler , & ainfî n'emportoit jamais 
que le derHier qu'il eut péché. Vide apud Aldroiu 
jkpi. tome III , pag. 162. 

(rj Pulli adiild mb'is in deliciis habentur y nec 
in uUA carne faporem ex carne & pifce mixtam deli^ 
catis inveuire magis eft, ^Jbbald. 

( C) Gefner dit que les ÉcoflTois font, de la 
grailTe de ces oifeaux , une efpèce de très -bon 
onguent. 

( tj Note communiquée par M. le chcv^îiei^ 
Pruce, ic 30 mai 1774. 



des Fous. 149 

maîs leur chair ne vaut xitn(u). Au 
refte 5 ils font tout aufïî imbécilles que 
les autres fous ( x ). 

Ils nichent à Tile de Baflan dans les 
trous du rocher oii ils ne pondent qu'un 
ceuf (y) ; le peuple dit qu ils le cou- 
vent lîmplement en pofant deffus un de 
leurs pieds (\); cette idée a pu venir 
de îa largeur du pied de cet oifeau , il 
eft largement palmé, & le doigt du milieu, 
ainli que Textérieur 5 ont chacun près de 
quatre pouces de longueur, & tous les 
quatre font engagés par une pièce en- 
tière de membrane \ la peau n'eft point 
adhérente aux mufcîes , ni collée fjr le 
corps, elle n'y tient que par de petits 



(u) « C^efl: un oifeau fétide à Texcès , pour 
avoir préparé celui que je conferve dans mon « 
cabinet, mes mains en ont gardé l'odeur pendant « 
plus de quinze jours; & quoique j'aie pafie la « 
peau à l'eau de fonde , & qu'elle ait reçu piu- *« 
fieurs fumigations de foufre depuis deux ans,« 
il lui refte encore de fon odeur. » Suite, des notes 
communiquées par M. Bcillon, 

(x) lu domihus nutriîa flupidiffima avis, Sibbald. 

(y) Sibbald. 

(iJ Suite de la note de M. le chevalier Bruce» 

Giij 



150 Hijioire Naturelle 

farfceaux de fibres placés à diftances iné- 
gales , comme d'un à deux pouces , & 
capables de s'alonger d'autant , de ma- 
nière qu en tirant la peau flafque , elle 
s'étend comme une membrane , & qu'en 
la foufflant elle s'enfle comme un ballon^ 
Ceft i'ufage que fans doute en fait i'oi- 
feau pour renfler fon volume & fe ren- 
dre par-là plus léger dans fon vol i 
néanmoins on ne découvre pas de canaux 
qui comm.uniquent du thorax à la peau v 
mais il fe peut que l'air y parvienne par 
îe tiflu cellulaire, comme dans plufîeurs 
autres oifeaux. Cette obfervation , qui 
isv.s doute aiiroit lieu pour toutes les 
efpcccs de fous, a été faite par M. Dau- 
benton le Jeune, fur un fou de Ballan, 
envoyé frais de la côte de Picardie. 

Ces oifeaux qui arrivent au printemps 
jbour nicher dans les îles du Nord , les 
qiiittent en automne f a J j Se defcen- 
drjit plus au Midi, Te rapprochent, fans 
doute 5 du gros dj leurs eTpcccs qui ne 
quittant pas les régions méridionales > 



(aj Sibbald. 



des Fous, 



ijï 



peut-être même , fi les migrations de 
cette dernière efpèce étorent mieux con- 
nues, trouveroit-t-on quelle fe rallie & 
fe réunit avec îes autres efpcces fur les 
côtes de la Floride , rendez-vous géné- 
ral des oifeaux qui defcendent de notre 
Nord 5 & qui ont afTez de puiffance de 
voi pour traverfer lês mers d'Europe en 
Amérique. 




G îy 



I j z Hijîoire Naturelle 



"f-LA FRÉGATE (a). 

Xjemeilleur voilier, îe plus vite 
de nos Vaiffeaux , la Frégate , a donné 
fon nom à Toifeau qui vole le plus rapi- 
dement & le plus conftamment fur les 



*^ Voyez îes pïanches enluminées 5 n."^ 961, fous 
la dénomination de grande Frégate de Cayenne, 

(a) En Anglois, frégate bird ; à ia Jamaïque^ 
mau of war bird ; en Efpagnol , rabihorcado ; en 
Portugais, raboforcado ; aux lies de ia Société , 
otta'ha; au Bréfil , carlpira. 

Frégate. Dutertre , Bijl, générale des Antilles , 
tome II, page 269 6* fuiv, — Frégate ou rultnr 
marinns, leiicocephalos. FeuiiJée , Journal d^obfèri^, 
édit. 1725, page 107. J^ota. L'individu décrit par 
cet Obrervateur paroît femelle. — Fregata avis ^ 
Jtcichefortio y Dutertre, Ray, Synopf, Avi, pag. 15;^. 
— Rabihorcado todos negros. Oviedo , iiv. XIV^ 
cap. I. — Rabihorcado todvs negros de Oviedo. Ray, 
Synopf. Avi^ page 192 , n.^ 15. — Rabihorcado, 
Nieremberg, tab. 78. — Avis raboforcado Lufitanis. 
Pétivert Gazophii. tab. 54 , fig. 1 ; encore une 
copie de la même figure. — Carlpira. Joan. de 
Laët, ]Soi\ orb, pag. 575. — jonfton , Avi. page 
150. — Fregata marina, apus , fubtus alba , fupernè 
jiïgra. Barrère j Oruithol, daf. IV ^ Gen. 82 Sp. i. 



de la Frégate. IJ5 

mers , la frégate eft en efFet de tous ces 
navigateurs ailés , celui dont le vol elt 
îe plus fier, le plus puiflant & le plus 
étendu 5 balancé fur des ailes d'une pro- 
digieufe longueur 5 fe foutenant fans mou- 
vement fenhble-, cet oifeau femble nager 
paifiblement dans Tair tranquille pour 
attendre Tinftant de fondre fur fa proie 
avec la rapidité d'un trait , & lorfque 
îes airs font agités par \i tempête 5 légère 
comme le vent 5 la frégate s'élève juf- 
qu'aux nues , & va chercher le calme en 
s'élançant au-deffus des orages ( h) : elle 



Hirnudo marina major, apus , Toflro adunco. Idem <, 
France équinox, pag. igg. — alcyon major pulta , 
caudâ longiori bifurcâ. Browne,A^ar. hiJI. of Jamaïc. 
pag. 483. — Atageii. Moehring, Ai>i. Gen. lo^. 
— Oifeau de frégate. Albin, tome IIî, page 33, 
avec une mauvaife figure , pi. 80. — Pelecanws 
caudâ forgeât a , corpore nigro , capite abdomine.que 
albis. Aquilus. Linnsus, Syfl, nat. éd. X, Gen. 66^ 
Sp. 2. — Sala in toto corpore nigra^ caudâ bifurcâ'^ 
oculorum ambitn niido , nigro ( mas ). Sula nigra , 
ventre albo ; caudâ bifurcâ ; oculorum ambitu nudo , 
nigro ( fœmina). Fregata. BrilTon , Owir/^/. tom. Vï^ 
page 506. 

(h) Si quavdo pluvice împetas , aat vento-rum vis 
lirgcat , nuh&s ipfas tranficfi'dunt & in mediam mm 

G V 



I j 4 Hijloire Naturelle 

voyage en tous fens, en hauteur comime 
en étendue, elle fe porte au Isrge à pîu- 
fleurs centaines de lieues ( c) j & four- 
nit tout d un vol ces traites nnmenfes , 
auîcquelles la durée du jour ne fufïîlant 
pas 3 elle continue fa route dans les ténè- 
bres de ïa nuit y & ne s'arrête fur la mer 



regionem enituntar, ionec pr^ aîtituàiue vijihus hiimor 
Misfefuhdncaiitj 6* iuconfpicude évadant Ray, pag 150, 
(c) Aà trecentas interdum kncas in altiim pro- 
volant. Idem. « II n'y a point cî'oifeau au monde 
7J qui vole pfus haut , plus long temps ^ plus aifé* 
5) ment, & qui s'^éiGigne plus de terre que celui- 
?? ci. . . . On fe trouve au milieu de îa mer à 
a? trois ou quatre cens lieues des terres, ce qui 
99 marque en iui une force prodigieufe & une 
r> légèreté furprenante ; car il ne faut pas penfer 
H qu'il fe repofe fur l'eau , comme les oi féaux 
» aquatiques; il y périroit s'il y étoit une fois; 
99 outre qu'îl n'a pas les pieds difpofés pour nager, 
9^ fes ailes font fi grandes & ont befoin d'un li 
») grand efpace pour prendre le mouvement néceP- 
)» faire pour s'éiever , qu'il ne feroit que battre 
«i^eau fans jamais pouvoir fortir de la mer, iï 
» une fois il s'y étoit abattu ; d'où il faut con- 
w dure que quand on le trouve à trois ou quatre 
w cens lieues des terres , il faut qu'il fàiTe fepc ou^ 
tuit cens lieues avant de pouvoir fe repofer. f> 
Labat , Nouveaux Voyages aux Ues d& l'Amérigue .^ 
Pofis, 1722^ tom£ Kl> 



de la Frégate. i ^j 

que dans les lieux qui lui ofFrent une 
pâture abondante fdj 

Les poiflons qui voyagent en troupes 
dans les hautes mers , comme les poiffons 
volans 5 fuient par colonnes & s'élancent 
en Taîr pour échapper aux bonites , aux 
dorades qui ies pourfuivent, n'échappent 
point à nos frégates ^ ce font ces mêmes 
poiflons qui les attirent au large (^e J; 
elles difcernent de très-loin les endroits 
où paflent leurs troupes en colonnes ^ 
qui font quelquefois ii ferrées quelles 



fdj Sur !e foir , nous vîmes pïulîeurs oifeauîS 
qu^on appelle fégates ; à minuit , j^en entendis^ 
d'autres autour du Bâtiment ; à cinq heures du 
matin, nous aperçûmes I^îie de f'Afcenlion. l^oyage 
du capitaine Wallis ; Premier Voyage de Cook ^ 
îGine II > page 200. 

(ej Les dauphins & îes bonites donnoient fsl 
chaffe à des bandes de poiflons volans , ainfi que 
nous l'avions obfervé dans ia mer Atlantique J 
tandis que pîufieurs grands oifeaux noirs à lon- 
gues ailes & à queue fourchue , qu-'on nomme? 
communément frégates , s'éievoient fort haut eiï 
l'air , & defcendant dans la région inférieure ^ 
fondoient avec une vîtefle étonnante fur un poif- 
fon qu'ils voyoiej=t nager & ne manquoient ja--' 
mais de le frapper de leur bec. Second F^ayage dîé 

G v) 



1^6 HiJIoîre Naturelle 

font bruire les eaux & blanchir la fur- 
face de la mer -, les frégates fondent alors 
du haut des airs, & fléchiflant leur vol 
de manière à rafer Teau fans la tou- 
cher (fj, elles enlèvent en pafllmt le 
poifTon qu elles faififlent avec le bec y 
îes griffes & fouvent avec les deux à-la- 
fois 3 félon qu'il fe préfente , foit en na- 
geant fur la furface de leau ou bondif- 
fant dans 1 air. 

Ce n'efl qu'entre les tropiques , ou un 
peu au-delà (^gj j que Ton rencontre la 



ffj Quelque haut que la frégate puifîe fe trou- 
Ter en l'air, quoique fouvent elle s\v guindé (i 
haut qu*e!!e fe dérobe h. la vue des hommes ;. 
elle ne laide pas de reconnoitre fort clairement 
Jes lieux où les dorades donnent la chalTe aux 
poiflons volans ; & a^ors elle fe précipite du haut 
de Pair comme une foudre, non toutefois jufqu'au 
ras de i'eau ; mais en étant à dix ou douze toifes , 
elle tait comme une grande caracole , & fe baiffe 
infenfibîement jufqu^à venir rafer la mer au lieu 
où la chiifie fe donne , & en paOant elle prend le 
petit poiObn au yol ou dans Peau , du bec on 
des grijfts & fouvent de tous les deux enfem* 
ble. Dutei tre , Hifîoirt générale des Antilles, tom. II s, 
j)a^e if)ij i-^ fil liant es. 

fgj Par 30 degrés 30 fécondes de latitude 
fud , nous commençâmes h vuir des frégate* 



de la Frégate. i^j 

frégate dans les mers des deux mon- 
des (h ). Elie exerce fur les oifeaux de 
la zone torride une efpèce d empire 9 
elle en force plufieurs, particulièrement 
les fous, à lui fervir comme de pour- 
voyeurs 5 les trappant d'un coup d'cile 
ou les pinçant de fon bec crochu , elle 
leur fait dégorger le poiflbn qu'ils avoient 
avalé 3 & s'en faifit avant qu'il ne foit 



Cookj Second Voyage, tome II, page 178. Par 
27 degrés 4 fécondes latitude fud ,& 103 degrés 
56 fécondes longitude oueft , les premiers jours 
de. mars 5 nous rencontrâmes grand nombre d^'oi- 
feaux , te?s que des frégates . des oifeaux du 
Tropique, &c. Ibidem ^ page l'^g. 

( hj Vers Cey'an , dans cel e de llnde. Voye^ 
Mandeflo , fuite d'OIéarius , ^ome II , pag. 517; 
& particulièrement dans la traverfée de IVIada- 
gafcar aux Maldives; à i'Afcenfîon. Voye^ Cook, 
Stcond Voyage , tome IV, page 175. A l'ile de 
Pâques. Idem, tome II, pag. 220. Aux Marquifes.. 
Ibidem , page 2g 8. A Taïti , & dans toutes les 
îles balTes de P Archipel du tropique auiha! Forf- 
ter , ObrenaJoirs ^ page 7. Sur la côte du Bréiiî^ 
où cet cifeau ell nommé caripira. Voyei PHiitoire 
générale des Voyages, tome XIV, pag. 303. A 
celle de Caraque; à Tîle à'Aucs , & dans toutes" 
ies AntiiiQs. Voyei Dutertre , Rçchefoit j La- 
bat, 6cc» 



ijS Bijloirc Naturelle 

tombé ( i )* Ces hoftilités lui ont fait 
donner par les Navigateurs le fiirnom 
de guerrier ( k ) ^ qu'elle mérite à plus 
d un titre , car Ton audace la porte à 
braver l'homme même, ic En débarquant 
jjà l'île de TAfcenfion , dit M. le vicomte 
55 de Querhoënt , nous fumes entourés' 
35 d'une nuée de frégates *, dun coup de 
35 canne J en terraflai une qui vouîoit me 



( i ) Ces oîfeaux, nommés frégates, donnent la 
chaffe aux oifeaux appelles fous ;■ les frégates les 
font lever de deffus les rochers où ils font per- 
chés, & iorfqu'iis ont pris leur vol, ces mêmes 
frégates les battent en volant avec le bout de 
leurs ailes ; les fous , qui ne le font pas trop 
dans cette rencontre ,. pour mieux s'échapper de 
leurs ennemis, & comme s'ils vouloient les amufer, 
vomifient tout le poiffbn qu'ils ont péché ,♦ les 
frégates qui ne cherchent autre chofe , le reçoi- 
vent h mefure que les autres le jectent , avant 
qu'il tombe dans Teau. C^eft à la vérité la chofe 
îa plus divertiiTante qu'on puiife voir , & que 
j'aie vu dans l'Amérique. Hiftoive dts Ji^enturUrs- 
Boucaniers; Paris , l686 , tome I, page Ii8 — ' 
Suivant Oviédo, les frégates font la même guerre 
aux pélicans, lorfqu'ils viennent dans la baie de 
Panama, pêcher aux fardines dans le temps des 
grandes marées. Voyc^ lUy , Synopf. Jri.pag- 153:. 

fkj Voy^x Dampier, Noui^sau Voyage, autour 
du mouds, tomz l , £agQ 66» 



de la Frégate. i j 9 

prendre un poiflbn que je tenoîs à lace 
main . en mênje temps plufieurs voîoientcc 
à quelques pieds au-deffus de îwi chau-cc 
dière qui bouiiloit à terre > pour en «« 
enlever la viande, quoiqu'une partie de «e 
réquipage fût à l'entour. >3 

Cette témérité de la frégate tient au* 
tant à la force de fjs armes & à !a 
fierté de fon voi quà fa voracité, eîle 
eft en effet armée en guerre , des ferres 
perçantes ; un bec terminé par un croc 
très-aigu^ les pieds courts & robuftes , 
recouverte de plumes, ccmaie ceux des 
oifeaux de proie^ le vol rapide , la vue 
perçante \ tous ces attributs f mblent lui 
donner quelque rapport avec Taigle, & 
en faire de même un tyran de Tair au- 
deflus des mers ( l)i rnais du refte, ïa 
frégate par fa conformation tient beau- 
coup plus à réîément de Teau ; & , quoi- 
qu'on ne la vo^e prefque jamais nager, 
elle a cependant les qijatre daigts enga- 



ft) Dans fe genre fcholafîique du pélican , fe 
frégate eft nommée pelicanus agailus. f^&yei Fôi^lk^ 



î6o Hijîoire Naturelle 

gcs par une membrane échancrée (m) ^ 
& par cttX^ union de tous les doigts , elle 
fe rapproche du genre du cormoran , 
du fou 5 du pélican ^ que Ton doit re- 
garder comme de parfaits palmipèdes , 
d'ailleurs le hçc de la frégate très-propre 
à la proie , puifqu il eft terminé par une^ 
pointe perçante & recourbée , diffère 
néanmoins effentiellement du bec des 
oifeaux de proie terreftres , parce qu il 
eft très -long 5 un peu concave dans fa 
partie fupérieure , & que le croc placé 
tout à la pointe , femble faire une pièce 
détachée, comme dans le bec des fous, 
auquel celui de la frégate reflemble par 
ces futures (n) ^ &c par le défaut de 
narrnes apparentes. 

La frégate n'a pas le corps plus gros 
qu'une poule , mais fes ailes étendues 
ont huit, dix & jufqu'à quatorze pieds 
d'envergure ( o ) ; c'eft au moyen de ces 

(m) Dampier n*y avoit p^is regardé d'aflez 
près, îotfqu'il dit, qu'elle a les pkds faits comme 
ctux des autres oifenux terreflres. Nouveau voyage 
autour du monde , tome I . page 66. 

( nj Voyex ci devant l'article des fous. 

(o) Foyei là - deffus dans M. Briflon ^ Omithùh 



de la Frégate. i ^ i 

ailes prodîgîeufes qu'elle exécute fes lon- 
gues courfes , & qu elle fe porte jufqu au 
milieu des mers 5 où elle eft fouvent 
Tunique objet qui s'oflre entre le ciel & 
Tocéan , aux regards ennuyés des Navi- 
gateurs (^/7 y); mais cette longueur t^j^c^^" 
fîve des ailes embarraffe Toileau guerrier 
comme Toifeau poltron, & empêche la 
frégate comme le fou , de reprendre 
leur vol lorfqu'ils font pofés -, en forte 
que fouvent ils le laifîent aflommer au 
lieu de prendre leur eflor (q)> H leur 



tome VT , page 508 , îe témoignage de M. Poivre, 

(p) î^^"'^'^ n'étions accompagnés d'aucun oifeau 
dans notre route : un boobi blanc ou une frégate , 
frappoient de temps en tem^os nos regards dans 
le lointain ( c'étoit entre le 20.^^12 & fe 15.^6 ciegré 
de latitude fud ). Second Voyage de Cook , wm, III, 
page 49. 

(qj J'aîîai un^^es derniers donner îa chaiTe.aux 
frégates dans leur îfet, au cui-de-fac de îa Guade- 
loupe ; nous étions trois ou quatre perfonnes, 
& en moins de deux heures nous en prim.es trois 
ou quatre cens ; nous furprimes les grandes fur 
les branches ou dans leur nid , &■ comme elles 
ont beaucoup de peine k prendre leur vol, ncus 



i6z Hijloire Naturelle 

faut une pointe de rocher ou la cime 
d'un arbre , & encore n'eft - ce que par 
effort qu'ils s'élèvent en partant ( r). On 
peut même croire que tous ces oifeaux 
à pieds palmés qui fe perchent , ne le 
font que pour reprendre plus aifément 
leur vol 5 car cette habitude eft contraire 
à la ftruclure de leurs pieds , & c'ell la 
trop grande longueur de leurs ailes qui 
les force à ne fe pofer que fur des points 
élevés, d'où ils puiffent en partant mettre 
leurs ailes en plein exercice. 

Auflî les frégates ie retirent & s'éta- 
bliflent en commun fur des écueils élevés 
ou des îlets boifés pour nicher en re- 
pos ( f )• Dampier remarque qu'elles 



avions îe temps de leur f:Hr/gIer au travers des 
aiies des coups de bâton dont elles demeuroient 
étourdies. Piitertre, tomz 11 , pa^e 269. — Elles 
quittent difikilement leurs œufs , & fe laifient 
affommer delTus à coups de bâton ; je me fuis 
piulleurs fois trouvé témoin & adeur de cette 
boucherie. Extrait des obfennîions communiquées par 
J\/. de la Borde , Médecin du Roi à Caycnnc, 

fr) DutL-rtre. 

(f) Les rochers qui font en mer & les petites 



de la Fre'gate. 1^5 

placent leurs nfds fur les arbres dans les 
lieux folitaires & voiuns de la mer (t) ; 
h ponte n'eft que d'un œuf ou deux , 
ces œufs font d'un blanc teint de cou- 
leur de chair , avec de petits points 
d\m rouge cramoili , les petits , dans le 
premier âge , font couverts d'un duvet 
gris blanc , ils ont les pieds de la même 
couleur, & le bec prefque blanc ( uj ; 



îîes inhabitées, fervent de retraites à ces oifeaiix; 
c'efl: en ces lieux déferts qu'ils font leurs nids. 
Hifloire Naturelle &* morale des Antilles , pag. 14^. 
Ces oifeaux ont eu fort iong- temps une petite île 
dans le petit cul-de-fac de la Guadeloupe, qui 
leur fervoit comme de domicile , où toutes les 
frégates des environs venoier^t fe repofer la nuit , & 
faire leurs nids dans îa faifon. Cette petite île a été 
nommée Iflettes aux frégates , & en porte encore 
îe nom , quoiqu'elles aient changé de lieu ; cap 
ces années 1643 & 1644 , pluiiears perfonnes leur 
firent une fi rude chaÔe , qu'elles furent con- 
traintes d'abandonner cette île. Dutertre, Hiftoir^ 
générale dzs Antilles, tome II , page 26c}. 

ftj Cet oifeau fait fon nid fur des arbres quand 
il en trouve , & lorfqu'il n'en trouve point il le 
fait à terre. Nouveau Veyagt autour du monde » 
tome I, page 66. 

(u) Obiervation faite par M. Je vicomte de 
Querhoè'nt à iHe de l'Afcenfiou, 



î64 Hijloire Naturelle 

mais par la fuite la couleur du bec change; 
ii devient ou rouge ou noir & bleuâtre 
dans fon milieu, & il en eft de même 
de îa couleur des doigts \ la tête eft 
aflez petite & aplatie en deffus *, les yeux 
font grands , noirs & brillans & envi- 
ronnés d'une peau bleuâtre (x). Le m.âîe 
adulte a fous la gorge une grande mem- 
brane charnue dun rouge -vif, plus ou 
moins enflée ou pendante : perfonne n'a 
bien décrit c^s parties, mais fi elles n'ap- 
partiennent qu'au mâle , elles pourroient 
avoir quelque rapport à la fraile du din- 
don qui s'enfle & rougit dans certains 
momens d'amour ou de colère» 

On reconnoît de loin les frégates en 
mer, non -feulement à la longueur dé- 
mefurée de leurs ailes , encore à leur 
queue très -fourchue (y ); tout le plu- 
mage eft ordinairement noir avec reflet 



(x) Feuilîée, fibferpatlons, pag. 107. 

(y) Les Portugais ont donné à la frégate îe 
nom de rabo flrcado , à caufe de fa queue trés- 
fouichue. 



de la Frégate. i 6^ 

bleuâtre, du moins celui du mâle ( \) ; 
celles qui font brunes (a) , comme la 
^tiitQ frégate figurée dans Edwards (^è^^ 
paroiffent être les jeunes, & celles qui 
ont le ventre blanc font les femelles. 
Dans le nombre des frégates vues à Tîle 
de TAfcenfion par M. le vicomte de 
Querhoënt , & qui toutes étoient de la 
même grandeur , les unes paroiflbîent 
toutes noires , les autres avoient le deflus 
du corps d'un brun -foncé, avec la tête 
& le ventre blancs*, les plum.es de leur 
cou font aflez longues pour que les In- 
fulaires de la mer du Sud s'en faflent 



(x,) Marium pluma omnes nîgne ; pclut cori^L 
Ray. 

fa) Les plumes du dos & des aiîes font noires, 
grofîes & fortes, celles qui couvrent i'eftomac & 
les euifles , font plus délicates t& moins noires; 
on en voit dont toutes les plumes font brunes fur 
ie dos & aux ailes, >^ grifes fous le ventre; on 
dit que ces dernières font les femelles ou peut-» 
être les jeunes. Labat, 

(h ) Glanures, pagt 209, pi. 309. —La petite 
frégate. Bri^bii, tome. VI, page 509, 



i6S Hijloire Naturelle 

des fconnets (^c J. Ils efdment auffi beau- 
coup la graille ou plutôt Thurle qu'ils 
tirent de ces orfeaux par la grande vertu 
qu'ils luppofent à cette graiffe contre les 
douleurs de rhumatifme & les engour- 
diffemens (^^ ^. Du refte , la frégate a, 



fcj La plupart des hommes de l'îîe de Pâques, 
portent fur leur tête un cercle trefie avec de 
rherbe , & garni d'une grande quantité de ces 
longues plumes noires qui décorent le cou des 
frégates; d'autres ont d'énormes chapeaux de plu- 
mes de goéland brun. Second Voyage du capitaine 
Cook , tome 11 , page 194. 

(d) L'huile ou la graifle de ces oifeaux efl un 
fouverain remède pour la goutte fciatique , & 
pour toutes les autres provenant de caufes froides ; 
on en fait cas dans toutes les Indes comme d'un 
médicament précieux. Ducertre , Hijloire générale 
des Antilles^ towe II , page 269. — Les Flibuftiers 
tirent cette huile qu'on appelle /luile de [régate^ 
en failant bouillir de grandes chaudières pleines 
de ces oifeaux ; elle fe vend fort cher dans nos 
îles. Extrait des Mémoires communiqués par M. de 
la Borde , Médecin du Roi à Cayenne. — On doit 
faire chauffer la graifle & en faire de fortes fric- 
tions fur la partie affligée afin d'ouvrir les pores, 
& mêler de bonne eau- de-vie ou de l'efprit-de- 
vindans la graille, au moment qu'on en veut faire 



777/^ . :zj^ 



JPLfŒ.pa^.^6'b\ 




J&iooci^c^ c)e^ 



"""^ Jl^JcUcoc^ Jl 



LA. l'HHO-.VrE 



de îa Frégate. 1^7 

comme le-fou , le tour des yeux dégarni 
de plumes , elle a de même Tongle du 
milieu dentelé intérieurement : ainfi , les 
frégates quoique perfécuteurs nés des 
fous 5 font néanm.oins voifins & parons ; 
trifte exemple dans la Nature , d'un 
genre d*étre qui, comme nous , trouvent 
fouvent leurs ennemis dans leurs pro- 
ches ! 



l'application : bien des gens ont reçu une par- 
faite guérifon , ou du moins de grands foulage- 
mens par ce remède que je donne ici fur la foi 
d'au trui , n'ayant pas eu occarion de ie mettre 
en pratique. Labat. Nojij^eau Voyage aux îles de 
l'Amérique, tome VL 




I 6 8 Hijloire Naturelle 



9 



LES GOÈLAMS 
ET LES MOUETTES (a). 

\^ES DEUX NOMS, tantôt réunis & 
tantôt réparés, ont moins fervi jufqu'à 
ce jour à diftinguer qu'à eonfondre les 
efpèces compriies dans Tune des plus 
nonibreufes familles des oifeaux d'eau. 
Plulîeurs Naturaliftes ont nommés goé- 



[ (a) En Grec, A%ç & Kî7r<poç f yoyei le DîA 
cours) ; dans Euftathe, K>)|, & ailleurs Kcih^ , 
nom qui paroît formé par onomatopée, ou imi- 
tation du cri de l'oifeau : Lycophron appelle des 
vieillards Kûtîiirfxjtç, èlancs o\x grifinans , comme le 
plumage du goéland. Quant à la conjedure de 
Bélon f Obferi^. page 52 J^ qui dérive le nom de 
laros de celui d'un petit poiiTon qui fe pèche dans 
ie golfe de Saionique , & dont le goéland eft 
avide, elle paroît peu fondée, & le poifîbn aura 
plutôt reçu fon nom de celui de Toifeau dont il 
ei\ la proie. En Latin , larus 8c gaiia ; fur nos 
côtes de la méditerranée , gabian ; fur celles de 
Pocéan ., maures ; en Allemand , mtw , mewQ 
( miauleurs , meuwen , miauler ) ; en Groënlan- 
duis, akj)a ( félon Égede), imiat (dans Ander- 
fon> 

lans j 



des Goélands^ &c. i6^ 

tandsj ce que d'autres ont appelé mouet^ 
tes , & quelques-uns ont indifféremment 
appliqué ces deux noms comme fynony- 
mes à ces mêmes oifeaux , cependant il 
doit fubfifter entre toute expreffion no- 
minale quelques traces de leur origine ou 
quelques indices de leurs différences , & 
il me femble que les noms goélands 8c 
mouettes ont en latin leurs correfpondans 
larus & gavia ^ dont le premier doit fe 
traduire par goéland ^ & le fécond par 
mouettes. II me paroît de plus que le 
nom goéland déligne les plus, grandes 
efpèces de ce geiire , & que celui de 
mouette ne doit être appliqué quaux 
plus petites efpèces. On peut même 
iuivre , jufque chez les Grecs , les verti- 
ges de cette divifîon , car le mot kepphos y 
qui fe lit dans Ariftote, dans Aratus & 
ailleurs , défigne une efpèce ou une bran- 
che particulière de la famille du laros 
ou goéland : Suidas & le fcholiafte d'Arit 
tophane , traduifent kepphos par larus j 
& (i Gaza ne" Ta point traduit de même 
dans Ariftote (b)^ c'eft que, fuivant 

(h) Lib. IX, cap. xxxv. 
Oifeaux, Tome XV L H 



tyo Uijîoire Naturelle 

la conjecture de Picrius , ce tradudeur 
avoit en vue le pafi'age des Géorgiques, 
ou Virgile paroiffant rendre à la lettre 
les vers d'Aratus , au lieu de hepphos 
qui fe lit dans le Poëte grec , a fubfti- 
tué le nom de fulica; mais fi la fulica 
des Anciens eft notre foulque ou mordlc j 
ce que lui attribue ici le Poëte latin, 
de préfager la tempête en fe jouant-fur 
le fable (c) -, ne lui convient point du 
tout ( d) y puifque la foulque ne vit pas 
dans la mer , & ne fe joue pas fur le 
fable, où même elle ne fe tient quavec 
peine. De plus , ce qu'Ariftote attribue 
à fon kepphos j d'avaler Técume de la 
mer comme une pâture, & de fe laifler 
prendre à cette amorce (e)^ ne peut 



( cj ,, Cumque marine 

In Jîcco luduiit fuîic(Z , tibi tcmpora fignani 
Infejla ^ pluviii 6* wnpcjlate fonorâ, 

Virg. Georg. II* 

^jL'épithète que Cicéron ^traduifant ces mêmes 
vers d'Aratus> donne à la fouique, lui convient 
aulTi peu, qu'elle convient bien au goéland : 
Cana fulix Itidcm fugiens è gurgite pond, 
l^unûat honlbiUs damans injïare procellas. 

Lib. I , de nat, Deor. 

(ej Li^pi ( que Ga^a traduit fulica J Jpumâ 



des Goélands y \jc. 171 

guère fe rapporter qu'à un oifeau vorace 
comme le goéland ou la mouette : cvdflî 
AIdrovande conclut-il de ces indudions 
comparées , que le nom de laros dans 
Ariftote eft générique , & que celui de 
kepphos eft fpécifique , ou plutôt parti- 
culier à quelque efpèce fubalterne de 
ce même genre. Mais une remarque que 
Turner a faite fur la voix de ces oifeaux, 
femble fixer ici nos incertitudes , il re- 
garde le mot de kepphos comme un fon 
imitatif de la voix d'une mouette qui 
termine ordinairement chaque reprife 3 
de fes cris aigus , .par un petit accent 
bref , une efpèce d'éternument keph j 
tandis que le goéland termine fon cri 
par un fon différent &plus grave ^ cob. 

Le nom grec kepphos jxtT^ondïz donc, 
dans notre divifion , au nom latin gavia j 
8c défignera proprement les efpèces in- 
férieures du genre entier de ces oifeaux , 
c^eft-à-dire, les mouettes : de même le 
nom grec laros ou larus en latin traduit 



capiuntur ; appelant enîm eam avldiks Ef injperju 
pjus ytnanmr. Hill. animal. lib. IX , cap. xxxv* 



iji Hijloire Naturelle 

par goéland _, fera celui des grandes 
efpèces. Et pour établir un terme de corn- 
pararfon dans cette échelle de grandeur, 
nous prendrons pour goélands tous ceux 
de ces oifeaux dont la taille furpaiTe celle 
du canard , & qui ont dix-huit ou vingt 
pouces de la pointe du bec à Textrémité 
de la queue 5 & nous appellerons mouettes 
tous ceux qui font au - deflous de ces 
dimenfîons, il réfultera de cette divifion^ 
que la (ixième efpcce donnée par M. Brif- 
fon , fous la dénomination de première 
mouette j doit être mife au nombre des 
goélands, & que plulîeurs des goélands 
de Linnseus ne feront que des mouettes 5 
mais 3 avant que d'entrer dans cette dif- 
tinétion des efpèces , nous indiquerons 
les caradères généraux & les habitudes 
communes au genre entier des uns & 
des autres. 

Tous ces oifeaux goélands & mouettes 
font également voraces & criards j on 
peut dire que ce font les vautours de la 
mer *, ils la nettoient des cadavres de 
toute efpèce qui flottent à fa furface a 
ou qui font rejetés fur les rivages, auili 
lâches que gountiands , ils n attaquent 



dès Goélands^ &c. 175 

que îes animaux foibles , & ne s'acharnent 
que fur les corps morts. Leur port ignoble, 
leurs cris importuns , îeur bec tranchant & 
crochu, préfentent les images défagréables 
d'oifeaux {anguinaires & bafîement cruels 5 
auffi îes vait-on fe battre avec acharne- 
ment entr'eux pour la curée , & même 
ïorfqu'ils font renfermés & que ïa cap- 
tivité aigrit encore îeur humeur féroce, 
iîs fe bleflênt fans motif apparent 3 & le 
premier dont le fang coule devient la 
viâime dès autres, car alors leur fureur 
s'accroît & ils mettent en pièces îe mal- 
heureux qu'ils avoient bleflé fans rai- 
fon ( f) ; cet excès de cruauté ne- fe ma- 
nifefle guère que dans les grandes efpèces ; 
mais toutes , grandes & petites , étant 
en liberté , s'épient, fe guettent fans cefîe 
pour fe piller & fe dérober réciproque- 
ment la nourriture ou la proie : tout 
convient à kur voracité (g) ; le poifîon 



ffy Obfervation faite par M. Bâillon, à Mon- 
treuiî-fur-mer. 

(g) " ]^âi fouvent donné à mes mouettes . des 
bufeSj des corbeaux j des chats nouveaux- nés^*« 

Hiij 



174 Uijloire Naturelle 

frais ou gâté , la chair fanglante, récente 
ou corrompue 5 les é^raîiies , les os même, 
tout Te digère & fe confume dans leur 
eftomac fhj ; ils avalent Tamorce & Tha- 
meçon \ ils fe précipitent avec tant de 
violence > qu'ils s'enferrent eux - mêmes 
fur une pointe que le pêcheur place fous 
le hareng ou la pélamide qu'il leur offre 
en appât ( i) -^ & ctit^ manière n'eft pas 
ïa feule dont on puiife les leurrer, Oppien 



» des lapins & autres animaux & oifeaux morts; 
» elles ies ont dévorés avec autant d'avidité que 
>î !es poifîbns ; j^en ai encore deux qui avalent 
» très-bien dQs étourneaux , des alouettes marines 
5) fans leur ôter une feule piume ; leur goFier efl: 
un gouffre qui engloutit tout. »> iS'ou communiquez 
par M. Bâillon, 

(h) ii Elies rejettent ces corps lorfqu'elles ont 
>î abondamment d'autre nourriture ; mais à défaut 
>» d'aiimens meiiîeurs, elies confervent tout dans 
jî iear eftomac , & tout s'y confume par ia cba- 
» ieur de ce vifcére. L'extrême voracité n'efl: pas 
>5 ie feul caradère qui rapproche ces oifeaux des 
>> vautours & autres oifeaux de proie ; les mouettes 
» fouffrent la faim auffi patiemment qu'eux; j'en 
>» ai vu vivre chez moi neuf jours fans prendre 
'aucune nourriture. >? Note du même Obfervauur, 

fij Forfler, dans le fécond Voyage de Cookj 
tome l, page 291, 



de^ Goélands y &c. 175 

a écrit qu'il fuffit d'une planche peinte 
de quelques figures de poiflbn , pour 
que ces oifeaux viennent fe brifer con- 
tre s l'nais ces portraits de poiflbns dé- 
voient donc être aulîî parfaits que ceux 
dts raifins de Parrhafius ! 

Les goélands & les mouettes ont éga- 
lement le bec tranchant , alongé , aplati 
par les côtés avec la pointe renforcée & 
recourbée en croc, & un angle faillant 
à la mandibule inférieure*, cts caraéières 
plus, apparens & plus j^rononcés dans 
les goélands , fe marquent néanmoins dans 
toutes les efpèces de mouettes jceft même 
ce qui les fépare des hirondelles de mer , 
qui n'ont ni le croc à la partie fupérieure 
du bec 3 ni la faillie à l'inférieure , fans 
compter que les plus grandes hirondelles 
de mer le font moins que les plus petites 
mouettes. De plus, les mouettes n'ont 
pas la queue fourchue , hiais pleine *, leur 
jambe , ou plutôt leur tarfe , eft fort 
élevé 5 & même les goélands & les mouet- 
tes feroient de tous les oifeaux à pieds 
palmés les plus hauts de jambes , fi le 
flamant ^ î'avocette & Téchaffe ne les 

H iv 



iy6 Hijîoire Naturelle 

avoîent encore plus longues, & fi déme- 
furées qu'ils font 5 à cet égard , des efpèces 
de monftres {^J> Tous les goélands & 
mouettes ont les trois doigts engagés 
par une paime pleine , & le doigt de 
derrière dégagé 5 mais très -petits, leur 
tête eft grolTe 5 ils îa portent mal & pref- 
que entre les épaules , Toit qu ils mar- 
chent ou qu'ils foient en repos 5 ils cou- 
rent affez vite fur les rivages , & volent 
encore mieux au-deflus des flots ; leurs 
îongues ailes qui lorfqu'elles font pliées 
dépafîent la queue 3 & la quantité de 
plumes dont leur corps eft garni, les 
rendent très -légers ( IJ ; ils font aulfî 
fournis d'un duvet fort épais (m) ^ qui 



(k ) Voyei, ci- après, les articles de ces oifeaux. 

fl) a Nous difons en proverbe , tu es aujfi léger 
qu'une mouette, >5 Martens, dans îe Recueil des 
Voyages du Nord ; Rouen , 1716, tome II, pag, 95. 

{mj Aldrovande prétend qu'en Hollande on 
fait beaucoup d'ufage du duvet de mouette ; mais 
il eft difficile de croire ce qu'il ajoute , favoir , 
que ce duvet fe renfle en pleine iiine, par une 
correrpondance fympathique avec l'état de la mer, 
dont le ffux eft alors îe plus enflé, Fojei cet 
Auteur^ JDe Jpihs, tome ÎIl , j)age 70. 



des Goélands^ &c. 177 

eft cTune couleur bleuâtre, fur -tout à 
l'eftomac , ils naiiient avec ce duvet , 
mais les autres plumes ne croilTent que 
tard, & ils n'acquièrent complètement 
îeurs couleurs, c'eft-à-dire 5 le beau blanc 
fur le corps , & du noir ou gris- bleuâtre 
fur le manteau qu'après avoir pafie par 
plufieurs mues 5 & dans leur troihème 
année. Oppien paroît avoir eu connoif- 
fance de ce progrès de couleurs , lorf- 
qu'il dit, quen vieilliiîant ces oifeaux- 
deviennent bleus. 

Ils fe tiennent en troupes fur les 
rivages de la mer , fouvent on les voit 
couvrir de leur multifude les écueils & 
les falaifes qu'ils font retentir de leurs 
cris importuns , & fur lefqueiles ils fem- 
blent fourmiller, les uns prenant leur 
vol , les autres s'abattant pour fe repoler , 
& toujours en très -grand non^bre : en 
général , il n'cft pas d'oifeau plus com- 
mun fur les côtes, & Ton en rencontre 
en mer jufqu'à cent lieues de drftance 5 
ils fréquentent les îles & les contrées 
voiknes de la mer dans tous les climats -, 
ies Navigateurs les ont trouvés par- 
ti v 



178 Hifloire Naturelle 

io\\t(n); les plus grandes cfpèces pa- 
roiflcnt attachées aux côtes des mers du 



(n) Les mouettes font auffî communes au Japon 
C]u'en Europe. Kœmpfer, JJifloire du Japon , tom. I, 
page 113. — Il y en a diverfes efpèces au cap 
de Bonne- efpérance , dont le cri eîl le même que 
celui des goélands d'Europe. OhfervatiQjis commu^ 
viquées par M. le vicomtt de Querhoënr, — Tant 
que nous fumes fur ce banc , qui s'étend à ia 
hauteur du cap des Aiguilles ( par ie travers de 
Madagaf:ar ) , nous vimes des mouettes. Premier 
Voyage de Cook , tome IV , page 315. — Les mêmes 
Voyageurs ont vu des mouettes au cap Freward , 
dans le détroit de Magellan. Ibidem y tome 11, 
page 31. — A la nouvelle Flollande. Ibidem , tom. IF, 
page iio. A la nouvelle Zélande. Cook , Second 
Voyage, tome III, pa^e 251. Aux îles voifines de 
îa terre des États. Ibidem, tome IF, page 73. Dans 
toutes les îles baffes de l'Archipei du tropique 
auftraî. Obfirmtions de Forfler, à ia fuite du capi^ 
taille Cook , page 7. — Plufieurs des hommes de 
i1(e de Pâques , portoient un cerceau de bois 
entouré de plumes blanches de mouettes qui le 
balancent en Pair. Second Foyage de Cook, tom. II, 
page 194. — Des nuées de goélans fourniffent en 
glande partie cette fiente qui couvre VilQà'Iquiqne^ 
& qui fe tranfporte fous le nom de guaiia^ dans 
îa vallée d'Arica. Legemil , Foyage autour du monde; 
Paris, 1725. tome I , page 87. — Le goéland de 
la Louifiane eft fembiabie à celui de France. L& 



des Goélands y &c, 179 

Nord (o). On raconte que les goélands 
des îles de Feroë font iî forts & fi vora- 
ces 5 qu'ils mettent fouvent en pièces des 
agneaux , dont ils ' emportent des lam- 
beaux dans leurs nïds(p ) ; dans les mers 
glaciales , on les voit fe réunir en grand 
nombre furies cadavres des baleines ^^y); 



F âge Duprati, Hijloire de la Louifiane , tome II, 
page il 8. — Une quantité de mauves ou mouettts 
& d'autres oifeaux , venoient (aux îles Malouines) 
planer fur les eaux, & fondoient fur le poiflbn 
svec une vîteiïe extraordinaire ; iîs nous fervoient 
à rec%nnoître le temps propre k ia pêche de Ja 
fardine; ï\ fuffifoit de ies tenir un moment fuf- 
pendus, & ils rendoient encore dans fa forme ce 
poiiTon qu'ils venoient d'engîoutir ; ces oifeaux 
pondent autour des étangs^ fur ies plantes vertes 
femblabîes au nénuphar , une grande quantité 
d'œufs très -bons & très-fains. Voyage autour du 
vionde, par M. de Bougaiiwille, in- 8.^ tome l , 
page 120. 

foj Elles abondent fur celles de Groenland , 
au point que îa Langue groè'nîandoife a un met 
propre pour exprimer la chafîe que vont donner 
à ce mauvais gibier, ies malheureux habitans de 
ces terres glacées ; akpaUlarpok, Laros venatuni 
projîcifcitur. Égède ; Did. Groenland. 

fpj Forfter, Second Foyage de Cook , tome /, 
page 150. 

(qj Foyei l'Hiftoire géuérale des Voyages , 

Uv] 



i8o Hljloire Naturelle 

ils fe tiennent fur ces maffes de corrup- 
tion fans en craindre Tinfeâion *, ils y 
affouvilTent à Taife toute leur voracité, 
& en tirent en même temps Tample 
pâture qu'exige la gourmandife innée de 
leurs petits, ces oifeaux dépofent à mil- 
liers leurs œufs & leurs nids jufque fur 
les terres glacées des deux zones polai- 
res (^r^; ils ne les quittent pas en hiver, 
& femblent être attachés au climat où 



tome XIX, page 48 ; & ci-après Partide du grifard 
ou malkmuche, 

(r) I-e 5 juin , on avoît déjà vu des glaces, 
qui furprlvent li fort qu'on les prit d'abord pour 
des cygnes. ... Le 11, par-delà les 75 degrés 
de latitude, on defcendit fur IKe Baénn , où on 
trouva quantité d'œufs de mouettes. Relation de 
Guillaume Barents ; Hifloire générale des Voyages , 
'tome XV, page il 2. — On s'avança jufquHi i'île 
qu'Olivier Noort avoir nommée Vile du Roi ( près 
du détroit de Lemaire ; ; quelques matelots def- 
ceiidus au rivage , trouvèrent h terre prefque 
entièrement couverte des œufs d'une erpèce par- 
ticulière de mouette; on pouvoit étendre la. main 
dans quarante- cinq nids fans changer de place, 
ôç chaque nid contenoit trois ou quatre œufs un 
peu plus gros que ceux des vanneaux. Journal de 
Lemaire ^ Schouten , dans le Recueil de la Corn- 
pagnic hoUandoife, tome IV, jpage 578, 



des Goélands^ &c. i 8 î 

Hs fe trouvent , & peu fenfible.s au chan- 
gement de toute température (f), Arif- 
tote, fous un ciel à la vérité infiniment 
plus doux , avoit déjà remarqué que les 
goélands & les mouettes ne difparoiirent 
point, & reftent toute Tannée dans les 
lieux où ils ont pris naiffance. 

II en eft de même fur nos côtes de 
France , où l'on voit plufieurs efpèces 
de ces oifeaux en hiver comme en été^ 
on leur. donne 5 fur l'océan, le nom da- 
mauves ou miaules^ & celui de gabians 
fuHC la médîterranée 5 par -tout ils font 
connus > notés par leur voracité & par 
la défagréable importunité de leurs cris 
redoublés-, tantôt ils fuivent les plages 
baffes de la mer , & tantôt ils fe retirent 
dans le creux des rochers pour attendre 
le poiffon que les vagues y jettent 5 fou- 



f fj Les oifeaux qui paiTent en plus grand 
nombre au printemps vers la baie d'FIudion, pour 
aller faire leurs petits vers le nord , & qui revien- 
nent vers les pays méridionaux en automne , font 
les cygnes, ïes oies, les canards, les fareeîies , les 

pluviers mais les mouettes paflent Phiver dans' 

îe pays au milieu des neiges & des glaces. Hift, 
générak des Voyages, tome XV , pa^e 267. 



I § 1 Hi/Iolre Naturelù 

vent ils accompagnent les pêcheurs afin 
de profiter des débris de la pêche : cette 
habitude eft fl^ns doute la feule caufc 
de l'amitié pour l'homme que les Anciens 
flttribuoient à ces oifeaux (^tj. Comme 
leur chair n'efl: pas bonne à manger fuj y 
& que leur plumage n'a que peu de 
valeur , on dédaigne de les chafîer & 
en les laifle approcher fans les tirer fx). 



(t) Oppien , in ex eut, 

(u) ** On n'en pourroit pas goûter fans vomir, 
«fî, avant de îes manger , on ne les avoit expofés 
>» à l'air pendus par les pattes , ia tête en bas 9 
>9 pendant quelques jours, afin que Thuile ou fa 
» graine de baleine forte de leur corps, & que le 
grand air en ôte le mauvais goCit. » Recutil des 
Voyages du Nord, tome II, page 89. 

f xj Les Sauvages des Antilles s'accommodent 
néanmoins de mauvais gibier. « Il y a , dit le 
») P. Dutertre, quantité de petites iflettes qui en 
» font ff remplies , que tous les Sauvages , en 
>» paflant , en chargent leurs pirogues, qui tiennent 
9t bien fouvent autant qu'une chaloupe; mais c'efl 
» une chofe pîaifante de les voir accommoder par 
>î ces ."^'auvages, car ils les jettent tout entiers dans 
»» le feu fans les vider ni plumer , & la plume 
n venant à fe brûler , il fe fait une croûte tout 
M autour de l'oifcau , dans laquelle il fe cuit. 
i> Quand ils le veulent manger , ils lèvent ceti-€ 



des Goélands y &c. i S 5 

Curieux d'obfeiver par nous - mêmes 
les habitudes de ces oifeaux 5 nous avons 
cherché à nous en procurer quelques-uns 
ce vivans , & M. Bâillon, toujours em- 
preffé à répondre obligeamment à nos 
demandes, nous a envoyé le grand goé- 
land à manteau noir, première efpèce, 
& le goéland à manteau gris, féconde 
efpèce 5 nous les avons gardés près de 
quinze mois dans un jardin où nous 
pouvions les obferver à toute heure , ils 
donnèrent d abord des figues évidens de 
leur mauvais naturel, fe pourfuivant fans 
ceffe, & le plus grand ne fouftrant jamais 
que le petit mangeât ni fe tînt à côté 
de lui 5 on les nourriflbit de pain trempé 
& d'inteftrns de gibier, de volaille & 
autres débris de cuifine dont ils ne re- 
butoient rien , & en même temps i!s ne 



croûte, puis ouvrent i'oifeau par la moitié ; jeu 
ne fais ce qu'ils font pour ie garder de la cor- u 
ruption ;^ car je leur en 21 vu manger qui étoient u 
cuits huit jours auparavant, ce qui eil d'autant u 
plus furprenant qu'il ne faut que douze heures u 
pour faire corrompre ia plupart des viandes du *< 
pays. » Hijîoire ^énéraU dss Jntilles ^ toms II, 
jpa^& 274. 



184 - Hi/Ioire Naturelle 

laiflorcnt pas de recueillir & de cher- 
cher dans le jardin les vers & les limaçons 
qu'ils lavent bien tirer de leurs coquilles-, 
ils alloient fouvent fe baigner dans un 
petit baffin , & au fortir de Teau ils fe 
fecouoient , battoient des ailes en s'éle- 
vant fur leurs pieds & luftroient enfuite 
leur plumage , comme font les oies & les 
canards *, ils rodoienc pendant la nuit , & 
fouvent on les a vus fe promener à dix 
& onze heures du foir : ils ne cachent 
pas 5 comme la plupart des autres oifeaux, 
leur tête fous Taile pour dormir, ils la 
tournent feulement en arrière en plaçant 
îeur bec entre le deffus de Taile & le 
dos. 

Lorfqu'on vouloit prendre ces oifeaux, 
ils cherchoient à mordre & pinçoient 
très-ferré-, il falloit, pour éviter le coup 
de bec & s'en rendre maître, leur leter 
un mouchoir fur la tête *, lorfqu'on les 
pourfui voit , ils accéléroient leur courfe 
en étendant leurs ailes : d'ordinaire ils 
marchoient lentement & d'aflez mau- 
vaife grâce *, leur parefTe fe marquoit 
|ufque dans leur colère , car quand le 
plus grand pourfuivoit l'autre , il fe con- 



des Goélands^ &c. 185 

tentoït de le fuivre au pas , comme s'il 
n'eût pas été preflé de Tatteindre , ce 
dernier à fon tour ne fembloit doubler 
îe pas qu'autant qu'il le falloit pour éviter 
le combat , & dès qu'il fe fentoit fuSifam- 
ment éloigné , il s'arrêtoit, & répétoit la 
même manœuvre autant de fois qu'il étoit 
nfceiîaire pour* être toujours hors de la 
portée de Ton ennemi , après quoi tous 
deux reftoient tranquilles, comme lî la 
diftance fuffifoit pour détruire l'antipathie» 
Le plus foîble ne devroit-il pas toujours 
trouver ainiî fa sûreté en s'éloignant du 
plus fort ? mais malheureufement la tyran- 
nie eft dans les mains de l'homme, un 
inftrument qu'il déplbie & qu'il étend 
auffi loin que fa penfée. 

Ces oifeaux nous parurent avoir oublié 
pendant tout l'hiver l'ufage de leurs 
ailes *, ils ne marquèrent aucune envie 
de s'envoler \ ils étoient à la vérité très- 
abondamment nourris , & leur appétit 
tout véhément qu'il eft ne pouvoit guère 
les tourmenter , mais au printemps ils 
fentirent de nouveaux befoins & mon- 
trèrent d'autres defirs : on les vit s'effor- 
cer de s' élever en l'air , & ils auroient 



i8^ Hijloin Naturelle 

pris leur efTor fi leurs ailes n'eufîent pas 
été rognées de plufieurs pouces , ils ne 
pouvoient donc que s*élancer comme par 
bonds ou pirouetter fur leurs pieds les 
ailes étendues : le fentiment d'amour qui 
renaît avec la faifon , parut furmonter 
celui d'antipathie & fit celler Tinimitié 
entre ces deux oifeaux , chacun céda a^ 
doux inflinél de chercher fon femblable, 
& quoiqu'ils ne fe convinrent pas, étant 
d'efpèce trop différentes , ils fembicrent 
fe rechercher, ils mangèrent, dormirent 
& reposèrent enfemble -, mais à^s cris 
plaintifs & des mouvemens inquiets exprî- 
m oient affez que le plus doux fentiment 
de la Nature nitô'it qu'irrité fans être 
fatisfait. 

Nous allons maintenant faire l'énumé- 
ration des différentes efpèces de ces 
oifeaux , dont les plus gr.mdcs feront 
comprifes, comme nous l'avons dit, fous 
le nom de goéland ^ & les petites fous 
celui de îîwucttcs. 



des Goélands. 187 

g-*^"**^ ' ■■■■■■ — ■ " — > 

^ LE GOÉLAND 

A MANTEAU NOIR (a). 

Première efpece. 

JNous LUI DONNONS k première 
place comme au plus grand des goélands*, 
il a d^ix pieds & quelquefois deux pieds 
& demi de longueur , un grand man- 



* Voyzx les planches enluminées , /z.^ 990 5 fous 
la dénomination de Noir manteau. 

( aj En Suédois, homaoka; en Danois, /I^^r;- 
hagy blaa ' maage ; en Norwégien , hav-maafe ; en 
Lappon , gairo ; en Iflandois , fwart- bakur; en 
Groënlandois , naviaduTfoak, — Bien décrit dans 
Cluiius fous le nom de lams iiigens- marJnnSm 
Exotic. lib, V, cap. ix. pag. 104. — Larus maxi^. 
mns ex ûlbo & iiigro fku aeruleo nigricante variai. 
Willughby, Onûthol. pag. 16 i. — Sibbald. ^Vcof. 
illujîr. part. II, lib. m , pag. 20. — Larus maximus 
ex âlko & nigro- œruUo nigricante varias, maximus 
ingens Clufii. Ray , Synopf. Jvi. pag. 127 , n.^ c , i. 
*■' Larus maximus Willughbii, Rzaczynski , Hift, 
iiat. Polon. pag. 389, — Larus maximus e.x albo Ef 
nigro vel fubcceruleo mrius, Klein, Jvi. pag. Ig6, 
n.^ 1. — Larus albus , dorfe nigro, Larus maximus, 
Linnaeus, Syjl. uat. éd. X, Gen. 69, Sp. 3. — 
Larus maximus albus, dorfi nigro, MuIIer^ Zoolog* 



i88 Hijloin Naturelle 

teau d'un noir ou noirâtre ardoîfé hit 
couvre Ton large dos', tout le refte dit 
plumage cft blanc-, fon bec fort & ro- 
bufte , long de trois pouces & demi , 
eft jaunâtre , avec une tache rouge à 
l'angle faîHant de la mandibule infé- 
rieure \ la paupière eft d'un jaune aurore ^ 
les pieds , avec leur membrane , font 
dune couleur de chair blanchâtre & 
comme farineux. 

Le cri de ce grand goéland , que nous 
avons gardé toute une année, e(l un fou 
enroué , qua _, qua j qua , prononcé d'un 
ton rauque & répété fort vite , mars l'oî- 
feau ne le fait pas entendre fréquemment •, 
& lorfqu'on le prcnoit il jetoit un autre 
cri douloureux & très - aigre. 
' ■ ■ ' ' ■ 1 1 1 1* 

Danic. pag. 20, n.° 163. — Gavia. Moehring , 
jivi, Gen. 70. — The great black and white gnli. 
Britifch. Zoolog. pag. 140. — Grande mouette 
noire & blanche. Jlbin , tome 111, pa2:e 39, 
planche 94. — Le grand goifland noir & blanc. 
iSfz/cn/e , Ornithoî. page 385. — Larus p/pzrnè /pUn- 
iidè niger, infernè aibus ', capite Ef collo coîicolorihits\ 
remigilfus nigris , apice albis , n&rîcibu^ candidis, 
Larus ni^er. . . Brifîbn , Ornlthol. tom. VI , pag. 158. 



Tc^ni.XP7, 



J-/.PIZ.^ya,/. iSS. 




I.K GOELAND ^V AIAXTE^VU XOIK. 



des Goélands. 189 
^ LE GOÉLAND 

A MANTEAV GRIS ( b ). 

Seconde efpece. 

XiH GRIS-CENDRE étcndu fur le dos 
& les épaules , eft une livrée commune 
à plufteurs efpèces de mouettes, & qui 
diltingue ce goéland^ il eft un peu moins 
grand que le précédent (c) i &c à i'excep-; 



* Foyei les planches enluminées , n.^ 25^ 9 Tous 

Je nom de Goéland cendré, 

(b) Lams fupernè cinenus , infernè albus ; capiît 
'Ô* cqUo copcolQTÎbus ; remigibus cinerek , apice albiSp 
quatuor primoribus versus apicem nigricantibus ^ txtimâ 
êxuriiis nigricante ; redtricibus candidis, .... Laru$ 
cinenus, Briffon , Ornithol. tome VI , page 160. 

fcj Nota. Le moduie eft trop gr^nd de moitié 
/dans la planche enlumine^. 



I 9 o Hifîoire Naturelle 

tion de fon manteau gris & des cchan- 
crures noires aux grandes pennes de 
Taile 5 il a de même tout le refte du 
plumage blanc , Tocil eft brillant & l'iris 
jaune comme dans Tépervier -, les pieds 
font de couleur de chair livide *, le bec, 
qui dans les jeunes eft prefque noirâtre , 
eft d'un jaune - pâle dans les adultes , 
& d'un beau jaune prefque orangé dans 
les vieux -, il y a une tache rouge au 
renflement du demi- bec inférieur , ca- 
raclcre commun à plufieurs des efpèces 
de goélands & de mouettes. Celui - ci 
fuit devant le précédent, & n ofe lui dif- 
puter la proie *, mais il s'en venge fur 
les mouettes qui lui font inférieures en 
forces -, il les pille , les pourfuit & leur 
fait une guerre continuelle *, il fréquente 
fceaucoup, dans les mois de novembre 
& de décembre, nos côtes de Norman- 
die & de Picardie, où on l'appelle ^ro^ 
Tniaulard & bleu- manteau j comme Ton 
appelle noir -manteau celui de la pre- 
mière efpèce *, celui-ci a plufieurs cris 
très-diftinds quil nous a fait entendre 
dans le jardin où il a vécu avec le prcr 



àes Goélands. x 9 i 

cèdent : le premier & le plus fréquent 
de ces cris , femble rendre ces deux 
iyllabes quiou, qui partent comme d'un 
coup de fifflet , d'abord bref & aîgu , 
& qui finit en traînant fur un ton plus 
bas & plus doux , ce cri unique ne fe 
répète que par intervalles , & pour le 
produire Toifeau alonge le cou , incline 
la tète & femble faire effort j fon fécond 
cri qu'il ne jetoit que quand on le pour- 
fuivoit ou qu'on le ferroit de près , & 
qui par conféquent étoit une exprelTion 
de crainte ou de colère, peut fe rendre 
par la fyllabe tza _, da j prononcée en 
iîfflant & répétée fort vite. On peut 
obferver en paflant , que dans tous les 
animaux les cris de colère ou de crainte 
font toujours plus aigus & plus brefs que 
les cris ordinaires. Enfin, vers le prin- 
temps 5 cet oifeau prit un nouvel accent 
de voix très -aigu & très-perçant, quon 
peut exprimer par le mot quieute ou 
pieute j tantôt bref & répété précipitam- 
ment, & tantôt traîné fur la finale eute, 
avec des intervalles marqués , comme 



ï 9 2 HiJIoire Naturelle 

ceux qui féparent les foiipirs d'une per- 
fonne aftagée. Dans Tun & Tautre cas , 
ce cri paroît être Texpreffion plaintive 
du bcfoin infpiré par Tamour non far 
tisfait. 




LE GOÉLAND 



ri,Tlir.^yac/.^^'2. 




/A- c*^/v Je/. 



T.JL GOEi.^^:xx) ^ JM:AJsrTiLA.xJ ouïs. 



des Goélands ^ &c. i 9 3 

LE GOÉLAND BRUN (d). 

Troijième efpèce. 

CjEGoÉLANDa le plumage d'un brun- 
fombre uniforme fur le corps entier > à 



(d) En Angïois, hrowu gull ; & dans îe pays 
de Cornouailles 5 gannet; en Danois, Jîld-maage', 
en Norwégien, gul-fotring, eymor; en Iflandois, 
weydz - bialla ; & le petit , foe - ange , skecre , 
granafur. 

Larus fufcus. Klein, Avi. page 137 , n.° 7. — 
Catarrachtes. Gefner , Jpî, pag. 246. — Cat/iana&a. 
Aidrovande, Api. tome III, page 84. — Jonftonj 
yîi^'L page 94. — Charleton , Exercit. pag. ico , 
n.® 6 ; â Onomati, pag. ^^ , n.° 6. — Ray , SvnopJZ 
page 129, n.° 7. — Catarradtes nofur. Wiliiighby , 
OrnithoL pag. .265. — Ray , page 128 5 n.^ a , 6. 
■ — Sibbaid. iSco^ illufir, part. il,Sp. 111, pag. 20, 
— Larus fufcus, albus dorfo fufco. Midler, Zoolog, 
JDanic. pag. 29 , n.<> 164. — Mouette brune. 
Mbin , tome II, page ^^^ planche ^^. — La 
càtarade ordinaire ou goéland brun, & la catar- 
radte d'Aldrovande ; Salerne , page 389. — Larus 
fupernè obfcurè fufcus , cap'iu 8" collo concolorlbus , 
infernè grifius , fufco travfverfim flriatus ; remigibus 
tnajoribus , T^Bricibufque nigns ; reâtricibus laterali- 
bus iu exortu albidis. Larus fucus , BrilTon , tom. VI , 
page 165. 

Oif eaux. Tome X FI. I 



194 Hijîoire Naturelle 

l'exception du ventre qui eft rayé tranC» 
verfalemcnt de brun fur fond gris , & 
des grandes pennes de Taile qui font 
noires j il eft encore un peu moins grand 
que le précédent, fa longueur du bec à 
l'extrémité de la queue, n'eft que d'un 
pied huit pouces , & d'un pouce de moins 
du bec aux ongles qui lont aigus & ro- 
buftes. Ray obfèrve que ce goéland par 
toute l'habitude du corps , a l'air d'un 
oifeau de rapine & de carnage *, & tel 
eft en effet la phyfionomie baffe & cruelle 
de tous ceux de la race fanguinaire des 
goélands. C'cft à celui-ci que les Natu- 
raliftes femblent être convenus de rap- 
porter Toifeau catarracle d'Ariftote (e)j, 
lequel , fuivant que l'indique fon nom y 
tombe fur l'eau comme un trait pour y 
faihr fa proie 5 ce qui fe rapporte très- 
bien à ce que dit Willughby de notre 
goéland, qu'il fond avec tant de rapidité 
fur un poiffon que les pêcheurs attachent 
fur une planche pour l'attirer, qu'il s'y 
caffe la tête. De plus , le catarracles d'Arife 



Çej Jiift. Animal. W, IX ^ ca^. xiu 



des Godands^ &c. 19; 

tote eft sûrement un oifeau de mer, 
piiifque , fuîvant ce Philofophe , il boit 
de l'eau marine (f ). Le goéland brun 
fe trouve en effet fur ies plus vaftes mers, 
& refpèce en paroît également établie fous 
les latitudes élevées du côté de deux po- 
ïes^ elle eft commune aux îles de Feroë, 
& vers les cotes de TEcoffe (g ) ; elle 
femble être encore plus répandue dans 
les plages de l'océan auftral , & il paroît 
que c eft Toifeau que nos Navigateurs 
ont défigné fous le nom de cordonnier j 
fans qu'on puifle entrevoir la raifon de 
cette dénomination (" hj ; les Anglois, 

ffj Rien de moins vrai, fans doute, que ce 
que dit Oppien ; que ie catar rades fe contente 
de dépofer fes œufs fur ies aii^ues , & îaiOe au 
vent le foin de les faire couver; fî ce n^eft ce 
qu^ii ajoute , que vers le temps où les petits 
doivent éclore, ie màîe & la femelle prennent 
chacun entre leurs ferres ies œufs d'où ils pré- 
voient que doit fortir un petit de leur fexe, & 
que les laifîant tomber à piufieurs reprifei dans 
la mer, les petits édofent dans cet exercice. 

CgJ Catarractei nofttr, iibbaid. 

f^y^^ Suivant les notes que M. fe vicomte de 
Queriioënt a eu la bonté de nous communiquer, 
lê5 cordonniers fe font rencontrés fur fa route , 



19^ Hi/Iolre Naturelle 

qui ont rencontré nombre de ces oifeaux 
dans le Port-Egmont, aux îles Falldand 
ou Malouines , leur ont donné le nom 
de pou/e du Port-Egmont j & ils en par- 



Tion-feuîement vers le cap de Bonne - efpérance, 
mais à des latitudes plus baOes ou plus hautes en 
pleine -mer: cet Obfervateur femble aulîi difliin- 
guer une grande & une petite efpèce de ces 
oifeaux cordonniers , comme il paroît à la note 
fuivante : 

« Je crois que îes habitans des eaux vivent 
r> avec plus d'union & plus de fociété que ceux 
»> de terre ^ quoique d'efpèces & de tailles fort 
» différentes ; on les voit fe pofer alfez près les 
V uns des autres fans aucune défiance; iJs chalfent 
j) de compagnie, & je n'ai vu qu'ime feule fois 
j> un combat entre une grande envergure ( une 
»» fre'gate , fuivant toute apparence) & un cordonnier 
9J de la petite efpèce ; il dura allez long - temps 
»> dans Pair; chacun fe défendoit à coups d'ailes 
» & de bec. Le cordonnier infiniment plus foibfe , 
s» efquivoic par fon agilité les coups redoutables 
99 de fnn adverfiire , fans céder ; il étoit battu , 
M lorfqu'un damier qui fe trouva dans le voifî- 
w nage , accourut , palfa & repalfa plufîeurs fois 
» entre les combattans , & parvint à les féparer : 
>» le cordonnier reconnoifiant fuivit fon libérateur, 
& vint avec lui aux environs du Vaiiïeau. » 
Jlemarqnes faites à bord du Vaijfeau du Roi la 
Vidtoire , par M. k vicomte de Querhoënt , m 
i773 & 1774. 



des Goélands j, &c. 197 

îent fouvent fous ce nom dans leurs 
relations ( ij. Nous ne pouvons mieux 



(i) Le 24 février , à 44 degrés 40 minutes , 
fur ies côtes de îa nouvelle Zéiande , M. Banks 
étant dans ïa chaloupe , tua deux poules du Pon^ 
Egmont, fembiables en tout à celles que nous 
avions trouvées en grand nombre fur i'île de 
Faro , & qui furent les premières que nous vimes 
fur cette côte , quoique nous en euffions rencon* 
Ué quelques- unes peu de jours avant quje nous 
découvriilions terre. Premier Voyage de Cook , 
tome III, pages 223 &' 224. — Par 50 degrés 
14 minutes fatitude fud ; & 95 degrés 18 minutes 
longitude oueft , comme plufîeurs oifeaux yoîti- 
geoient autour du Bâtiment, nous profitâmes dq. 
calme pour en tuer quelques-uns; l'un étott de 
î'efpèce dont nous avons fouvent parlé fous le 
nom de poule du Fort - Egmom , de l'efpéce du 
goéland , à peu- près de !a grofieur d'un corbeau , 
d'un plumage brun- foncé, excepté au-defibus de 
chaque aile, où il y a des pîumes blanches; les 
autres oifeaux étoient des albatrolTes & des-fau^ 
chets. Cook, Second Voyage, tome II ,pag, 173. 
■ — Sur les îles voifînes de ia terre des Etats, nous 
comptâmes entre ies oifeaux de mer , des poules 
du Port- Egmout. Idem , ibid. tome IV, pag. 7g. 
— Les oifeaux qu'on rencontre dans le canal de 
Noël 5 près de ia terre de Feu , font des pies de 
mer , des nigauds , & cette efpèce d'hirondelle 
dont on a parlé lî fouvent dans ce Voyage^ fous 
le nom de poule du Port- Egmout. Idetn, ibid. 
pa^z 43. — Il y avoit aulfi (à la nouvelle Geor- 



I ii j 



198 Hifloire Naturelle 

faire qiie de tranfcme ce qu'on en lit 
de plus détaillé dans le fécond Voyage 
du célèbre capitaine Cook. c< L'oifeau, 
>? dit - il , que dans notre premier Voyage 
55 nous avions nommé pou/e du Port^ 
^^Egmont y vol rgea pbfieurs fois fur le 
rîVaifleau ( par 64 degrés 12 minutes , 
33 latitu Je fud , & 40 degrés longitude eft )% 
53 nous reconnûmes que c'étoit la grande 
33 mouette du Nord, larus catarracles ^ 
J13 commune dans les hautes latitudes des 
33 deux hémifphères, elle étoit épaiife & 
33 courte 5 à peu-près de la groflêur d'une 
33 grande corneille , dune couleur de brun- 



cie ), des aibatrofies , des mouettes communes^ 
& cette efpèce que j'appelle poule du Pon-Egmont^ 
Idem, ibid. page 86. — Par 54 degrés de lati- 
tude aullrale , nous aperçûmes une poule du 
Po:t-Egmont & quelques pafTe-pierres. Les Navi- 
gateurs ont communéinent regardé ces rencon- 
tres comme des fignes certains du Yoiiînage de 
terre ; mais je ne puis confirmer cette opinion , 
nous n-'eumes alors connoilTance d'aucune terre, 
& il n'eft pas poiïîbîe qu'il y en eut une ' 
plus près que la nouvelle Zélande , ou la terre 
de Van-Diemen, dont nous étions éloignés do 
deux cens foirante lieues. Idsm, ibidtm, tome l^ 
page 151, 



iès GoelandÊy &c. 195 

foncé ou de chocolat , avec une raiec« 
blanchâtre en forme de demi- lune au- ce 
deflbus de chaque aile. On nVa dit que*« 
€cs poules Te trouvent en abondance ce 
2UX îles de Fero, au nord de rEcofle^ct 
& qu'elles ne s'éloignent jamais de terre, et 
Il eft sûr que jufqu'alors je nen avoiscc 
jamais vu à plus de quarante lieues au ce 
large, mais je ne me fouvrens pas d'en ce 
avoir aperçu moins de deux enfembie^cc 
au-îieu qu'ici J'en trouvai une feule ce 
qui étoit peut-être venue de fort loin, ce 
fur îes îles de glaces 5 quelques jours ce 
après nous en vimes une autre de iace 
même efpèce, qui s'élevoit à une grande , ce 
hauteur au-deflus de nos tètes ^ & qui ce 
nous regardoit avec beaucoup d'atten- ce 
tion 5 ce qui fut une nouveauté pour ce 
nous 5 qui étions accoutumés à voir tous ce 
les oifeaux aquatiques de ce climat {qu, 
tenir près de la furface de la mer* » 



lîv 



±oo Hijîoire Naturelle 

"^LE GOÉLAND VARIt 

OM LE GRI S ARD ( k). 

Quatrième efpèce. 

J_jE PLUMAGE de ce Goéland efc haché 
& moucheté de gris- brun fur fond blanc j 



* Vbyex les planches enluminées , n.^ 266. 

(k) En Anglois , great grey gull ; & dans îô 
pays de Cornouailles , wagdl ; en Hoîîandois , 
malUmucke ; aux îles Feroë , skua ; en Norwégien , 
ikue , kav-OTTe. 

Caniard , colin ou griHird. Bélon , Nau des 
Oijeaux j pag. 167; & Portraits d^oifeaiix ^ page 
34 , h, — MalUmucke, Recueil des Voyages du 
Nord; Rouen, l'fif)^ tome II, page 82. — Pro- 
icUaire du Nord. Mémoires de l'Académie de 
Stockolm; Cclle&ion académique , partie étrangère , 
tome XI 5 page ^5. — Larus marinus maximus, ex 
clbo » uigTO & fujco varius , Groënlandicus. Ander- 
fon , HiH, nat. d'Jfl. &* de Groënl. tome I I , 
page 66. — T/ie brown and ferrouginous gull, British. 
Zooîog. pag. 140. — Larus catarradtes grifefcens, 
Muller , Zoolog. Danic. page 21, n.^ 167. — • 
Skua. Nieremberg , page 237. — Skua hoim. 
Cluf. Exode, aucf, pag. 369, — Wagell Coruutiw 



des Goélands y &c. lot 

les grandes pennes de Taile font noirâ- 
tres 5 ie bec noir , épais & robufte , eft 
long de quatre pouces. Ce goéland eft 
de la plus grande efpèce > il a cinq pieds 
d'envergure , mefure prife fur un indi- 
vidu envoyé vivant de Montreuil- fur-mer, 
par M. Bâillon : ce grifard avoit long- 
temps vécu dans une baffe- cour , ou il 
avoit fait périr fon camarade à force de 



fium. Wiîlughby , Ornithol. page 26/). — JVagellus 
Cornuùienfium. Ray, Synopf, Avï, page 130, n.^ a ^ 
13. — Mallemucka. Kïein , Am, page 170 , n.^ xi. 
■- — Lams grîfeus maximus. Idem, ibid. page 137, 
B.^ 7. — Larus major. Aidrovande, Ai'L tome III, 
page 64. — Lams cinereus major. Charleton^ Exerciu 
pag. 100, n.° I. Onomait. pag. 94 , n.^ i. — - 
Lams major Aldrovaiidi , hyhenms baltfieri. Ray, 
Syiiopf, AvL Y^' ^^^9^ ^-^ ^o- — IVinder-mtb , 
larus hybernus baltneri. Wiîlughby, pag. 267. — • 
Buphagns, Moehririg. An. Gen. 71. — . Grande 
mouette grife. Albin, tome II, page 54, pi. 83. 
— Le maliemucke, goifland varié ou grifard. Sa- 
lerne, Ornith. pag. 390. — Larus fupernè albo 6? 
grlf^o-fufco , infernè albo &" grifeo varius ; gutture 
candi Jo ; remigibus majoribus /uperiiè obfcurè fufcls , 
fubtus cimreis ; reSricibus in exortu albis , fufco 
varleoatis, deinde fufcis , albido in apice marginatis. 
Larus varius ^ jive skua. ... Le goéland varié ou 
k griiard, Briffonj OmithoL tome VI, pag. j 67* 

Iv 



20 2 îïijloire Naturelle 

le battre; il montrort ctitt familfarrté 
bajQe de ranimai voraee , que la faim 
ieule attache à la main qui le nourrit ^ 
cdui-ci avaloit des poiffons plats pres- 
que auiïï larges que fon corps •, & prenoit 
auili, avec la même voracité, de la chair 
crue , & même de petits animaux en- 
tiers, comme des taupes, dts rats & des 
oifeaux ( l ), Un goéland de même erpcce 
qu Anderfon avoit reçu de Groenland (m)^ 
•attaquoit les petits animaux , & fe défen- 
doit à grands coups de bec contre le^- 
chiens & les chats, auxquels il fe plai- 
foit à mordre la queue. En lui montrant 
un mouchoir blanc, on étoit sur de le 
faire crier d'un ton perçant , comme fi 
cti objet lui eut repréfenté quelqu^uo: 
des ennemis qu'il peut avoir à redouter 
en m.er. 



(t )\y'o\\ vient , apparemment, que I*on a appli- 
«[lié au grifàrd la fable que fiit Qviédo ( Hifl^ 
Jiid. occid. lib, XIV, cap, i8^, d'un oileau qui" 
z un pied paîmé pour nager, & l'autre armé de 
griffes de proie pour faifir. p^o^'ci Hoierus, dcuxs^ 
VExotic. de Clufius» 

Cm) Hift. nat. d'IllaïKie & de Groëukad^ 



ies Goélands , &c. 205 

Tous les grîfards , fuivant les obfer- 
vations de M. Bâillon , font dans le premier 
âge d un gris-fale & fombre, mais, dès la 
première mue, la teinte s'éclaircit, le ventre 
& le cou font les premiers à blanchir , 
& après trois mues , le plumage eft tout 
endé & moucheté de gris & de blanc , 
tel que nous Tavons décrit -, enfuite le 
blanc gagne à mefure que Toifeau vieillit, 
& les plus vieux grifards iînifleiit par 
blanchir prefque entièrement (n). L'on 
voit donc combien Ton hafarderoit de 
créer d'efpèces dans une feule, fi l'on fe 
fondoit fur ce caraâère unique, puif- 
quc la Nature 7 varie à ce point les cou- 
leurs iuivant Tâge. 

Dans le grifard^ comme dans tous les 
autres goélands & mouettes, la femelle 
ne paroît difîererdu mâle que par latailie, 
qui eft un peu moindre. Bélon avoit déjà 
obfervé que les grifards ne font pas com- 
muns fur la méditerranée s que ce n'eft: 
que par accideiit qu'il s'en rencontre 
dans les terres (0 )y mais qu'ils fe tien- 

( n ) Lan cerate peunarum cohrz maguoptTe yariaihU 
Muiler, Zoolog, Danic. pag, 21. 

(0) M. Loctinger prétend ayoir vu quelqwesi- 



2 04 liijloire Naturelle 

nent en grand nombre fur nos côtes de 
i'Océ?n-, ils (c font portés bien loin fur 
les mers, puifqu'on nous aflure en avoir 
reçu de Mjidagafcar (p ) : néanmoins le 
véritable berceau de cette efpèce paroît 
être dans le Nord. Ces oifeaux font les 
premiers que les VaiiTeaux rencontrent 
en approchant du Groenland ( c] ) \ & ils 
fuivent cor:ftammcnt ceux qui vont à la 
pcche de la baleine jufqu'au milieu des 
glaces. Lorfqu'une baleine eft morte & 
que fon cadavre fumage , ils fe jettent 
rieffus par milliers & en enlèvent de tous 
côtés dts lambeaux (r) ; quoique les 



uns de ces oifeaux fur les grands étangs de Lor- 
raine , dans le temps des pêches ; & M. Hermann 
nous parle d'un grifard tué aux environs de 
Strasbourg. 

( p) Notes communiquées par M. le dodeur 
Maiiduit. 

(q) Klein , Ordo Apium , pag. 1 70. 

frj Les harengs fourni fient au^Ti beaucoup à fa 
pâture de ces légions d'oifeaux : Zor^drager dit 
avoir \'u quantité d'arêtes de harengs auprès des 
nids des oife.iux aquatiques fur les rocheis du 
Groenland. ( Pèche de la baleine , partie II, 



des Goélands y &c. 205 

pêcheurs s'efforcent de les écarter en les 
frappant à coups de gaules ou d'avirons , 
à peine leur font-ils lâcher prife à moins 
de les aflbmmer (^fj. Ceft cet acharne- 
ment ftupide qui leur a mérité le fur- 
nom de fottes^ bêtes j mallemucke en 
Hollandois (t) ; ce font en effet de fots 
& vilains oifeaux qui fe battent & fe 
mordent 5 dit Martens , en s'arrachant 
Tun Tautre les morceaux , quoiqu'il y 
ait fur les grands cadavres où ils fe 
repaiffent , de quoi affouvir pleinement 
leur voracité. 

Bélon trouve quelque rapport entre 
la tête du grifard & celle de laigle -, niais 
il y en a bien plus entre fes mœurs- 
baffes & celles du vautour. Sa conftitu- 



ffj Kd^c^ Mémoires de î'Académie de Stockolm ,' 
Colledtion académique, partie étrangère , tom, X/, 

(t) Du mot mall'j qui veut àixQ fut , ftupide \ 
& du mot mocke , qui, dans l'ancien Allemand^ 
lignifie bète , animaL Martens dérive ce dernier 
autrement , & prétend qu^ii déiigne la manière 
dont ces oifeaux attroupés tombent fur les hdeines^ 
comme des nuées de moucherons; mais Pétymo- 
logie d'Anderfon nous paroît la meilleure. 



lo6 HiJIoire Naturelle 

tion forte & dure le rend capable de 
fupporter les temps les plus rudes , aufli 
les Navigateurs ont remarqué qui! s'in- 
quiète peu des orages «n mer. Il eft 
d'ailleurs bien garni de plumes ^ qui nous 
ont paru faire la plus grande partie du 
volume de fon corps très - maigre \ ce- 
pendant nous ne pouvons pas aflurer 
que ces oifeaux foient tous & toujours 
maigres , car celui que nous avons vu 
rétoit par accident , il avoit un hameçon 
accroché dans les palais , qui s'y étoit 
recouvert d'une callofité, & qui devoit 
lempecher d'avaler aifément. 

Suivant Anderfon , il y a fous la peau 
une membrane h air, femblable à celle 
du pélican fuj; ce mcme Naturâlrfte 
obferve que fon mallemucke de Groën- 



( u) Il ajoute quelques autres dérails anatomi- 
cues: « chaque lobe du poumon forme comme 
» un poumon féparé , en forme de bourfe \ le 
>»Gryfl:ailin de l^œii eft fphérique, comme celui de* 
>» poiffons ; le cœur n'a qu'une concamération ; 
» le bec eft percé de quatre narines, deux appa- 
« rentes h deux cachées fous les plumes, à la 
lacine du bec.r» Hl^. nau d'Iflaudi & d& Groift^ 
iand , tomt H, jfag. 67» 



Tom rXJT, 



J^i.JX./Pd^^^oô^. 




XE g^oex.^:n^d VAHIE ou XE a^VISAUD. 



des Goélands y c/c 207 

ïand , eft à quelques égards différent de 
celui de Spitzberg, décrit par Martens? 
& nous devons remarquer fur cela que 
Martens lui-même femble réunir fous ce 
nom de mallemucke , deux oifeaux qu'il 
diftrngue d ailleurs (x) , & dont le fé- 
cond ou celui de Spitzberg , paroît à \à 
ftru(5ture de fon bec , articulé de plujieurs 
pièces , & furmoaté de narines en tuyaux^ 
auflî-bien qu'à fon croajfement de gre^ 
nouilles ^ être un pétrel , plutôt qu un 
goéland. Au refte , il paroît qu on doit 
admettre dans Tefpèce du grifard , une 
race ou variété, plus grande que Teipèce 
commune , & dont le plumage eft plutôt 
onde que tacheté ou rayé : ctito. variété 5. 
qui a été décrite par M. Lidbeck(^jy)j fe 
rencontre fur le golfe de Bothnie , & 
certains individus ont jufqu à huit à dix 
pouces de plus dans leurs principales di- 
meniîons > que nos grtfards communs* 

fx) Voyex le Recueil des Voyages du Nord ^ 
JiQueu y 3716, tomt II y page 82 & fuiv. 

fy)!)?^^^ les Mémoires de l'Académie d* 
Stockolm, voyei îa Coliedion académic[ue^ parti» 
étrangère j tQms XJ, ^a^ 54. 



io8 Hijîoin Naturelle 
LE GOÉLAND 

A MANTEAU GRIS - BRU N 

ou LE BOURGUEMESTRE (i). 

Cinquième efptce. 

JLiEs H0LLANDOIS5 qui fréquentent 
les mers du Nord pour la pBche de la 



(l) En Suédois, maos ; en Anglois , /lerring* 
gull ; en Hollandois , burgheimeifler ; à, i\ nous 
paroît qu'on doit y rapporter le kry/cie des 
Norwégiens , le skierro des Lappons , & le tattarok 
des Groè'nii.ndois. 

Biirgh - meip.er Spitibergciifis FriJenci Martenfii, 
rfay, Synopf, JiL page 127 , n.^ 3. — Bniger- 
meijler. Klein ^ AvL pag. 169, n.° 4; 8c plauttis 
vroconful, pag. 14H, n.^ 7. — Lams cinereus maxi- 
mus. Herring gull. Wiiiiighby , Omiîhol. pag. 262. 

— Klein, paii^e i;^7, n.^ 2. — Ray, pag. 127, 
n.^ a, 2. — Sibbald. Scot, part. iib. m, pag. 20. 

— Sioane, Jamaïc. pag. 322 , n.o 3. — Larus albus 
àorfo cinereo-fu/co. Linnaeus, Fauna Suecicaj n.^ 126. 

— Larus albus dorfo fujco. Larus fufcus. idem , 
Syj}. liât. éd. X , Gen. 69 , Sp. 4. — Lams cinereus 
maximus marinarius yifcawr. Marfigf. Dauub.X.Q\r\. V-, 
pag, 84 , tab. 40 5 très-mauvaife figure. — Goiland 



des Goélands ^ &c. 209 

baleine , fe voient fans cefîe accompagnés 
par des nuées de mouettes & de goélands, 
lîs ont cherché à les diftinguer par les 
noms fignifîcatifs ou imitatifs de malle^ 
mucke ^ kirmew ^ ratsher , kutgegef(a)y 
& ont appelé celui-ci burgher-meifier o\x 
bourgmejlrej à caufe de fa démarche grave 
& de fa grande taiile , qui le leur a fait 
regarder comme le Magiftrat qui fembîe 
préfider avec autorité au milieu de ces 
peuplades turbulentes & voraces ( b). Ce 



ou larus hucomelaiius , caudà èreifijjimâ, Feuiiîée , 
Journal d*obfervaîions fi'ji^ ) , pag. 371, — Le 
grand goifland cendré. Salerne. Ornitbol. pag. 386. 
— Le bourgmeftre , Idem , pag, 383. — Lann 
fupeniè grlfio - fufius y infernè albus ; capite , coUo 6* 
uropygio concoloribus ; remlgibus grifco-fiifcls, apicQ 
albis , binis extlmis extremitatz nigris ; reâirkibus 
caudidis, Larus grifiiis, Brifîbn , Ornithol. tome VI, 
page 162. — Nota. Il paroît que l'on doit rap- 
porter ici le larus trldactylus aibicans de M aller , Zoo!. 
Danic, n.^ 161 ,ain{i qnele larus albus ^ dorfot rofiro 
y pedibus fufiis ; en Ciit^hn^ gabina ; de Barrère^ 
OrinthoL cîaf. i, Gen. iv , Sp, iv. 

(^aj Voyei l'article précédent & les fuivans. 

( b) <« li y a en Gioè'nland une quantité pro- 
digîeufe d'oifeaux aquatiques , & Ton y voit « 
toutes les efpèces dont Martens donne la defcrip- « 
tion dans fon Voyage de Spitzberg, & piulleurs^ 



2T0 Hijloire Naturelle 

goéhnd bourgmeflre eft en e^tt de ïâ 
première grandeur, & aufli gros que le 
goéland noir- manteau , il a le dos gris- 
brun 5 ainli que les pennes de Taile , 
dont les unes font terminées de blanc, 
les autres de noir, le refte du plumage 
blanc \ la p;aipière eft bordée de rouge 
ou de jaune -, le bec eft de cette dernière 
couleur, aver Tangle inférieur fort faillant 
& d'un rouge-vif-, ce que Martens exprime 
fort h'iQn , en difant qu'il fembie avoir 
une cerife au bec. Et c'eft probablement 
par inadvertance ou en comptant pour 
rien le doigt poftérieur qui eft en effet 
très- petit , que ce Voyageur ne donne 
que trois doigts à fon bourgrrteftre, car 
on le reconnoît avec certitude & à tous 
les autres traits, pour le même oifeau 
que le grand goéland des côtes d'Angle- 
terre 5 appelé dans ces parages herring^ 
guil ^ parce qu il y pêche aux harengs (c). 
D^.ns les mers du Nord , ces oifeaux 
rivent des cadavres des grands poiflbnsi 

autres dont iî n'a pas fait mention,» Anderfon.j 
Htme II, pn^ye 50. 
(cj Wjllughby. 



des Goélands ^ &c. 1 1 1 

tt lorfqu on traîne une baleine à l'arrière 
du Vsifîeau, dit Martens, ils sattrou-< 
pent & viennent enlever de gros mor-c 
ceaux de fon îard, ceft alors qu'on les « 
tue plus aifément, car il eft preîque iun-c 
poffible de les atteindre dans leurs nids c 
qu'ils pofent au fommet & dans les fen- c 
tes des plus hauts rochers.Le bourgmejîre^ c 
ajoute- t-il 5 fe fait redouter du /72^//^-c 
muckequï s'abat devant lui , tout robuftec, 
qu'il eft 5 & fe îaifTe battre & pincer fans c 
fe revancher. Lorfque le bourgmeftrec 
vole, fa queue blanche s'étale commet 
un éventail , fon cri tient de celui du« 
corbeau-, il donne la chaflê aux ]eunescs 
lumhs y & fouvent on le trouve auprès ce 
à^s chevaux marins ( morjes J dont il ce 
paroît qu'il avale la fiente ( d). >5 

Suivant Wiilughby , les œufs de ce 
goéland font blanchâtres , parfeirés de 
quelques taches noirâtres , & auffi gros 
que des œufs de poule. Le P. Feuillée 
fait mention d'un oifeau des côtes du 



(à) Recueil des Voyages du Nord ; Ronsn , 
J718, tome, Il , pagi ^ij. 



1 1 2 Hijloire Naturelle 

Chily & du Pérou , qui , par fa figure i 
ks couleurs & fa voracité , reffcmble à 
ce goéland du Nord, mais qui probable- 
ment cft plus petit, car ce Voyageur 
natûralifte dit que fes œufs ne font qu'un 
peu plus gros que cetix de la perdrix -, 
il ajoute qu'il a trouvé Teftomac de ce 
goéland tout rempli des plumes de cer- 
tains petits oifeaux des côtes de la mer 
du Sud, que les gens du pays nomment 
tocoquito. 




des Goélands y &c. 215 

anB—iiiiiiiii m i i i Ml iiiiiiiiii ' iiii iiS8i,,MfcitiWifc.,iw iiiiii wiuii i WHww — ■! 



LE GOÉLAND 

A MANTEAU GRIS ET BLANC (e). 

Sixième e/pèce. 

X L E s T affez probable que ce goéland , 
décrit par le P. Feuiilée , & qui eft à peu- 
près de la groflèur du goéland à manteau 
gris, n'eft qu'une nuance ou une variété 
de cette efpèce, ou de quelqu'autre des 
précédentes priles à un période diflérent 
d'âge : fes traits & fa figure femblent 
nous l'indiquer*, le manteau , dit Feuiilée, 
éft gris mêlé de blanc , ainfi que le deflus 
du cou 5 dont le devant eft gris - clair , 
de même que tout îe parement ; les pen* 



fe) Goilaiid ou larus clamide leucophω , dis hre^ 
vioTÎbus. Feuiilée, Journal d'olferu. ( édit. 1725^, 
pag^ 12. — Klein, Avi, pag. 139, n.*^ 17. — 
Larus fupernè alho & grifio varius , infernè albidus ; 
vertice gri/éo ; imo ventre candido ; remigièus, r^dtri- 
cibufque. obfcurè grifiis > exterius rufefeente margi- 
fiatis , re&îicibus lateralibus interiàs maxlmâ parte 
albis. Gavia grifea, Briffon^ OrnithoU tome VI, 
page 171. 



1 1 4 Uijloire Naturelle 

nés delà queue fontd\m minime- obfcuri 
& le fommet de la tête eft gris j il ajoute , 
comme une fingularité , fur le nombre des 
articulations des doigts 5 que Tintérieur 
11 *a que deux articulations, celui du milieu 
trois 5 & Textérieur quatre , ce qui le 
rend le plus long , mais cette ftruâure , 
la plus favorable à Taétron de nager , 
en ce qu'elle met la plus grande largeur 
de la rame du coté du plus grand arc 
de fon mouvement , eft la même dans 
un grand nombre d oifeaux d'eau, & même 
dans plusieurs oifeaux de rivage : nous 
Tavons obfervéen particulier fur le jacana, 
la poule fultane 5 la poule d'eau; le doigt 
extérieur a dans ces oifeaux quatre pha- 
langes 5 cdui du milieu trois , & l'inté-: 
rieur deux phalanges feulement. 




des Mouettes. zij 

»■ UH II» III L T^I» III ■ -II P ■! I » <■ ■ M I . Il — 

* LA MOUETTE BLANCHE (f). 
Première efpèce. 

U'après ce que nous avons dit d^s 
grifards qui blanchiflent dans la vîeiiiefle , 
.on pourroit croire que cette mouette 
blanche n*eft qu'un vieux grifard , mais 
elle eft beaucoup moins grande que ce 
goéland, elle na ie bec ^ ni li grands 
ni (i fort, & fon plumage d'un blanc 
parfait n'a aucune teinte ni tache de gris; 
Cette mouette blanche n'a guère que 
quinze pouces de longueur du bout du 
bec à celui de la queue, on la reconnoît 
à la notice donnée dans le Voyage au 
Spitzberg du capitaine Phipps (g)i iï 

^ Voyei îes planches enluminées , nP 994 , fous 
le nom de Goéland blanc du Spitiberg. 

(f) Larus durneus , immaculatus , pedihns plum" 
èeo-cinereis. Voyage du capitaine Phipps au Ppic 
boréal, in-^.^ pa^e 191. 

fgj Pages 191 & 192. Tota ayis nlvek y imma* 
mlatai rojîrum plumh^um, OTbip<& aulovum crQç^<z ^ 



2 I 6 Hi/Ioire Naturelle 

obferve fort bien que cette efpèce n'a 
point été décrite par Linnaeus , & que 
Toifeau , nommé par Martens ratsher^ ou 
le fénateur, lut reffemble parfaitement , 
au caradlère des pieds près , auxquels 
Martens n'attribue que trois doigts , mais 
fi Ton peut penfer que le quatrième 
doigt 5 en cftet très - petit , ait échappé à 
l'attention de ce Navigateur , on reconnoî- 
tra à tout le rcfte notre mouette blanche 
dans fon ratsher \ fa blancheur , dit - il , 
furpafîe celle de la neige , ce qui fe mar- 
que lorfque Toifeau fe promène fur les 
glaces 5 avec une gravité qui lui a fait 
donner ce nom de ratsher on fénateur ; 
fa voix eft baffe & forte , & au lieu que 
les petites mouettes ou kirrnews , fem- 
blent dire kir ou kair ^ le fénateur dit 
kar; il fe tient ordinairement feul, à moins 



vties cinereo-plumbei , iingues vigri. Dlgitus poflicus 
articulatus , unguiculatus» ALt caudâ longiores. Cauda 
(squalls , -pedibus longior. Lon^itudo totius avis , ah 
apice rojlri ad fincm caud<£ unicas i6. Longitudo inter 
npices alariim expanfamm 37, roftri 2. 

que 



des Mouettes. 1 1 y 

<jue qpjeîque proie n'en raflembîe un cer-- 
tain nombre. Martens en a vu fe pofer 
fur le corps dts morfes , & fe repaître 
de leur fiente (h). 

(h) Voyei îe Reôueii des Voyages du Nord; 
Rouen, ï']i6, tome II ^ page 89. — Le féiiateur. 
Salerne, Ornithol. pag, 382. 




OîfcauXj Tome XFI. K 



2 ï 8 Uljloire Naturelle 

S^^ ■ ■""■"■""■" — ' SB 

^LA MOUETTE TACHETÉE 

ou ZE KUTGEGHEF(iJ: 
Seconde ejpèce, 

«cJLIans ie temps 5 dit Martens,^ que 
35 nous découpions la graille des baleines , 



'^ Voyez les planches enluminées 5 7?. <? 387, fous 
ia dénomination de Mouette cendrée tachetée. 

(ij En Angleterre, au pays de Cornouailles^ 
îarrock ; en EcolTe, kitîivnke ; eu Gotiand, rnave^ 
en Lapponie , ftraule-kiitgeghef Recueil des Voyages 
du Nord ; Rouen , 1716^ tome II, pagi 95. — 
Mouette cendrée, gavian, glammer. Bélon, Pot traits 
à'oifeaux y page 35,. a^ di ISat. des Oifeaux ^ 
paoe 169 5 a'vec une mauvaife figure. — Larus 
kii^.tge-gef Klein, ^W. pag. 148, n.'^ 9; & 169, 
j^y A, — Larus cinereus pifcator. Idem, pag. 137^ 
îi,* ^.-^ Larus roftro nigio. Idem, pag. 137515.^ 5, 

■ Larus cinereus Bellonii. Wiliughby , OrnithoL 

pa^^e :263. — Ray ^ Synopf. Avl page 128, n.^ a, 4. 
^^ Larus albo cinereus , torque cinereo, Aldrovande ^ 
jrZ tom. ni 5 pag. 73. —Wiliughby , OrnithoL 
paoe 266. — Larus cinereus minor. Aldrovande , j^i^i, 
tome m, page 73. Wiliughby, pag. 268. — 
Lai us cinereus citer. Jonfton , Jn, pag. 93. — Larus 
iincreui major Bellonii, hirundo marina, vultur pif- 
ïanus ; gvrfaUo mariims aliquibus di&us<^ Marligi^ 



des Mouettes, 219 

quantité de ces oifeaux venoîent crîanf ce 
près de notre Vaiffeau \ ils fembloîentcc 
prononcer kutgeghcf 55 Ce nom rend en 
eftet refpèce d'éternument, ^te/^/z j kcph y 
que diverfes mouettes captives nous ont 
fait entendre , & d'où nous avons con- 
jeduré que le nom Grec keppos ^ pou- 
voit bien dériver. Quant à la taille , cette 
mouette kucgeghef ne fiirpalTc pas la 
mouette blanche, elle n a de même que 
quinze pouces de longueur*, le plumage, 
fur un fond de beau blanc en devant du 



Damih. tome V, pag. '^6^ tab. 41. — Larus aîhus^ 
dorfo cano, Linna^us ^ Fauna Suecica , n.^ 125. — • 
Larus albus , dorfo cano. Larus canas. Idem , Syft* 
mit. éd. X, Gen. 69, Sp. 2.' — ■ Ji^is kittiwake. 
Sibbaid. Scot. illuflr, part. II, iib. m, page 26. 
— T/ie tarrcch. British. Zooîog. pag, 142, — 
Mouette blanche. Jlbin , tome H, pag. ^^^ 
pi. 84. — La mouette cendrée de Bélon. SoUrne, 
Ornithoî. page 387. — Larus Jlipeniè cinenus » 
infernè niveus ; te&ricihus alarum fuperioribus mitio- 
ribus in exortu cinereis , in apice fufco nigricarrti/^ 
bus; remigibus fex primorîbus in extrcmitate , qua* 
tuor extimis exteriiis uigris y quintâ 6* fextâ albâ 
macula apice notatis ; rearicibus candidis , decem inter'* 
mediis apice nigris, Gavia cinerea navia, BrifToîî ^ 
OrnithoL tome VI. P?>gÇ 185. 



2 20 Hifioire Naturelle 

corps , & de gris fur le manteau, efi: 
diftingué par quelques traits de ce même 
gris 5 qui forment fur le deflus du cou 
comme un demi-coIIier , & par des taches 
de blanc & de noir mélangé flir les cou- 
vertures de Taile 5 avec des variétés néan- 
moins dont nous allons faire mention. 
Le doigt de derrière , qui eft très-petit 
dans toutes les mouettes , eft prefque 
nul dans celle - ci , comme ToLfervent 
Bélon & Ray ('kj; 8& c'eft de- là fans 
doute que Martens ne lui donne que trois 
doigts, il ajoute que cette mouette vole 
toujours avec rapidité contre le vent , 
quelque violent qu'il foit, mais quelle 
a dans loifeau Stmndjager (l ) ^ un per- 
fçcuteur opiniâtre & qui la tourmente pour 
1 obliger à rendre fa fiente , qu'il avale 
avidement , on verra , dans lartiçle fuivant, 



(k) N*y a quafi point d'ergot derrière en fou 
pied. Bélon. — Digiti yoflici ohtinet quoddam rudi- 
mentum , podus quam digitum ; tuberculum fillctt 
çanienm nu Ho ungue munitum ; quâ nota ah alUs 
fffuiebus facile d/fcernitur. Ray. 



f J A la lettre, cha£l - vicrdç. 



des Mouettes. lit 

que c'eft par erreur qu'on attribue ce 
goût dépravé au ftrundjager ( m ). 

Au refte , ce n'eft pas feulement dans 
îes mers du Nord que fe trouve cette 
mouette tachetée \ on la voit fur les côtes 
d'Angleterre ( nj , d'Écoffe (o). Béloa 
qui i'a rencontrée en Grèce , dit qu iî 
Teût reconnue au feul nom de laros 
qu elle y porte encore -, & Martens 5 après 
l'avoir obfervée au Spitzberg, Ta retrou- 
vée dans la mer d'Efpagne , un peu difté- 
rente à la vérité , m^ais affez reconnoif- 
fable pour ne s y pas méprendre , d'oii 
il infère très-judicieufement que des ani- 
maux d une même efpèce , mais placés 
dans d^s climats très - dificrens & très- 
éioignés, doivent toujours porter quel- 
que empreinte de cette diftérence déà~ 
climats \ elle eft aflez grande ici pour 
qu'on ait fait deux efpèces d'une feule -, 
car la mouette cendrée de M. Briflbn (p)^ 
doit certainement fe rapporter à la mouette 



(m) Voyei, ci -après, i'articïe du Stercoraire. 
(nj Tarrock Cornubienfibiis, Ray. 
foj Jvis kitthvake, Sibbald. Scot. illujlr. 
(pj Efpèce VIII, page 175. 

K iij 



zxi Hiftoire Naturelle 

cendrée tachetée (q)i comme le fimplc 
coup - d œil fur les deux figures qu'il en 
<Ionne l'indique aflez , mais ce qui le 
prouve, ceft îa comparaifon que nous 
avons faite d'une fuite d'individus, où 
toutes les nuances du plus au moins de 
noir & de blanc dans l'aile fe marquent, 
depuis la livrée décidée de mouette ta- 
chetée 5 telle que la repréfcnte notre 
planche enîuninée, J îfqu'à la fimple cou- 
leur grife & prefque entièrement dénuée 
de noir, telle que la mouette cendrée de 
M. Briffon -, mars le demi-collier gris ou 
quelquefois noirâtre , marqué fur le haut 
du cou, eft un trait de reflemblance com- 
mune entre tous les individus de cette 
cfpèce. 

De grandes troupes de ces mouettes 
parurent fubitemcnt iiux environs de Se- 
mur en Auxois, au mois de février 1775, 
on les tuoit fort aifément, & on en trou- 
voit de mortes ou demi-mortes de faim 
dans les prairies , dans les champs & au 
bord des ruifTeaux , en les ouvrant, on 

(q) Efpèce XI, page 185. 



dts Mouettes. 



^1% 



ne trouvoît dans leur eftomac que quel- 
ques débris de poifTons^ & une bouillie 
noirâtre dans les inteftins. Ces oifeaux 
n'étoient pa^ connus dans le pays, leur 
apparition ne dura que quinze Jours*, ils 
étoient arrivés par un grand vent de Midi 
qui fouffla tout ce temps (r ). 



(t) Obfervation communiquée par M, de Mont- 
beillari 




K 



IV 



at 2 4 Hifloire Naturelle 



^ LA GRANDE MOUETTE CENDRÉE 

©u MOUETTE A PIEDS sleus (f), 

Troijîème efpcce. 

J-iA COULEUR bleuâtre des pieds & du 
bec, conftante dans cette efpèce, doit la 
diftinguer des autres qui ont générale- 
ment les pieds d'une couleur de chair 
plus eu moins vermeille ou livide , la 



* Voytl îes planches enluminées, n,^ 977, 
( f) Larus cinereus miiior. WiHaghby , OniithoL 
page 262. —Nota. Ce ne peut être que par rap- 
port au goéland gris que i'épithéte de minor , peut 
être attribuée à cette mouette. — Ray , Synopf, 
^dI. pag. 127^ n.^ a, 3. — Kiein, Avi. pag. 137, 
n.^ 4. — Sibbaîd. Stot. illujîr. part. II , lib. m, 
pag. 20. — Charleton, Exercit. pag. ico, n.^ 2. 
CuomûiL pag. 94 , n.^ 2. — Le petit goifland 
cendré. Salerm, Orniihoî. page 387. — Larus fn- 
yernè dllutè cinereus ; inferiiè uiveus ; capite & coîlo 
fupenOTibus albis , fnfco maculat'is ; remigibus fex 
fumoribus in extremitate^ quatuor extimis exteriiis 
aigris , quiiita exteriîis nigro margiiiatâ biiiis e;xtimis 
albà macula versus apictm votatis ; re&ricibui can-* 
didis, Gavia cinereu major, Brilîbn , OrnlthQl. tom. Yï ^ 
page 183, 



des Mouettes. it^ 

imouette à pieds bleus a de feize à dix- 
fept pouces de longueur, de îa pointe 
du bec à celîe de îa queue s fon manteau 
eft dun cendré- clair 5 pîufieurs des pen- 
nes de laine font échancrées de noir , 
tout îe refte du plumage eft d'un blanc 
de neige. 

Willughby femble défîgner cette efpèce 
comme la plus commune en Angle- 
terre (t); on la nomme grand cmiaullc 
fur nos côtes de Picardie \ & voici les 
obfervations que M. Bâillon a faites fur 
îes différentes nuances de couleurs que 
prend fuccefïîvement le plumage de ces 
mouettes dans la fuite de leurs mues , 
fuivant les différens âges. Dans la pre- 
mière année , les pennes des ailes fofit 
noirâtres ', ce n eft qu'après îa féconde 
mue qu'elles prennent un noir décidé , 
& qu'elles font variées de taches blanches 
qui les relèvent \ aucune jeune mouette 
n'a îa queue blanche , le bout en eft 
toujours noir ou grisjdans ce même temps, 
îa tête & le deffus du cou font marqués 



(t) The common fea-mew» 

Kv 



zi6 Hijîoire Naturelle 

de quelques taches qui , peu-à-peu > s ef- 
facent & le cèdent au blanc pur^, lebec 
& les pieds n'ont leurs couleurs pleines 
tjue vers 1 âge de deux ans. 

A CCS obiervations très - intéreflantes > 
fuifqueiks doivent fervir à empêcher 
qu'on ne m-jltiplie les efpèces (ur des 
lîmples variétés individuelles , M. Bâillon 
€n ajoute quelques-unes fur le naturel 
particulier de la mouette à pieds bleus. 
Elle s'apprivoile plus difticilement que 
les autres , -& cependant elle paroît moins 
farouche en liberté, elle fe bat moins, 
& n'cft pas aufli vorace que la plupart 
des autres -, mais elle n'eft pas auffi gaie 
que la petite mouette dont nous allons 
parler. Captiva dans un jardin , elle cher- 
choit les vers de terre ^ lorlqu'on lui pré- 
fentoit de petits oifeaux , elle n'y tou- 
choit que quand ils étoicnt à demi-dé- 
chirés : ce qui montre qu'elle eft moins 
carnaffière que les goélands, & comme 
elle eft moins vive & moins gaie que les 
petites mouettes dont il nous reftc à 
parler , elle paroît tenir le milieu 5 îmt 
pour le naturel que par la taille entre 
les unes & les autres. 



des Mouettes. 227 

WÊÊÊBÊÊÊÊÊmÊÊBÊÊBmmmÊHmiÊÊmmÊmfamamw un i ii him 

* LA PETITE MOUETTE 

CE NDR É E (u). 

Quatrième ejpèce^ 

Ajadifferente couleur de ks pieds > 
êc une pîus petite taille , diftinguent cette 



* ?^ojé^ îes planches enluminées 5 w.® 969, fia us 
la dénomination de j72î/f Goéland, 

(u) En Italien , gavina » gahtra, & fur fe îac 
^de Côme , ff///ei/er ; en SuilTe, holbroâ , holhrotider ; 
&fur îe lac de Conftance, ahnhock ; en Polonois^ 
jKeï^fl , Tubiuw - jmrski ; en Turc , hahafi> 

Mouette Hanche. Béîon , Nxit, des Oifeaux,^ 
pag. 170.^ — Larus cinertus. Gefner, Ai-'i, pag. 5B5; 
%c Lariis maxiinus albus , pag. 589. — Lar//s cinereus 
^rlmus. Jonfton, y^W. pag. 93. — Barrère, Omitfu 
CÎaf. I , Gen. 4 , Sp. J. -— Lants clnenus mjpr 
ffaisùj, Aidrovande', Jvi tome îil, pag. 72. — 
Larus albus major ( falso ). Idem , ibidem, pa2. 7I0 
— Larus Mas major ( falso J BellonlL Wilîughby ^ 
OrnithoL pag. 264, — Ray, Synopf. Ai>i. pag. 129^ 
21.^9. — Larns albfis major f falso ), Sibbald'. Scou 
iiluflr. part. II, lib. lîl , pag. 20. — Larus mari-- 
sïus. Rzaczynski, Hifl. naî, Polon. pag. 286; & 
■ £^arus cin&reus , /è^ ^am ciiicrQH AldrQvandi, Hirundo 

K vj 



2x8 Hifioîre Naturelle 

mouette de la précédente, à laquelle diî 
refte elle reffimble parfaitement par les 
couleurs ^ on voit le même cendré - clair 
& bleuâtre fur le manteau, les mêmes 
échancrures noires tachetées de blanc aux 
grandes pennes de Taile, & enfin le même 
blanc de neige fur tout le refte du plu- 
mage 5 à Texceptron d'une mouche noire 
que porte conftamment cette petite 
mouette aux côtés du cou derrière l'œil s 
les plus jeunes ont, comme pour livrée, 
des taches brunes fur les couvertures de 
Taile-, dans les plus vieilles, les plumes 
du ventre ont une légère teinte de cou- 
leur de rofe, ^ ce n'eft qu'à la fecondç 
ou troidcme année que les pieds & ie 
bec deviennent dun beau rouge, aupa- 
ravant ils font livides* 



marina Ge/ïfen.^u&îiar. 389. — La grande mouette 
fclanche. Sakrne , Ornithol. page 390. — Lams 
fiipciii^ dilurè cincreus , infernè n'ipeus; capite & albo 
loncolorièus ; macula utnmqut ponè ocuios ftifcà , 
remiq^bus feptem pumonbiis nigro wminatis , inte-r 
riujijce mnrgiiiatis ; extimâ exteriiis nigro fimbriatà 
fexîa £5* fiptima étlbâ macula apice no'atis , re/^ri^ 

cibus ccndidis. Gavia cincreaminor, Briflon, Omichoî^ 

tome VJL, pa^e 178. 



des Mouettes. ^29 

Celle-ci & la mouette rîeufe , font 
îes deux pîus petites de toute la fa- 
mille 5 elles ne font que de la grandeur 
d'un gros pigeon avec beaucoup moins 
d'épaifljur de corps -, ces mouettes cen- 
drées n'ont que treize à quatorze pouces 
de longueur, ciïes font très- jolies , trèsr 
propres & fort remuantes , moins rné- 
chantes que les grandes , & font cepen- 
dant plus vives ^ elles mangent beaucoup 
d'infedes ^ on les voit, durant Tété 5 faire 
mille évolutions dans Tair après les fcara- 
bées & les mouches -, elles en prennent 
une telle quantité, que fouvent leur œfo-. 
phage en eft rempli jufqu'au bec -, elles 
fuivent fur les rivières la marée mon- 
tante (^;Cy)j & fe répandent à quelques 
lieues dans les terres , prenant dans les 
marais les vermifîeaux & les fangfues, & 
le foir elles retournent à la mer. M. Bâil- 
lon , qui a fait ces obfervations, ajoute 
qu elles s*habituent aifément dans les jar* 
dins & y vivent d'infeéèes , de petits lé- 



(x) Qwelqucfois elles fes remontent fort haut: 
M. Bâillon en a vu fur la Loire à plus de c]j^ 
qualité lieues de fon embouehur e. 



2 30 Hifloire Naturelle 

lézards & d'autres reptiles. Néanmoîiis 
on peut les nourrir de pain trempé, mais 
H faut toulours îeur donner beaucoup 
d'eau, parce qu'elles fe lavent à chaque 
inftant le bec & les pieds , elles font 
fort criardes , fùr-tout les jeunes -, & , fur 
la côte de Picardie , on les appelle petites 
miau/les. II paroît que le nom de tattaret 
îeur a auiïî été donné relativement à leur 
cri^y^; Se rien n'empêche qu'on ne 
regarde comme les mêmes oifeaux ces 
mouettes grifes, dont parlent les rela- 
tions dts Portugais aux Indes orientales , 
fous le nom de garaïos ^ & que les Na- 
vigateurs rencontrent en quantité dans 
îa traverfée de Madagafcar aux Maldi- 



Cv ) <* Le tattaret eft Ja petite mouette ordinaire ; 
^ d{e t^ire ce nom de fon cri. C'eft le plus petit, 
tj mais le plus joli -des oifeaux de cette claiTe; 
^ il feroit tout bianc, s'il n'avoit k dos azuré, 
•»>Les tattar&ts font kurs oids par troupes fur ia 
<> cime des rochers les plus efcarpés, & li queî- 
ît qu'un approche -de leur voilinage . ils fe mettent 
«5 à voler avec des cris perçans, comme s'iîs vou- 
.>9Ïoient effrayer & faire fuir les hommes parce 
•grand 'bruit,-?» Hijloire générale ^es Voyages j Um.s 
JUX, jfqga 47, 



V^^ flJ. Ceft encore à quelque efpèce 
fejTîblable , 00 à la même que doit fe 
rapporter roifeau nommé à Luçon tam- 
èÙagari:^ & qui eft une mouette grife de 
îa petite taille (a)j fuivant la courte 
defcription quen donne Camel dans fa 
fiotice des oifeaux des Philippines , in- 
férée dans ies tranfadions philofophi- 
ques ( bj. 



(l) Sur cette route , on voit eii tout temps 
quantité d^oifeaux , comme des mouettes grifës , 

^ue les Portugais appellent garaio^ Ces 

mouettes venoient fe pofer fur les VailTeaux & 
fe lailToient prendre à la main , fans s'épouvanter 
^e l'afpect des hommes , comme n'en ayant jamais 
vu ; elles a voient le même fort que les poilTons 
'^oîans qu'elfes chaiTent dans ces mers , & qui étant 
pGurfuivis par les oifeaux <k par les poiflbns tout 
^enfemble , fe jettent quelquefois dans les Vaif- 
feaux. J^gyages qui ont firvi à Vétahliffeme<it àt le. 
Compagnie des Indes erientaks l Jmfierdiimj 1702, 
Some /, page 277, 

faj Tambilagmi , Luxpnieujïhus ; gavla gaUinà 
mhmr , colork clticni, Fr. Camel, D&Avih. Pàiii^p^ 

(bj N.^ 285. 



^^ 



z$t Hijîoîre Naturelle 

■— — — — — iiii II iiBiM W M i i a i m iiiii wn i M iB u iii WT i n i pw i nr 

"H^ MOUETTE 

RIEUSE (c). 

Cinquième efpèce. 

Aje CRI de cette petite Mouette a quel- 
que reffemblance avec un éclat de rire. 



* Voyti les planches enlunfiinées , nP 970. 

(h) En Anglois, laughing- gull , p&wit - gull , 
hiack - cap ; en Allemand ^ grojje^r faz - fchwalle , 
grauer fifcher ; en Poionois, rybitw popielajly wUkfxy» 
kulig; en Mexicain, pipixcan. 

Kirmcw. Recueil des Voyages du Nord ; Rouen , 
1716 , tome II , pa^e 104. — Mouette rieufe. 
Catesby , tome I , page &; planche 89. — Tke 
j>ewit-gulL British. Zoolog. pag. 143. — Cepphus 
Turneri. Gefner^ yiui. pag. 249. — Lanis ciuercus 
cher, roflro &* ptdibus rubris. Aldrovande , yli^L 
tome 111, pag. 73. — Rzaczynski, Juëtuar. hlft. 
nat. Polon. pag. 389. — Lnrus cinereus omithologi 
jildrovandî. Wî'lug. Oiiiithol. pag. 264. — Ray, 
Synopf. yivi, pag. 128, n.*^ a , 5. — Larus major 
cinereus, baltnen. Willughby , page 263. — Ray> 
pag. 129 , n.'^ 8. — Rzaczynski , /ludtuar, pag. 388. 

— Larus cinereus tertius Jonfton , ^i^i, pag. 93. 

— Larus major ( falso ) ^ cinereus. Schwenckfeld , 
A/i» Silef pag 29 2, — Lams albui erytkroce^halui. 



des Mouettes. 235 

idoii vient fon furnora de rleufe; elle 
paroît un peu plus grande qu*un pigeon, 
mais elle a comme toutes les Mouettes 
bien moins de corps que de volume 
apparent , la quantité de plumes fines 
dont elle eft revêtue la rend très-légère, 
aufïï vole-t-elle prefque continuellement 



Idem , ibidem , pag. 293. — Klein , Ai^L pag. 138 , 
n.^ 8. — Larus minor cap i te s nigro, rojlro rubro* 
Idem, ibid. pag. 139, n.^ 16. — Larus albu& , 
capiu alarumque apicibus nigris » reflro rubro, Jtri" 
cilla, Linnaeus, Syfl. nat, éd. X, Gen, 69, Sp, 5. 
■ — Larus rojiro pedibufqae miniaceis ^ auftriacis , Grauer 
fi/cher y Kramer. Elench. pag. 345 — Pipixan^ feu 
ans fnrax. Fernand. Hifl, Ai^i, nov, Hifp. cap. 89. 
' — Mouette à tête brune. Albin, tome II, pag. 56, 
pi. 86. — Le grand goiiîaad gris ou mouetie rieufe 
de Catesby. Sahmz , Ornithol. page 390. — La 
mouette cendrée de Gefner. Idem > page 389. — 
Larus fupernè cinereus , infemè niveus ; capite & coIIq 
Jupremo cir.ereo - nigricantibus ( capiu anteriort albê 
maculato fœmina ) rtmigibus fex primoribus in exrre^ 
mitaîe , tribus extimis exteriùs nigris , fextâ alb.à 
macula apicz notatâ ; re&ricihus candidis, Gavia ridi" 
èunda, BriiTon, Ornithol. tome VI, pag. 192. — • 
Larus fupernè cinereus , infernè niveus ; capite fiifcQ- 
nigricante; remigibus decem primoribus albis y ni^r& 
utrimque mnrgluatis & terminatis ; recîricibus candi'" 
dis, Gavia ridibunda p/iœnicopQs, Idem 5 ibidein j 
pag. 196. 



2 3 4 Nijloirc Naturelle 

fur les eaux, & pour le peu de temps 
qu'elle eft à terre, on Yy voit très-re- 
muante & très -vive 5 elle eft auflî fort 
criarde , particulièrement durant les ni- 
chées 5 temps où ces petites mouettes 
font plus raffemblées (dj; la ponte eft 
de fix œufs olivâtres tachetés de noir \ 
les jeunes font bonnes à manger , & , 
fuivant les Auteurs de la Zoologie Bri- 
tannique, Ton en prend grand nombre 
dans les comtés d'Effex & de StafFord. 
Quelques-unes de ces mouettes rieufes 
s'étabîiffent fur les rivières & même fur 
des étangs, dans l'intérieur des terres ("ej ; 
Se il paroît qu'elles fréquen^tent d'ailleurs 
les mers des deux continens. Catesby les 
a trouvées aux îles de Bahama f fj ; 
Fernandez les décrit fous le nom Mexi- 
cain de pipican; &, comme toutes les 
autres mouettes, elles abondent fur- tout 



fd) Qresiatim mdlficant & parlant. Ray. 

fej Kramer, Schwenckfeld. On voit de ces 
ojfeaux fur la Tamife près de Gravefend, fuiviuit 
Albin. 

ffj Carolina, tom, I , pag. 89. 



â€S Mouettes. z^y 

cîâiis les contrées du Nord. Martens qui 
les a obfervées à Spitzberg, & qui les 
nomme kirmews ^ dît qu elles pondent 
fur une moufle blanchâtre, dans laquelle 
on diftingue à peine leurs œufs, parce 
qu'ils font à-peu-près de la couleur de 
cttte moufle , c eft-à-dire , d'un bîanc- 
fale ou verdâtre , piqueté de noir , ils 
font de la grôfleur des œufs de pigeon, 
mais fort pointus par un bout, îe moyeu 
de Tœuf eft rouge & îe blanc eft bleuâtre. 
Martens dit qu'il en mangea & qu il les 
trouva fort bons & du même goût que 
les œufs de vanneaux. Le père & la mère 
s'élancent courageufement contre ceux qui 
enlèvent leur nichée , & cherchent même 
à les en écarter à coups de bec , & en 
jetant de grands cris. Le nom de kirmews ^ 
dans fa première fyilabe kir ^ exprime ce 
cri 5 fuivant le même Voyageur , qui ce- 
pendant oblerve qu'il a trouvé des diflë- 
rences dans la voix de ces oifeaux, fui- 
vant qu'il les a rencontrés dans ks ré- 
gions polaires, ou dans des parages moins 
feptentrionaux , comme vers les côtes 
d'Ecofle , d'Irlande & dans les mers d'Aï- 
kmagne ) il prétend qu'en générai on 



1^6 Hijloire Naturelle 

trouve de la différence dans les cris des 
animaux de même efpèce, félon les cli- 
mats où ils vivent : ce qui pourroit très- 
bien être 5 fur-tout pour les oifeaux , le 
cri n'étant dans les animaux que Texpref- 
fion de la fenfation la plus habituelle, & 
celle du climat étant dominante dans les 
oifeaux^ plus fenfibles que tous les autres 
animaux aux variations de Tatmofphère, 
& aux impreiîîons de la température. 

Martens remarque encore que ces 
mouettes, à Spitzberg , ont les plumes plus 
fines & plus chevelues qu'elles ne les 
ont dans nos mers, cette différence tient 
encore au climat : une autre qui ne nous 
paroît tenir qu'à Tâge, eft dans la cou- 
leur du bec & des pieds; dans les uns, 
ils font rouges, & font noirs dans les 
autres : mais ce qui prouve que cette 
différence ne conftitue pas deux efpèces 
diftinftes, c'eft que la nuance intermé- 
diaire s'offre dans plulieurs individus, 
dont les uns ont le bec rouge & les pieds 
feulement rougeâtres ( gj ; d'autres le 



(g) Rojlrum faii^uincum , j>ides objcurè fanguinci, 
Itay. 



des Mouettes. 137 

hec rouge à ia pointe feulement & dan§ 
le refte noir ( h). Ainft , nous ne recon- 
noîtrons qu'une mouette rieufe , toute 
la différence fur laquelle M. Briffon fe 
fonde pour en faire deux efpèces fépa- 
rées, ne confiftant que dans la couleur 
du bec & des pieds. Quant à celles du 
plumage , fi la remarque de cet Ornitho- 
logifte eft jufte , notre planche enlumi- 
née repréfente la femelle de Tefpèce , 
reconnoiffable en ce qu'elle a le front & 
la gorge marqués de blanc, au lieu que 
dans le mâle toute la tête eft couverte 
d'une calotte noire , les grandes pennes 
de l'aile font auffi en partie de cette 
couleur , le manteau eft cendré -bleuâtre i 
& le refte du corps blanc. 



( hj Rojîrum nigrum, proj)è extremum rubefcens» 
Fernaiîdez. 






1 3 8 HiJIoire Naturelle 



LA M O U E T TE 

D' H I y E R (i). 

Sixième efpèce. 

INous SOUPÇONNONS quc Toifeau 
défigné fous cette dénomination, pour- 
roit bien n être pas autre que notre mouette 
tachetée 5 laquelle paroît en Angleterre 
pendant l'hiver dans Tintérieur des terres -, 



(i) En Anglois, winter-mew ; & dans ïe Cam- 
tridgshire , coddimoddy. — Larus fufcus , feu hyber- 
nus. Willugbby , Onilthol. pag. 266. — Ray, 
Synopf pag. 130 , x\.^ a , 14. — Klein , j4i'L 
pag. 138 , ï).'^ 9. — The winter - mew , Britsh. 
Zoolog. pag. 1^2. — G uaca - guacu, MarcgïdiVQ y 
Uift, nat, BrafiL pag. 205. La mouette d'hiver. 
Scderne^ Ornithol. pag. 392. — La mouette du Bré- 
fi!. Idem , pag. 36c. — Larus jlipernè cinereus » 
ii/feniè nireus ; capite aibo , macnlis fufcis vario ; 
collo fupeiiore fufio ; te&ricièus alarum fcpeiioribus 
miuoribus cinerco ^ ni^ricame lariis; remigibus feptem 
pr/iiiorihus in extrcmitate, prima in totum , quatuor 
ftquentihus exteriiis nigrlcantibus; redtncibus candidis, 
ûrcâ , tranfversâ nigrâ vp,rsus apiccm notatis. Gavia 
fyberini. Biiilbn, OmithoL tome VI, page 189. 



des Mouettes. 139 

& notre conjecture fe fonde fur ce que 
ces oifeaux , dont îa grandeur eft la même , 
ne diffèrent dans les defcriptions des Na- 
ttiraliftes qu en ce que la mouette d'hiver 
a du brun par -tout où notre mouette 
tachetée porte du gris *, & Ion fait que 
le brun tient fouvent la place du gris 
dans la première livrée de ces oifeaux , 
fans compter la facilité de confondre 
Tune & Fautre teinte dans une defcrip- 
tion ou dans une enluminure. Si ceÛe 
que donne la Zoologie Britannique pa- 
roiiToit meilleure , nous parlerions avec 
plus de confiance : quoi qu'il en foit , 
cette mouette 5 vque Ton voit en Angle- 
terre, fe nourrit en hiver de vers de terre^ 
& les reftes à demi - digérés que ces oi- 
feaux rejettent par le bec , forment cette 
matière gélatineufe , connue fous le nom 
de Jîar-shoc ou ftar-gclly ( k ). 

Après rénumération des efpèces des 
goélands & des mouettes bien décrites 
& diftinctement connues , nous ne pou- 
vons qu'en indiquer quelques autres 3 



(k) Fojei h Zoologie Britannique, j>age i^ 



X4Ô Hljîoire Naturelle 

qu'on pourroit vraifemblablement rap- 
porter aux précédentes , iî les notices en 
ctoi«nt plus complètes. 

I.° Celle que M. Briflbn donne fous 
le nom de petite mouette grïfe( l) y tout 
en difant quelle eft de la taille de la 
grande mouette cendrée j & qui ne paroît 
en effet difl'érer de cette el'pèce ou de 
celle du goéland à manteau gris , qu'en 
ce qu'elle a du blanc mêlé de gris fur 
le dos. 

2.° Cette grande mouette de mer , 
dont parle Anderfon fmj , laquelle pêche 
un excellent poiffon, appelé en Irlande 
runmagen; l'apporte à terre & n'en mange 
que le foie ^ fur quoi les payfans inf- 
truifent leurs enfans à courir fur la 
mouette auffitôt qu'elle arrive à terre , 
pour lui enlever fa proie. 

3.° Loîfcau tué par M. Banks, par la 
latitude de i degré 7 minutes nord, & 
la longitude de 28 degrés 50 minutes , 



(LJ Ornithologie, tome Vl , pag, 173. 

(m) Hiftoire Naturelle d'Iflande & de Groën- 
iaiid, tome l , page 88. 

& 



des Mouettes. 141 

<k qu'il nomma mouette à pieds noirs 
ou larus crepidatus (n). Les excrémens 
de cet oifeau parurent d un rouge-vif, 
approchant de celui de la îiqueur du co- 
quillage hélix ^ qui flotte dans ces mQrs(o); 
on peut croire que ce coquillage fert de 
nourriture à Toileau* 

4.° La mouette nommée pai; les Infii- 
îaires de Luçon-, taringting; & qui , au 
caradère de vivacité quon lui attribue , 
& à fon habitude de courir rapidement 
fur îes rivages , peut également être 
ia petite mouette grife ou la mouette 
rieufe (p). 

5»^ La mouette du lac de Mexico , 
nommée par les habitans acuicuit-^catl ^ 



fnj Premier Voyage de Coolc , tome n,pag. Î232. 

foj « L'héiix efl un petit poiffon de la grof- 
feur d'un limaçon & qui flotte fur i'eau ; il a «< 
une coquille très- fragile, dans laquelle fe trouve u 
une liqueur que l'animal jette, quand on le «< 
touche, & qui eft d'un rouge pourpre le plus 
beau qu'on puilTe voir. »> Idem, 

(p) Gaula l'ii'iffima , vzloziffime per littora dlf- 
carrens , taringting Luipnienfîbus» Fr. Camei, £)e 
jii>ib. Phillpp. Tranfad. philofoph. n.-* 28g. 

Oi/caux j Tome XFL L 



2Z4 Hijloire Naturelle ^ &CC. 

& dont Fcrnandez ne dit rien de 

6.^ Enfin nn goéland obfervé par M. le 
vicomte de Querhccnt à ia rade du cap 
de Bonne- elpéiance, & qui 5 fuivant la 
notice qu'il a eu la bonté de nous don- 
ner, doit être une forte de noir-man* 
teau 5 mais dont les pieds au lieu d'être 
rouges font de couleur vert-de-nier. 

*""*^'""'"""*' i^ ' "-"—■■■■• 

f^J HiJI. J^L nov, Hijp. pag. 17, cap. XIY. 




24J 

"^ LE LA B B E 

ou LE STERCORAIRE (a). 

Voici un oîfeau qu*on rangeroit parmi 
les mouettes en ne confîdérant que fa 
taille & fes traits*, mais s'il eft de la fa^ 
mille, c eft un parent dénaturé; car il eft 
le perfécuteur éternel & déclaré de pîu- 
fieursde fes proches, & particulièrement 
de la petite mouette cendrée, tachetée^ 
de Tefpèce nommée kutgeghef par les 
pêcheurs du Nord. Il s*attache à elle , 
la pourfuît fans relâche , & dès cju'il laper- 
çott quitte tout pour fe mettre à fa fuite; 
félon eux , c*eft pour en avaler la fiente , & 
dans cette idée ils lui ont impofè le nom 
d^ Jirundj ager ^ auquel répond celui de 



^ Voyei les pianches enluminées , /?.o 991. 

(a) Stmnd-^jager. Recueil des Voyages du Nord; 
Rouen, 17 16, tome II, page ^ç, — Le chaflTe- merde 
eu ftercoraire. Salenie , Ornithol. pag. 382. — Ster^ 
corarlus fafciis , fipernè fatiiraùùs, iufernè iilutiusi 

rc&ricihus faturatè fufiis Stercoranus. Le StQï- 

coraire, Brifîbn , Ornithol. tomt VI, page 150. 



2 44 Hijtoire Naturelle 

Jiercora/re ; mais nous lui donnerons ou 
plutôt nous lui conferverons le nom de 
labbe ^ car il y a toute apparence que 
cet oïfeau ne mange pas la fiente ^ mais 
ïc poifTon que la mouette pourfuivie re- 
jette de Ton bec ou vomit (bj \ d'autant 



(h) Quelques Naturalises ont écrit que cer- 
taines efpèces de mouettes en pourfuivent d'au- 
tres pour manger ieurs excrémens; j'ai fait tout 
ce qui a dépendu de moi pour vérifier ce fait , 
que j'ai toujours répugné de croire; je fuis ailé 
nombre de fois au bord de la mer , ii I^effet d'y 
faire des obfervations, j'ai reconnu ce qui a donné 
ïieu à cette fable, [e voici : 

Les mouettes fe font une guerre contînuelîe pour 
ia curée ; du moins \ç^ grofies efpèces & les moyen- 
nes ; iorfqu'une fort de l'eau avec un poiffbn au 
bec , ja première qui i'apperçoit fond deflus pour 
ïe îui prendre; fi ceîle- ci ne fe hâte de l'avaler^ 
elle eft pourfuivie à fon tour par de plus fortes 
qu'elles , qui lui donnent de violens coups de 
bec; elle ne peut les éviter qu'en fuyant ou eu 
"écartant fon ennemi ; foit donc que le poifibn 
îa gêne dans fon vol , foit que la peur lui donne ! 
quelque émotion, foit enfin qu'elle fâche que le 
poifTôn qu'elle perte , eft le feul objet de la pour- • 
fuite, elle fe hâte de le vomir; l'autre qui le voit : 
tomber , le reçoit avec adreife & avant qu'il ne : 
foit dans l'eau ; il eft rare qu'il lui échappe. 

Le puiflun paroît toujours blanc en i'air, parc^ 



du hâhhe OU Stercoraire. 245 

plus qu'il pêche fou vent îiii-même, qu'il 
mange aufli de la graiffe de baleine 5 & 
que dans la grande quantité de fubfiftance^ 
qu'offre la mer aux oifeaux qui l'habi- 
tent, il feroit bien étrange que celui-ci 
fe fût réduit à un mets que tous les au-» 
très rejettent. Ainfî 5 le nom deftercoraire 
paroît donné mal-à-propos, & l'on doit 
préférer celui de labbe j par lequel les 
pécheurs défignent cet oifeau , afin d'évi- 
ter que Ion nom puifle induire en erreut 
fur Ion naturel & fes habitudes* 

Perfonne ne les a mieux décrites que 
Ghïjler ^ dans les Mémoires de l'Acadé- 
mie de Stockolm (c). a Le vol du labbe 5 



qu'if réfléchit la lumière , & il fembïe , à cav.fe 
de la roideur du vol , tomber derrière îa mouetta 
qui le vomit. Ces deux circonflances ont trompé 
les Obfervateurs. 

J'ai vérifié îe même fait dans mon jardin ; j'ai 
pourfuivi, en criant, des grofîes mouettes, elles 
ont vomi en courant le poiffbn qu'elles venoient 
d'avaler ; je le leur ai rejeté , elles Tont très- 
bien reçu en Tair, avec autant d'adrelTe que des 
chiens. Note communiquée par Bâillon , de Mon^ 
treuil' fur- mer, 

(c) Foyei la Colleâion académique , partis 
^ÊtTangère, tQms XI , page 51, 

L iij 



2^6 Hijloirt Naturdlt 

îjdrt-il 5 eft très-vif & balancé, comme 
3? celui de lautcur^ le vent le plus fort 
^5 ne Tempêche pas de fe diriger affez 
î^jude pour laifir en lai r les petits poif- 
jjfons que les pêcheurs lui jettent-, lorf- 
35qu*ils rappellent lab , lab _, il vient 
jjai'.iltôt & prend le poilFon cuit ou 
ïîcrud, & les autres alimens qu'on lui 
9j jette-, il prend même des harengs dans 
55 la barque des pêcheurs , & s'ils font 
jjfalés , il les lave avant de les avaler \ 
53 on ne peut guère Tapproclier ni le 
>5 tirer que îorfqu on lui jette uh appâta 
îMnais les pêcheurs ménagent ces oifeaux, 
55 parce qu'ils font pour eux Fannonce & , 
15 & le ligne prefque certain de la pré- j 
'55fence du hareng-, & en efïèt, lorlque ; 
^5 le labbe ne paroît pas ^ la pêche eft I 
15 peu abondante. Cet oifeau eft prefque 
55toujours fur la mer, on n*en voit ordi- I 
55 nairement que deux ou trois enfemble, 
55 & très-rarement cinq ou fix. Lorfqu'rl 
5? ne trouve pas de pâture à la mer, il 
55 vient fur le rivage attaquer les mouet- 
15 tes, qui crient dès qu'il paroît -, mari 
55 il fond fur elles, les atteint , fe pofè' 
11 fur leur dos , & leur donnant deuxi 



du Lahbe OU Stercoraire. 24J 

ou trois coups, les force à rendre parce 
îe bec le poHTon qu'elles ont dans Tefto-cc 
raac qu'il avale à Tiriftant. Cet oifeaujcc 
ârn(î que les mouettes, pond ies œufs ce 
fur les rochers; le mâle eft plus noir^^c 
& un peu plus gros que la femelle. j> 

Quoique ce foie au labbe à longue 
queue , que ces obfervations paroiiTent 
avoir particulrèrement rapport, nous n^ 
îaiiîons pas de les regarder comme égale- 
ment propres à Tefpèce dont nous par- 
lons, qui a la queue taillée de manière 
que les deux plumes du milteu font à la 
vérité les plus longues, mais fans néan- 
moins excéder ies autres de beaucoup; 
fa grofleur eft à- peu-près celle de notre 
petite mouette , & f^i couleur eft d'un 
cendré-brun , onde de grrsâtre fdj ; les 
ailes font fort grandes, & les pieds font 
conformés comme ceux des mouettes, 
& feulement un peu moins forts , ies 
doigts font plus courts -, mais le bec dif- 



CdJ Nota. Cette couleur efl: plus claire au- 
vdeflbusdu corps , & quelquefois , félon Martens, 
le ventre eH biaac. 

L 17 



X48 Hifloire Naturelle 

f ère davantage de celui de ces oifcaux , 
car îe bout de la mandibule fupérieure 
eft armé d'un onglet ou crochet qui pa- 
roît fur-ajouté , caractère par lequel le 
h^c du labbe fe rapproche de celui des 
pétrels 5 n;ns cependant avoir comme eux 
ics narines en tuyaux. 

Le labbe a dans îe port & Tair de tête 
quelque chofe de Toileau de proie, 3c 
fon genre de vie hoftile & guerrier ne 
dément pas fa phylîonomie , il marche 
îe corps droit , & crie fort haut , il fem- 
jble, dit Martens 5 prononcer i-ja^ ou 
johan quand c'eft de loin qu'on Tentend 
& que fa voix retentit. Le genre de vie 
de ces oifeaux les ifcle néceifairement & 
les difperfe , auffi le même Navigateur 
obferve-t'îl qu'il eft rare qu'on les trouve 
raflen.blés*, il ajoute que Tefpèce ne lui 
a pas paru nombreufe , & qu'il n'en a vu 
que fort p.m dans les parages de Spitz- 
berg. Les vents orageux du mois de 
novembre 1779, poufsèrent ^"^^^ de ces 
oifeai^x fur les cotes de Picardie^ ils nous 
ont été envoyés par les foins de M. Bail- 
ïon , & c'eft d'après ces individus que 
nous avons fait la difcription précédente. 



Tom.JCPT' 



Fl^.^-^cz,^. '^4.9. 




du Lahhe. 44^ 

g,.., ,, , ■ . ) " ''' - ■' 

^ LE LABBE 

A LONGUE QUEUE (e). 

XiE PROLONGEMENT des deux plumes 
du milieu de la queue en deux brins 
détachés & divergens , caradérife i'efpèce 
de cet oifeau , qui eft au refte de la même 



^ Vbyex les planches enluminées, n,^ 762 , fous 
îa dénomination de Stercoraire à longue qutue as 
Sibérie. 

(e) Sterna Te&ricihus maximis riigris ; Suecis , 
fwartlaffe ; Angermannis , îahben. Linnaeus. Fauna 
Suecica , n.^ 129. — Larus re^ricibns duabus inter^ 
med'iis lovgiffimis, Larus parafiticus^ Idem , Syft. nat. 
éd. X, Gen. 69, wSp. 9: — Strundt jager. Ray , 
Synopf Avi. pag. 127, n.'^ 2. Plautus flercorarius ; 
Jlrotn-jagtr: fchyt valk, Kfein, Api- pag. 148, n,- 10. 
— Avis Norpagica kyuffwa vel tjufpa Muf. Danic, 
I , S. II , n.° 20. — Truen, feu fur. Bart. Ad. i , 
pag. 91. — Jlrâick hird. Edwards ^ tome 1 11^ 
pag. & pi- 148. — Stercorarius fupernè faturatè 
cinereus s infernè albus ; capite faperiiis mgriêante ;. 
coIIq caudido'y imo ventre dilutè cinereo ; re^ricibus- 
€inereo - nigricantihus > binis intermediis longiffimis^. ., 
Stercorarius lo u gi eau du s, Bïiiïon -> Ornitkol, toni. VI ^ 



z j o Hifccire Nature Ik 

taille que le îabbe précédent \ îl a fur 
la tête une calotte noie 5 fon cou eft 
Blanc, & tout le rcfte du plumage eft 
gris^ quelquefois les deux longues plu^ 
mes de la queue font noires / f)- Cet 
oîfeau nous a été envoyé de Sibérie , & 
lious penfonsgue c'efl: cette même efpèce 
que M. Gmelin a rencontrée dans les 
plaines de Mangafea , fur les bords du 
îîeirve Jénifca {gj. El'e fe trouve aufÏÏ 
en Norwège-(^A^ ^ & même plus bas» 
odans la Finmarchk , dans rAngerma- 
nÎG (i J; & M. Edwards l'a reçue de la 
î)aîe d'^Hudfon , où il remarque que les 
Angîois appellent cet oifeau , fans doute 
à caufe de les hoftilités contre la mouette, 
ahe m an of war bird ^ le vaMêau de 
guerre ou rcifeau guerrier \ mais il faut 
remarquer que ce nom de variTeau de 
ïguerre ou guerrier étant déjà donné 5 & 
;l)eâucoup plus à propos à la frégate , eâ 



(s) Voyage en Sibérie 5 tome ■M ^ page ►j^So 
(h) Muf Danic. 
(i) Fatum ^uecica. 



eu Ldbhe^ 1 5 I 

^e doit pas rappliquer à celui -cL Cet 
auteur ajoute qu'à la longueur des aiîes, 
t& à la foîblefle des pieds, il auroit jugé 
que cet orfeau devoit. fe tenir plus fou- 
vent en mer & au vol , que fur terre 
& pofé *, en même temps il obferve que 
îes pieds font rudes comme une lime^ 
& propres à fe foutenir fur le corps 
gliflant des grands poiffons : ce Natura- 
îifte juge, comme nous, que le labbe^ 
par la forme de fon hec , fait la nuance 
^ntre les mouettes & les pétrels, 

M. BriiTon fait une troisième efpècc 
jfle ftercoraire ou de labbe, fous la dé- 
. nomination de Jfercaraire rayé fk) ; mais , 
comme il ne Tétabirt que fur la defcrip* 
tion que donne M. Edwards d'un indi- 
vidu qui regarde lui-même comme là 
femelle du ftercoraire à longue queue (l)^ 



fk) Stercorarius fn^Jernè fa Ce us , pennls apice rv- 
fejcente tnir^inatis , infernè Jhrdidè Mtn , fafco tranf- 
■perfifU ftriatHs; capite fiiCco ; giittire- fuQio candlcante , 
Tê^ricièus in cxonu alb'idh ,. w nllquâ lou^imdlnt 
faturatè fuflis. .... S rtrcorarius flriatus. BrilTon , 
OmirhcL 10 m^t Vi^ page 152. 

(ij Arâick birân, Edwards, tQm. ÎII , pag, & 

^ v) 



z^z Hijîo ire Naturelle y ôcc. 

nous n'adopterons pas cette troifièmc 
cfphce 5 nous penfons , avec M. Edwards , 
que ce n'eft qu'une variété de fexe ou 
d'âge, à laquelle même on pourroit peut- 
être rapporter notre première efpèce ^ 
car fa reflemblance avec cet individu 
d'Edv/ards , & îa conformité des habi- 
tudes naturelles de tous ces oifeaux pa- 
roifTent l'indiquer , & ^ dans ce cas , il n'y 
auroit réellement qu'une feule efpèce 
d'oifeau labbe ou ftercoraire , dont l'a- 
dulte ou le mâle porteroit les deux lon- 
gues plumes à la queue , & dont la fe- 
melle auroit , à-peu-près comme le re- 
préfente notre planche enluminée /;.^ pplj 
tout le corps brun , ou comme le dépeint 
Edwards , le manteau d'un cendré brun- 
foncé iûr les ailes & la queue, avec le 
devant du corps d'un gris-blanc fale , les 
cuîlTcs , le bas -ventre & le croupion 
croifes de lignes noirâtres & brunes. 



^s^ 



M5 



^ UANHINGA(a), 

i3i la régularité des formes, l'accord des 
proportions & les rapports de renfenible 
de toutes les parties donnent aux animaux 
ce qui fait à nos yeux la grâce & îa beau- 
té 5 fi leur rang près de nous n eft marqué 



^ Voyex ies planches enluminées , nP 959 ^ 
VAnhinga de Cayenne; & n.^ 9^0, VAnhinga noir 
de Cayenne, 

(a) C'eft le nom Brafîiien taupinamhou de cet 
oifeau ; les François de la Guyane Fappellent 
plongeon , & les naturels du pays carara. - Jnhinga. 
Brafilien flous tupinambis. Marcgrave , Hijl. BrafîL 
pag. 218. — Jonfton, Aui. pag. 149. — Vviiîughby^ 
OrnithoL page 250 : ces deux Auteurs ont copié 
la figure de Marcgrave , qui , fans être exadte ^ 
eft pourtant très reconnoilTable. — Ray , Synopjl 
jivL pag, 124, n.*^ 7. — Planais BrafiHenfîs ^. 
mh'iJfga locatits, Kiein , Jvl pag. 145, n.^ 8. — 
Ptlnx,. Moehring. ApL Gen. 63. — Mergus longL' 
Toflrus , ctrvice longiori. Idem, OrnithoL claf. I^ 
Gen. 3. Sp. 6, — L^anhing^. Saleme , OrnithoL 
pag. 375. — Anhinga fnpernè nigruavs, maudis alhl^ 
dis varia , infernè albo - argentea , capire & colla 
fuperiorc grifio Tufejccnîibus ; guttiire 6* collo inf&r 
riore grijeis; uropygio recînciburqiie fphudidè nigris. .^ 
Anhuhga, BrilTon^ QmithU tome VI^ pag., 476* 



^5 4 Uijloirt Naturelle 

que par ces caradères -, fi nous ne les dif- 
tînguons qu'autant qu'ils nous plaîfent^ 
h Nature ignore ces diftiuftions, & 3 
fuffit> pour qu'ils lui foîent chers qu elle 
leur art donné lexiftence & la faculté 
ide fe multiplier, elle nourrit également 
^u défert l'élégante gazelle & îe diffomie 
<:hameau , le joli chevrotain & la gigan- 
tefque giraffe, elle lance à-la-fois dans 
les airs l'a-gle Tup^rbe & le hideux vau- 
tour, elle cache fous terre & dans l'eau 
mille générations d*rnfc<9:es de formes 
bizarres & dirproportîonnées, enfin elle 
.admet les composes les plus difparates, 
pourvu que par les rapports réfultans de 
leur organifation ils puiffent fub(ifter& 
fe reproduire^, c'eft ainfi qne , fous la 
forme d'une feuille, elle fait vivre les 
■riantes ; que fous une coque fphérique, 
pareille à celle d'un frurt , elle empri- 
îbrjne les ourfins-, qu'elle filtre la vie & 
la ramifie, pour arn i dire, dans les bran- 
ches de i'étoîle de mer \ qu'^elie aplatit 
en marteai^ ia tête delà zigène , & arron- 
»dit en globe épineux le corps entier du 
poiiT^n lune. Mille autres productions 
de figuics non moins étranges iic nous 



et PAnhingû^ ^jj 

pêxyment" elles pas que cette mère u^î- 
werùile atout tenté pour enfanter ^ pour 
répandre la vie & i étendre à toutes les 
former poffibles ? non contente de varier 
le trait primitif de fon delîîn danscha- 
4^ue genre 5 en le fléchiffant fous les con- 
tours auxquels il pouvoit fe prêter 5 ne 
femble-^t-elle pas avoir voulu tracer d'un 
genre à un autre, & même de chacun à 
tous îes autres, des lignes de comraunî- 
cation , des fils de rapprochement & de 
fonâion 5 au moyen defqueïs rien r/eft 
coupé Se tout s'enchaîne 5 depuis le plus 
riche & le plus hardi de fes chefs-d'œu- 
^re5 lu(qu aux plus fimples de fes eflais? 
-Ainli , dsAis i'hiftoire des Oifeaux , nous 
avons vu lautruche, le cafoar 5 le dro^ite^ 
|3âr le raccourciiîemenrt des ailes & ia 
jpelanteur du corps ^ par la grofleur des 
offemens de leurs jambes , faire la nuance 
^€iître les animaux de Tair & ceux de la 
terre 1 nous verrons de même le pin- 
ouui,, 'e manch(>t 5 oifea-ix demî-poit- 



6 



fons-3 le plonger dans les e^iux & fe mêler 
avecieurs habitans -, & fanhiiiga^ dont 
nous allons f)arler -, tî )us oftre f mage 
£mi .rçptîte ente iur le corps d mi oifeaia ; 



zj6 HiJIoire Naturelle 

fon cou long & grêle à l'excès , fa petrte 
tttQ cylindrique roulée en fufeau , de 
même venue avec le cou, & effilée en 
un long bec aigu, reffemblent à la figure 
& même au mouvement d*une couleu- 
vre , foit par la manière dont cet oifeau 
étend brufquement fon cou en partant 
de deffus les arbres > foit par la façon 
dont il le replie & le lance dans Teau 
pour darder les poiflbns. 

Ces finguliers rapports ont également 
frappé tous ceux qui ont obfervé Tan- 
hînga dans fon pays natal (b) , ( le Bré- 
fil & la Guyane)-, ils nous frappent de 
même jufque dans fa dépouille defféchée 
& confervée dans nos cabinets. Le plu- 
mage du cou & de la tête n'en dérobe 
point la forme grêle , c'eft un duvet ferré 



( b ) Collum tenae , teres , pedem longum ; caput 
pari>um longiufadnm ^ ferpmrinl amultim. , . foleruf' 
jîma avia in capiendls pifciÙHS ; uam , more ferpenturtij. 
eontmdto prias collo , ejaculatur roftrum in pifczs, 
Marcgrave, Hifl. Brafil. pag. 218. — " L'anhinga 
>•> reffemble en quelque forte à un ferpent , fur-tout 
» iorfqu'il prend fa volée de deflus les arbres. , 
» où il fe perche o';dinairement, pour de là plonger 
& pêcher.^) Barrèrs, France équinoxiak; jrag. 1^5^ 



de VAnhinga. 257 

& ras comme le velours , les yeux d'un 
noir brillant avec Tiris doré 5 font en- 
tourés d'une peau nue*, le bec a fa pointe 
barbelée de petites dentelures rebrouffées 
en arrière*, le corps n'a guère que fept 
pouces de longueur , & le cou feul en a 
le double. 

L'exceflîve longueur du cou n'eft pss 
la feule difproportion qui frappe dans la 
figure de i'anhinga , fa grande & large 
queue formée de douze plumes étalées , 
ne s'écarte pas moins de ia coupe courte 
& arrondie de celle de la plupart des 
oifeaux nageurs *, néanmoins I'anhinga 
nage & même fe plonge tenant feule- 
ment la tête hors de Teau , dans laquelle 
iî fe fubraerge en entier au nioindre 
foupçon de danger , car il eft très -fa- 
rouche 5 & jamais on ne le furprend à 
terre •, il fe tient toujours fur l'eau ou 
perché fur les plus hauts arbres , le long 
des rivières & des favanes noyées \ il pofe 
fon nid fur ces arbres & y vient paffer 
la nuit 5 cependant il eft du nombre des 
oifeaux parfaitement palmipèdes, ayant 
les quatre doigts engagés par une mem- 
brane d'une feule pièce , avec l'ongle 



258 Hifloire Naturelle 

de celui du mi^eu dentelé intérieure- 
ment en fcie. Ces rapports de confor- 
mation & d'habitudes naturelles , fem- 
blent rapprocher Tanhinga des cormo- 
rans & des fous •, mais fa petite ttiQ 
cylindrique & fon bec effilé en pointe 
/ans crochet, le diftinguent & le féparent 
de ces deux genres d'oifcaiix. Au refte, 
on a remarqué que la peau de Tanhinga 
eft fort épaifle , & que fa chair eft ordi- 
nairement très-grafle, mais d un goût 
huileux délagréaWe, & Marcgrave ne îa 
trouve^guère meilleure que celle du goé- 
land 5 qui eft affurément fort mauvaife. 

Aucun des troîs anhingas repréfentés 
dans nos planches enluminées , ne ref- 
femhle parfaitement à celui dont ce 
Naturalifte a donné la defcription. L'an- 
hrnga du /2,° g6 y ^ bieii , comme celui 
de Marcgrave , le deffus du dos pointillé , 
le bout de la queue liféré de gris, & le 
refte d'un noir luifant -, mais il a auffi tout 
le corps noir & n'a pas la tête & le cou 
gris, & la poitrine d'un blanc argenté. 
Celui du 72.° ç S9 ^ n'a point la queue 
liférée-, néanmoins nous croyons que ces 
deux individus apportés de Cayenne » 



To77i'JŒL. 



M.JOr.^ac^ . ^JS- 




S>t So.»* U 



I^'Aig^IIUN^GA. 



dt VAnkïnga. 259 

font non-feulement de la même efpèce 
entr'eux, mars encore de la même efpèce 
que Tanhinga du BréÉI décrit par Marc- 
grave 5 les différences de couleurs qiï'ils 
préfente nt , n'excédant point du tout 
celles que Tâge ou le fexe peuvent 
mettre dans le plumage des oifeaux, & 
particulièrement des oifeaux d'eau. Marc- 
grave fait oblerver de plus que fon 
anhinga avoit les ongles recourbés & très- 
aigus , & qu'il s*en fert pour failir le 
poiflon ; que fes ailes font grandes , & fe 
portent, ttAwX, pliées, jufqu'au milieu de 
ia longue queue *, mais il paroil lui don- 
ner une taille un peu trop forte en Té- 
galant au canard : Panhinga que nous 
connoiflbns peut avoir trente pouces ou 
même plus ^ de la pointe du bec à celle 
de la queue -, mais c^Wt grande queue 
& fon long cou 9 occupent la j'iirs grande 
partie de cette dhiienfion , & fon corps 
«le paroît pas beaucoup plus gros que 
ceîui d^un morillon. 



z6o Hijtoire Naturelle 

< - ' '■ 

* L'ANHINGA ROUX, 

iNous VENONS de voir que TAnhinga 
efl; naturel aux contrées de TAmérique 
méridionale 5 & malgré la poffibilité du 
voyage pour un oifeau navigateur & de 
plus muni de longues ailes , malgré l'exem- 
ple d^s cormorans & des fous qui ont 
traverfé toutes les mers , nous aurions 
reftreint celui - ci fous la loi du climat , 
& n'aurions pas cru , fur une fimple dé- 
nomination, qu'il fe trouvât au Sénégal, 
fi une note de M. Adanfon , jointe à 
l'envoi d'un de ces oifeaux , ne nous 
afluroit qu'il y a en effet une efpèce d'an- 
hinga fur cette côte de l'Afrique , où 
îes naturels du pays lui donnent le nom 
de kandar. Cet anhinga de Sénégal , 
repréfenté n.^ i oy de nos planches enlu-: 



* Foyti îes planches enluminées, «.^ 107 ,fou!? 
îe nom i'Jn/wiga du SàiégaL 



de VAnkinga. z6i 

inînées , diffère de ceux de Cayenne , en 
ce qu il a le cou & le deffus des ailes 
d'un fauve-roux, tracé par pinceaux fur 
un fond brun noirâtre, avec le refte du 
plumage noir. Du refte , la figure , le 
port & la grandeur font abfolumcnt les 
jnêmes que dans les anhingas d'Amé- 
rique. 




i6z Hijîoîre Naturelle 



^ LE BEC'EN-CISEAUX{a\ 

Xje genre de vie, îes habitudes & les 
mœurs dans les animaux , ne font pas 
auflî libres qu'on pourroit Timaginer ; 



^ Voyei les planches enluminées, w.^ 357 1 Tous 
la dénomination de B^c-en- ci féaux de Cayemt. 

(a) The eut warer, le coupeur d'eau. Catesby , 
Carolin, tom. 1, pag. 90, avec une belle figure. 
— ylvis Carolinenjis , rvjJw cultriformi, Petivert , 
Gaioph. nat, figure du bec , tab. 76. — Larus 
fifcatOT a ter, rojiro depre£o , forfices rc f évente ; par 
ks Indiens de la Guyane , tayataya. Barrère , France 
éqninox. pag 135. — Rygchopfalia dorje nigro^ ventTt 
albo. Idem, OmitkoL claf. i^ Gen. 7, Sp. i. — 
Ryuchops nigra , fubuis alba , toJÎto baxi rubro. 
linnseus, Syfl. nat. éd. X, Gen. 71, Sp. 5. — 
Plotus Toflro conico inaquali. Kîeîn, y^W. pag. 124^ 
n.^ 2. — Avis Mad^.rafpatana major noiaculie facie, 
Ray, Sytiopf. Àvi. pag. 194, n.*^ 5, avec une 
mauvaife figure , tab. i , fig. 5. — Edwards, 
Glanur. pi. 28 1 , la figure du bec, fig. c. — 
Phalacrocorax. Moehring, Avi- Gen. 109. hiota^ 
On a pu remarquer combien dans toute la nomen- 
clature de Moehring, les noms font pervertis de 
leur fens naturel & appliqués d'une façon bizarre: 
fa méprife d'appliquer ici le nom de cormoran 



du Bec-eti'-cifeaux. 16^ 

leur conduite n'cft pas ie produit d une 
pure liberté de volonté ni même un ré- 
fultat de choix, mais un ettet néci^iaire 
qui dérive de la conformation, de Torga- 
niiatron &: de l'exercice de leurs facultés 
phyfîques *, déterminés & fixés chacun à 
la manière de vivre que cette néceilité 
leur impofe & prefcrit, nul ne cherche 
-à l'enfreindre ne peut s'en écarter -, c'eft 
par cette néceffité toute aulîi variée que 
leurs formes, que fe font trouvés peu- 
plés tous les diftridts de la Nature y 
l'aigle ne quitte point fes rochers , ni le 
héron ks rivages -, lun fond du haut des 
airs fur l'agneau qu'il enlève ou déchire 
par le feul droit que lui donne la force 
de fes armes, & par Tufage qu'il fait de 



au bec-en-cjfeaux , vient, fuivant toute apparence, 
de i'expreffion de Ray, qui, en ie délignant > fe 
fert du mot de Jea-crow, — Le bec-en - cil'eaux, 
SaUrney Ornithol. pag. 397. — Rychopjalia fupemè 
fu/co-nigricans , iiifernè aUa ; capite anteriore coiicO" 
tore; reâricibus quatuor utrimque. exrimis candidis , 

fecundum fcapi lofigitudinem fufco notatis 

Rychop/aiia. Lq bec en^cifeaux. Briflbn, QraitkoU 
lome^Vl, page 223.^ 



2^4 HiJIoire Naturelle 

fes ferres cmelles *, Tautre le pied dans 
la fange attend , à l'ordre du befoin , 
le paflage de h proie fugitive , le pic 
n'abandonue jamais la tige des arbres , à 
l'entour de laquelle il lui eft ordonné de 
ramper , la barge doit refter dans Ces 
marais -, Talouette dans fes (liions j la 
fauvette dans fes bocages ; & ne voyons- 
nous pas tous les oifeaux granivores cher- 
cher les pays habités & fuivre nos cul- 
tures ( bj f tandis que ceux qui préfè- 
rent à nos grains les fruits fauvages & 
îes baies, conftans à nous fuir, ne quit- 
tent pas les bois & les lieux efcarpés 
des montagnes , où ils vivent loin de 
nous & feuls avec la Nature qui d avance 
leur a dl6lé fes loix & donné les moyens 
de les exécuter *, elle retient la gelinotte 
fous Tombre épaifle des fapins , le merle 
foiitaire fur fon rocher , le loriot dans 
les forets dont il fait retentir les échos , 



(b) Foyex ce qui eft dit i^ol/me FT^ pag, 276 
c!e cetie Hiftuire des Oifeaux , fur les perroquets 
qui fe font portés dans fa Caroline & à la Vir- 
ginie, depuis qu'on y a planté dçs vergers. 

tandis 



du Bec-en-cifeaux. i^^ 

tandis que Toutarde va chercher les fri- 
ches arides , & le râle des humides prar- 
rîes : ces loix de la Nature font des dé- 
crets éternels , immuables , auffi conftans 
que la forme des êtres \ ce font fes gran- 
des & vraies propriétés qu elle n'aban- 
donne ni ne cède jamais 5 même dans 
les chofes que nous croyons nous être 
appropriées , car , de quelque manière que 
nous les ayons acquifes , elles n'en reftent 
pas moins fous fon empire : & n eft-ce 
pas pour le démontrer qu'elle nous a 
chargé de loger des hôtes importuns & 
nuifîbles , les rats dans nos m.aifons , l'hr- 
rondelle fous nos fenêtres, le moineau 
fur nos toits 5 & lorfqu elle am^ène la cigo- 
gne au haut de nos vieilles tours en 
ruine , où s'eft déjà cachée la trifte famille 
des oifeaux de nuit, ne femble-t-elle pas 
fe hâter de reprendre fur nous des poffef- 
fions ufurpées pour un temps \ mais qu'elle 
a chargé la main svxre des (îècles de lui 
rendre. 

Ainlîjles efpèces nombreufes & dîver- 
fes des oifeaux, portées par leur inftinét 
& fixées par leurs befoins dans les dif- 
férens diftriéfcs de la Nature, fe partc^gent 

Oifeaux, Tome XFL M 



z66 Hijloïre Naturelle 

pour ainfi dire , les airs , la terre & les! 
eaux-, chiKune y tient fa place & y Jouit 
de fon petit domaine & des moyens de 
fubfiftance que l'étendue ou le défaut de 
fes facultés reftreint ou multiplie. Et 
comme tous les degrés de Téchelle des 
êtres, tous les points de Texiftence pot 
fible doivent être remplis , quelques 
efpèces , bornées à une feule manière de 
vivre, réduites à un feul moyen de fub- 
fîflier, ne peuvent varier Tufage des inf- 
trumens imparfaits qu'ils tiennent de la 
Nature : c'eft ainfi que les cuillers arron- 
dis du bec de la fpatyle, paroiflent uni- 
quement propres à ramaffer les coquil- 
lages 5 que la petite lanière flexible & 
l'arç rebroufle du beq de Tavocette la 
réduifent à vivre d'un aliment aufîi mou 
que le frai des poiflbns , que Thuîtrier 
n'a fon bec en hache que pour ouvrir les 
écailles , d'entre lefquelles il tire fa pâ- 
ture 5 & que le bec croifé pourroit à 
peine fe fervir de /à pince brifée s'il ne 
favoit l'appliquer pour foulever l'enve- 
loppe en écailles qui recèle la graine d^s 
fapinsj enHn, que Toifeau nommé bec" 
cn-cifcuax j ne peut ni mordre de coté , 



du Bec-en-ci féaux. 16 j 

ni ramafli-r devant foi, ni béqueter en 
avant, Ibn bec étant compofé de dc^ux 
pièces exceiîivement inégales 5 dont la 
mandibule inférieure alongée & avancée 
hors de toute proportion 5 dépaffe de 
beaucoup la fupérieure, qui ne fait que 
tomber fur celle-ci , comme un raioit 
fur Ion manche (^Cy*. Pour atteindre & 
iaifiravec cetinftrument dffproportionné, 
& pour fe fervir d'un organe auiîi dé- 
fedueux 5 Toifeau ell réduit à rafer ea 
volant la ilirface de la mer & à la (iilon- 
ner avec la partie inférieure du h:c plon- 
gée dans i'eau afin d'attraper en^deiious 
le poilTon & l'enlever en pallant ( dj^ 



(c) Maxilla fupzrloT inferiore multo breviGr , Ô* 
in iUamj ut uopazaUi in manuèrlum fuum , ijicidiu 
Ray. 

(d) lîs fe nourriilent de petits poilTons qu'ils 
pèchent en volant, dans les endroits où l'eau de 
ia mer eft fort balle ; ils ont prelque toujours le 
bec inierieur dans l'eau ; quand ils Tentent quel- 
que ponibn fur cette partie infé.- leure du bec , 
ils ferrent alors les deux parties , qu^on pourroit 
appeler les deux iames. Mémoires fur l^HiJIoirc 

Mi) 



i6% Hijloire Naturelle 

C'eft de ce manège ou plutôt de CQt 
exercice néceflaire & pénible , le feul 
qui purffe le faire vivre , que l'oifeau a 
reçu le nom de coupeur d'eau de quel- 
ques Oblcrvateurs, comme par celui de 
bec-en-cifeaux , on a voulu défîgner la 
manière dont tombent Tune fur l'autre 
les deux moitiés inégales de fon bec , 
dont celle d'en-bas, creufée en gouttière, 
relevée de deux bords tranchans, reçoit 
celle d'enhaut qui eft taillée en lame. 

La pointe du bec eft noire , & fa 
partie près de la tête eft rouge , ainfi que 
les pieds qui font conformés comme ceux 
des mouettes. Le bec-en-cifeaux eft à- 
peu-près de la taille de la petite mouette 
cendrée, il a tout le deffous du corps, 
!e devant du cou & le front blancs -, il 
a auffî un trait blanc fur Taile , dont 
quelques-unes des pennes, ainfi que les 
îatérales de la queue fon~ en partie blan- 
ches , tout le refte du plumage eft noir 
ou d'un brun - noirâtre , dans quelques 

^ ■ ■ ■ ■ ' ' ■ ■'■■ 

f^atuTclU de la Guyane, communiqués j)ar M. de U 
Borde , Médecin du Roi à Cayemie, 



du Bec-en-cifeaux. 16^ 

individus c'eft même fîmplement du 
brun 5 ce qui paroît délîgner une variété 
d*âge fej ; car 5 félon Catcsby , le mâle 
& la femelle font de la même couleur* 
On a trouvé ces oifeâux fur les côtes 
de la Caroline & fur celles de la Guyane ; 
ils font nombreux dans ce dernier parage 
& paroiff^nt en troupes , prefque toujours 
au vol j ne s'abattant fur les vafes que 
pour fe repofer -, quoique leurs ailes 
foient très-longues , on a remarqué que 
leur vol ell: lent (fji s'il étoit rapide, 
il ne leur permettroit pas de difcerner 
la proie qu'ils ne peuvent enlever qu'en 
pafTant: fuivant les obfervations de M. de 
la Borde , ils vont dans la faifon des 
pluies nicher fur les îlets & particuliè- 
rement fur le Grand' connétable près des 
terres de Cayenne. 



(e) Rygchopfalia fuha; varîetas. Briflbn , OrnltheL 
tome VI, ^^gQil^. — Rygchopfaliafuha, rofîrô 
nigro. Barrère, OrnithoL claf. i, Gen. vu, Sp. ii. 
— Rynchop fuha. Linnaeus , Syft. uat. éd. X , 
Gen!' 71 5 Sp. 2. 

ffj Mémoires communiqués par M. de ia 

Borde, 



M iij 



270 Hijloire Naturelle 

L'efpèce paroît propre aux mers de 
TAmérique, & pour la placer aux Indes 
orientales , il ne fuffit pas de la notice 
donnée par le Continuateur de Ray, 
fur un limple deffin envoyé de Madras , 
& qui pouvolt avoir été fait ailleurs (g)é 
II nous paroît auffi que le coupeur d eau 
des mers méridionales, ciré fou vent par 
le capitaine Cook , n'eft pas le même que 
notre bec - en - cifeaux de la Guyane, 
quoiqu'on leur ait donné le même nom*, 
car, indépendamment de la différence des 
climats & de la chaleur de la Guyane 
au grand froid des mers auftrales , il 
paroît 5 par deux endroits des relations 
de M. Cook , que ces coupeurs d*eau 
font des pétrels ( h) ; & qu'ils fe ren- 

■ J ll l l I I H I II I I I I il ■ I I I. I I I 11 

(g) Avem olim è Carolina accepi ; icon autem hic 
al arce JSladcrafpatana mittitur; malaharicis coddel' 
cauka , fummoodroa cauky. Append. ad Synopf. 
Avi. pag. 194, ri.° 5. 

(h) <* Nous eûmes une nouvelle occafion d'exa- 
» miner deux ditférens albatros , & une grofle 
>j efpèce noire de coupeur d'eau ^ procellaria (equi^ 
?5 voHiaiis; nous marchions depuis neuf fcmaines 
fans voir aucune teire. m Cook , Second l'orage , 
tome ï» page 50. • — « Le vent étoit frais, & ce- 
V pendant nous avançâmes peu <\ caufe d'une grofle 



Tor?t.J^TT.^ 



T[.:ZIZ. pci^. 2^70. 




=Z>CL /P^c De<: 



I/Ji 13 KC li:i^J CTSP. .wx 



du Bec-en-cifeaux. 271 

Contrent aux plus hautes latitudes , & 
jufqu'entre les îles de glaces , avec les 
albatroffes & les pinguins^i^. 



mer qui venoit du Nord; nous commencions u 
à voir quelques-uns de ces pétrels, fî connus *« 
de nos marins, fous fe nom de coupeur d* eau ; <i 
nous étions par ^"è degrés lo fécondes de lati- « 
tude Sud ; & 50 degrés 54 fécondes de longi- u 
tude Eft. »> Idem, ibid. pag. 125. 

fij " Nous étions au milieu des glaces ( par 
61 degrés 51 minutes latitude Sud; 95 degrés « 
longitude Eli); nous n'avions plus que peuu 
d'oifeaux à Tentour de nous ; iis étoient de « 
i'efpéce des albatroffes, des pétrels bleus & des « 
coupeurs d'eau. >» Cook, Second Voyage, tome f, 
pa^t 142. " Durant notre traverfée, au milieu des 
lies de glaces , les pintade- , les coupeurs d'eau « 
nous parurent en moindre nombre , mais ies u 
-pingviins commencèrent à fe montrer. »> lddm\^ 
page 94. — ** Comme le temps étoit fouvent 
calme , M. 3anks defcendit dans un petit bateau « 
pour tirer des oifeaux , & il rapporta quelques u 
albatrolTes & des coupeurs d'eau; ces derniers <c 
étoient plus petits que ceux que nous avions « 
vus au détroit de Lem^dire, & avoienc une cou- « 
leur plus foncée fur le dos. » Premier Voyage , 
tome U , page 297. — « On voit des coupeurs d'eau 
le long de la côte du Chily. » Relition du capi- 
taine Carteret. Premier Voyage de Cook , tome l , 
page 203. 

M iv 



zyz Hijloire Naturelle 



f-LE NODDI(a). 

Aj'homme fî fier de fon domaine, 8c 
qui en eflet commande en maître fur la 
terre qu il habite , eft à peine connu dans 



* Voyei îes pîanches enluminées ,>;.^ 997 , fous 
le noni de Mouette brune de la Lonifiane, 

(a) Noddy , en Anglois, fîgnifie fot , étourdi, 
& cette dénomination a rapport au naturel de 
i'oifeau. Voye^, ci-deflus, fon hiftoire. .. Thouarou, 
chez ies Indiens de la Guyane ; nodies , iwdd'us y 
noddy , dans les relations des mers du Sud; oiyo , 
en langue Taïtienne. 

^ noddy, hirundo marina mlnor ,capite alho , paffer 
flnlrus Nieremèergil. Ray , Synopf, Jvi. pages 19a 
& 154. — Paffer flultiis. Euf. Nieremberg, page' 
207. — Jonfton, Jvi. pag. 126. — Willughby, 
Ornithol. pag. 297. — Charleton , Exercit. pag. 118, 
n.° 22. Onomait. pag. 115, n.^ 22. — Laru^ 
Amencanus minor flolidus , corpore fufco rubente , 
vertice albo, D. Sloane. . — Ray, Synopf. page 
132 , n.° 10. — Hirundo marina minor capitQ 
albo, Sloane, Jamaïc, tome I^ pag. 31. — Ray, 
pag. 190, n.** 2. — BarrérCj France équinox. page 
134. — Larus Americanus caftaneus capite albo» 
Idem, Ornithol. claf. i, Gen. 4, Sp. 8. — An<s^ 
êhctus minor fufius , venics ciiierco ^ toJîto glabro^ 



au Noddl. 27 j 

une autre grande partie du vafte empire 
de la Nature -, il trouve fur les mers des 
ennemis au-defl'us de fes forces , des obf- 
tacles plus puiflans que fon art, & des 
périîs plus grands que fon courage: ces 
barrières du monde qu il a ofé franchiic 
font les écueils où fe brife fon audace , 
eii tous les élémens conjurés Contre lui, 
confpirent à ù perte, où la Nature en 
un mot veut régner feule fur un domaine 
qu il s'efforce vainement d'ufurper , aufli 
n y paroît - il qu'en fugitif plutôt qu en 
maître. S'il en trouble les habitans , (i 
même quelques - uns d'entr'eux tombés 
dans fes frlets ou fous les harpons de- 
viennent les vidimes d'une main qu'ils 

Browne , iVaf. hljl, of Tamaïc, pag. 48^1. — Lams-]^ 
hiriindo marina minor capite albo. Klein , Avi. pager 
139 , n.^ 15. — Sterna caudà cuveiformi , corpore 
nigro fronte albicante fterna flolida. Linnaeus ^ Syfl* 
nau éd. X, Gen. 7 , Sp. i. — The noddy. Catesby-, 
Caroliin tome I , pag. & pi. 88. — La petite 
mouette d'Amérique ou ie thouarou de la Guyane^ 
Salerne , OrnîthoL pag. 396. — LaTu% fufcus y. 
fyucipiu candicante ; capite fuperiore cintre » alb& , 
tauiâ utrimque longitudinali fnpra eciilos nigricante ^, 
Tcdtricibns fufco ni^ricantihus, Gaviafufca.'L?). moueîtiî' 
Iwvme. Biilïbn, OmithoL coin* VI, page 191^^ 

M V 



274 TTi/^oîre ' Naturelle 

ne connoTlîvnt pas, le pi s grand nom- 
Ire h couvert au i md de fes abîmes, 
yoTt I i/ntôt ks frimats, les vents & les 
orng s ba'ayer de la furfa.e des mers ces 
hôtes importuns & deftrufteurs , qui ne 
peuvent que par inftant troubler leur 
xepos & leur liberté. 

Er en effet, les animaux que la Naturel 
avec des moyens & des facultés bien plus 
foibles en apparence , a rendus bien plus 
forts que nous contre les flots & les 
tempêtes ^ tels que la plupart des oifeaux 
Pélagiens y ne nous connoiflent pas, ils 
fe larflent approcher, faifir même avec 
une fécurité que nous appelons ftupide , 
mais qui montre bien clairement com- 
bien Thomme eft pour eux un être nou- 
veau , étranger, inconnu, & qui témoi- 
gne de la pleine & entière liberté dont 
jouit refpcce , loin du maître qui fait 
fentir fon pouvoir à tout ce qui refpire 
près de lui. Nous avons déjà vu , & 
nous verrons encore plufieurs exemples 
de cette imbécillité apparente , ou plutôt 
de cette profonde fécurité qui caraélé- 
rife les oifeaux des grandes mers. Le noddi 
dont il eft ici queftion , a été nouimé 



du Noddi ly^ 

moineau fou j paffer Jlukus ; dénomina- 
tion néanmoins très-impropre 5 puifqiie 
le noddi n'eft rien moins qu*un moineau, 
& qu'il reflemble à une grande hiron- 
delle de mer ou à une petite mouette, 
& que 5 dans la réalité, il forme une efpèce 
moyenne entre ces deux genres d'oi- 
fcaux, car il a les pieds de la mouette 
& le bec conformé comme celui de l'hi- 
rondelle de mer , tout fon plumage eft 
d'un brun-noir, à l'exception d'une plaque 
blanche en forme de calotte au fommet 
de la tète'^ fa taille eft à-p-^u-près celle 
de la grande hirondelle de mer. 

Nous avons adopté le nom de noddi: 
qui fe lit fréquemment dans les relations 
des voyageurs Anglois(^^y'j parce qu'il 
exprime i'étourderie ou l'afllirance folle , 
avec laquelle cet oifeau vient fe pofer fur 
les mâts & fur les vergues des navires fcj ^ 



(h) Voyei celles des Voyais de Dampier 5 da 
capitaine Cook, &c. 

(c) " Ce font des oifeaux ftupides , qui , comme 
ïesfous, fe iaiiTent prendre à la main fur les << 
vergues & dans les autres agrès de VailTeau où ils u 
viennent fe pofer. >î Catesby^. 

M v) 



2y6 Hijloire Naturelle 

& même fur la main que les matelot»^ 
lui tendent ( d ). 

Uefpèce ne paroît pas s*être étendue 
fort au-delà des Tropiques ( e)^ mai» 



(à) li Les ThouarouxC c'efî îe nom du noddy 
»à la Guyane ), vont faire leur pêche fort aa 
tf îarge en compagnie des fous & des frégates ; je 
» ne les ai pas vus fe repofer fur Peau , comme 
M font les goélands ; mais la nuit ils viennent roder 
>? autour des \ aiffeaux pour chercher îi fe repofer, 
?♦ & les matelots les prennent en fe couchant fur 
»» le haut de la dunette , & en tendant la maia 
fur laquelle ils ne font pas de façon de fe pofer. >> 
Mémoires communiqués far M» de la Borda , Médecin 
du Roi à Cayenne, 

(e) Catesby , tome I, page i^.^— a Nodles & 
^fo' féaux d'œufs ( qui paioiffent être quelque efpèce 
>î d'hirondelle de mer. ) Par 27 degrés 4 fécondes 
># latitude Sud, & 103 degrcs 56 fécondes longi- 
tude Oi:eft, dans les premiers jours de mars.» 
Secord Voyage du capitaine Cook , tome II , pag. 179, 
** Le 28 février^ par 33 degrés 7 fécondes lati- 
59tude fud^ & 102 degrés ^^3 fécondes longitude 
>ioueft ( en rentrant \ers ie Tropique), nous corn- 
» mençamcs à voir despoiflbns volans; des oifeaux 
y^ d'œufs &; des nodies, qui, à ce qu'on dit, ne 
w vont pas à plus de foixante ou quatre-vingts 
>9 lieues de terre ; mais on n'eit pas alfuré de cela : 
» peifonue ne fait k quelle diftance s'écartent des 
» côtes les oifeaux de mer; pour moi , je ne crois 
n point qu'il y en ail un feul fur lequel on puiflb 



du Noddi. ijy 

elîe eft très - nombreufe dans îcs lieux 
qu elle fréquente. A Cayenne , nous dit 
M. de la Borde , u il y a cent noddis 
ou rhouaroux pour un fou ou une fré-«i 
gâte, ils couvrent fur-tout le rocher ducç 
Grand - connétable , d'où ils viennent ce 
voltiger autour des Vaifîeaux, & lorf-cc 
qu'on tire un coup de canon 5 ils fecc 
lèvent & forment par leur multitude «^ 
un nuage épais, r^ Catesby les a égale- 
ment vu pêcher en grand nombre , voLint 
enfemble & s'abaiflant continuellement 
à la furfâce de la mer , pour enlever les 
petits poiffons , dont les troupes en co-^ 
lonnes font chaffées & preffées par les 
grands vtnts. Cette pêche femble fe faire 
de la part de ces oifeaux avec beaucoup 
de plaifir & de gaieté 5 fi l'on en juge par 
la variétés de leurs cris 5 par le grand 
bruit qu'ils font & qu'on entend de quel- 
ques milles ( f J^ Tout ceci , ajoute 



compter avec certitude pour annoncer ie voi- «. 
llnage des terres.» Idem , ibidem , page 178. — 
« On voit des noddys à plus de cent iieues à%i 
terre.»» Catesby^ Cardin, tomej, /j^v88. 
(fj Cattsby. - ■ ' 



lyi HiJIoire Naturelle ^ &CC. 

Câtesby , n'a lieu que dans le temps des 
nichées & de h ponte qui fe fait fur le 
rocher tout nu fgj ; après quoi ch-ique 
noddi fe porte au large & erre feul fur 
le vafte océan. 

Cs) Camme fur les rochers des îles de Bahama. 
Catesby, tome I , pag. 88. — De l'île de Rocca. 
Dëmpier, tome Ij pag, 711. — «* Au côté meri- 
se dionaî de Saini-Hélène , giflent certaines petites 
9» îles (jui ne font proprement que des rochers , où 
>i nous voyons des milliers de mouettes noires , 
»> dont les œufs , qui font très -bons à manger, 
>5 étoient dépofés fur ce rocher. La multitude de 
r> cesoifeaux étoit telle qu'on lesprenoit à milliers, 
» & ils fe laifl^oient tuer à coups de bâton , d'où 
y> vient fans doute qu'on les a nommés mouettes 
folles, » Recueil des Voyages de la Compagnie des 
Indes orientales; Amjîerdam j 1702 , tome IV, pag. 17, 




2'onv. .Sn^. 



PI. xnr.^^acT - ^r 




I. ^^-^ ^ e.ihs 'j--'^ ii^u. J* 



JL.]EV 1^0T)DI 



279 
¥ L'A VO CETTE (a). 

XJES OISEAUX à p^eds palmés ont 
prefque tous les jambes courtes , Tavo- 
cette les a très-longues , & cette difpro- 



^ Voyei îes planches enluminées, w^. 353. 
' (a) Ce nom vient de i'Itaîien , avocetta ; I^avo- 
cette porte encore en Italie les noms de becco- 
tOTto y beccorèlla ; & fur le îac Majeur > fpif^l^go 
d*aqua, pour îa diftinguer de l'autre y^iw^û^o, q.uî 
^ le courlis. — En Allemand , frembder wajjèr 
vpgel , Jchahel , fihnabel ; & en Autriche > kramb- 
fchabl ; en Anglois, fioopar; en Suédois, skiaer^ 
flaecka; en Danois, klyde ^ ian-fugl , ferkert ; en 
Turc; leluk ou keluk. 

Avocetta, recuwlroflra. Gefner, y4vL pag. 231; 
& Tcon, Avi» pag. 93 , avec une figure peu exaéte. 
*^-' Avocetta Italis dika. Aldrovande, Avi. tom.III, 
pag. 288. — Wilîughby , OrnithoL p^. 240. — 
Ray, Synopf, pag. 117, n.® a^ l. — MariigL 
Danub. tome IV , pag. 72. — Avocetta ftalonim, 
Jonfton , Avl. pag. 90. — Avocetta recurviroflra* 
Gharleton , Exercit. pag. 102, n.^ 8. Idem, O/zo/tza^. 
pag. 96 n.o 8. — Piotus recurviwjler, Klein , Avi, 
pag. 142 , n.^ I. — ReciiTvirojlra , feu avocetta 
Italorum, Rzaczynski , AndLuar, hijl, nat. Polon. 
pag. 345. — . Twçkilm, Moehrîng , AvL Gen. ^6^ 



i8o Hijîoire Naturelle 

portion qui fufïîroit prefque feule pour 
drftrnguer cet oifeau des autres palmi- 
pèdes 5 eft accompagnée d'un caractère 
encore plus frappant par fa fîngularité y 
c'eft le renverfement du bec , fa cour- 
bure tournée en haut préfente un arc 
de cercle relevé 5 dont le centre eft au- 
deffus de la tête , ce bec eft d'une fubf- 
tance tendre & prefque membraneufe à 
fa pointe (^èj; il eft mince , foible y 
grêle 3 comprimé horizontalement, inca- 
pable d'aucune défenfe & d'aucun effort* 



— Recurvirefira fubtus alha , fupernk nigricans , pedz" 
hiis cyamis, Barrère , OrnithoL daf. i, Gen. v^ 

Sp. I, — Recurviroflra aibo uigroque varia • 

Avocetta, Linnaeus. Syft. nat, éd. X, Gen. 8o> 
Sp. I. Idem, Fatiim Suecica.n.'^ 137. — Mulîer, 
Zoolog. Danic, n.^ 214. — Bru nie h. OrnithoL 
boréal, n.'' 188. — Kramer, EUncL aniîr.. infer. 
pag. 348, n.o I. — Herle ou avocetta des Italiens^ 
Jlbin y tome I , pag. 87 , planche 10 1 , figure 
maf coloriée. — L^avocette. SaUrm , Ornithoi., 
P^&^ 359- — ' Avoutta candida ; capiu fuperiort, 
colti ptperioris paru fupremâ , taniâ à fcapulis ad^ 
uropygîum , 6* fafciâ in dis obliqua nigris ; re&ri" 

cibus caudidis Ai^outta^ BrilTon , OrnithoL 

tom. VI, pag. 538. 

(b) Ferè coriaceum y apice mcuiiranaccunu Lia*- 

tlS£U5> 



de VAvocette. ztt 

Ceft encore une de ces erreurs, ou il 
Ton veut de ces eflaîs de la Nature , au- 
delà defqueis elle n'a pu paffer fans dé- 
truire elle - même fon ouvrage-, car 5 eu 
fuppofant à ce bec un degré de cour- 
bure de plus, l'oifeau ne pourroit attein- 
dre ni faiiîr aucune forte de nourriture ^ 
& Torgane donné pour la fubfiftance & 
la vie 3 ne feroit qu\in obftacle qui pro- 
duiroit le dépériffement & la mort. L'on 
doit donc regarder le bec de Tavocette 
comme Textrême des modèles qu'a pu 
tracer ou du moins conferver la Nature ^ 
& c'efl: en même temps & par la même 
raifon le trait le plus éloigné du deffin 
des formes fous lefquelles fe préfente le 
h^c dans tous les autres oifeaux. 

Il eft même difficile d'imaginer com- 
ment cet oifeau fe nourrit à l'aide d'un 
inftrument avec lequel il ne peut ni bé- 
quêter ni faifir, mais tout au plus fonder 
le limon le plus mou \ auffi fe borne- 
t-il à chercher dans l'écume des flots le 
frai des poiflbns qui paroît être le prin- 
cipal fonds de fa nourriture , il fe peut 
auflî qu'il mange des vers , car l'on ne 
trouve ordinairement dans fes vifcères 



z8 2 Bijloîre Naturelle 

qu'une matière glutineufe , grafle au tou- 
cher, d'une couleur tirant fur le jaune- 
orangé, dans laquelle on reconnoît en- 
core ie frai du poilfon & des débris d'in- 
feâ:es aquatiques , cette fuhftance gélati* 
neufe eft toujours mêlée dans le ventri- 
cule de petites pierres blanches & cryftal- 
lines ( c) ^ & quelquefois il y a dans les 
inteftrns une matière grile ou d'un vert 
terreux , qui paroît être ce fédiment 
limonneux que les eaux douces, entraînées 
par ies pluies, dépofent fur îe fond de 
leur lit 5 Tavocette fréquente les embou- 
chures des rivières & des fleuves (d) ^ 
de préférence aux autres plages de la 
mer. 

Cet oifeau, qui n'eft qu'un peu plus 
gros que le vanneau, a les jambes de 
fept à huit pouces de hauteur *, le cou 
long & la tho, arrondie , fon plumage 
eft dïin bianc de neige (ur tout le devant 
du corps & coupé de noir fur le dos s 



(c) Willughby dit n'y avoir trouvé rien autre 
chofe. 

(d ) Du moins fur nos côtes de Picardie^ où 
ces obfervations ont été faites. 



âe VAvocette. 283 

ta queue eft blanche, le htc noîr & les 
pieds font bleus. 

On voit Tavocette courir, à la faveur 
de fes hautes jambes , fur des fonds cou- 
. verts de cinq à 'iiyi. pouces d'eau *, mais , 
pour parcourir les eaux plus profondes, 
elle fe met à la nage, & dans tous ies 
mouvemens elîe paroît vive , alerte, in- 
confiante *, elle féjourne peu dans les 
mêmes lieux , & dans fes pafiages fur nos 
côtes de Picardie en avril & en novem- 
bre, el'e part fou/ent 6.z% le lendemain 
de fon arrivée \ en forte que les chafTeurs 
ont grand peine à en tuer ou faifir quel- 
ques-unes, elles (ont encore plus rares 
dans rintérrejr àt^ terres que fur les 
côtes. Cependant M. Saferne dit qu'on 
en a vu s'avancer aifez loin fur la Loire, 
& il allure que qq% oifeaux font en grand 
nombre fur les côtes du bas-Poitou , & 
qu'ils y font leurs nichées (^^y*. 



( c) « L^avocette eft très-rare dans POrléanois. 
... Au contraire, rien n^'efl: pius commun fur" 
les côtes du bas- Poitou ; & dans la faifon des « 
nids, ies pa3?fans en prennent les œufs par mil- 44 
liers poxir ies ipanger \ quand on ia fait lever « 



284 Hi/ïoîre Naturelle 

II paroît, à la route que tiennent les 
avocettesdans leur pjiflage, qu'aux appro- 
ches de l'hiver elles voyagent vers le 
Mrdi, & retournent au printemps dans 
le Nord 5 car il s'en trouve en Dane- 
marck (fjj en Suède, à la pointe du 
fud de Yîie dO'éhnd (^ g ) j fur les côtes 
orientales delà Grarde -Bretagne (^A^)^' 
il en arrive auffi des volées fur la côte- 
occidentale de cette île, qui n'y féjour- 
nent qu'un mors ou deux, & difparoif- 
fent à l'approche du grand froid fij; ces 
oifeaux ne font que psfler en Prufle (kj ; 
on les voit très-rarement en Suifle , &3 



>j de deffus Ton nid , elle contrefait I^eflropiée, 
autant & plus que tout autre oifeau. » SaUrne, 
Grnithol. p'dg. 360. 

ffj Mullef, Zoohg Dame, n.0214. — Habitat 
in Cimbria , SMandiâ. Brunnich , OrnithoL boréal» 
n.^i88. 

(g) Habitat iii Œlandia apict Auflrali, Linnacus^ 
Fauiia Suecica, n.° 537. 

C hj Ray, Synojf/: page 117. Wilîughby , 
pHge 240. 

fij Charleton, Onomair, Zoic. pag. 96. 

(k) Rzaczynskî, AuBuar, Jùfl. iiat. Po/ow. page 
435* — Avocata aliquaudo ho/pes ajiud nos, Klein j 
De Avib, enatic. pag, 193» 



de VAvocette. 285 

(iîrvnnt AIdrovande , ils ne paroiflènt 
guère plus louvent en Italie, cependant 
ils y font bien connus & bien nommés (l)^ 
Quelques chafl'eurs ont aiTuré que leur 
cri peut s'exprimer par les fyllabes crex ^ 
crex; mais ce léger indice ne fuffit pas 
pour qu'on puiffe foupçonner que Tor- 
feau nommé crex par Ariftote, foit le 
même que Tavocette; car le crex y dit 
ce Philofophe, ejï en guerre avec le loriot 
& le merle ; or il eft très - certain que 
Tavocette na rien à démêler avec ces 
deux oifeaux des bois ^ & d ailleurs ce 
cri crex ^ crex j eft égalemeiat celui de 
la barge & du râle de terre. 

On trouve à la plupart des avocettes 
de la boue fur le croupion, & les plu- 
mes en paroiflènt ufées par les frotte- 
niens , apparemment ces oileaux eflliient 
leur bec à leurs plumes , ou Ty logent 
pour dormir , fa forme ne paroiflant pas 
moins embarrafîànte pour le placer du- 
rant le repos, que pour s'en fervir dans 
l'adiion , à moins que i'oifeau ne dorme , 



(IJ Voyei la nomenclature. 



iS6 Hi/Iolre Naturelle 

comme les pigeons , la tête fur la poi* 
trine. 

L'Obfervateur qif nous conimunrquG 
ces fa^ts (m) ., eft periuadé que Tavocette, 
dans le premier âge, eft giife, & ce qui 
fonde fon opinion, c'eft qu'au temps du 
paiîâge de novembre on en voit piulieurs 
qui ont les extrémités des plumes fcapu- 
îaires grtfes , ainiî que celles du croupion -, 
or, ces plumes & celles qui couvrent les 
ailes , font celles qui confervent le plus 
long-temps la livrée de la naiffance : la 
couleur terne des grandes pennes des 
ailes 5 & la teinte pâle des i^icds , qui 
dans ladulte font d un beau bleu , ne 
laiffent pas douter d'ailleurs que les avo- 
cettes à plumage mêlé de gris ne foient 
les jeunes ^ il y a peu de différences exté- 
rieures dans cette efpèce entre le mâle 
& la femelle -, les vieux ont beaucoup de 
noir, mais les vieilles femelles en ont 
prefque autant , feulement il paroît que 
h taille de celle-ci eft généralement un 
peu plus petite , & que la tête des pre- 
miers eft plus ronde, avec le tubercule 

fmj M. Bâillon, de Montreuil-fur-iner. 



J*l.:SJjrvaç ,clS6 , 




L ^VVOCKTTIT. . 



de VAvo cette. 287 

charnu qui s'élève fous la peau près de 
l'œil , plus enflé -, il ny a pas non plus 
de quoi établir une variété dans 1 efpèce , 
fur ce que les avocettes de Suède ont 
ie croupion noir , félon Linna-us, & que 
celles qui vivent en grand nombre fur 
un certain lac de baffe Autriche , ont le 
croupion blanc , comme le fait obferver 
Kramer (^/2^. 

Soit timidité , foit fineffe , Tavocette 
évite les pièges , & elle eft fort difficile 
à prendre (0); fon efpèce , comme on 
Ta vu, neft bien commune nulle part, 
& paroît peu nombreufe en individus. 



(n ) Elench. aufir. inf» pag. 348. 

(0) a J'ai fait mettre en ufage & empïo^^é moi-» 
même toutes les rufes poffibles pour prendre de m 
ces oifeaux vivans , je n'ai jamais pu y parve- « 
nir. 99 OhfcTvations communiquées par M. Bâillon» 




288 Hijloire Naturelle 
LE COUREUR (a). 

JL ous LES OISEAUX quî nagciit & dont 
îes doigts font unis par des membranes , 
ont le pied court, h jambe reculée & 
fouvent en partie cachée dans le ventre-, 
leurs pieds conftruits & difpofés comme 
des rames à large palme , à manche rac- 
courci , à pofition oblique , femblent être 
fait exprès pour aider le mouvement du 
petit navire animé. Uoifeau eft lui-même 
le vaifTeau , le gouvernail & le pilote -, 



(a) Aïdrovande îui applique îes noms grecs de 
aleos & de trochilos ; & c^efl diaprés celui de 
conira , qu'on îui donne en Italie , que nous 
avons formé ceîui de coureur. — Trochilus , vulgo 
corrira. Aldrovande, Ji^i, tome III, pag. 288. — - 
Wiiiughby , Ornithd, pag. 240. — Troc/ulus, conira, 
feu tabellarïa Mdrovaudi, Charleton , Exercit, page 
102, n.° 9. Ouomaxu page 97 , n.° 9. — Ray,^ 
Synopf Avi, pag. 118 , n." 3. — Trochilus. Jonfton, 
jîvi> page ço. Idem , conira^ page m. — Le 
trocbiîe ou coureur. Sahrut , Ornithol. pag. 362. 
■ — Conira fiipernè ferruginea^ in fer ne aléa; re6tr ici- 
bus binis intennediis candidis , apice iiigris 

Corrira. Le Coureur. Briffbn, Ornithol. tome VI, 
page 542. 

mais 



du Coureur. 1S9 

lîiais 5 au milieu de cette grande troupe 
de navigateurs ailés, trois efpèce-s d'oi- 
feaux forment comme un grouppe îfolé-, 
Hs ont à la vérité les pieds garnis d'une 
membrane comme les autres oifeaux na- 
geurs , mais ils font en même temps 
montés fur de grandes jambes ou plutôt 
fur de hautes échafles , & par ce carac- 
tère ils fe rapprochent des oifeaux de 
rivage , & tenant à deux grands genres 
très-différens 5 ces trois efpèces , forment 
un de ces degrés intermédiaires, une de 
ces nuances qu'en tout a tracées ia Nature^ 

Ces trois oifeaux à pieds palmés & à 
hautes Jambes., font lavocette , dont nous 
venons de parler, le flammant ou p hé ni-^ 
coptère des Anciens & le coureur ainû 
nommé, dit Aldrovande^ delà célérité 
avec laquelle on le voit courir (ux les 
rivages, ce Naturalifte, par qui feuî nous 
connoiflbns cet oifeau , nous apprend 
qu il n'eft pas rare en Italie : nous ne 
îe connoiffons point en France^ & , feJon 
toute apparence , il ne fe trouve pas dans 
les autres contrées de TEurope , ou du 
moins il y eft extrêmement rare. Char- 
leton dit en avoir vu un individu , fans 

Oifeaux j TomcXFL N 



Z90 Uijloiré Naturelle 

faire mention du lieu d*où il venoît ; 
félon Aldrovande , les cuifîes de cet 
oifeau coureur font courtes à proportion 
de la hauteur des jambes *, le bec jaune 
dans fon étendue efi; noir à la pointe , 
il eft court & ne s'ouvre pas beaucoup; 
le manteau eft couleur de gris-de-fer & 
îc ventre blanc \ deux plumes blanches 
à pointe noire, couvrent la queue. Ceft 
tout ce que rapporte ce Naturalise , fans 
rien ajouter fur les dimendons ni la gran- 
deur du corps, qui, dans fa figure, font 
à - peu - près les mêmes que celles du 
pluvier* 

Ariftote & Athénée parlent également 
d*un oifeau à courfe rapide, fous le nom 
de trochilos ^ en difant qu'il vient en 
temps calme chercher fa nourriture fur 
l'eau; mais ce trochilos eft-il un oifeau 
palmipède & nageur , comme le dit 
Aldrovande qui le rapporte à fon oifeau 
coureur 5 ou comme l'indique -/Elien, le 
trochilos n eft-il pas un oifeau de rivage 
du genre des poules d'eau ou des plu^ 
viers à collier^ c'eft ce qui me psroît 
difficile à décider par le peu de renfer- 
gnemens que nous ont laiflë les Anciens* 



. du Coureur. z^i 

Tout ce quirëfulte de leurs notices, c'eft 
que ce trochilos j eft de la claffe des 
oifeaux aquatiques, & c'eft au moins avec 
une efpèce de convenance quJEUcn lui 
applique ce que l'antiquité difoit de Toi- 
feau qui entre hardiment dans la gueule 
du crocodile pour manger les fangfues , 
& qui l'avertit de l'approche de la man- 
gouOiC y chneumon ; cette fable a été appli- 
quée avec autant d'ablurdité qu'il eft 
poflîble d'en mettre à l'application d'une 
fable 5 à un petit oifeau des bois , qui 
eft le roitelet- troglodyte, & cela par 
une erreur de noms, le roitelet- troglo- 
dyte ayant quelquefois reçu le nom de 
trochilos à caufe de fon vol tournoyant (^^y?. 

fbj Voyei i'artiele du Troglodyte, voL K 




Ni] 



z 9 ^ HlJIoire Naturelle 



* LE FLAMMANT 

ou LE PHÉNICOPTÈRE (a). 

jJans Li Langue de ce peuple, fpiri- 
tuel & Tenfible , les Grecs , prefque tous 
les mots peignoient l'objet ou caradlé-^ 



* Fbye^ies planches eniuminées, nP 63. 

(a) En Grec , '^omKO'ir^i^ç ; en Latin, phœui* 
tcpterus; en Efpagnol , & aux îles du cap Vert, 
flamenco; en Portugais, flamingo ; dans les anciens 
OrnithologiHes , flambant ou flammant ^ d'où par 
dégénération , flamant & flamand ; Tokoko , à 
Cayenne, fuivant Barrère ; autrefois en France, 
fclon M. Duhamel ( ancienne hifloire de l\1cadé- 
mie royale des Sciences , page 213 ) , bécharu , 
comme qui diroit bec de charrue , de la forme de 
•fon bec courbé comme un foc; en langue Madé- 
gaffe 01 de Madagafcar , fambe , félon Flaccourt. — » 
Flamant ou flamban^. Bé.'onj Nat. des Oifcaux , 
page 199. — Bécharu. H'iïïoïïe de TAcadémie des 
Sciences, tome II , part, m, pag. 43^ avec une 
afiez mauvaife figure, planche 9. — Phœnicoptzrus^ 
Gefner, Avi^ pag. 689; & Icon. jivi. pag. 136. 
— Aldrovande , Avi- tome III , pag. 319. — 
Jonfton, y^W. pag. 102. — Willughby , OrnithoL 
pag. 240. 'Nota, Les figures données par ces 
^?uteurs, & copiées de celle de Gefner, nç fonj 



du Flammant 293 

nfoient la chofe , & préfentoient l'image 
ou la defeription abrégée de tout être 



po'nt exades. — Ray , Synopf. AvL page 1 1 7 9 
n.^ l'y & 190 9 "«^ I. — Charieton , ExercÏK 
page 108, n.^ 3. Onomait. page 102 ^n.^ 5. — 
Sioane , Jamaïc, page 321, n.^ xvii. — Phœni- 
copterus Plinii , Aldromndi, Klein, Au'u pag, 126^ 
Ik. B. — P/iœnicopteros Avis, Muf. Worm. pag< 309. 
— PhœiiicopteTus au&orum» Moehring , Avi, Gen. 59. 
— Phœuicoptenis Americahus, Séba, voî. 1, page 
103, tab. LXVii,fig. I. — Phœuicoptarus pullus , 
venice & angulis alaruni coccineis. Browne ^ I^Jat» 
h'ifl, of Jamaïc» page 480. — ^ Phœnicoptenis ruber , 
remiglius primoribus nigris, Phœnicopterus rubsr. 
Linnaeus, Syjl» nat. éd. X, Gen. 72, Sp. i. -— 
Phœnicopums ex cinereo puniceus minon roftro, 
"B^vrère , Ornithol.^QM. i, Gen. viii , Sp. i. -^ 
Phœnicopterus rofeus. Idem, ibid. Sp. 2. — Phxni-' 
copterus Guyanenfis, crajjtori roflro , totus phœniceus* 
Idem , ibid. Sp. 3. — Phœnicopterus Phœmceus , 
roftro falcato , ai extremum nigro. Idem , France 
équinox. pag. 140. — Flamenco. Jonfton , Avi* 
pag. 130, — • Avis quam Hifpaui flamenco vocatit* 
De Laèt> J^ov. orb, page 13. — Flamand. Kolbe , 
Defeription du cap de Bonne- efpérance , toiïiQ III ^ 
page 142. — Flambant ou flamand. Dutert. Plifî. 
des Antilles , tome II, pag. 267. — Flamant. Ca- 
tesby,tome I, pag. 73, avec une bonne figure, 
planche 73 ; & de plus une figure de la tête, 
planche 74. — Flammant ou fllamboyant. Albin , 
tome II, page 51, avec une figure mauvaife & 
mal coloriée ; planche 77. — Le flammant ou 

Niij 



2 94 Hi/Ioire Naturelle 

idéni ou réel. Le nom de phénîcoptère j 
oifeau à l'aiU de flamme (h ) ^ eft un 
exemple de ces rapports fentis qui font 
la grâce l'énergie du langage de ces 
Grecs ingénieux , rapports que nous trou- 
vons il rarement dans nos Langues mo- 
dernes 5 lefquelles ont fouvent même 
défiguré leur mère en la traduiflmt. Le 
nom de phénicoptère traduit par nous , 
ne peignit plus rcifeau , & bientôt ne 
repréfentant p\is rien, perdit enfuite fa 
vérité dans Téquivoque. Nos plus anciens 
Naturaliftes françois pror>Qnçoient flam- 
bant ou flammant : peu-à-peu , Tétymo- 
ïogîe oubliée , permit d'écrire flamant 
oxxflawMndy & d'un oifeau couleur de 
feu ou de flamme ( c)^ on fit un oifeau 
de Flandre j on lui fuppofa même des 



flambant. Saïerne , OnilthoL pag. a6o. — P/iœnl' 
copte.ms coccuuus , remigièus p/erifgue nigris ; rediri* 
cibiis coccineis. , . . Phœiiicojjterus» Brifibn , OmithoU 
tome VI, pa^. 532. 

{hj <I*o;v/Jtêoç , purpureus^ flammeus; tf^îç^ç , ala, 
(c) Toutes fes piumes font de couleur incar- 
nat, & quand il vole à l'oppofite du foleil , ii 
paroît tout flamboyant comme un brandon de 
feu. Dutertre, Hifi. tiat. des JiuHles , j^a^. 267. 



du Flammant. 29 j 

rapports avec les habitans de cqHq con- 
trée où il n'a jamais paru (d). Nous 
avons donc cru devoir rappeler ici fon 
ancien nom qu'on auroit dû lui confer- 
ver comme le plus riche &c fi bien appro- 
prié, que les Latins crurent devoir l'a- 
dopter (e ). 

Cette aile couleur de feu n'eft pas le 
feiii caractère frappant que porte CQt 
oifeau , Ton bec d une forme extraordi- 
naire, aplati & fortement fléchi en-deffus 
vers fon miiieu, épais & carré en-def- 
fous , comme une large cuiller, fes jam- 
bes d'une exceflîve hauteur , ion cou 
long & grêle 5 fon corps plus haut monté , 



^J^ Wilîuguby 5 en remarquant cette dénomi- 
nation trompeufe, dit que loin que cet oifeau 
foit fréquent en Flandre , il ne croit pas mente 
qu'on Py ait jamais vu; fur quoi Gefner s'aban- 
donne à plufîeurs mauvais raifonnemens/^/i<^. lll; 
De Amh. ) , trouvant dans la grandeur de c^s 
oifeaux du rapport avec la flature des Flamands , 
fuppofant d'ailleurs fauflement que la plupart de 
ceux que l'on voit , nous font apportés de 
Flandre. 

(t) Pline , Apicius , Juvenal , Suétone , tous 
Q?x retenu ie mot grec , en y ajoutant feulement h 
terminaifon latine jjhœnico^turus» 

Niv 



2^6 Hijïoïre Naturelle 

quoique plus petit que celui de la cig(> 
gne 3 offrent une figure d'un beau bizarre 
& d'une formerdiitinguée parmi les plus 
grands oifeaux de rivage. 

Ceit avec raifon que WîHughby , par- 
Ip.nt de ces grands oifeaux à pieds demi- 
palmés qui hantent le bord des eaux, 
fans néanmoins nager ni fe plonger, les 
appelle des efpèces ifolécs, formant un 
genre à part & peu nombreux 5 car le 
flammant en particulier paroît faire fa 
nuance entre la grande tribu des oifeaux 
de rivage & celle toute auffi grande des 
oifeaux navigateurs , defquels ils fe rap- 
proche par les pieds à demi-palmés, & 
dont la membrane étendue entre les 
doigts 5. & de lune à l'autre pointe, fe 
retire dans fon milieu par une double 
échancrure ( f ) ; tous les doigts font 
très-courts, & l'extérieur fort petit, le 
corps Tefl: auffi relativement à la longueur 
des jambes & du cou. Scaliger le com- 
pare à celui du héron, & Gefner à celui 

• ' ..■>,.-. m. ^ M W. -r ■■ ■ ' i r » 

ff) Ce que Dutertre exprime très -bien, en 
clifant que fis pieds font à demi- marins, Hift. nar. 
des Antiiles ^ page 267. 



du Fîammant. 257 

de la cigogne, en remarquant, ainfi que 
Willughby 5 ia longueur extraordinaire 
de fon cou effilé. Quand le flammant a 
pris fon entier accroiffement , dit Catesby ,; 
il n'efl: pas plus pefant qu'un canard fau- 
vage, & cependant il a cinq pieds de 
hauteur (^gj. Ces grandes différences dans 
ia taille , indiquées par ces Auteurs y 
tiennent à i'âge ainiî que les variétés 
qu'ils ont remarquées dans le plumage ; 
il efl en général doux , foyeux & lavé 
de teintes rouges plus ou moins vives 
& plus ou moins étendues , les grandes 
pennes de Taile font conftamment noires^ 
& ce font les couvertures grandes & pe- 
tites, tant intérieures qu'extérieures, qur 
portent ce beau rouge de feu , dont les 
Grecs frappés , tirèrent le nom de phénr- 
eoptère» Cette couleur s'étend & fe 
nuance par degrés de l'aiîe au dos^& ait 
croupion y fur la poitrine, & enfin fur le 
cou 5 dont le plumage au haut & fur la; 
tête n tft plus qu'un duvet ras & velouté y 
le fommet de la tête dénué de plumes > 



(^J Eill. nat. of Caroiin tom. T, pag. 73,- 



298 Hijîoire Naturelle 

un cou très - grêle , avec un large bec , 
donnent à cet oilesu un air tout extraor- 
dinaire 5 (on crâne paroît élevé & fa 
gorge dilatée en avant pour recevoir la 
mandibule inférieure du bec qui eft très^- 
large dès Torigine , les deux mandibules 
forment un canal arrondi & droit j^^^fq jc 
vers le milieu de leur longueur-, après 
quoi la mandibule fupérieuie fléchit tout 
d'un coup par une forte courbure , & de 
convexe qu'elle étoit devient une lame 
piate : Tinférieure fe plie à proportion , 
confervant toujours la forme d'une large 
gouttière, & la mand'bule fupérieure par 
une autre petite courbure à fa pointe 
vient s'appUquer fur l'extrémité de la 
mandibule inférieure 5 les bords de toutes 
deux font garnis en- dedans dune petite 
dentelure noire^ aiguë, dont les pointes 
font tournées en arrière. Le docteur Grew 
qui a décrit très-exadlement ce htc(h) ^ 
y remarque de plus un tîlet qui règne 
en dedans fous la partie fupérieure & la 
partage par le milieu *, il ell noir depuis 



(hj Maf. reg. Soc. j^a^. 67. 



du Flammanu 299 

h pointe jufqa'à Tendroit où il fléchît, 
& de-îà jufqu'à la racine il eft blanc dans 
roifeau mort, mais apparemment fujet à 
varier dans ie vivant, purfque Gefner ic 
dit d\m rouge -vif, AIdrovande , brun > 
Wiiiughby , bleuâtre , & Séba , jaune. 
«c A une tèiQ ronde & petite , dit Du- 
tertre, eft attaché un grand bec longcc 
de quatre pouces , moitié rouge & moi- ce 
tié noir & recourbé en forme de.cuil-cc 
ier. >5 M/^ de TAcadéirie des Sciences 
qui ont décrit cet oiieau fous le nom 
de bécharu ( i ) , dxfent que le bec eit 
d'un rouge -pâle, & qu'il contient une 
grolTe langue bordée de papilles char- 
nues , tournées en arrière , qui remplit la 
cavité ou la large cuiller de la mandibule 
inférieure. Wormius décrit aufîi ce bec 
extraordinaire , & Aldrovande remarque 
combien la Nature s'eil jouée dans fa 
confirmation. Ray parle de fa figure 
étrange *, mais aucun d'eux ne la exmii* 
née affez foigneulement pour décider un 



(i) Anciens Mémoires de ï^Académîe des 
Sciences , wm^ lll, p.ank m, pag, 43. 

N vj 



300 Hifloire Naturelle 

point que nous dcfîrerîons d'être à portée 
d'éclaircir-, c'eft de favoir fi dans ce bec 
finguircr 5 c'^eft , comme Ton dit piufieurs 
Niituralirtes, la partie fijpérieure qui efl 
mobile , tandis que l'inférieure eft fixe St 
fans mouvement (^^y)» 

Des deux figures de cet oifeau , don- 
nées par AIdrovande , &: qui lui avoient 
été envoyées de Sardargne 5 Tune n'ex- 
prime point les caradères du h^c c(uî 
font afiez bien rendus dans l'autre , & 
nous devons remarquer à ce fijet que 
dans notre planche enluminée même, 
ïes traits de ce bee , (on renflement, ion 
aplatifiement, nefi^ntpas afiez fortement 
prononcés, & qui! eft figuré trop pointu. 

Pline femble, mettre cet oifeau au nom- 
bre des cigognes , & Séba fe perfijade 
mal-à- propos y que le phénicoptcre chez 
les Anciens étoit rangé parmi les ibis-. 
Il n'appartient ni à l'un ni à l'autre de 
ces genres , non - feulement fon efpèca 

(k) Cette aîTertion fe trouve dans îe fragment 
6(1, Ménippe , d'après lequel Rondelet l'a répétée, 
Wormius, Cardan îk Charleton précendent l'a voie 

^éiitiée,. 



au Flammant, 301 

eft ifoîée , mais feul il fait un genre à 
part : & du refte , quand les Anciens 
placent enfemble les efpèces analogues 3 
ce n'eft point dans les idées étroites , ni 
fuivant les méthodes fcholaftiques de nos 
Nomenclateurs 5 ceft en obfervant dans 
îa Nature, par quelles reflemblances des 
mêmes facultés, des mêmes habitudes, 
elle rapproche certaines efpèces, les raf- 
femble & en forme , pour ainfî dire r 
un grouppe réuni par des manières com- 
munes de vivre & d'être. 

On peut s'étonner , avec raifon , de 
ne point trouver dans Ariftote le nom 
du phénrcoptère, quoique nommé dans 
le même temps par Ariflrophane , qui le 
range dans la troupe des oîfeaux de 
marais ( a/^m/o/ ) ^ mais il étoit rare & 
peut-être étranger dans la Grèce. Héîio- 
clore ( l) &t expreiîemcnt que le phé* 
nicoptère eft un oifeau du Nil : l'ancien 
Scholiafèe fur Juvenal (m) ^ dit auffi qu'iî 
eft fréquent en Afrique •,. cependant il ne 
paroît pas que ces oifeaux demeurent 



(l) Ethiopie, lil), Vf, 
(mj ^tyre. XI ^ vers 1-3^.. 



501 Hijîoirc Naturelle 

conftammcnt dans les climats les plus 
chauds, car on en voit quelques-uns en 
Italie, & en beaucoup plus grand nom- 
bre en Efpagne ( n) ^ & il eft peu d'an- 
née? oii il nen arrive pas quelques-uns 
fur nos côtes de Languedoc & de Pro- 
vence, particulièrement vers Montpellier 
& Martigues(^Oy) j & dans les marais près 
d'Arles (p) i d'où je m'étonne que Bé- 
îon, obîervateur li inftruit, dife qu'on 
n*en voit aucun en France qui n'y ait été 
apporté d'ailleurs ( q )> Cet oifeaa auroit- 
il étendu fcs migrations d'abord en Italie , 
où autrefois il ne fe voyoit pas, & en- 
fuite jufque fur nos côtes? 

Il efl: , comme on le voit , habita»t des 



(n) Bélon, Nat. des Oifiaux , pag. 199. 

(0) Lifter, annot. in Apiciam , lib. V , cap. 7, 
— Ray , Synopf. pag. 1 1 7. 

(pj Peirefc. vita lib. IL 

fq) " H n'eft point vu au pays de deçà, (i 
» on ne l'apporte prifonnier , & combien qirif 
« foit oifeau paluftre , toutefois ii n'eft gucres 
»prins de ce côté de la mer occane, mais il efl: 
>» quelquefois vu en Itaiie , & plus fou vent en 
»9 Efpagr.e qu'ailleurs, car on lui fait pàflcr U 
ïîier. yj ISat, de^ Oifcaux, pa^, 199. 



du Flammant. 503 

contrées du Midi , & fe trouve dans Tan- 
cien continent 5 depuis les côtes de la 
niéditerranée jufquà la pointe la plus 
suftrale de T Afrique (r); on en trouve 
en grand nombre dans les îles du cap 
Vert 5 au rapport de Mandeflo 5 qui exa- 
gère la grofleur de leur corps 5 en le 
comparant à celui du cygne ("fj. Dam- 
pier rencontra quelques nids de ces 
oifeaiîx dans celle de Sai { tj^ ils font 
en quantité dans les provinces occiden- 
tales de TAfrique 5 à Ang ^îa , Congo & 
BiflâO 5 où par . rcfped fuperftitieux les 
Nègres ne foufirent pas qu'on tue un 
feul de ces oifeaux , ils les laiffent paifi- 



fr) « Ces oifeaux font fort communs au Cap; 
pendant le jour, ils retiennent fur ie bord des** 
îacs ou des rivières, & la nuit ils fe retirent fur « 
les montagnes. » Kolbe , D'^fiription du cap de 
Bonne- efpérance , tome 11, pag. 172. 

(f) Oq y voit ( des îles du cap Vert ) , entre? 
autres, une forte d'oifeaux que les Portugais appel- 
lent /?dmi//^05 , qui ont ie corps biarxc & les aites 
d'un rouge -vif , approchant de la couleur de feu, 
& qui font aufii gros qu'un cygne. Voyage de 
Mandeflo, page 688. 

ftj Hiftoire générale des Voyages, wmQ XII ^ 
page 225/. 



304 UiJIoire Naturelle 

hiement s'établir jtifqu'au milieu de leurS 
habitations f uj. On les trouve de même 
à la baie de Saldana ^ at^) ^ & dans toutes 
ïes terres voilines du cap de Bonne- 



fu) a Les flamingos font en grand nombre 
Tî dans Je canton, & fi refpedés par lesMandin* 
n gos d^un viiîage à demi -lieue de Geves, qu'il 
» s'y en trouve des miliiers ; ces oifeaux font de 
yy la grandeur d'un coq* d'inde. . . les habitans du 
y-i même vill'^ge , portent le refpeâ: fi loin pour 
r) ces animaux, qu'ils ne fouffrent pas qu'on leur 
n fafle le moindre mal. lis les laiffent tranquilles 
« fur les arbres au milieu de leurs habitations , 
>5 fans être in-içortunés de leurs cris , qui fe font 
y^ entendre néanm.oins d'un quart de lieue. Les 
r> François en ayant tué quelques - uns dar^s cec 
yt afyle , furent forcés de les cacher fous l'herbe y 
yy de peur qu'il ne prît envie aux Nègres de ven- 
ger fur eux la mort d'un oifeau fi révéré, n Rela-' 
tion de Brue, Hift, générale des Foyages , tome ITr 
jjage 590. 

fxj «Dans la multitude d'oifeaux qu'on voit 
yy à la baie de Safdana , les pélicans , les flamingos , 
r) les corbeaux , qui tous ont un collier blanc 
yy autour du cou , quantité de petits oifeaux de 
"différentes efpèces , fans compter ceux de la 
»mer, dont la variété eft innombrable, rem- 
« plifTent tellement l'air, les arbres & la terre, 
n qu'on ne peut fe remuer fans en faire partir 
un grand nombre. » Relaîiori de Dmiiton ^ Hifîoire- 
générale des f^'oyages , tome II, j>oge 46. 



du Flammant. 50 j 

efpérance , où ils paffent le jour fur îa 
côte 5 & fe retirent la nuit au milieu des 
grandes herbes qui fe trouvent dans quel- 
ques endroits des terres adjacentes (^y^. 
Au refte , le flammant eft certainement 
un oifeau voyageur 5 mais qui ne fré- 
quente que les climats chauds & tempé- 
rés 5 & ne vifite pas ceux du Nord , iî 
eft vrai qu'on le voit dans certaines fai- 
fons paroître en divers lieux , fans qu'on 
fâche précifém.ent d'où il arrive;, m.ais 
jamais on ne Ta vu s'avancer dans les 
terres feptentrionales ,. & s'il en paroit 
quelques - uns dans nos provinces inté- 
rieures de France feuls & égarés , ils fem- 
blent y avoir été jetés par quelque coup 
de vtnt. Pvl. Salerne rapporte 5 comme 
chofe extraordinaire ('[) ^ qu'on en a 
tué un fur la Loire. Ceft dans les climats 
chauds que fes courfes s'exécutent 5 & il 
îes a portées de l'un à l'autre continent, 
car il eft du petit nombre d'oifeaux com- 



Cy ) Hiftoire générale des Voynges 5 icmQ F" 
^age 201. 



3o6 Hijîoire Naturelle 

muns aux terres méridionales de tous 
deux (a). 

On en voit au Valparars, à la Con- 
ception, à Cnhi (^ bj j où les Efpagnols 
les nomment Jlamencos/cJ ; il s'en trouve 
à la cote de Venezuela près de Ule 



fa) « On voit dans î'îîe Maurice (île de 
«France ), beaucoup de certains oifeaux qu'on 
>j appelle géaiis , parce que ieur tête s'éiève à 
>♦ {a riauteur d'environ fix pieds ; ils font extrê- 
ornement hauts montés, & ont le cou fort long; 
n le corps n'eft pas plus gros que celui d\ine oie ; 
»»ils paiffent dans les iieux marécageux, & les 
99 chiens les furprennent fouvent , à caufe qu'il 
» leur faut beaucoup de temps pour s^éiever de 
>j terre. Nous en vimes un jour un à Rodrigue, 
9> &: nous le primes k la main, tant il étoit gras; 
» c'eil le feul que nous ayons remarqué, ce qui 
»> me fait croire qu'il y avoit été pouffé pai 
» quelque vent, à la force duquel il n'avoit pu 
réiîftcr ; ce gibier eft affez bon. » Foyagcs de 
Franc. Léguât; Jmjîerdam , 1708, toin. II , pag. 72. 

(èj «* Dans les petites îles, fous Cuba, à qui 
» Colomb donna le nom de jardin de la Reine . 
» on voit des oifeaux rouges de la forme des 
» grues , qui ne fe trouvent que dans ces îles , 
9i où ils vivent d'eau falée , ou plutôt de ce qu'ils 
y trouvent propre à les no unir. »> Ilerrera , 
cap. xiii. 

( cj De Laëtj Defuip, ind. occid, lib. I, cap. //. 



du Flammant. 307 

blanche & de l*île d'Aves , & fur Tîle 
de la Roche ^ qui n'eft qu'un amas d'é- 
cuerls(^^y),-ils font bien connus à Cayenne, 
où les naturels du pays leur donnent le 
nom de tococo ; on les ycit border le 
rivage de la mer ou voler en troupes fej; 
on les retrouve dans les îles de B^ha- 
ma (^fj. Hans Sîoane les place dans le 
catalogue des oifeaux de la Jamaïque fg); 
Dampier les retrouve à Rio de la Ha- 
cha (h ) ; ils font en très - grand norn- 
bre à Saint-Domingue ( i ) ^ aux Antilles 



(d) Idem, Uh, XVIÎI, cap. xvj, 

f e ) Barrère , Hijl. nat. da la France équinox. 
Les bois à Cayenne font peuplés de flammands , 
de colibris , d'ocos & de toucans. Fuyage de 
Froger, 

ffj Klein, De Avib. errât, page 165. 

(gô Hift. nat. of Jamaïc. tome 1 1 , page 321. 
Thefe are common in the Marshy and fenny 
places, and Likewife shallow baies of Jamaïca, 

fh) « j'ai vu des flamingos à Rio de la Hacha , 
& à une île fituée près du continent de i'A mé- « 
rique, vis à- vis de Curaçao, & que les pirates « 
appellent rtle de Flamingo^ à caufe de ia pro *< 
digieufe quantité de ces oifeaux qui y nichent, m 
Dampier, Nouveau J^oyage autour du monde, tom, I, 
page 94. 

(iJf^iA, Saint-Domingue, les flamingos bordent 



3 08 Hifîoire Naturelle 

& aux îles Caribes (kj ^ où ils fe tien- 
nent dans It^s petits lacs falés & fur les 
îagunes. Ceîur dont Séba donne la figure 5 
lui avoit été envoyé de Curaçao ( l) ; on 
en trouve également au Pérou (m) j Juf- 



f> les marais en grandes troupes . & comme ils ont 
>î les pieds d'une extrême hauteur, on ies pren- 
droit de loin pour un efcadron rangé en bataille. ?5 
J^ifl. générale de^ Voyages , tome XII , pag. 228. — 
*• Les endroits que les flamants fréquerjtent le plus 
»>Tolontieîs à Saint-Domingue, font ies maré^ 
» cages de la Gonave & de Vik à Vache , petites 
5» îles iuue'es, l\.ne à l'oueft du Port-au-Prince ^ 
» l'autre au fud de la ville des Cayes. Ces îles 
jj leur plaifent , & parce qu'elles font inhabitées, 
5î &; parce qu'il s'y trou\'e piufieurs iagons & 
r marais d'eau faïée ; ils fréquentent auflî beau- 
?» coup le fameux étang de Ri quille , qui appar- 
>» tient aux Efpagnoîs. On en voit h. l'eft de îa 
>5 plaine du Cid-de-fac , dans un grand étang qui 
»> contient piufieurs îlets; m.ais durefte, on obferve 
r que le nombre de ces oifeaux diminue à mefure 
» que l'on defsèche les marécages & que l'on abat 
n ies hautes futaies qui garnilTent les bords des 
grands étangs. » Extrait des Mémoires communiqués 
j}ar M. le chevalier Lefehvre Deshayes. 

(k) Hernandez, Rochefort. 

(IJ Thef. taL 67. 

(m) De Laët. 



du Flammant. 309 

qu'au Chili (n). Enfin il eft peu de ré- 
gions de TAmérique méridionale où quel- 
ques Voyageurs n'aient rencontré ces 
oifeaux. 

Ces flammans d'Amérique font par- 
tout les mêmes que ceux de l'Europe & 
d'Afrique , l'efpèce de ces oifeaux fem- 
ble être unique & plus ifoîée qu'aucune 
autre , puifqu'elle s'eft refufée à toutç 
variété. 

Ces oifeaux font leurs petits fur les 
côtes de Cuba & des îles de Bahama (0) ^ 
dans les plages noyées & fur les îles 
baffes 5 telles que celles à!Aves (p) j où 
Labat trouva nombre de ces oifeaux & 
ïeurs nids ( q^) ; ce font de petits tas de 
terre glaife & de fange amaffée du ma- 
rais, relevés d'environ vingt pouces en 
pyramide au milieu de l'eau 3 où leur 



(n) Fréfier, ^agt 73. 

(a) Catesby , iVaf. hl^. of Carolina , tome I, 
F^ë' 73- 

fpj Cinquante lieues fous le vent de la Domî- 
nique. 

fq) Hiftoire générale des Voyages, tome '^V, 
page 673. 



3 I o Hijloire NatirelU 

bafe baigne toujours , & dont le fom- 
met tronqué, creux & liffé, fans aucun 
lit de plumes ni d'herbes , reçoit immé- 
diatement les œufs que Toifeau couve 
en repofant fur ce petit monticule (^r^*^ 
les jambes pendantes , dit Catesby, comme 
un homme affis fur un tabouret , & de 
manière qu'il ne couve fes œufs que du 
croupion & du bas -ventre. Cette fingu- 
Irère fituation eft néceiîîtée par la lon- 
gueur de ks jambes , qu'il ne pourroit 
jamais ranger fous lui s'il étoit accroupi. 
Damprer décrit de même leur manière 



(t) « On me montra quantité de leurs îiids ; 
î) ils reffemblent à des cônes tronqués, compofés 
j> de terre grafie , d^environ dix - huit à vingt 
» pouces de hauteur , fur autant de diamètre par 
?> le bas; ils ies font toujours dansTeau, c'ell-à- 
>> dire , dans des mares ou des marécages : ces 
>i cônes font folides jufqu'à la hauteur de Peau , 
» & enfuite vides comme un pot avec un trou 
>) en haut ; c'eil ià dedans qu^iis pondent deux 
f9 œufs qu'iis couvent eu s'appuyant contre & 
^> couvrant ie trou avec leur queue; j'en ai rom- 
« pu quelques-uns fans y trouver ni piumes, ni 
» herbes, ni aucune chofe pour repofer les œufs; 
n le fond efi: un peu concave & ies parois fort 
unies, t» Labat , tome IV» pag, 425. 



du Flammant. 515 

de nicher dans Tîle de Sal (f), Cefl: 
toujours dans les lagunes & les mares 
làlées qu'ils placent leurs nids , ils ne 
font que deux œufs ou trois au plus (t) j^ 
ces œufs font blancs , gros comme ceux 



(f) (t Ils font leur nid dans les marais , où i{ 
y a beaucoup de boue qu'ils amoiicèlent avec « 
ïeurs pattes , & en font de petites hauteurs qui « 
relTemblent à de petites îïes , & qui paroilTent «* 
hors de l'eau d'un pied & demi de haut ; ils « 
font îe fondement de ces éminences large , & le u 
conduifent toujours en diminuant jufqu*au fom « 
mec, où ils laiiTent un petit trou pour pondre; « 
quand ils pondent ou qu'ils couvent , ils fe «« 
tiennent debout, non fur l'éminence mars tout « 
auprès, les jambes à terre & dans i eau , feu 
repofant contre leur monceau de terre , & cou- u 
vrant leur nid de leur queue, iîs ont les jam- « 
bes fort longues, & comme ils font leurs nids<i 
à terre, ils ne peuvent, fans endommager leurs a 
œufs ou leurs petits , avoir les jambes dans leur « 
nid, ni s'afTeoir deffus , ni s'appuyer tout le « 
corps qu'à la faveur de cet admirable inftinct <* 
que la Nature leur a donné ,• ^Is ne pondent <* 
jamais que deux œufs & rarement moins. Les << 
jeunes ne peuvent voler qu'ils n'aient prefque <« 
toutes leurs plumes, mais ils courent avec une a 
vîteffe prodigieufe. » Dampier , tome I, pag, 93, 
(tj They never îay more than three eggs , and 
feldom fewer. Philofopk Tranjà&, n,^ 5^50. 



3 î 2 HîJIolre Naturelle 

de loie & un peu plus a{ongés(uJ; les 
petits ne commencent à voler que lorf-- 
qu'ils ont acquis prefque toute leur gran- 
deur 5 mais ils courent avec une vîteffe 
fîngulière fxjj peu de jours après leur 
naiflance. 

Le plumage efl d'abord d'un gris-claîr, 
& cette couleur devient plus foncée à 
mefure que leurs plumes croiflent , mais 
il leur faut dix ou on2:e mois pour lentier 
accroiffement de leur corps , & ce n efl: 
qu'alors qu'ils commencent à prendre leur 
beile couleur > dont les teintes font foi- 
bles dans la jeunefle , & deviennent plus 
fortes & plus vives à mefure qu'ils avan- 
cent en âge (^yj. Suivant Catesby j il fe 



( uj Décrit fur des œufs de tokoko ou flam* 
maut de Cayenne 5 au Cabinet du Roi. 

(x) The young ones cannot fliy tif they are 
almofl fuiï grown ; but wiil run prodigioufîi faft. 
Philofoph, Trarifa&, ibid. 

(y ) « Ils diffèrent en couleur, d^autant qu'ils 
» ont ïe plumage blanc quand ils font jeunes ; 
»puis après, à mefure qu'ils croiiTent , ils de- 
>.> viennent couleur de rofe , & enfin quand ifs 
font âgés, tout incarnat. » De Laët, ipa^z 583, 
Voy^\ aujji Labat, tomQ VllI^ pag, 291. 

pafle 



du Flammant. 315 

pifîe deux ans avant quils acquièrent 
toute îeur belie couleur rouge ( \). Le 
P. Dutertre fait la même remarque (^^^; 
mais quel que foit le progrès de cette 
teinte dans leur plumage , l'aile eft colo- 
rée la première, & le rouge y eft tou- 
jours plus éclatant que par-tout ailleurs; 
cette couleur s'étend enfuite de l'aile fur 
le croupion , puis fur le dos & la poi-. 
trine & jufque fur le couj il y a (eu-, 
iement dans quelques individus de légè- 
res variétés de nuances qui paroiiîent 
fuivre les différences du climat *, par exem- 
ple 5 nous avons remarqué le rouge plus 
ponceau dans le flammant du Sénégal , 
& plus orangé dans celui de Cayenne : 
feule différence qui ne fuffit pas pour 
conftituer deux eipèces comme Ta fait 

B3iXïlït(b). 



(l) Hift. nat. of Carolina , tomz I , pag. 73, 
faj u Les jeunes foiJt beaucoup plus blancs 
que les vieux , ifs rougilTent h mefure -qu'ils u 
avancent en âge; j'en ai vu aulïi quelques' uns « 
qui avoient ies aiies mêlées de plumes rouges, « 
noires & blanches , je crois que ce font les m 
mâles. » Hcftoire des Antilles, 

( b) Pkxnicopterus tx cinereo puniceus ; phmni-' 

OiJiauXj Tome XFI. O 



3 r 4 HiJIoire Naturelle 

Leur nourriture , dans tout pays , e(k 
à-peu-près la même -, ils mangent des 
coquillages, des œufs de poifTons & des 
înfedcs aquatiques : ils les cherchent dans 
îa vafe en y plongeant le bec & partie 
de la tètQ\ ils remuent en même temps 
& continuellement les pieds de haut en 
bas pour porter la proie avec le limon 
dans leur bec, dont la dentelure fert à 
ïa retenir. Ceft, dit Catesby, une petite 
graine ronde , femblable au miilet , qu'ils 
élèvent ainfi en agitant la vafe, qui fait 
le grand fonds de leur nourriture , mais 
cette prétendue graiiie neft vraifembla- 
bîement autre chofç que des œufs d'in- 
fedes, & fur-tout des œufs de mouches 
& moucherons , auffi multipliés dans les 
plages noyées de TAmérique , qu'ils peu- 
vent l'être dans les terres baflcs du Nord 5 
où M. de Maupertuis dit avoir vu des 
lacs tout couverts de ces œufs d'infedes 
qui reflembloient à de la graine de 
mil fcj. Apparemment ces oifeaux trou- 



coptems Tofeus ; phœnicopterus ph^niccws, Ornkhoî, 
Spjecim. nov. 
(cj Voyage en Lappohiç pour ia Mefure de là 



du Flammant. 3 ï | 

irent aux îles de TAmérique cet aliment 
en abondance , maïs fur les côtes d'Eu- 
rope, on les voit fe nourrir de poiflbn; 
les dentelures dont leur bec eft armé 
n'étant pas moins propres que des dents 
à retenir cette proie glîffante. 

Ils paroîfTent comme attachés aux riva- 
ges de la mer -, il Ton en voit fur des 
fleuves 5 comme fur le BJaone ( dj ^c^ 
n'eft jamais bien loin de leur embou-^: 
chure , ils fe tiennent plus conftamaiient 
dans les lagunes, les marais falés & fut 
Iqs côtes baffes , & Ton a remarqué , 
quand on a voulu les nourrir , qu'il 
falloit leur donner à boire de Teau 
falée (e ). 

Ces oifeaux fant toujours en troupes," 
& pour pêcher ils fe forment naturelle- 



Terre. Tome III , des Œuvres â^ Maupmuis f 

(à) Peirefc. vita, /iè. IL 

(e) Gregatim degunt Ef jaxtâ littora^ atque la. 
îpjis marinis piBihits pi&um qn^runt , filjis undis 
ira ajjuctûi y ut quum ab in dis aluntur ( nam & cicu^ 
rautur ), Sal potui ipfarum necejjario admijceatuf. 
De Laè't, Defcrip. ind. occid. liL II, cap. iif 
i-âbat & Charlevoix difent la même chofe. 

O i] 



51^ Uifioire Naturelle 

ment en file , ce qui de loin préfente 
une vue fingulière , comme de foldats 
rangés en ligne ( fj ; ce goût de s'aligner 
leur refte, même lorfque placés 1 un con- 
tre l'autre , ils fe repoient fur la plage (gj; 
ils établirent des fentinelles & font alors 
une efpèce de garde , fuivant rinHinét 
commun à tous les oifeaux qui vivent 
en troupes j & , quand iis pèchent , la 
tête plongée dans leau y un d'eux eft 
en vedette 5 ia tête haute (hj; & ii quel? 



ffj ** Les flamingos bordent les marais en 
V grandes troupes à Saint-Domingue , & comme 
?» lis Oit les pieds d'une extrême hauteur, on 
?) les prendroit de loin pour un efcadron rangé 
en batailie.î) Hifl, générale des Voyages, tome XII, 
page 229. 

(g) »' Ils fe tiennent ordinairement fur leurs 
99 jambes l'un contre l'autre , fur une feule ligne ; 
» dans cetce lituation , il n^y a perfonne qui , à ia 
>> diilaiice d'un demi- mille, ne les prît pour un 
j9 mur de briques, parce qu^ils en ont exadement 
îa couleur.» Relation de RoberiiiHifloire générale 
des Voyages y tome IF , page 364. 

(h) tt lis font toujours en garde contre \?, fur- 
>» prife de leurs ennemis , &: l'on prétend qu^il 
» y en a quelques-uns en fentinelle, tandis que 
» les autres font occupés à chercher leur ^4ç; 
i> avec cela ^ on dit qu ils éventent la poudre d'allés 



iu Flammant 3 i 7 

que chofe Talarme jii jette un cri bruyant 
qui s'entend de très loin , & qui eft aflcz 
femb^able au fon d'une trompette (^ iy) ; 
dèis-lors toute la troupe le lève & obferve 
dans fon mouvement de vol un ordre 



loin , ainfi on les approche difficilement. Nos a 
anciens boucaniers fe fer'voient , pour les tuer , « 
<i\in fîratagème femblable à celui dont on dit « 
que les Floridiens ufent pour approcher les « 
cerfs; ils fe couvroient d^une peau de bœuf,« 
& prenant îe defious du vent , ils approchoient « 
ïeur proie fans que \es flamands , accoutumés à << 
voir paître les bœufs dans les campagnes , en a 
fuiïent cîTarouchés, de forte qu'ils les tiroient à « 
leur aife ?> Hi/Ioire de Saint- Domingue , par U 
P, Charkroix ; Paris, 1730 > tome I , page 30, 
Voy^l la même chofe , Hifl, nat. & morale des 
ydntiÙes .page 151. 

(ij *t Ces oifeaux ont îe ton de voix fi fort, 
qu^il n'y a perfonne en les entendant, qui ne a 
crût que ce lont des trompettes qui fonnent ; u 
ils font tou'ours en bandes, & pendant qu'ils « 
ont la tête cachée , barbotant dans i eau, comme «^ 
îes cygnes, pour trouver leur mangeailîe , il y u 
en a toujours un en fentinelle tout debout , le a 
cou étendu , i'œil circonfpedr & la tête inquiète ;u 
fiiôt qu'il aperçoit quelqu'un , il fonne de la« 
trompette, doniie Tcilarme au quartier, prend « 
h vol tout le premier & tous les autres le « 
fuivent. >; Hift, nat, des Jn tilles. 

Oiij 



3 l 8 Hifloîre Naturelle 

femblable à celui des grues : cependanf 
îorfqu on furprend ces oifeaux , Tépou- 
vante les rend immobiles & ftupides, & 
ïaiffe au chaflêur tout le temps de les 
;abattre prefque jufqu*au dernier. Ceft 
ce que témoigne Dutertre (h) , & c eft 
auffi ce qui peut concilier les récits 
contraires des Voyageurs, dont les uns 
repréientent les flammans comme des 
oifeaux défians ( l) j & qui -ne fe laif- 
fent guère approcher (m) ^ tandis que 



(k) u Que fî on peut les ftirprendre , ils font 
M fi faciles à tuer, que les moindres biefiures les 
font demeurer fur la place. ?> Ibidem. 

(l) « Us ont Pouïe & l'odorat fi fubtil, qu'ils 
w éventent de loin les chafleurs & les armes à 
79 feu ; pour éviter aufii toute furprife , ils fe 
» pofent volontiers en des lieux découverts ôc au 
»9 milieu des marécages , d'où ils peuvent aper- 
93 cevoir de loin leurs ennemis, & il y en a tou- 
jours un de la bande qui fait le guet. »> Rochefort, 
Mifloirz des Antilles. 

(m) a Ces oifeaux fe îaiiTcnt approcher diffici- 
M îement : Dampier & deux autres chaffeurs , s'étant 
«placés le foir près du lieu de leur retraite, les 
»furprirent avec tant de bonheur, qu'ils en tuèrenî 
quatorze de leuro trois coups. » Relation de Ro- 
hrt^yHiftoira générah d(^S Voyages, tomeîI,^Qg, ^64^ 



du Fîantmant 3 1 9 

cî'autres les difent lourds 5 étonnés ("nj s 
& fe laîfîant tuer les uns après les au- 
tres (^oj. 

Leur chair eft un met recherché -, Cz-^ 
tesby la compare pour fa délicatefTe à 
celle de la perdrix , Dampier dit qu elle 
eft de fort bon goût^ quoique maigre: 
Dutertrc la trouve excellente 5 malgré 
un petit goût de marais*, & la plupart 
des Voyageurs en parlent de même ("pj. 



fnj Stolida yims y dit Klein. 

fo) « Un homme en fe cachant de manière 
qu'iîs ne puifTentle voir, en peut tuer iin grand. «^ 
nombre ; car ie bruit d'un coup de fulii ne ieur a 
fait pas changer de pîace , ni la vue de ceux « 
qui font tués au milieu d'eux, n'efl: pas capa-^* 
ble d'épouvanter les autres , ni de ies avertir u 
du danger où ils font ; mais iîs demeurent les u 
yeux fixes, & pour ainfî dire étonnés ,jufqu'à« 
ce qu'ils foient tous tués , ou du moins la plu- « 
part. >5 Catesby , hlat. hifl, af Carolin. tome T, 
I^g' 73- 

(pj « Ces oifeaux font en grand nombre dans 
les pays du Cap; leur chair eft faine & de bon <* 
goût : on afiure que leur langue a Je goût de ** 
la moelle. »» Hift, générale des Voyages ^ tome V , 
page 201. — Ils font gras & leur chair eft délicate» 
Kochefort. 

O iy 



3 20 Hijîoire Naturelle 

M. de Penefc eft prefque le fcul qui la 
dife mauvaife, mais à îa différence que 
peuvent y mettre les climats , il faut 
joindre l'épuifemcnt de ces oifeaux qui 
n'arrivent fur nos côtes que fatigués d\m 
long vol. Les Anciens en ont parlé 
comme d'un gibier exquis (^^^. Phdof- 
trate le compte entre les délices des fef- 
tins (^rj; Juvénal reprochant eux Romains 
leur Ii^xe déprédateur , dit qu'on les voit 
couvrir leurs tables & des oifeaux rares 
de Scytiiie & du fuperbe phénicoptère. 
Apicius donne îa manière favante de 
Taflâilonner (^yy^ & ce fut cet homme 



CçJ Caliguîa devenu afiez fou pour fe croire 
Pieu, avoit choifi le phénicoptère avec le paon, 
poijr les hofties exquifcs qu'on devoit imiP.oier à 
fa divinité; 8c h veilîe du jour où ii fut mafla- 
cré, dit Suétone, il s'ctcit afpergé dans un facri- 
lîce du fang d'un phénicoptère. 

frj Vita Apollon, lib, VIIL 

(f) PhœuicopteTum elixus , lavas, ornas; îiidudls 
in cacahiim; adjicies aquam , fahm & aceti modicum. 
Dimidiâ co&iirâ alligas fafcicalt/m porri 6* coriandri , 
vt coqiiatnr. Propè co&uram defriitum mittis , coloras: 
adjicies in moTtarinm piper ^ cumiuum , coriandrum ^ 
laferis radicem , mcmkam, rutam ; fricabis ; fvfpjndis 
acitum ; adjicies caryotam. Jus d& fuo fibi perjundis ; 



du Flammant. 321 

ilont îa voracité, dïlWmCy engloutijfoit 
les races futures (t) y qui découvrit à 
la langue du phénicoptère cette faveur 
qui la fit rechercher comme le mor- 
ceau le plus rare ( u). Quelques-uns de 



r&exinanies in ctindem cacahum : amïlo ohligas jij£ 
j)erfuvJis , & inflres. Aiiter ; ajfas avem: teres piper, 
iiguflicum y apii femeii , ftfamum , àefrutum y petrofi- 
llmum . mentham j cepam ficcam , caryotam ; mdU , 
vifio y Iquamine , aceto y oleo Ef defrino temperaèis^ 
De Cbfon. & Condim. iib. VI, 'cap. vu. 

(tj PhoeTiicopten linguam pra:cîpui ejfè Japons 
apicius docnky ncpoti^m omnium altiffimus gurgcs. 

fuj Lampride compte parmi les excès d'Hélio- 
gabale^ ceiui d'avoir fait paroître à fa table , des 
plats remplis de langues de phénicoptères. Suétone 
dit que Vitellius raliem.biant îes dtiices de toutes 
les parties du monde, faifoit fervir à-la- fois dans 
fes feftins , les foies des Icares , les laites de mu- 
rènes; les cervelles de faifons, & îes langues de 
phénicoptères ; &. Martiai faifant honte aux Ro- 
mains de leurs goûts deflrudeurs , fait dire à cet 
oifeau , que fon beau plumage a frappé les yeux, 
Se que fa tangue elt devenue la proie des cour- 
mands , tout comme fi cette langue eut dû piquer 
îeur goût dépravé , autant que la langue mufi- 
cale & charmante du roilignol , autre tendre vidime 
de ces déprédateurs : 

Dût miki penna rubens iiomen ; fèd lingtia gulo/îs 

JNoftra fapït : quid , fi ^arrula lingua foret f 

O V 



J2 2 Hîjîoire Naturelle 

nos Voyageurs , foit dans le préjugé cfeâi 
Anciens ou d'après leur propre expé- 
rience 5 parlent auffi de Texcellence de- 
ce morceau ( x ). 

La peau de ces oifeaux, garnie dun 
ï)on duvet > fert aux mêmes ufages que 
celle du cygne ( y )* On peut les appri- 
voifer aflez aifément , foit en les prenant 
jeunes dans le nid (l) y foit même en 



fx) Mais fur-tout leur langue paffe pour le 
plus friand morceau qui puifTe être mangé. Du- 
tertre, — Ils ont la langue fort grofle, & vers la 
ïacine un peloton de graille qui fait un excellen; 
ïnorceau. Un plat de langues de flamingos feroit ^ 
fuivant Dampier , un met digne de la table des 
Rois. Hifîoire générale des Voyages, tome 11^ 
jpage 364. Relation de Robertz. 

fyj On les e'corche , & de leurs peaux on 
en fait des fourrures, que Pon dit être très-utiles 
ii ceux qui font travailles de froideurs & de dé- 
bilité d'eftomac. Dutertre, 

fl) " Je fouhaitois fort d'en avoir de jeunes 
9j pour les apprivoifer; car on en vient à bout , 
79 & j'en ai vu de fort familiers chez ïe Gou- 
» verneur de la Martinique. . . . En moins de 
59 quatre ou cinq jours, lea jeunes que noua 
0} primes venoient manger dans nos mains, cepen» 
» dant je les tenois toujours attachés , fans me. 
w fier trop h eux 5 car un qui s'étoit détaclîé ^ 



au Flammant jfij 

les attrapant déjà grands dans les pièges, 
€^ de toute autre manière (^^ y!/ car quoi- 
qu'ils foient très - fauvages dans Vèt^t de 



?> s^enfuit vite comme un lièvre , & mon chieiï 
€ut de la peine à l'arrêter. » Labat , "Nouveau 
Voyage aux îles d^ Amérique » tome VII I, pages^ 
api 6* 292, 

fa) ciJJn fîamanc fauvage étant venu fe poler 
^an-s une mare près de notre habitation , on y <* 
cbafla un flamant domeftique qui vivoit dans ia u 
baffe cour, & le négrillon qui le foignoit, porta << 
Je baquet dans lequel il le nourriffoit, au bord« 
de la mare à quelque diftance , & fe cacha auprès ; u 
le flamant domeftique ne tarda pas à s'en appro- u 
cher , & le flamant fauvage de le fuivre ; celui-ci u 
voulant prendre fa part des alimens, le premier « 
fe mit à le chaffer & à le battre , de manière «■ 
que le pttit nègre qui faifoit le mort à terre , u- 
trouva rinftant de le prendre en Parrêtant par «^ 
ies jambes. Un de ces oifeaux, pris à-peu-prèsi< 
de même, a vécu quinze ans dans nos bafle- « 
cours ; i! vivoit de bon accord avec les voîaifes , <t 
& careffoit même fes compagnons de chambrée, <«• 
les dindons & les canards en les grattant fur le u 
dos avec le bec. Il fe nourriffoit du même grain «- 
que ces volailles , pourvu qu'il fut mêlé avec «• 
lan peu d*eau; au refte , il ne pouvoit manger <^' 
qu^n tournant le bec pour prendre les alimena^^ 



324 Hijîolre NarureUe 

iiberté'5 une fois captff le- flammpnt pa-^ 
rcît fournis, & fenible m^me aftedltonné-, 
& en efE t il eft ] Ins faroî^che que fier, 
& la même crainte qui le fa'ît fuir, le 
fubjugue quand il eft pris. Les Indiens 



», de côté ; iî barbotoît d*ai!feurs comme les 
9) canards , & connoiflbit fi bien ceux qui avoient 
,, coutume d'avoir foin de lui que quand if avoic 
„ faim il alloit à eux & les tiroit avec ie bec 
f, par les vêtemens : il fe tenoit très-fouvent dans 
,, l'eau jufqu'k mi jambes, ne changeant guère de 
>î place & plongeant de temps en temps fa tête 
9, au fond, afin d'attraper de petits poiflbns, dont 
9, il fe feroir nourri de préférence au grain; queî- 
9, quefois i couroit fur l'eau en la battant alter- 
9, nativement avec fes patres , & en fe fouterant 
9îpar le mouvement de fes ailes à moitié éten- 
9, dues; il ne fe plaifoit point à nager, miis à 
99 trépigner dans peu d'eau ; quand il tomboit il 
99 ne fe reîevcit que très difficilement, auiïï ne 
99 s'appuy oit-il jamais fu- fon ventre pour dormir; 
95 il retiroit feulement une de fes jambes fous lui, 
99 reîloit fur l'autre comme fur un piquet, paffoit 
99 fon cou fur fon dos , &: cachoit fa ttce entre le 
99 bout de fon aiîe & fon corps, toujours du côté 
oppofé à la jambe qui étoit pliée. »> Lettre de 
jvi. Pommiés » Commandant de Milice au quartier dt 
JNipes^ à Saint-Domingue, communiquée j^ar M> h 
i-hepalisr Lefebpra Deshayes. 



du Flammant 5x5 

tn ont d'entièrement privés (b ). M. de 
Peirefc en avoit vu de très - familiers , 
puifqu'il donne plufieurs détails fur leur 
vie domeftique (c): Ils mangent plus de 
nuit que de jour 5 dit -il, & trempent 
dans Teau le pain qu'on leur donne , iîs 
font fenfibles au froid & s'approchent du 
feu jufqu'à fe brûler les pieds , & lorf- 
qu'une de leur jambe eft impotente , iîs 
marchent avec l'autre en s'aidant du bec 
& Tappuyant à terre comme un pied 
ou une béquille, ils dorment peu & ne 
repjolent que fur une Jambe, Tautre retirée 
fous le ventre ; néanmoins ils font déli- 
cats & aff:fz difiSciles à élever , dans nos 
climats *, même il paroît qu'avec aff z de 
docilité pour fe plier aux habitudes de 
la captivité , ctt état ed très-contraire à 
leur nature , puifqu ils ne peuvent le 
fupporter îong-tem.ps , & qu'ils y lah- 
guiffjnt plutôt qu'ils ne vivent, car ils 



(b) Ah indïs domi aîuntur ; vam & cicurantur* 
Defcr. ind. occid. iib. I, cap. ii. 

(cj Peirefc. vita, liù, IIL 



^i6 Hijloire Naturelle y &c 

ne cherchent pas à fe muîtiplîer & jamaï? 
ils n'ont produit en domefticité (dj. 



(dj Barrère, ibidem. 



Fin du Tome XVK^ 



To77xjuu:: 



TLXr.^ay.S'jLG. 




LE PU AMMANT ou PHTllSTICOrTERE . 



TABLE 

Des Matières contenues dans 
les Tomes XI & XII. 



AcUTIPENN32. Vùyei HïRGN3>ELL2j 
yolume XII, jpage 477 èf fuip* 

Agami, fufceptible d'éducation prefque autant 
que le chien ^ ybi. XI, loi. 

Ailes des oifeaux - mouches ; leur couleur ^ 
Fol. XI, 15 & i8c — Leur forme dans i'ef- 
pèce nommée rubis ^ 18. — Ailes de TAmé- 
thifte, 21. — Longues ailes de la perruche aux 
ailes chamarées , 210. — La faïangane a ies 
ailes plus courtes que nos hirondeifes^T^o/. XII, 
469. 

AlURU-APARA. yoyei Crik. 
AIURU-CATINGA. Vbyei CkiK, 

AiURU-cuRUCA. Variété de iraourou-couraou>. 
Fol. XI, 308. 

Alcyon, l'un des noms de la faïangane. Foye^ 
ce moi. 

Alouettes, couvent Tceuf du coucou,, 
Fol. XI ^464, 



ij Ta b l n 

Amazone. ( bâtard ) Foyti A m a z o N j? à 
i^te jaune. 

Amazone ( Perroquet ) à front jaune, variété 
de J'aourou-couraou, Vol. XI, 310, 

Amazone a tète blanche, n'a guère que îe front 
blanc , ce blanc plus ou moins étendu , & 
quelques autres différences dans ies couleurs, 
femblent former des vaiétésdans cette efpèce, 
l^oL^ XI , Î298 ^ faiv. ~ Se trouve à Cuba , 
à Saînt-Domingue, au Mexique, ^00 — N'eft 
pas le perroquet de la Martinique de Labat , 
SOI. 

Amazone à tête jaune. Vol. XI, 294, 295. 
— Ses variétés, ou efpèces qui en font voi- 
fines , 295 , Î296. ' — Le bâtard , amazone de 
îa Guyane, vient, dic-on , du mélange de 
cette efpèce avec une autre, 295. 

Amazone. ( demi-) ^oyei Amazone à tét^ 
jaune. 

Amazone à tête rouge. Voyei Tarabé, 

Amazone jaune on Perroquet d'or, eft . 
vraifembiablement du Bréûl , FoL XI, %oi , 
302. 

Amazones, famille de perroquets , originaire 
du pays des Amizones; en quoi différent à^ 
criks, & en quoi leur relfemblenc. — Très- 
beaux. — Très- rares. — Moins gros que ies 
aras. — Volent & fe perchent en troupe. — 
M logent de pîufieurs fortes de fruits , I^jL XI , 
284, 285. — Font leur nid dans des trous de 
vieux arbre-. — Pondent deux œufs deux fois 



DES Ma tiè r es. iij 

par an. — Ne les renoncent pas ïorfqu'on les 
a mariés. — Le mâle Se la femelle couvent 
tour à-tour. — Nichent dans la faifon des pluies. 
" — Leur caquet & leurs mouvemens continuels, 
287. — Comment les Sauvages les prennent 
& les apprivoifent , 288 , 289. — Ces oifeaux- 
très-méchans, 289. — Femelles plus douces , 
apprennent à parler comme les maies. — Les 
amazones & les criks font de tous les perroquets 
d'Amérique les plus fufceptibles d'éducation 6c 
de l'imitation de {a parole, 290. — Ont des 
plumes fur les joues , 294. 

Amendes amères , contraires aux aras , Vol. XI , 
280. 

Améthiste, une des plus petites efpèces d'oi- 
feau-mouche , Ko/. XI, 21. 

Amphibies, comment leur fang circule , 
FoL Xil, 292. 

Anaca , perriche du Bréfî! à queue longue & 
éi:,aie. — Confondue avec la perruche aux ailes 
variées, — Taille de l'alouette , Volume XI , 

Ani, ou bout de petun , ou bout de tabac, ou 
diable , ou bouilleur de Canari , à caufe de 
fun cri fourd , imitant le bruit de l'eau bouil- 
lante. Voyei Vol, Xli^ 96. — A le bec fupé- 
rieur très - convexe , formant une arête tran- 
chante. — Deux doigts en avants 87 & fuiv, 

A NI ow Diable des palétuviers du Brélif. — 
Taille du geai, — Queue plus longue que le 
corps. — . a en troupes. — Se tient au bord 
des e.iUX. — Plulieurs femelles pondent «2; 



ïv Ta b t e 

couvent Jans le même nid. — Ces oifeaux fé 
nourrifTent de grains , de fruits , & , au befoin , 
^î'infecles. — Sont aulTi amoureux que les 
moineaux. — Tandis que k pîus preffée pond 
& couve, les autres agrandirent le nid. — Cou- 
vrent leurs œufs de feuilles. — Les anis font 
faciles à apprivoifer , & quoiqu'ils aient la lan- 
gue mince & pointue .^ ils apprennent h parler. 
■-—Ne font pas nuifibles, yolume XII, 93, 
6* /liwantes. 

A N I ott D I A B L E des Savanes. — Taille du 
merle. — Mêmes mœurs que le précédent. — 
Vit de graines, d'infedes & de petits reptiles ^ 
Fô/. XII, 89 & fuivavm. 

Animaux , pourquoi n^ont point de langage -> 
Vol. XI, 94 & fniv, — Les efpéces fufceptibîes 
d'éducation, comme celle du chien, font fu- 
périeures aux autres, 100. 

AOUROU-COURAOU , efpèce d'amazone de fa 
Guyane & du Bréfil , Vol. XI, 302, 303. — 
L'oifeau nommé catherina ^\x Mexique, parott 
en être une variété, & avoir été tranfporté 
de là à la Jamaïque, 305, 306. — Autres varié- 
tés; l'ajuru-curuca, &c. 308 6* /?^/V. 

Aputé-juba, perrichc à queue longue & îné. 
gole, diiTérente de celle à front rouge, com- 
mune à la Guyane. — S'appelle à Cayenne, 
perruche-poux de- bois, parce qu'elle fait ordinai- 
rement fon nid dans ies ruches de ces infedles, 
VoL XI, 376, 377. — Il efl: douteux qu'elle 
voyc^gejufqu'au pays des Illinois ^378. — Pari^ 
difficilement 5 379, 



UES Matières. v 

Ara bleu ou CaNidÊ ( Thevet dhcarlndéy, 

— A fes mêmes habitudes naturelles. — Se 
trouve dans fes mêmes climats que l'ara rouge. 

— A fa voix un peu différente. — Ces deux., 
efpèces ne Je mêîent ni ne fe font la guerre^ 
yhl. XI , 267 £?* fuii^. 

Ara noir. , Ton pîumage refiembîe à celui de 
i'ani. — Efi connu des Sauvages de îa Guyane. 
' — Se tient dans i^intérieur des terres , fur le& 
fommets des montagnes de roches foin des hahi' 
tations. — Paroît être Vararuna ou machao de 
Laët<> Vol. XI, 282. 

Ara rouge des climats chauds de l'Amérique. 

— Il y a variété de grandeur dans cette eipèce ^ 
& aufli variété de couleurs, Vol. XI , 250 £5* 
fuiv. — Devenu rare, 256. — Habite les bois 
humides. — Se nourrit des fruits du palmier- 
ïatanier. — Voîe par paires & voie très- bien, 

— Crie en volant, 257. — Seraffembîent quel-- 
quefois le matin pour crier tous enfemble. — . 
Reviennent tous les foirs au même lieu. — 
Vivent de fruits mûrs, quelquefois même de. 
celui du mancenillier , Ibid. — Inconvénient, 
258. — Se laifient approcher par l'homme ; au 
commencement ifs fembîoient le rechercher , 
Ihid. 259. — Nichent dans des trous de vieux, 
arbres, 260. — Font deux pontes par an, cha-- 
çune de deux œufs , gros comme ceux de 
pigeon, tachetés comme ceux de perdrix. Zj^/V. 
261. — Pondent rarement dans nos contrées,. 

— Les petits ont quelquefois des vers dans les 
narines & ailleurs, Ibid. — Le maie & la fe^ 
melie ne fe quittent guère / & feignent enfem- 



vj Table 

bJe fa couvée, 262. — S'apprivoifent. — Leur 
chair b inné à manger. — Apprennent k parler 
groîTiérem^nt , 264. — Sujets à i*épileplîe dans 
ï*ét ;t de domefcicité , & pourquoi ? 26^. — 
Remède, Ibid, — ■ La caufe de ce mal tient 
à l'éledricité, 266. 

Ara V e r t du Bréfil , &c. bien pics ra^e Se 
plus petit, mais aiillr beau que le rouge & le 
Dieu. — Appelé ma\20 ; ed familier , careiTant, 
jaloiix. — Mange de tout en domefticité. — 
Prdtere les pomines cuites. Suce lf;*s fruiis ten- 
dres. — Se fert de fes pattes comme d'une 
main , Ko/. X[ , 271, î^?^. — A les nariiies 
cachées dans les plumes. — Replie fa langue. 
*- A la vois moins forte, &. prononce nioi.js 
difl-indement ara ; cependant il aoprend mieux 
à parler , 279 6* ////V. — Le nerlil lui eft con* 
tri:ire, &, d;t-on, les amendes, 280 — Il y 
a, dans cette efpèce, variété de grandeur, 281. 

ARARUNA o« MacH\0. y^oyex ARA NoiR. 

Aras, appartiennent au nouveau coiiîi^.ent. — 
Sont les plus beaux & les plus gros des perro- 
quets . — Sont familiers ; connoifient leur domi- 
cile , ceux qui les nourrilTent. — ommés 
guacamayas par Colomb, yoi. XI, 247, 248. 

— Ont ~ la queue très longue & le menton nu. 

— Leur en eft ara, 250. 

Arimanon ou Oifeau de c co. — Perruche à 
queue courte de Tîle d'Orahiti. — A la langue 
poiiitue , terminée par un pinceau de poils 
courts Ci blancs, Ko/. XI , 245 — Crie fans 
celfe. — Vole par troupes. — Se nourrit de 
bananes. — S'accoutume difficilement k la do- 



DES MATlhR^ns. VÎJ 

meflîcité. — Vit alors de jus de fruits, 246. 
Atingacu du Brélîl , nom du Coucou cornu. 

Fol urne XII, 75. 
Autour Cefpèce d' ) qui pond dans des nids^ 

de choucas, FoL XI, 441 , 442. 
Autruche , ne couve pas dans la Zone torride j 

non plus que le coucou , FoL XI , 448 , 449. 



B 



B 



A R B u , diffère du coucou par fes barbes , 
yolume XII , 2, 

Bec des oifiaux - mouches , Vol. XI , 4. — Ea 
quoi diffère du bec des colibris , 16. -rr Plus 
ou moins garni de plumes à fa bafe &; au- 
de-ià dans les différentes efpéces d'oifeaux- 
mouches, 27. — Dans i^oifeau-mouche huppé > 
30. — Dans i'efcarboucle, 39. — Long bec du 
brin-blanc, 67. — Du colibri à queue violette, 
76. — Bec très -arqué du colibri à gorge car- 
min , 79. — ' Bec du perroquet & en particulier 
du jaco. — Sa ftrudture. — Sa force. — Sa 
mobilité. — Ses divers ufages, 15g & fu'w.-^ 
Le perroquet noir a le bec très- court, l67« 

— Celui à bec couleur de fang, Ta plus gros 
& plus large que tous les autres perroqwets , 
369. — Les loris Tont plus petit, plus aigu, 
moins courbe, 174. — Les aras ont la bafe du 
bec inférieur recouverte d'une peau grife, 250. 

— Plufieurs perroquets fe fervent de leur bec 
pour grimper & pour defcendre, 279. — Bec 
du meunier le dépare, 318. — Bec du tou- 
jraco, courbe , 420, 423, — Les coucous fe fervent 



viij Table 

de leur bec pour fe traîner fur le veiitre ^ 480. 

— Bec à arête convexe & tranchante de Pani^ 
VoL XII , 88. —Bec conique, courbé & 
dentelé du houtou, 106. — Bec des guêpiers, 
tient le milieu entre celui des huppes , des 
promerops & celui des martins-pêcheurs, 112. 

— Bec de piufîeurs hirondelles d'Amérique , 
plus fort que celui des nôtres, 429. 

Bedaude ( efpèce de cigale) ou plutôt fa îarve ^ 
produit fur les plantes ce qu'on appelle la 
falive de coucou, VoL XI, 436, 437. 

^OUILLEUR de canari, Voyei A NI. 

Bout de petun ou de tabac. Voye^ Ani, 

BouT-SALLiCK de Bengale , plus alongé, mai* 
plus petit que notre coucou, — Autres diffé- 
rences , VoL XII , 25. 

B0UVB.EUIL. Fbye^ Oiseaux. Couve l'œuf du 
coucou dépofé dans fon nid , p^oL XI , 464. 

Brin blanc, efpèce de colibri ainfl nommé 
à caufe de la longueur de deux pennes inter- 
médiaires de fa queue. — A le bec plus long 
qu'aucun autre colibri, VoL XI, 67. 

BjR-IN bleu, une des plus grandes efpéces de 
colibri; ainfî nommée à caufe de la longueur 
& de la couleur des plumes interm.édiaircs de 
fa queue , VoL XI , 70. 

Bru AN S , repoulfent le coucou îorfqu^il fe pré- 
fente pour pondre dans leur nid , VoL XI , 461 , ; 

Buse prife au piège , s'apprivoife en la faifant 
jeûner. — En impofoit aux chats , attaquoit les 



T^E s Ma T I è RE s. ix 

IRnards. — Ne foiiffrok aucun autre oifeau Je 
proie dans fe canton. — Ne faifoit aucun tort 
il ia Yolailie de la maifon. — Refpedoit moins 
celle des voifîns, Fo/. XI , loi & fuipantes. 



C A ï c A f Ktryq Maïpouri ). Perruche à têtô 
noire de Cayenne. — Oifeau de paflage à îa 
Guyane , de ïa même famille , que le maï- 
pouri, Folume XI, 354, 355. 

Cailles, i*œufdu coucou ne réuffit point dans 
ieur nid ; & pourquoi ? Volume XI , 464. 

Caleçon-rouge. Voyei CouROuco~g^ 
ventre rouge. 

^ALLOU 5 liqueur blanche que donnent les 
cocotiers. Volume XI, 229, 245. — Quelques 
efpèces de perruches en font friandes , Ibid. 

Camaria ou Hirondelle acutipenne de 
Cayenne. — Variété de l'hirondelle brune acu- 
tipenne de la Louiliane, VoL XII , 479,480, 

Cancaner 5 mot qui exprime un vilain cri des 
perroquets , Volume XI , 289. 

CanidÉ, Voyei Ara bleu. 

C A R 1 N D É. Voyex Ara hhu* 

{Caroline , aucune efpèce de perroquet au- 
delà de cette province, VoL XI, 378. — La 
perriche à tête jaune eft la feule efpèce de 
perroquet que Ton y voie ^ & qui y niche 
quelquefois, 385. 



3f T A B Z -R 

Catherin A, vanéîé de l'aourou-couraoa^ 
VoL XI , 305 , 306. — Ce nom donné aulfî 
au cocho , 326. 

Cendr ILLARD de Saint - Domingue & de îa 

Louifiane — Taille du mauvis. — Variété dans 

cette cfpèce, petit coucou gris, Volume Xll , 

80, 81. 
Chair des perroquets d'Amérique contrarie, 

dit-on, l'odeur & ia couleur des fruits qu'ils 

mangent, Fol. XI, 286, 287, 
Chantre , couve l'œuf du coucou dépofé dans 

fon nid, Volume XI, 464. 
Chardonneret , couve & fait écîore des 

œufs de ferins avec les fiens , Vol. XI , 457. 

Chauche -branche , un des noms de notre 

engoulevent, Volume XII, 229. 
Chauve - SOURIS dorment i'hiver engourdies 

dans leurs trous. Volume XII, 284, 290. — 

Fauffes conféquences qu'on a tirées de ce 

fait, 291. 
Chenille des palétuviers, Volume XII, 63. 

Chevêche. ( grande ) Voyei Oiseaux 

de nuit. 
Choucas. Voy^i Oiseaux. 
Chouette qui n'avoit pas encore mangé feule, 

dévore une fauvette , VoL XI, 436. 

Cigognes, ne vivent pas fix mois fous l'eau^ 
Volume XII, 293. 

Circulation du fang dans [es quadrupèdes, 
les oifeaux , les amphibies, VoL XII, 292. — » 
Expérience fur cttce matière, 294, 

Climat 



DES Ma T I à RE s. X) 

Cl FM AT des oifeaux - mouches , Volume XI, 
3, — Des colibris, 61. — Des perroquets, 113 
& fu'w. 162, 223. — Loi du climat a lieu pour 
les oifeaux comme pour les quadrupèdes , 
Voyei Oiseaux. — Climat des loris, 17g Ef 
fuip — If efl: douteux que l'on trouve des 
perroquets daus la nouvelle Zélande , îa terre 
de Diemen , & ies terres Magellaniques , 368 , 
369. — On ne trouve aucune efpèce de per- 
roquets ni de perruche au -delà de la Caro- 
line. — On n^en trouve qu'une feule efpèce k 
îa Louillane , 378. — Climat des huppes, gué^ 
piers, promerops , Ko/. XII, 114, 115. 

C0CHITOTOTL5 femelle du promerops orangé. 
Voye.i ce mot. 

C C H O , nommé auffi catheriua , variété du crik 
à tête bleue. — Parle très -bien, Volume XI, 
321. — Cocho de Séba, variété duguarouba, 

CCECUM unique dans î'hirondelle de rochers 5 ïe 
bihoreau, Volnme XII, 398. 

Colibri , confondu par pîufîeurs Auteurs, 
avec i^oifeau- mouche. — Lui reflfemble par fes 

'* belles couleurs, la forme de fa langue , l'ufage 
qu'if en fait , fa manière de fe nourrir , &c. 
— En diffère par fou bec arqué & plus long, 
fa taille plus alongée. -- Efl généralement plus 
gros. Vol. XI , 56 , 57. — Comparé aux grim- 
pereaux. — En quoi diffèrent , 57. — Petits 
du colibri , difficiles à nourrir en domieflicité , 
comme ceux de Toifeau -mouche. — Exemple 
d'une nichée prife & nourrie à Paide des père 
&mèrequi leur apportoient à manger, & qui 
Oifeaux ^ Tome XFJ. P 



Àlj Table 

s'apprivoisèrent , VoL XI, 58, 59. — la voîx du 
colibri n'ell qu'un petit cri ou bourdonnement, 
60, 61. — Son cîimat efh la zone torride du 
nouvegu monde , 62. — Ne fc trouve point en 
Aile, 71. — A été confondu avec ie grimpe- 
reau, Ibid. 

Colibri à cravau verte , affez grande efpèce. 
Volume XI , 77, 

Colibri à ghrge carmin, VoL XI, 78. — Son 
bec le rapproche par fa courbure de celui des 
grimpereaux, Ihid. 

Colibri à qneut violette y aflez grande efpéce , 
a le bec très- long, Volume XI, 76. 

Colibri à ventre roujfàtre , petite efpèce « 

ro/£/;;2e XI,87. 
Colibri bUuy a en effet îe dos bîeu , mais non 

ks ailes & fa queue, V^l, XI, 85.—^ Sa grof* 

feur , fuivant Dutertre , moitié de ceHe du 

petit roitelet de France , lUd, 

Colibri du Mexique. Voyii Plastron noiu 

Colibri huppe, a une très-longue huppe tom- 
bante, & les deux pennes intermédiaires dô la 
queue très- longues, Vol. XI, 74, 75. 

Colibri ( petit ) le plus petit de tous, ne fe , 

cède point aux autres par l'éclat du plumage, : 

Volume. XI, 88. 
Colibri piqueté, ou Zitzil, aflez grande 

efpèce marquée de points blancs fur le dos , 

Volume XI, 6^ , 6<j. 
COLïBRP- Tô5ASE',-fa pIus grande efpèce,— 

Longs brins de la queue du mâle. — Autres 



DES M^TIE RE S. Xli) 

<3ifférences entre îe mâle & la femeiie, Vol. XI, 
63 & fui pan tes. 
Colibri ven & noir. VoL XI, 72. Il efl: douteux 
que ce foit le même que l'oifeau mexicain à 
plumes dorées de Séba , 73 , 74. 

Colibri violet , refîemble afîez au grenat , eft 
pius petit, Volume XI, 79 > 80. 

Collier, rouge, efpèce de colibri de moyenne 
grandeur. — Couleurs des plumes de fa queue ^ 
Volume XI, 82. 

CoNTiNENS, vieux & nouveaux , n'ont pas 
{es mêmes efpèces de perroquets, Volume XI, 
113, ni de perruches, 226. 

Corbeau de nuit. Voyez ENGOULEVENT. 

Corbeau des Indes , nom donné au kakatoel 
noir. Voyei ce mot, VoL XI, 135, 136. 

C u A de Madagafcar 5 porte fa queue épaiiouie. 
— A les joues nues , Vol. XII , 17. — Sa chair 
bonne à manger , lùid. 

Coucou , principaux faits de fon hiftoire, con- 
nus des Anciens. — Dépofe fon œuf dans des 
nids étrangers , ou dans des trous de rocher , 
Vol. XI-, 426 & fuiv. — ■jeunes coucous bons 
à manger , 429 , 430. — Erreurs populaires fur 
le coucou , redifiéLS. — Cet oifeau ne fe mé- 
tamorphofe pas en épcrvier. — Ne voyage point 
fur les épaules du milan. — Ne jette pointrde 
falive fur les pîantes. — Ne pond pas des œufs 
de différente couleur. — Jeune coucou ne dé- 
vore point h nourrice, 43 1 , 6* fuiv. — Fait qui 

Pi), 



xiv Table 

femble autorifer cette dernière erreur, F(;/. XI, 
435- — Obfervation qui la réfute, 435, ^36. — 
Couleurs decetoifeau, varient, 438. — Lesjeune^s 
îong - temps niais , 439. — Les vieux fe défen- 
dent, menacent, en impofent quelquefois aux 
petits oifcaux de proie , ibid. h juw. — Joie 
du coucou, iorfqu'ii revoit le lieu de fa naif- 
fance, 440 — En quelles circonftances fe bac 
lavec les petits oifeaux, 441. — Ne pond guère 
qu'un œuf dans chaque nid , 442. — Ce qu'il 
devient l'hiver , 443. — Conjedurcs fur foa 
habitude de pondre au nid d'autrui. — De ne 
pondre qu'un œuf ou deux, 446, 447. — Dans 
d^s nids différens, 448. — Pourquoi ne couve 
pas? Ihid, — La conduite de la nourrice du 
coucou ne fuppofe point de loi particulière du 
Créateur, en faveur du coucou, 449, 450. — • 

" Réflexions & obfervatlons à ce fujet, 450. — 
Coucou repoufle par de petits oifeaux , 460. 
E-éfultats des obfervations précédentes^ 463.— ^ 
Coucous ne prennent aucune part à l'incuba- 
tion de leurs œufs , ^ Téducation de leurs 
petits, 466. — Cris des vieux & des jeunes, 
467 Ù fuw. Mâles plus nombreux que les fe- 
melles, 469. — Ne s'apparient point, ibid, — - 
Leurs petits font infatiables , 471 , 472.- — En 
générai les coucous fe nourrilient d'infedes , 
d'œufs d'oifeaux , 473. — Nourriture qu'on 
peut donner à ceux qu'on élève , 474. — Sont 

( naturellement hydrophobes , ibid. — Quand 
ceffcnt de chanter, ibid. — Leur départ, 475. 
—Adultes bons à manger. — Vont en Afrique, 
ibid, — Solitaires, néanmoins vont quelquefois 
|)ar petites troupes, 476, — • Proverbes fur ies 



DES Mat I E RE S. XV 

coucous, ièld. — S^apprivoifent , 478. — Fien- 
tent beaucoup. — Craignent fe froid , ibid, — « 
Répandus dans ie vieux continent , 479. — 
Marchent en fautillant. — Les jeunes fe fervent 
de leur bec pour fe tramer fur ie ventre , 480. 

— Variation de leur plumage , ibid, de celui 
des femelles, 482; de celui des jeunes , 483. 
■ — Celui des fauvages élevés dans les bois, 
moins variable , 484. — Variation de leur poids , 
485. — Parties intérieures , 486. — Différence 
entre le fauvage & ie domeftique , 487 , 488. 

— Variétés dans cette efpéce, 491 6* fiiii-'. — 
Principaux attributs du coucou, J^oL XII, i, 

— En quoi ditTère des couroucous , des bar- 
bus , 2. — Chaque coucou n*a. pas tous ies 
attributs du genre, ibid. — Ce genre contient 
plufieurs familles , diftinguées entre elles par la 
forme de ia queue, le nombre de fes pennes , 
3a forme du bec , Téperon du doigt pofté- 
rieur, interne. — Changement dans la direc- 
tion de Pun des doigts poftérieurs , 3 &* fuii^» 

— Coucous d-' Amérique moins fujets aux va- 
riations 7. — Plus petits , ibid. — On ignore 
s'il efl un feui coucou étranger qui ponde; au 
nid d'autrui, 8. — Coucous du vieux conti- 
nent, 9 & fuiuantes — Coucous d'Amérique', 
59 6* fuii^, — La plupart font des nids ce 
couvent leurs œufs, 69. 

Coucou à longs brins, de Siam; ii eft huppé & 
fes longs brins , ne font que le prolongement 
des pennes extérieures de ia queue. — Tail:e 
du geai, VoL XII, 44, 45. 

Coucou ( petit ) à tice grife & ventre jaune 

Piij 



xvj Table 

Je Pile Panay. — Taille au merîe, pîus aïon- 
gée. — Queue plus longue que ie corps y 
rohma Xii,37, 38. 
Coucou brun piqueté de toux , des Indes, des 
Philippines. — Taiiîe d\m pigeon romain. — 
DiiTérences de îa femeîie , VoL XII, 31. 

Coucou brun varié de noir ^ nommé ara-wereroa , 
dans les îies de ia Société , Fol. XII , 30. 

Coucou brun parié de roux , de Cayenne. — 
- Taille du mauvis. — Couvertures de la queue 

très- longues. Vol, XII, 77. — Variété dans 

cette efpèce, 78, 79. 
Coucou bran & jaune à ventre rayé , de ï'île 

Panay. — Taille de notre coucou; queue non 

étagée, VoL XII, 34 > 35. 

Coucou cornu du Bi^îiî , ainfî appelé a caufe 
fa huppe. — Taille de la grive. — Queue trois 
fois plus longue que îe corps , VoL Xil , 75 , 76, 

Coucou de Loango, — Son ch^nt fingulier , 
y, Volume XI, 494. 

Coucou de Paradis de Linnaeus , ie même que 
notre coucou à longs brins. 

Coucou des palétuviers ou petit Vieillard. Va- 
riété du Vieillard. 

Coucou des Philippines. Variété du Houhou. 

Coucou du cap de Bonne- efpérance. Variété 

du nôtre, VoL XI, 493. 
Qo\}CO\J hupyé à collier de CoromandeL — A les 
deux pennes intermédiaires de ia queue très- 
îongues, — Taille du mauvis, VoL XII, 46 > 
47. — RelTembie au fanhia de la Chine ^ 4^. 



DES MaTI kRES, m'îj 

Coucou indicateur des environs du Cap. — 
Crie chirsy chirs\ d'un ton fort aigu , & fem- 
ble appeler les chaffeurs qui cherchent ie mieL 
^— Il a la que-ue compQfée de douze pennes 
étagées, Volum& XII, 51 ^ fuivantes. 

Coucou /?ozr;(pèm ) de Cayenne. — A îea 
mêmes habitudes que le grand , & pas plus 
de mouvement. — Niche quelquefois dans des 
trous en terre ïorfqu'if en trouve de tous faits. 
Vol. XII, 85, 86. 

Coucou /7o/r de Cayenne. — A l'œiî & îe htïi 
rouges, -rr Un tubercule à îa partie antérieure 
de Paiie. — A moins de mouvement que la plu- 
part des coucous , Vol, XII , 84 , 85. 

Coucou piaye de Cayenne. — Oifeau de mau- 
vais augure. — Peu farouche. — Se nourrit 
d'infedes. — On ne l'entend jamais crier. — Sa 
chair eft maigre en tout temps, VoL XII ^ 81 
& fuip, — Deux variétés dans cette efpéce, 83» 

Coucou tacheté ào, Cayenne. — Nom donné au 
coucou brun , varié de roux. 

Coucou fûc^efe ( grand ) de Gibraltar. — Taiiïe 
de la pie. — A une belle huppe , Volume. Xlt, 
9, 10. 

Coucou tacheté de la Chine. — N'a point îa 
queue étagée, VoL XII, 33, 34. 

Coucou tachité de l'île Panay. — Variété du 
coucou brun piqueté de roux. — N'a pas la 
queue étagée, VoL Xli, 32. 

Cqucou vané de Mindanao , refiembîe à un 



xvilj Table 

jeune coucou d'Europe , mais beaucoup plus 
gros, VoL XII, 16 j 2^]. 

Coucou i^en d'Antigue. Variété du Houhou, ' 

Coucou perdâtre de Madagafcar , remarquable 
• par fa grande tailîe. Variété dans cette efpèce, 

roL XII, 13, 14. 

Coucou vert- doré Ef blanc du cap de Bonne- 
efpérance. — Efpèce nouvelfe. — Porte fa queue 
épanouie. — A îa taille de la grive , les ailes 
longues, Volumes XII, ^1, 43, 

COVCOJJS huppés noirs &f blancs j VUS en Italie, 
où ils firent leurs nids & ieur ponte qui réufïît; 
font plus gros que le nôtre ^ & ont la queue 
plus longue, Volume XII j 11 , 12. 

C UKE E L s des contrées orientales de l'Alie. 
— Il y en a trois. — Le pïus gros a la taille 
du Pigeon. — Le fécond, celle de notre coucou, 
& vient de ?4indanao. — Porte fa queue épa- 
nouie, Vol, Xîl , 38 ô* fuh. — Le troifième , 
du Eengaïe, a la taille du merle. • — Les bords 
du bec ondes, porte fa queue épanouie, 41. 

CouLACissi de Luçon, efpèce de perruche à 
queue courte , VoL XI , 236. — Différences de 
ia femelle, 237. — Confondu avec notre per- 
ruche à tête bleue & queue courte, 238. 

Couleurs vives & brillantes du plumage des 
oifeaux - mouches , VuL XI , 2 , 36' fuw, — • 
Des colibris, 56 &* ////V. — Des perroquets. — 
Art de les varier. — Le rouge domine dans le 
plumage des loris , 174, 175, — Aras les piuj 



DES Ma T I E RE s. XlX 

beaux des perroquets, par îes couleurs du plu- 
mage , 247 £5* fuiv. — Coiîleurs des amazones 
6c des criks , les uns & îes autres ont du rouge 
fur Taile , mais non aux mêmes endroits :, 284 , 
285. — Rouge fur le fouet de l'aiie, livrée des 
amazones, ^oo. — Couleurs du coucou & de 
Tépervier , fujettes à beaucoup de variations, 
466. — Influence de la lumière fur îes couleurs 
des oifeaux & des infedles, FoL XII, 239 £if 
Juwautes. 

COUROUCOU à chaperon violet , n'eft point un^ 
ianier. ■ — A le bec large & court, fans m.em- 
brane autour de fa bafe. — Des barbes autour 
du bec inférieur. — Les pieds du coucou , 
VoL XI , 411 , 412. — Eli foiitaire , fe tient 
dans les forêts humides. — Vit d'infecles. — 
Voltige d'arbre en arbre, 413. — Diffère d\x 
tzanahototi & du quaxoxodtototl , 414, 415. 

CoUROUCOU à ventre jaune . de Cayenne , 
Vol. XI , 407. — Plufieurs variétés dans cette 
efpèce. — Couroucou delà Guyane, des plan- 
ches enluminées , /?.^ 765. — Couroucou à 
queue rouiïe de Cayenne, n.^ 736. — Courou- 
cou vert à ventre blanc de Cayenne , de Brif- 
fon , 408 , 409. 

CouPvOUCOU à ventre rouge, de Cayenne.-— 
Ses variétés , Tune femble être la femelle. — 
L'autre nommée couroucou gris à longue queue 
de Cayenne, Ko!. Xi , 400 & fuiv.—- Nommé 
à Saint Domingue , caleçon rouge, — En d^autres 
îles, demoifelle ou dame jéngloije, — Eft foiitaire, 
fe retire au fond des bois en avril , pour nicher 
dans un tiou d'arbie ^ fur de ia poufiière ds 



XK Table 

fcoîs. •— Œuls bîancs, moins gros que ceux îîe 
pigeon. — Incubation. — Chant du mâle. — 
Petits nourris d'infeétes par les père & mère. 
• — Manges par divers animaux. — Adultes dif- 
ficiles à nourrir en domefticité, 403 & fu'w. 

COUROUCOU gm à longue queue de Cayenne^ 
Foyex COUROUCOU à ventre rouge. 

COUROUCOUAIS. Voyei COUROUCOUS. 

CoL^ROUCOUCOU du Brcfiî , fait îa nuance entre- 
ics Couroiicous & fes coucous, taille au-deflbus 
de la pie> Vol. XI, 417, 418. — Pieds de' 
coucous, 418. 

COUROUCOTJIS. Voyei CoUROUCOUS. 

CoUROUCOUS, couroucouais , couroucouis , cum^ 
cuis, oifeaux du Rréfîî, dont le nom exprime- 
3e cri, nommés à la Guyane, ouroucouais, — 
Bec approchant de celui des perroquets. — 
Dentelé, entouré de plumes a fa bafe. -— Pieds 
courts & pattus, VoL XI , 399. — Ont peu 
de mouvement, beaucoup de plumes, & ces 

' plumes tombent facilement. — Ce font les oifeauit 
d'Amériqiie, dont-le plumage eft le plus beau. 
— Les Mexicains faifoient des tableaux avec 
îeurs plumes , 414. — En quoi différent des 
coucous, 412. 

Crapaud - volant. Fbjve^ Engoulevent. 

Cravate dorée, efpèce d*oifeau - mouche > 

VoL XI, 33, 34. 
Cri. Voyex VOIX. 

ÇlLiï^j çfpèce fi commune à Caye»ne, qji'oa 



IJES M AT I k'UE S. XXJ 

a donné fon nom h tout îe genre ^ VoL XT . 
321. — Plus petit que \qs Amazones , mais 
pîus §TOS que les perruches, & autant qu\m 
poulet. — Confondu cependant avec la perru^ 
che de îa Guadeloupe, & aulTi avec îe tahuci 
ou tavouaj 322 , 32g.— Nommé aufii aium- 
coîiuga,xmé\,é dans cette efpèce nommée aiuru- 
apara, 324, 

C R I K À face bleue jYen\x de la Havane , par 01 1- 
commun au Mexique & aux terres de Plfthme. 

. — Beaucoup moins grand que le ipeûnier , 
Volume XI, 320, 321. 

CILIK à tète Jflèue , fe trouve à la Guyane , 
VoL XI, 324, 325. — Ses variétés, 325, 326. 
— Eft le mêine que le perroquet vert , face 
de bleu , d'Edwards , 342. 

CR I K à tète &" gorge jaune j VoL XI , 312. — 

"'Capable d'attachement. — Exige les carefle%. 

' ' Jaloux. — Indépendant. — Capricieux. ►— Mord 
dans Tes caprices. — Grand deftrucTteur de meu- 

.. bles. — Trifte dans la cage & par le mauvais 
temps, — Apprend aifémenç à parler. — Airr^ 
îes enfans. — Sa mue dure trois mois. — La 
viande lui fait mal. — Rumine, 313 ^ fuh. 

CRIK à tète violette; perroquet de la Guade- 
loupe qui y devient très-rare. — Beauté de fon 
plumage. — HériiTe les plumes de fon cou & 
s'en fait une frai fe. --^ — Parle diltindement & 
apprend promptement étant pris jeune. — 'Son 
naturel doux , facile h priver. — Dutertre en 
a vu nicher dans un arbre k cent pas de fa café 
où ils venoient chercher ^\ manger, y ame- 

Pv) 



XXij T A S Z E 

nèrent leurs petits, Fol. XI, 328, 3^9.»— -Ef^ 
un de ceux que les Sauvages tapirent, 331. 

CRIK poudré. Voyei MEUNIER. 

C R I K Toiige & bleu. — Son pays n^eft pas connu. 
— Pourquoi rangé parmi les criks? Vol. XI ^ 
3185 319' — Confondu avec, le perroquet 
violet de Barrére , 319 , 320. 

Criks, famille de perroquets d^Amérique ^ 
moins beaux & plus communs que les ama- 
zones, Volume XI, 284, 285. 

Cromb, nom de la femelle du vourou-drîou 
de Madagafcar , Vol. XII, 55. 

CUJELIER, couve l'œuf du coucou dépofé 
dans fon nid^ Volume XL 464. 

C u I L de Maîabar , moins gros que notre cou- 
cou. — Eft en vénération dans fon pa}'s, Fo- 
lume Xli ^ 28 , 29. 

C U L - B L A N C , un des noms de Phirondelle 
de fenêtre, Volume, XII, 346. 

CiJR-Ucuis. Voyei Gourou cous^ 

D 

U A ME ou demoifelle Angloife. Voyei COUROU-* 
COU à uentre rouge. 

Demoiselle ou dame Jngloife. Voyei Cou* 

Ru u cou à ventre rouge. 

Diable, nom donné à VanL Voyei ce mou 



DES Ma T I E RE s. xxiij 

DïEMEN ( terre Je ) ii eft douteux qu'on y 
ait trouvé des perroquets. Vol, XI, 369. 

Doigts du touraco . Vol. XI, 419. — Du 
coucou, 480. FqL XII, 4. — Dans ies hibous 
& les chats -huans, l'un des doigts antérieurs 
fe tourne fouyent en arrière, 5. — Dans les 
coucous, l'un des poilérieurs fe tourne fou- 
vent en avant, ibid. — Les anis ont les doigts 
difpofès comme les coucous, 88. — Le doigt 
poftérieur de l'engoulevent difpofé à fe tour- 
ner en avant, 231. — Doigt du milieu du 
grand ibijau , a de chaque côté un rebord mem- 
braneux , 258. 

Duc. (moyen) Voyei OiSEAUX de nuit* 



Ji D o L I , coucou du cap de Bonne-efpérance 5 

Volume XI , 494. 
Éducation des animaux. Vol. XI, 98 8* fuh> 

— Education domeftique du coucou , 477 ^ 

478. 
Effraie. Voyex Oiseaux de nuit. 
Électricité, femble être pour quelque chofe 

dans les accès d/épilep(ie auxquels les aras & 

autres oifeaux font fujets , Ko/. XI, 267. 
Émeraude - Améthiste , efpèce d'oifeau- 

mouche, VoL XI, 37, 38. 
Engoulevent ou tette-chepre , ou crapaud 

volant, ou coheau de nuit, ou hiroudiile à qi:uù. 

çanécn — Pourquoi on a préiéré le pr^^micr da 



xxlv Table 

ces noms. Vol. Xlî, 214 Ef fuli?. — Vit d'iT»- 
fedtes , leur donne la chafle dans ie crépurcule , 
& pourquoi ? — Senlîbilité de fes yeux. — 
Infedes fe prennent à Ma glue dans fon bec, 
222, 223. — Appaitient à tout l'ancien con- 
tinent. — Ses migrations. — Terrein quil pré- 
fère, 223 , 224. — Ponte , nid, œufs, incu- 
bation, 225, 226. — Cet oifeau a le vol de 
la bécafle , ck les allures de la chouette , fa 
chafTe, fon bourdonnement & fa caufe, pour- 
quoi de mauvais augure, fon véritable cri, 227 , 

228. — Se perche iînguliérement, eft foliiaire, 

229. — A la tête grofie, les yeux faillans, le 
bec petit, l'ouverture du gofier & des oreilles 

•larges, narines faillantes, Tongle du milieu den- 
telé, le doigt poftérieur difpofé i\ fe tourner 
en avant. — Queue carrée, conipofée de dix 
peranes , 231. — Chair des jeunes bonne à 
manger, ibid, — Il n''y en a qu'une feule efpèce 
dans notre continent, il y en a dis ou douze 
en Amérique qui femble être le vrai lieu de 
leur origine, 232. — Principaux attributs de- 
ces oifeauz , 234 & ptiv, — Ils ont Puuïe fine, 
ce qui femble perfectionner cet organe, 235. 
-— La foibielle de leur vue a de grandes in- 
fluences fur leurs habitudes , fur celle entre 
autres de ne poiut faire de nids, 237. — Les 
autres cifeaux de nuit en font d'autant moins 
qu'ils font plus oifeaux de nuit ,. 5^38 , 239. — 
Tous ces oifeaux n^ont point de couleurs écla- 
tantes dans leur pium?;ge, 239 & fuU\. — Les 
engoulevents ne font, pour ainfi dire, que des 
hirondelles de nuk , 271. — Devroient être 
amis de l'homme commç ies hirondelles, 32 2* 



T>ES MaTI E RES. XXV 

Engoulevent acutipenne^ de îa Guyane, a îes 
pennes de ia queue pointues. — Vole quei- 
quefais de compagnie avec îes chauve fouris ,- 
■ — Ponte en odobre & novembre , Fol. Xii^t 
264^ 265. 

Engoulevent à lunette on le Haleur, de 
ta Jamaïque , de la Guyane , &c. — Le premier 
nom a rapport aux narines Taillantes de roi- 
feau ; ie fécond à fon cri , Ko/. XII 5' 258 b*' 
yZizV. — Vie d'infedes. •— Refiemble au guira> 
qiierea par les parties intérieures, 259. 

Engoulevent ( grand ) de Cayenne. — Dé- 
nomination donnée au grand Ibijau. Voye^ ce 
mot. 

Engoulevent de la Caroline ou Oiseau de 
pluie; fort refîembiant à notre Engoulevent. 

Engoulevent ^t/5 de Cayenne^ FolumeXlï^^ 

Engoulevent roux de Cayenne, Volume XII^j 
268. — A des taches carrées qui ont du rapport 
avec les cafés d'un échiquier,, 269. — Variété 
venant de fa Louîiiane, 270. 

Engoulevent varié de Ca-yenne. —Efpèce fort- 
commune dans cette lie. — A deux cris^ j'yii 
tirant fur celui du crapaud , l'autre fur celui 
du chien , Volume, XÏI , 261 , — EU peu farou- 
che, 262. 

Engoulevent d'Amérique, VoL XII^ 232. 

Ennui connu des perroquets y Valume X I ; 
149? i5o> 



xxvj Table 

Éperons dans quelques coucous, Fb/. XII, 5. 

E P E R V T E R ; iî n'y a point de métairsorphofe 
réciproque entre cet oifeau & le coucou ; 
erreur fondée fur quelque rcffemblance de 
plumage, Ko/. XI, 437, 438. 

Épilepsie ; îes îoris , les aras & ïes ferins y 
font fujets. — Comment ia Nature guérit ce 
mal. — Remède empioyé par les Sauvages. — 
La caufe tient à i'ciedrîcité , Volume XI, 175, 
^^65^ 266, 

Erreurs populaires fur le coucou, Fol. XI, 

430, 431, 479 & fuir. 
EscAR^oucLE, efpèce d'oifeau - mouche 5 

Volume XI, 38, 39. 
Été ou T o u I - é t é du Bréfii ^ h plus petite 

des perruches d'Edwards , Fol. XI, 394, 395» 



Jtauvettes, couvent i'œuf du coucou 5 
Volume X[ f 428 , 464. 

FouRNiER de Buenos- ayres ; fait îa nuance 
entre les promerops & les guêpiers. — A la 
queue courte, Volume XII, 167. 

Fraise du huppecoî. Volume 'Kl ^ 24. — Du 
papegai maillé, 335, 336. 

Fridytutah , nom de îa petite perruche à 
tête couleur derofe. Vol. XI, 217. 

Friquet femelle; couve & fiût éclore un œuf 



DES MatI BRES. XXVÎJ 

de pie. Volume XI, 456. — Autre qui couve 
& fait éciore un œuf de pie avec fept des 
fiens, ibid. 
Fumée de ciment vert, de tahac , employée 
par les Sauvages d'Amérique , pour prendre 
les vieux perroquets ou pour les apprivoifer^ 
Volume XI j 289, 290. 



Game, chantée , dit - oa^ par un coucou ^ 

Volume XI, 494. 
Geai. Voye^ Oiseaux, couve VœvS du 

cuucGu dépofé dans fon nid, Vol. XI, 464. 

G0NAMBOUCH, oifeau chanteur fuîvant Léry^. 
— A quel genre peut être rapporté^ VcL XI, 
60. 

Grenat , grande efpèce de colibri , Vo- 
lume XI, 66, 

Grenouille hkue & couleur d'or , dont les 
Sauvages des Antiifes , emploient le fang à 
tapirer les perroquets , Volume XI , 331 — 
Grenouilles pafîent Phiver au fond des marais, 
VoL XII , 291. — Expériences fur des gre- 
nouilles trouvées fous la glace , oc tenues dans 
i'eau ô: dans Pair, 294 6* fuiv. — Leur refpi- 
ration, 295, 301. 

GrimpereAu , comparé & quelquefois con* 
fondu avec le colibri^ Vol. XI, 58, 70. 

Grive, couve Pœuf du coiicou dépofé dans 
fun nid, VqL XI; 464. 



XXViij T A s l E 

Gu A CA MAYAS, nom donné aux aras ^ par 
Colomb, VoL XI, 248. 

GUAROUBA ou Péniche jaune h queue longue 
& inégale du Bréfil , du Mexique , du pays 
des Amazones. — Trifte. — N'apprend point 
à parler. — S^apprivoife aifément , VoL XI ^ 
380 & fuipantes* 

Guêpier, vit d'infe^ïes qu^il attrape en 
voiant. ■ — Manière de îe pêcher dans Pair. — ■ 
Vit auiïi de grains, & même, à ce qu'on dit, 
de poifion, roi, XÏI, 173 cf fuiv. — Fctke 
troupe de. dix ou douze, vue en Bourgogne 
au mois de mai. — Leur cri ; leurs allures ^ 
176, 177. — Autre troupe vue aux environs 
d'Anfpach , 179. — Paroiflent rarement en 
Lorraine ; plus rarement en vSuède ; piefque 
jamais en Angleterre, ibid, — Nichent dans des' 
trous en terre. — Pondent de quatre à fept 
petits œufs blancs, 180, 181. — Ces oifeaux 
vont par troupes nombreufes d?,ns 111e de 
Candie , ibid. — Leur voi comme celui de 
iLhirondeile , ibid, — On a dit mal - à - propos 
qu'ils voloient à rebours. — On leur fuppofe 
beaucoup de piété filiale , 182. — Lis ont la 
taille du mauvis , plus alongëe ; les couleurs 
variables, 184. — Parties intérieures, 185. 

Guêpier à tête grife , nommé par Seba 
quauhcilui ; nom prefque Mexicain, quoiqu'il 
foit très- douteux que l'oifeau foit de l'Amé- 
rique , FoL XII, 188, 189. 

Guêpier à tête jaune, Voy. Ictérocephale. 

Guêpier à tête jaune & blanche, — A les deux 



i> E s Matières, xxix 

pennes intermédiaires de la queue très - lon- 
gues, m. XII, i86, 387. 
Guêpier à tète rouge des Indes orientales. — 
Pourroit s'appeler cardinal^ Vol. XII, 210, 211, 

Guêpier ( petit ) à^s Philippines,— Variété 
du guêpier vert \\ gorge bleue , Vol, XII ^ 200. 

Guêpier grh d'Ethiopie, a ia queue très-lon- 
gue, F'olume XII, 189. 

Guêpier manon & bleu de l'île de France. — 
Taille un peu au-delTus de l'alouette huppée, 
mais plus alongée. Vol. XII^ igo, 191. 

Guêpier manon ^ hUu du Sénégal, ou guêpier 
à longue queue de nos planches. — Variété de 
.climat du guêpier marion & bleu , Vol. XII , 
191, 192/ 

Guêpier nmgt à tète bleue de Nubie. — Tailie 
au - delfous de celle de notre guêpier. — A la 
queue un peu fourchue^ Vol. XII, 208. 

Guêpier rouge Ef vert du Sénégal , Vol. XII , 209, 

Guêpier vert à aiUs 6* queue roujjes. — N'eft 
probabiement point originaire de Cayenne ^ 
VoL XIÏ, 212. 

Guêpier vert à gorge lieue, une fois plus petit 
que notre guêpier, avoit les deux pennes inter- 
médiaires de la queue beaucoup plus longues. 
Vol. XII, 196 & fuiv. — Variété, 199 ^ fu'w. 

Guêpier vert à queue d^aïur des Philippines ^ 
plus petit que notre guêpier , Volume X 1 1 ^ 
206 , 207. 

Guêpier ( grand) vert & bleu à gorge jaune, 
Volume XII , 202 j 203, 



XXX Table 

Guêpier ( petit ) ven 6* bleu à queue étalez. 

— Seul de fon genre qui ait la queue étagée. 

— Se trouve à Angola, VoL XII, 204, 205. 

Guêpiers. Rapports & différences ent/e ce 
genre tk ceux des huppes & des promerops ^ 
Vol. XIJ, 110 £5* fuiv, — Entre les guêpiers & 
les mai tins - pêcheurs, 112, lïg. — Guêpiers 
appartiennent à l'ancien continent, 115. 

G u I R A - c A N T A R A du Bréfil. — Efpcce Je 
coucou fort criard. — Taille de la pie. — Queue 
de huit pennes, die Marcgrave , Volume XII, 
71 cf fuifantes. 

GUIRA- GUAINUMBI. Vojei HOUTOU. 

GuiRA-QUEREA du Bréfil. — Se tient dans [es 
bois. — Vit d infedes, Vol. XII, 249. 250. — 
Variété remarquable par les deux longues^ pen- 
nes iiitermédiaires de fa queue , & par un 
collier doré, 251 , 252. 

H 

JlIa LE UR. Fojq Engoulevent à lunettes. 

HAU.SSE-COU i-ert , afiez grande efpèce de 
colibri. — Variété qui paroîc être la femelle, 
V^L XI, 80, 81. 

HÉRISSONS, dorment Phiver engourdis dans 
leurs trous. — Fauiles conféquences qu'on a 
voulu tirer de ce fait, VoL XII, 284, 285. 

H I R. O N D E L L E à czïiituvt blanche, ; a aufli da 
blanc fur les jambes. — Se trouve à Cayenne 
& à la Guyane, eft rare, Te;/. XII, 353? 3S4- 



DES Ma T I E RE s. xxxj 

Hirondelle à croupion roux 8* à gmue carrée , 
des bords de la Plata , Folume Xll, 475. 
— Variété, 476. 

Hirondelle acutipenne de Cayeime. Voyc^ 

^ Camaria. , 

Hirondelle ambrée , îbn odeur à quoi attri- 
buée. — Eft de la groffeur du roitelet au plus , 
Vol. XII5 354. 355. — A quelques rapports 
avec l'hirondelle de rivage &: avec celle de 
cheminée, 356* 

Hirondelle à queue carrée, Voyei Engou- 
levent. ^ 

Hirondelle au capuchon roux , eft l'hiron- 
delle à tête roufle du Cap de Bonne-erpérance. 

— A ttache fon nid au plafond des apparte- 
mens, rd, XII, 350, 351. 

Hirondelle à i-ennc blanc , de Cayenne. — 
Voltige dans les Savanes noyées. — Se perche 
fur les branches baffes des arbres fans feuilles. 

— Variété dans cette efpèce. — L'hiTonidk à 
rentre tacheté y VqL XII, 451 ^ fuiif. 

Hirondelle à ventre roux , de Cayenne, variété 
de l'hirondelle de cheminée , VoL Xli , 349. 

— Son nid a plufieurs étages, ibid. 

Hirondelle (grande) à ventre roux , du Sé- 
négal, VoL XII, 352, 353. 

Hirondelle à ventre tacheté, de Cayenne, 
variété de l'hirondelle à ventre blanc , VoL XII , 
451 &* fuiv. 

Hirondelle bleue, de îa Louifiane , Vol. XII , 
442,- variétés dans cette efpèce. — Hirondelle 



XXXij Ta BLE 

de Cayenne , 443. — Martinet couleur Je 
pourpre de la Caroline > 445. — Hirondelle de 
la baie d'Hudfon , 446, 447. 

•Hirondelle bmne acuripenue, de îaLouifîanej 
a les pennes de ia qweue pointues. — Variétés. 

— Hirondelle d'Amérique de Caresby , & celle 
de ia Caroline de M. Briffbn , ont ies ailes plus 
courtes, Fol, XII, 477, 478. — Arrivée. — 
Départ. — Vont au liréfil. — Nichent dans ies 
cheminées à la Caroline , 479. — Autre variété ; 
camaria ou hirondelle acutipenne de Cayenne, 
ihid. — Ses ailes font d'une longueur moyenne. 

— N'approche point des lieux habicés, 480. 

FÏIPvONDELLE brum à poitrine biauc/iâtrc , de la 
Jamaïque, variété de l'hirondelle de fenêtre , 
yolume Xli, 382. 

Hirondelle (petite ) bmm à ventre tacheté, 
de l'île Bourbon. — Variété de i'hirondeiie des 
biés de i1ie de France , FoL XII , 472, 473, 

Hirondelle (grande) bn/ne à ventre tacheté, 

de i'îie de France. Foye^ Hirondelle des 

blés. 
Hirondelle brune 6* blanche à ceinture brune, 

du cap de Bonne -efpérance. — Bec fort, un 

peu crochu,- FoL XII, 451. 

Hirondelle d'Amérique de Catesby, & de 
ia Caroline de M. BrilTon. — Variété de notre 
hiiondeile brune acutipenne de la Louifiane , 
Folmm Xil, 477, 478. 

Hirondelle d'Antigue à gorge couleur de rouille. 
— A un bandeau de ceite m^me coujeur , 



DES Ma T J E RE s. xxxiij 

variété de l'hirondelle de cheminée. Vol. XII, 

Hirondelle de Cayenne, variété de Phiron- 
delle bieue. — Eft commune à Cayenne. — Se 
pofe dans les abattis , fur ies troncs d'arbres 
fecs. — Ne fàitpornt de nid. — Pond dans des 
trous d'arbres. Volume XII, 443,444. 

HmoNBELLE de fenêtre, noyée & refiufcitée. 
Vol. XII, 302.^- On n'en peut rien conclure 
en faveur de Timmerfion de ces oifeaux pen- 
dant l'hiver , ibid, — Nommée auiïi hiron- 
delle au croupion blanc , hirondelle fauvage , 
357- — ^û place foîTnm , 3^^ ^ g6i. — In« 
fecles qui s'y trouvent , 361 , 362. — On ^oit 
fouvent plus de deux hirondelles travailler à 
le conftruire & d'autres à le détruire , 363 , 
364. — Temps de leur arrivée en différens 
pays. -— S'accouplent dans ie nid, 367, 360. 
- — Nombre des pontes & des œufs à cha*- 
que ponte; ces œufs font blancs, 36-8. —Soins 
des père & mère pour leurs petits. — Les mé- 
connoiiTent iorfqu'ils font tombés du nid , ou 
que le nid a été déplacé , ibid, -^ Les moi^ 
neaux s'emparent de leur nid , & n'y font 
point claquemurés par elles 5 370, 371. — . 
Difficulté de les élever, 372. — Exemple d'une 
jeune qui a été apprivoifée, 373, 374.— Se 
pofe rarement ailleurs que dans le nid, 374, 
— Ou s'aOembiCnt pour le départ , 375. — . 
Manière de les prendre en Alface, a pu don- 
ner lieu à l'erreur de leur immerilon. — Jeunes 
bonnes à manger Tautomne , 376 , 377. —. 
Cette efpèce tient le milieu entre la domefti- 
que & le grand martinet. — Ses rapports avec 



xxxLV Table 

ces deux erpèccs. — Ses habitudes. — Ses allures. 

— Détails de Hi conformation, Ko/. XI, 377, 37S. 

— Mouvement de ia queue dans les jeunes, 
379. — Celles-ci pèfent plus que les vieilles, 380. 

— Parties internes, ibid, — Hirondelle blan- 
che, 381.— Autres variétés, ibid, 382. 

IJiîiONDELLE de la baie d'HadHori dTdvvardS' 

— Refiemble à l'hirondelle de Cayenne. — Eli 

plus grande. — E ce fort, Ko/. XII, 446, 447. 

Hirondelle de mer. Koy^t ^""alangane. 

Hirondelle de rii^age, — Pourroit s'engourdir 
plutôt que touffe «wcr«-«if>4ec, Ko/, xii . 0.81^ 
gioy 389. — On en voit quelquefois l'hiver 
dans nos pays tempérés , 308 , 310 , 3^5 , 
387. — Obfervation au fujet de leur occultation, 
312. — Cù font leur ponte, 384. — I^eur 
arrivée. ■ — Leur départ. — S'aflembient aveci les 
hirondelles de fenêtre, 385, 393. — Leur nid , 
390. Leur ponte, 392. — Leurs petits font des 
efpèces d'ortolans , ièid, — Leur chafle aux in- 
fedles, 393. — Ne fe perchent jamais, 394. 

Hirondelle des blés ou grande hironddU brune 
à ventre tacheté, de l'île de France. — Où fe 
tient. — Son cri. — Niche probablement dans 
des trous en terre ou des trous de rochers. — 
Son nid. — Ses œufs. — Taille de notre mar- 

' tinet, Ko/. XU, 470, 471. — Variété, petite 
hirondelle brune à ventre tacheté de l'île 
Bourbon, 472, 473. 

Hirondelle (petite ) noire à croupion gris , de 
l'île de France. —^ Elle y eft peu nombreufe. 
• — Se tient pendant le jour dans le voifinage 

des eaux 



DES Ma T I È RE s. XXXV 

des eaux douces ; îe foir à ïa iiOère des bois. 
— Vo{ très-prompt. — On ne la vo'.t prefque 
jamais Te pafer. —Taille de îa méfange, Ko/. XII, 
4^7, j 474. — Une hirondelle des Indes fait ia 
nuance entre cette efpéce & fa petite brune k 
ventre tacheté de l'île de Bourbon, 474. 

Hirondelle noire acutipenne , de îa Mar- 
tinique. — Taille du roitelet, Fol, XII, 48 1- 

Hirondelle ( petite ) noire à veutre cendré 
du Pérou, Volume XII, 441. 

Hirondelle mire à ventre fauve, de "Barrère, 
variété de l'hirondelle de fenêtre , Vol. X 1 1 , 
S8i. 382. 

Hirondelles. Leurs attributs communs avec 
les engoulevents , VoL XH, 271 , 272. — 
Happent les infedes au vol. — Ont douze 
pennes à la queue. — La plupart l'ont four- 
chue. — Quelques-unes l'ont carrée. — En 
général plus petites que les -engoulevents. — Ont 
les couleurs plus tjanchées & par plus grandes 
mafles , 273. — Sont plus fociaies. — Font des 
nids. 274, 275. — Leur voî non accompagné 
de bourdonnement; plus hardi; plus foutenu, 
&c. 275, 276 — Répandues prefque en nom- 
bre égal dans les deux co' tirens, 277. — Mi- 
gration. — Quelques - unes relient , 278. — 
Pafient q\ie]quefois, dit-on, rhivf:r fous Teau, 
2-9. — Cette Gpinioa combattue par des rai- 
fonnemens & par des faits , 280 y fuii;. — 
Rendue très-fufpecle par la feule raifon que 
perfoiine n'en a vu fortir de l'eau, 285. — 
Ne s'engourdilfent point au Sénégal, 291.---. 

OifeauK^ Tome X FI. Q 



xxxvj Table 

Jl fait plus chaud dans îe temps de la difparîtîoîî 
des hirondeiles , que dans le temps de leur appa- 
rition 5 l^ol. XII /304. — Gaules de l'erreur fur 
îe féjour des hiroiideiles dans l'eau 5 307 , 308. 

— Leur fimple occultation, 308. — Migrations 
& leurs caufes , 312 — Hirondelles vues en 
^fiique, fur les mers de ce continent, &c. 
316, — Hirondelles du Canada, de la Jamaï- 
que font de paffage , 320. — Expérience de 
Frifch fur ce fu^et , ibid. -^ PaflTent & repafient 
dans les ïïqî de la méditerraiiée , 321. — Com* 
ment il eft po i ble qu'on ait péché des hiron- 
delles noyées, & qu'on les ait rendues à la 
vie, 321, 322.-- Amies de Phomme , parce 
qu'elles vivent d'infedes , ibid, — Les hiron- 
delles diffèrert des martinets par la coufor- 
mation , les habitudes & le naturel , 323. 

— Raifon pourquoi on ne fépare point ici ces 
deux familles d'oifeaux , 324. — Hirondelles 
d'Europe & des contrées voifines font de paf- 
fage. — Celles de l'Afrique méridionale, de la 
Guyane, de Cayenne, des Antilles , font fixes j 
s'y font multipliées avec les établiilemens euro-* 
péens. — Semblent chercher la fociété de 
l'homme, 429 6' fui^. — Quelques hiroiidelies 
d'Amérique ont le bec plus fort que ks 
nôtres, 429. 

lîiRONDELLES de PAmérique méridionale & 
de i3uénos ayres, variétés de i'hjrondeiie bleue ^ 
Volume XII, 445. 

HiKONDELLES de rochers. Leur apparition dans 
la plaine annonce la pluie." — Vont de com- 
pagnie avec ççiies de fenêtre ; Vol. Xil , 396, 



BEs Matières, xxxvîj 

*-* Leur arrivée. — Leur départ, J^ol. XII, 397. — 
Cette efpéce fait ia nuance entre l'hirondelle de 
rivage, dont elle a les couleurs , & i'hiroudeife 
de fenêtre , dont elfe a les allures ; elle n'a 
qu'un feul cœcum, ibid. 398. 

Hirondelles ffe cheminez ou domefllque , vues 
pendant i'hiver en PérigorcI, Fô/. %Û , :^o8 , 
1^09. — Cette efpèce niche dans les cheminces, 
fous {es avant toits ; jamais ne s'éloigne vol:)ni- 
tairement des lieux habités, 327, 328. — Son 
arrivée en France a une époque fixe milgré 
la neige, &c. 329.^ — Ineonvénie^it de tuer les 
hirondeiies, 331.— Leur nid. — Leur ponte, 
— Leur chant. — Licubation. — Éducation 
des petits, — Leçons de vol. — Amour des 
mères pour leurs petits , 332 &• fiiv. — Les 
yeux de ceux-ci crevés, fe rétab'iiîent d'eux- 
mêmes. — Autres cris de ces hirondelles , 

337. — Dans quelles pircoudances fe rab.itcetit 
près de terre & rafent la furface de l'eau , ibid» 

338. — Se pofent & même fe perchent quel- 
quefois , fur tout lorfqu'elles s'alfemblent pour 
le drpdfi, 339, 340. — On trouve de pedtcî 
pierres lans leur eftomac , ibid. — • Leur arri- 
vée en Afrique , ièid, — Y paiTeiit les nuits 
perchées fur ia charpente d^s cafés. — ' Ne ni- 
aient pas au Sénégal, 541. — Relient Phiver aun: 
îles d'Hiéies. — Paroiflent rarement à Malte, 
342. — Parti qu'on en peut tirer pour envoyer 
au iorn des avis , ibid. 343. — Variétés. — > 
Hrrondelles blanches. — Manière de s'en pro- 
curer , 345. — Hirondelles roulfes, 346. — . 
L'hirondelle de cheminée répandue dans tout 

Q 'j 



XXXviij T A B t E 



l'ancien continent. Vol. XII, ihid, 346. — 
Autres variétés , 347 6* fuivantes. 
Homme. Le caradlère de fa prééminence fiic 
les autres animaux , c'efl: la perfeftibilité de 
l'efpèce entière. — Son progrès arrêté par des 
alternatives de Barbarie, VoL XI, 93, 94. — 
Origine de toute fociété entre les hommes & 
de tout langage, 94, 95. 

H o u H o u d'Egypte , crie hou, hou. — Va par 
paires. - — Vit de cigales. — A un long éperon. 

— Plumes de la tête & du cou épaifles & dures; 
celles du ventre & du croupion douces & 
effiiées, VoL XII, 17, 18.— Trois variétés 
dans cette efpèce, fe coucou des Philippines de 
nos planches enluminées; le coucou vert d*An- 
tigue de M. Sonnerat; & le toulou de Mada- 
gafcar, 20 , 21. 

H u T G u ou M o M T. Oifeau de la Guyane, 
dont le cri eft houtou , décrit fous deux noms. 

— On en a fait deux oifeaux, VoL XII;, i©3 
& fuiv, — Groifeur de la pie. — Bec conique, 
courbé & dentelé. — Longue queue étagée, 
a d^ux pennes ébarbées prés du bout dans 
^adulte, ip6 , 107. — Vit d'infedes. — Vieux, 
difficiles à nourrir. — Efl: foiitaire. — Sautç 
plutôt qu'il ne vole. — Erreur de Pifon h \ 
fon fujet, 107, 108. — Niche dans des trous : 
en terre. — Ne monte pas fur les grands arbres, j 

— Eft ie guira-guainumbi de Marcgrave, 109. j 

— Mauvais manger , ibid, < 
Hulotte. Voyei Oiseaux de nuit. 
Huppe des Alpes. — Variété de ^la nôtre* ,4 

Voyti Huppe. 



VES Matières, xxxi^ 

Huppe d'Europe^ FoL Xll ^ ll6 & fnipaures. 

— Hiftoire d'une huppe apprivoifée , i î2ô &* fuh. 

— Son attachement. — Sa nourriture , 120 ^ 
îg7, & fu'wanus, — Sa marche à fa fuite du 
Nil, 124. — Ses migrations 5 128. — Niche 
dans des trous d'arbres, igo, 131. — Ces trous 
font profonds. — Les petits y font îeur ordure ; 
de-ià la mauvaife odeur & ie proverbe , 133- 
^—Propreté de îa huppe apprivoifée, 134- — ' 

— Pond de deux à fept œufs qui n'éclofent 
pas tous en même temps, 134, 135. — FaiC 
deux ou trois pontes chaque année, 135, 136» 

— Son cri. — Aime ie Ton des inftrumens. — 
Comment elle boit, 136. — A un mouvement 
brufque du bec, 137. — Se prend diiSci'.e- 
ment dans les pièges, ibid, — Se tire aifément. 

— Son vol. — Sa marche , 138. — Ses voya- 
ges. — Où pafîe l'hiver, 138 5 139. — Quel- 
ques-unes le paffent dans des trous d'arbres, 

139. — Durée de leur vie, 140. — Leur poids. 
-^ Leur taille. — Ont beaucoup de plumes , 

140, 141.; — Couleurs de la femelle , 144. — 
Parties intérieures de la huppe , 145. — Variétés 
dans cette efpèce, 146, 147. 

Huppe du cap de Bonne- efpérance. Variété 
de la nôtre. Voys^ HuPPE. 

Huppe noire 6* blanche du cap de Bonne-efpé- 
rance. — En quoi diffère de la nôtre , VoL XII , 
il 10, 149. — Attachée à l'ancien continent y 
114, 128. — ^ Se tient dans les grands bois. — 
Vit de graines, de baies, 150. 

îu P PE s. Rapports & différences entre \ts hup- 
pes , les promerops & les guêpiers , Ko- 
luniQ XII, iio 6* fuiyaiites. — Huppes d& 

Q iij 



x/ Table 

paffage bonnes à manger, Ko/. XII, is^.-^Et non 
pas les fédentajres 5 126. — Huppes de jardin j 
ibid, — La chair de ces oifeaux fent ie mufe, 
327. — Vont par petites troupes en Egypte; 
ailleurs vont par paires , ibid, — Leur piété 
filiale, 139 , 140. 

Hl^PPE du hvi.ppe- cou, Volume XI, 24. Ce 
Toifeau - inouche huppé, mâle, 29, 30. — 
D'un oifeau mouche de la Guyane, ^^. — 
Longue huppe d'une efpéce ce colibri , 74 , 
75. — Des kakatoès, 126 & fuivantes. — Du 
touraco , ell: une efpèce de couronne ou de 
mitre, 419 £y fulv, — De la huppe . Vol. XII , 
îii , 116, 141 b" fuh. — Ce mot de huppe 
qui figFiifie aigrette , formé du nom de i'oi- 
feau , ibJ, 

Huppe-cou, petite efpéce d'oifeau mouche. 
— Sa huppe & plumes latérales qui lui font 
une forte de fraife , Vol. XI , 24. • — Son plu- 
mage , ibid. 25. — Différences entre ie m.âle 
& la femelle, 25. 

Hydrophobie, état naturel du coucou. 
Vélums XI ^ 474. 



' A c ou Perroquet cendré. Prononce fouvent fon 
nom, — Ell docile. — Vient d^Afrique. — Imite, 
de préférence la voix des enfans ; quelquefois 
auifi celle des adultes. Vol. XI, 138 6* /«/V, . 
— Montre beaucoup de bonne volonté pour, 
apprendre à parier, 142 i:f fuiy. — Singuliers 



nns Matières. xIj 

efforts de mémoire de quelques-uns, Fb/.XI^ 
145 — Comment ies Anciens lui apprenoient 
à parier, 145 6* fuiu. — Se répond quelquefois 
à iui-même. — Sa haine pour les enfans. — Son 
goût pour les fîlîes de cuiîine , 146, 147.-'— 
Imite aulli les geftes & les mouvemens. — Son 
babii dans l'ivrefie , 148. — L'hiver, fe plak 
au feu , l'été à ia pluie ou dans le bain, 148, 
149. — S'ennuie & baiile. — Imite piufieurs 
cris. — Se tait dans l'obfcurité , 149, 150. — 
Piend le ton des perfonnes qu'il entend fou- 
vent , 151. — Organes de la parole. — Bee 
mobiie , 153, 156. — Ce bec eft pour lui un 
fécond oraane du toucher, 356. — Cet oiieau 
efl: granivore. — La viande lui eft contraire. 
— Maladie qu'elle lui donne , 157 , 158. — 
Eft fujet à changer de couleur, 758. — Autres 
tnaladies, ibid, — Durée de fa vie , ibld, £/ 
Juh\ — Fond quelquefois en France. — Le 
mâle efl: jaloux, 160, 161, 

Jacobin huppé de Coromandel. — Sa huppe 
eft couchée. — A pour variété un coucou du 
cap de Bonne- efpérance, dont la queue n'eft 
étagée que dans fes deux pennes extérieures, 
Volume. XII 5356' fui pan tes. 

Jacobin, nom donné en Savoie au grand 
martinet à ventre blanc, Fol, XII, 423. 

Jacobine. Voyei Oiseau -mouche à collier. 

J A P N , on n'y trouve d'autres perroquets que 

ceux qui y ont été apportés , Fol. XI , 222. 

Jaseuse, ( petite ) un des noms du tirica^ 
efpèce de tou^i , FoL XI 5 393. 

Q iv 



^lij T A B LE 

Ibijau du Bréfîl, efpèce d'engoulevent. -* 
De temps en temps épanouit fa queue. — 
Taiiie de Thirondeile. — Langue très- petite, 
VcL XJI, 253, 254. — Variétés. — Petit en- 
goulevent tacheté de Cayenne. — Le grand' 
îbijau ne diffère du petit que par fa taille. — 
Se tient dans des arbres creux au bord des 
eaux, 255, 256; — N'a ni les ongles ni les 
doigts conformés comme les autres engoule- 
vents, 257, 258. 

ICTEROCEPHALE , nom daguépîer à tête jaunci 
— Se montre quelquefois en Aifaee. — Un 
peu plus gros que notre guêpier. — A le bec- 
plus arqué. Volume XII, 214, 215. 

J E N D A Y A , perrrche à queue longue & égaîe^ 
du Bréfil. — Taille du merle, Vol. XI,- 366. 

Immersion (' prétendue ) des hirondelles 5c 
autres oifeaux fous l'eau, VoL ^11, 279 6* 
fuii^. 377. 

IK'CUBAtion ou aâion de couver. — Eft quel- 
quefois une palTion dans les oifeaux, VoL XI, 
461 , 462. 

Insectes trouvés dans des nids d'hirondelles 
de fenêtre 5 VoL XII, 361, 362. 

Joues rues , caradlère propre aux aras , Vol. XI,. 
250. — Attribué mal-à propos aux amazones,. 



294. 



K 



Kakatoès, Vol^. XI, 124 ^ fuh. — • Les 
plus grands perroquets de Tancien comiiienL 



DES Matières xliif 

-*- Naturels au cîimat dé PAfîe méridionaîe , 
prefque tous remarquabîes par leur blancheur, 
par îeur bec plus arrondi , & par leur huppe 
à double rang de plumes fougues. — Ne par- 
ient point ou très-peu. — S'apprivoifen^ aifé- 
ment. — Font en quelques endroits des IndeS' 
leur nid fur îes toits. — Marchent en fautii- 
]ant. — Se prennent le bec réciproquement" 
par forme de carefîey VoL XI, 125 ^ fuiv. 

Kakatoès à ailes & queue rouges d'Aldrovand^.- 
Seroit un kakatoès s'il avoit une huppe , Vbl.Xly^ 
1335 i34- 

Kakatoès ( petit' ) à bec couleur âe chair ;■ 
efpèce la plus petite , Ko/. XI, 133. 

Kakatoès à huppe blanche, delà grcffeuf d'une^ 
pouie. — Sa huppe compofée de pennes lar- 
gement barbées, Ko/. XI, 128, 129. 

Kakatoès à huppe jaune & compofée de plumes^ 
molles è' effilées. — 11 y i dans cette efpèce va- 
riété de grandeur, Fol. XI, 129. — Ne fup- 
porte point la cage. — Sa fenlibilité aux carefifes ^, 
la docilité , fa propreté. — Aime à fe faire' 
gratter. — Autres gentilielTes , 130, i^i. — Sa> 
nourriture, 132. 

Kakatoès à huppe rouge; l'un dés plus gî^nds^' 
die cette famille, Vol. XI , 132.. 

Kakatoès voir. — G'eft le nègre à^s kakatc/si'. 
— - A les joues- nues & la queue étagée^^— - 
Yient. de Ce^iand^,. Ka/wne XL, 135? 15$»* 



xliv Table 



IjANGage, fe forme des expreflîons répétées 
des befoins des enfans & de la tendrefie des 
mères ^ Volume XI, 94. — Pourquoi les ani- 
maux n'en ont point, 95, 96. 

Langue des oifeaux - mouches , efpèce de 
trompe , Volume X 1 , 4 , 5. — Des colibris , 
conformée de même , 58. — Langue des oifeaux 
parieurs, 97. — Des oifeaux qui fifflent, i.bido 
— Langue du perroquet & en particulier du 
jaco, 153, 154. — Langue de l'arimanon, efpèce 
de perruche > a la langue pointue & terminée 
par un pinceau de poils blancs & courts, 245 , 
246. -^ L'ara replie fa langue lorfqu'il mange ^ 
ou qu'il fait effort pour prononcer un mot 
difficile. — Les oifeaux qui ont la iangue poin- 
tue & le bec droit, ne peuvent faire mouvoir 
îa langue qu'en l'avançant ou la retirant dans 
fa diieâion du bec , 279 , 280. — 11 y en a 
cependant qui parlent avec une langue ainlî 
faite , Volume XII , 100. — Langue de ia huppe 
très- courte, 144, — Celle de la huppe noire 
& blanche du Cap , eil aifez longue & divifée 
en filets , 150. 

Latanier ( Palmier ). Son fruit que mangent 
les aras efl: très-dur, Volume XI, 286. 

Î-AVANDIÈRE, couve l'œuf du coucou dépofjé 
dans fon nid, Volume XI, 464, 

Linotte. Voyei Oiseaux. 



DES MATIERES. xlv 

Loirs, dorment l'hiver engourdis dans leurs 
trous. — FaufTes conféquences qu'on a vouiu 
tirer de ce fait, VoL XII, 284, 291. 

LoRi ( grand ). A treize pouces de longueur- 
' — Le fori de Geyîan de M. Vofmaër paroît 
être ie même. — Apporté en Holiande y vécut 
peu , Volume XI, 189. 

L o R I à collier , ne doit pas être nommé îorl 
des Indes orien raies. — Efi: doux, fiimilier/inais 
déiîcat & difficile à élever , apprend très-aifé- 
ment à parler. — Variétés de cette efpèce ^ 
Volume XI ^ 180 & fuiv, 

L R 1 à collier des Indes. Voyex L o R l « collier^ 

L o R I cremoiji. Ses couîeurs peu éclatantes. ~ 
Se trouve à Amboine, VoL 185, 186. 

L R I de Ceram. Variété du lori - noira y 

Volume XI, 179, 
LORi de Giioîo. Voyei LORi rouge. 

L R I de Gueby. Voyei L R l rouge & violet. 

L O R I de la Chine. — N'eft pas de la Chine, 

Voyti L R I rouge, 
L O R I des Indes orientales. Voye^ L OR i à collier. 
Lori des Moîaques. Voyez LoRi - NOira. 
L R I des Philippines. Voyei L o R i tricolor.^ 
LORi-NOiRAj fe trouve à Ternate , à Ce^ 

ram , à Java. — Très recherché dans les Indes. 

— S'attache à fon maître , ie carefîe, mord {es 

étrangers, VoU XI; 176 6" fuiv, — Variélî^s^ 

179. 

Q v/ 



^Tvj 



Ta BLE 



LORi- PERRUCHE vQuge, Oifeau très- rate fefon 
Edwards. — Donné à M. Hans î; îoane comme 
venant de Bornéo , VoL XI, 190, 

I.GRI- PERRUCHE tricolor. Diftribution de Ces. 
couleurs. — Gros comme une tourterelle , 
Volume XI, 193. 

XORI- PERRUCHE viokt & reuge. Le violet de 
fon plumage eft un bien - violet , Volums X I^. 
191, 192/ 

liORl. ( petit) Kbye^LoRl. tricolor. 

LORl TougCy efi: prefque entièrement de cette- 
couleur. — Mal -à -propos nommé lori de la* 
Chine, — Paitjît îe mtme que lori de Gilofo> 
de M. Sonnerat, Foi XI, 186, 187. 

1, R I Tûtige & violet. Nommé aufïï Lori de Guefy». 
— N'a que huit pouces de longueur, totale,. 
Volume XI, 188.. 

î*ORi tricolor^ beau, familier, careflTant , fifSè 
& parle diftin dément.. — Trouvé à rîle-dToia>, 
Volume XI, 184, 185. 

îi R 1 S , fami'Ie des perroquets des î«dea orièn- 
taies. — Tirent leur nom de leur cri. — Le 
rouge domine dans leur plumage. — Sont plus 
agiies que les autres. — Apprennent à llffler ^ 
à parler. - — S'apprivoifent & s'accoutumenti 
aifément à la captivité, mais plus difficifem.ent 
au changement de climat. — Sujets à i'épilep- 
He. — Ne fe trouvent qu'aux Moluques & k 
la nouvelle Guinée. — Les e.rpèces font diffé- 
îe\ices d'une île à Pautrs , Vol, Xî. ,. 1.74, 6?^- 
^•a/*fM,.— ApprÊnnent aifémem k gaiiex ^ iSsi, 



DES Matières. 



xlv^ 



lOîHTS- PERRUCHES. Nuance entre tes îoris & 
les perruches, l^ol. XI, 190. — Forme & lon- 
gueur de leur queue, 191, 193. 

Louisiane. Ne s'y trouve qu'une feule erpécs- 
de perroquet , VoL XI , 378. 

Lumière. Ses influences fur les couleurs des 
©ifeaux & des infedes, Vol. XL, 239 & fuhi. 

M 

jVÎacao. Veyey. Ara vert. 
Maghaq ou Araruna. Kqye^ Ara noir.. 

MaiPOURI fait, avec le caica , h nuance- 
pour la grandeur entre ks perriches & ie^ 
papegais, , VoL XI, 350. — Siffle comnne \t 
t^ir, à s'y méprendre. — Se trouve à la 
Guyane, au Mexique , &c dans les bois hu-- 
mides. — N'apprend point à parler, 351 ,. 352. 
— Ces oifeaux vont par petites troupes ,fe: 
feattent fouvent. — Les Jeunes s'apprivoifent >. 
mais noi\ les vieux. — lis ont l'air maiïif &: 
lourd. — Les plumes ferrées & collées con-- 
tre le corps, 352, 353. 

Majsiavou ANNE , nom Guyanois de ia.?«;rmAe- 
ara. Vol. Xl, 387. 

Marmottes , dormant i'hiver engourdies 
dans leur trou. — Faufles conféquences qu'ori a 
Youlu tirer de ce fait, VoL Xll, 284 , 291. 

BTaR T I N E T à collier Manc , de Cayenne, fait. 
fon nid dans les maifons , dit M. Fajoir. - — 
Suftdure de. ce: aid, VoL XIL, 438 à £my^. 



xlviij Table 

Martinet ( grand) à ventre blanc , en Savoie 
jacobin ^ fe plaît fur !es montagnes; niche dans 
les trous de rochers ; eft Phirondeiie d'Efpa- 
gne d'Edwards. — Temps de fon arrivée en 
Savoie , plus fixe que celui de fon départ , 
Vol. XII, 423 ^f fuiv. — Parties intérieures, 
427. — Refiemble a l'hirondelle de rivage , 
félon Edwards, 428. 

Martinet couleur de pourpre de la Ca- 
roline : variété de l'hirondelle blaie. — Niche 
dans des trous de murailles & dans des cale- 
bafies qu'on fufpend pour l'attirer. — Écarte 
les oifeaux de proie par fes cris, Vol. XII , 

Martinet ( grand ) noir à ventre liane , 
des îles de l'Amérique. — A le chant de i'Al- 
iowette. Volume XII, 435, 436. 

Martinet ( petit ) noir, de Saint-Domin- 
gue; niche dans des trous en terre, fe perche 
fur les arbres fecs, Vol. XII, 433, 434. 

Martinet noir & blanc , à ceinture grife, 
bec très - court ; ong'es crochus & forts , Vo^ 
lume XII, 437.' — Se trouve au Pérou, ibid. 

Martinets diffèrent des hirondelles , par 
la conformation , les habitudes & le naturel, 
Volume XII, 3*23. ■ — Raifon pourquoi on ne 
fépare point ici ces deux familles d'oifeaux , 
324. 325- 

Martinets noirs , leur conformation , leur 
vol. — Ne fe pofent guère à teire, & lorfqu'ils 
y font tombés, prennent difficilement leur volée, 
& pourquoi? VoL XII, 401 ^ 402. — Ne fe 



DES Ma Tià res. xlix 

rëpofent que dans îeur trou ou accrochés à une 
muraîHe, à un tronc d'arbre. — Comment ils en- 
trent dans leur trou, /-^o/.XII, 403, 404. — Socia- 
bles entre eux; ne \ont point avec les autres hiron- 
delles , 404. — Où font leurs nids , ibid. — Leur 
inftind, ièid. — Arrive'e, départ, 406. — Ma- 
tériaux du nid , où fes prennent , 407 , 408. 

— Leur forme , 409. — Cri de ces oifeau'x , du 
mâle &: de la femelle > 410. — Leur ponte uni- 
que , 411.— Petits font muets, ibid. — Édu- 
cation & nourriture , ibid, — Jeunes & vieux 
ont beaucoup de vermine, 412. — Plus diffi- 
ciles à tirer au vol qu'à tuer à coups de 
baguette, il?id, 413. — On ies pêche à ia ligne , 
413. — Craignent la chaleur , 414. — Leurs 
allures, ibid, — Leur départ, 415. — On en 
voit quelquefois en automne des \oiées nom- 
breufes, 417. — Ont la vue perçarte ; fe trou- 
vent par- tout, 418. — Singulière exiftence de 
ces oifeaux; leur caractère, 419 , 420. — N'ont 
îes jouiflances du tad que dans leur trou, 419, 

— Leur poids, 420. — Leurs parties internes, 
422. — Différences delà femelle, ibid.- — Ver- 
mine de ces oifeaux , ibid. 

Mascarin, a une ef[jèce de mafque noir; 
fe trouve à Madagafcar , à lîle de Bourbon, 
Vohme XI, 168, 169. /^oj-'q PERROQUET 
brun. 

Merle. Kqye^ Oiseaux. —Couve Pœufdu 
coucou dépofé dans fon nid, FoL XI, 464. 

M É R o P s , petit genre intermédiaire, entre celui 
des promerops & celui des guêpiers, FoL XI, 1 13. 



/ Ta BLE 

Mjérops TQu^t y hleu; il ne paroi t pas qu'îî 
foit du BréCi , quoiqu'en dife Séba. — Eft de 
la taille de nocre guêpier. — Incecmédiaire en- 
t'-e les guêpiers & les promerops , l^oL Xil , 
171, 172. 

MÉSANGE, couve rœivf du coucou , dépofé 
dans fon nid , VoL XI , 464. 

MÉTAMORPHOSE prétendue du coucou en> 
épervier, f^ol, XI, 431, 437. 

MÉTHODES, quelles elles doivent être , leur 
véritable but, FoL XII, 2, 3-. 

Meunier ou crik poudré , paroîi être le 
perroquet blanchâtre de Barrère. — Se trouve 
à Cayenne , efî: après les aras , îe plus grandi 
des perroquets d'Amérique , un des plus efti- 
lîiés pour la fingularité des couleurs , la facilité 
d'apprendre à parler y & la douceur du naturel ,. 
KoL XI, 316, 31^7.— Son bec couleur de^ 
corne, blanchâtre, 318. * 

Ml G R A T I ON s des hirondelles , Fol. XII, 312^ 
314, 379 ^ fuh, — La Salangue & plufieurs- 
autres hirondelles n^y font pas fujettes , 429 ,. 
469. 

Moineaux s'emparent quelquefois des nids> 
d'hirondelles, VoL XI,. 44:2. Vol. XII, 370 i^ 
371- 

M aM T. Voyci H o u T o^ . 

Mont vo Y AU de la Guyane , s'eft nommé: 
par fon cri qu'il fait entendre le foir. — A- 
i'oi-igle du milieu dentelé fur fou bord exié- 
jskur ^ Ko/.- XII- y 25 7 , 06 & 



desMatjères. Ij 

Mue tardive du coucou , & ce qui en ré- 
fuke, FaluiM %l, 44^, 445. 

N 

Na ri n e s de Para vert , cachées dans îe» 
pîumes, yoL Xl, 279. — Narines de l'engou- 
levent faillantes, Folumt XII , 231. 

NATURii. Son véritable ordre» — Sa fécon.- 
dite. — Aifance de fon exécution» VoL XII , 5» 

Nectar ou fuc des ffeurs, — Nourriture des^ 
oifeaux - mouches , VoL XI ^ 3 , 6 , 7 , 10 ^ 
2û. — Et des colibris^, ^6 , 57. 

NiP des oifeaux - mouches, Fb/. XI, 10, ^^. 
-^ Tous ks perroquets d'Amérique nichent 
dans des creux d'arbres. — Piuiieurs efpèces^ 
de l*^âncien continent fufpendent leurs nids à 
des rameaux flexibles, 226, 227. — Nid des^ 
aras, 260. — Des anrazones, 287. — Une efpèce 
d'autour pond dans le nid du choucas ; lé 
torcol dans celui de îa (ittelie ; îe moineau 
dans ceux d'hirondelle , 441 , 442. — Coucous,. 
pics , martin - pêcheurs , pîuiieurs efpèees de 
méfanges , &c\ ne font point de nids, 448. — 
Nids où l'on trouve à - la - fois un œuf de^^ 
coucou &: plufieurs (»<.ifs de fa nourrice y 
d'autres où l'on trouve tous ces œufs écîos , 
453 -> 454 ' 4<^5' — Nids où l'œuf de cou- 
cou ne réuflît "^pas , 464. — Ce qui arrive 
dans îes nids où cet œuf elt couvé > 466. — 
La plupart des coucous d'Amérique font des. 
BÎds, Volume XII, 69.— Les anis femelles 
pondent plufieurs dans un même nid,. 94? 9T* 



Il) Table 

— Homoufait le fien dans des troits en terre # 
Vol XII , ic8. — La huppe dans des trous d ar- 
bres & fouvent fans litière, 130, igi. — Les 
oifeaux de nuit n'en bnt point , 238. — Nid 
des hirondelles de cheminée , 332 , 333. — 
De l'hirondeile au capuchon roux du Cap , 
3fi. — De l'hirondelle au croupion blanc ou 
de fenêtre , en quel lieu elle l'établit de pré- 
férence, 359 &' fuiv, — Infedes qui s'y trou- 
vent , 361 , 362. — Nids d'hirondelles dont les 
moineaux s'empare- 1 , 370, 371. — Nids des 
martinets 5 405. — IVatériaux & forme de ces 
nids, 407. — Nid du martinet à collier blanc 
de Cayenne, 430. — De la falangane , 454 ^ 
fuiv, — Nids d^'alcyons des Anciens, 455. — 
. Opinions fur les nids de falan'gane,457 G fuh, 
• — Ces oifeaux les conftruiibnt avec du fr^i 
de poiiïbn. — Forme de ces nids, 462, 46£;, 
— Nid de l'hirondelle des blés, fait de paille 
& de plumes, 472. 

Noir A. Foyei LoRi-NoiRA. 

N o R d'Aldrovande doit être une variété du 
Jori-noira, Volume XI, 179. 

O 

Occultation des 1 îrondelfes , Vol XII , 
278, 308, 311, 312. 

Πu r s des oifeaux - mouches, Volume XI , 10, 
— Sont , dit - on , fa proie des grofles araignées 
de ^a Guyane, 41. — Œufs de perroquets 
pondus en France , les uiis cjairs , les autres 



DES Matières. lii} 

fëconds. Fol. XI, i6o. — Œufs desaras 2'^o.— Des 
amazones , 287. — Er eur fur les œufs de cou- 
cou ,432. — Nombre de ces œufs , 427, 442 , 
44^'., 448. — Œufs de i'autruche , non cou- 
vés par elle, mais expofés au ioieil, 448.-— 
Œufs couve's par des femelles d'une autre efpèce, 
454 6 fulv. — Œuf de coucou d'-hord couvé , 
puis mangé par une ferine, quoiqu'il fur uni- 
que , 453. — L'œuf du coucou ne réuffic pas 
dans les nids de cailles & de perdrix, 464. — 
Œufs de l'ani , de fa g-ofleur des œufs de 
pigeon, de couleur d'aiguë - marine . Vol XII, 
100. — Œufs de la huppe n'éciofent pas tous 
en même temps, 1^4, 135. — Œufs de Thi- 
ror.delle d^e ciieminée blancs ; cinq de la pre- 
mière ponte,' trois de la féconde , 334. — De 
i*hiroudelle de fenêtre; leur nombre h ch que* 
ponte, 1^67 , 368. — Ceux de Phirondeiie des 
blés , gris pointillés de brun ; il y en a deux 
à cha. ue ponte , 472. 

Oiseau de Paradis oriental de Séba , n^eft 
point notre perruche- iori, Fol, XI, 203, 

Oiseau de pluie, Koye^ Vieillard. Voyti 
auffi Ejs GOULE VENT de la Caroline. 

Oiseau des barrières de Cayenne & de Ta 
Guyane , efpèce de coucou qui fait varie'té dans 
Pefpècedu coucou brun varié de roux , Fol. XII, 
78 — Se perche fur les paliffades. — Ne va 
point en troupes, 79. 

Oiseau- MOUCHE , Volume XI, I H fuw,-^ 
Ses belles couleurs, 3,4 — Sa manière de fe 
nourrir, 3? 5> 6, 7, 20. -- Habite la zone 



iiv T ^ B L E 

torride du nouveau monde. — Efl: plus petit 
que certaines mouches. — Son poids. — D'où 
Tient fon nom efpagnol tomineos, 3^4. — Son 
bec, 4, 16. — Son roi continu, rapide & bour- 
donnant, 4. — Sa langue efl une forte de tromt- 
pe, fes pieds très- petits ne îui fervent guère, 
ibid. — Sa vivacité. — Son cri. — Sa vie foli- 
taire, 7, 8. — Nid^ œufs couvés par le maie 
& la femeiîe 5 10. — Ces oifeaux ne peuvent 
être nourris en domefticité. — Manière de les 
prendre, 11. — Odeur qu'on leur attribue, 12. 
— Fables à leur fiijet, 12 , 13. — Confon- 
dus par beaucoup d'Auteurs avec les colibris, 
22, — S'il eft poflible qu'ils foient la proie de* 
grofles araignées, 41. 

PiSEAU - MOUCHE ( le plus petit ) — Dimen- 
fions, plumage, Fol. XI, i^ ^ 16. — Bec, 
pieds , nombre des plumes de fa queue. — 
Erreur à ce fujet. — Différences entre le mâle 
& la femelle. — Climat, 15, 16. 

Oiseau-mouche à coUUt ou Jacobine, aflez 
grande efpèce , Volume XI, 46, 47. 

Oiseau-mouche à gorge tachetée. Grande 
efpèce , Volume XI , 42. 

Oiseau- mouche à huppe hkut de la Guyane , 
Volume XI, ^^. 

Oiseau-mouche à larges tuyaux. Une des pltis 
grandes cfpèces, Vol. XI, 4^. 

Oiseau- mouche à longue queue couleur d^ acier 
jiqIL Vd, XI 5 49 j 50. — Sa taille ^ 49» 



DES Ma T I è RE S^ h 

Oiseau- MOUCHE à longue queue noir&^VoL XI, 
54 5 55' — Son nid fait de cotoa ^ fuivanc 
Albin, 55. 

Oiseau -MOUCHJE à longue qmue or, vert Ef 
bleu , yolume XI , 53 , 54, 

OiSEx\u- MOUCHE à oretlles — Ce que c'eft 
que fes oreif ies ou pinceaux , P^oL XI, 44 , 
45. — Manquent à la femelle, 46. 

Oiseau ; Mouche à pûltnm kUue de Surinam. 

yoyci ÉmERAUDE - AMÉTHISTE. 

Oiseau mouche à queue fourchue du Bréfîf, 

de Briflbn. Ko/q Orvert. 
Oiseau-mouche à raquettes ^ Ko/. XI, 31,32. 

Oiseau -mouche au corps tout vert de Frifch. 

— A qucHe eipèce doit être rapporté , A^- 
lume XI , 29. 

Oiseau - MOUCHE entièrement vert d*£wards. 
Foyei Orvert. 

Oiseau -MOUCHE huppé. Vol, XI, 29, 30. 

— Une des plus petites efpèees-, nommé par 
quelques-uns colibri, 29. — La femelle n'a point 
de huppe ,31. 

Oiseau -MOUCHE pourpré, VoL XI, 32, 33. 

Oiseau- MOUCHE violet à queue fourchue ^ 
VoL XI, 51, 52. 

Oiseaux qui apprennent à parler. Leur lan^ 
gue eft de la même forme à -peu- prés quç 
celle des perroquets, fanfonnets, merles, geais, 
choucas, y^oL XI, 97. — Ceux qui ont la 
langue fourchue, fiffleut plus aifémenti âc ceux 



Ivj 



Ta b i b 



qui avec cela ont Poreii'e plus parfaite, appren- 
nent plus aifément à liffle: en muliqre; ferin, 
îii.otte , tarin bouvreuil , &c. ihid. — Les 
oifeaux font fufceptib'es d'éducation, 98, 99. 
— {/art de la Fauconnerie en eft la preuve, 
103, 104 — Sont les plus libres des êtres; 
n'oju de patrie que le Ciel , en prévoient les 
viciîlitudts & chargent de climat à propos, 
106, 107. La nccelTîté de couver, les expofe 
aux intultes de quelques quadrupèdes & des 
rcpciies, 108. — Teneur que les oifeaux de 
proie inlpiîcnt à tous les autres oileaux , leur 
tyrannie reftreinte par celle deTi^-omme, 109, 
110. — Tes oifeaux tiennent le premier rang 
après Phomme , dominent fur les habitans de 
Tair, de ia ter.e Ik des eaux, & approchent 
de l'homme, par quelques-uns de leurs t^lens, 
m, — Que qaes oifeaux à ailes forces & pieds 
palmés. Communs aux deux continens, 115, 
116. — Plulieurs oifeaux des contrées fepten- 
trionales y ont péri à mefure qu'elles le font 
refroidies , n6. — Vingt efpèces d'oifeaux, 
dont quelques - uns granivores , dans le nid 
defquels le coucou fait fa ponte , 464. — Oifeaux 
dans le nid defquels Tœuf de coucou ne réulïït 
. point, ibid. — Circulation dai^s les oifeaux, 
292. — Les oifeaux ont une patrie, 314, 315. 

Oiseaux à bU^ attirés par ce grain à la Ca- 
roline, ou on ne les avoit jamais vus, k^oL XII , 
sis- 
Oiseaux de. nuit^ ne font point de nid, & 
pourquoi, Volume XU^ 238. 

Oi$E AU X ds. ni, attirés par ce grain à la Ca* 



DES Matières. Ivîj 

roline, où on ne les avoit jamais vus, A^o- 
luim XI 1, 313. 

Ongle puftérieur de pîufieurs coucous en for- 
î-ne d'éperon, Ko/. XJl. 4, 5. — Ongie du 
doi-t du milieu, deateié dans l'eni^ouîeveiît , 
231. — Excepîé le grand ibijau » 257. — Le 
montvoyau l'a dentelé fur le bord extérieur, 
262. 

Ouvert, très- petite efpéce d'oifeau - mou- 
che, Vol, XI j 22, 23. 

Ouïe de l'engoulevent, ce qui rend cet organe 
pi us partait dans cet aifeau & dans les autres 
oifeaux de nuit. Vol, Xll, 235. 

OUROUCOUAIS. Voyei COUROUCOUS. 



1 A LÉTUViERS, ( chenille & coucou des) 
Voiuirn XII, 63, 64. 

Papegaï à bandeau rouge , ou perroquet de 
Saint -Domingue, Vol. XI, 33v>. 

Papegaï à tête aurore y n'tft pas bien gros. 

— apprend difficilement à parler, & parle p^u. 
*— Fait peu de bruit était :rivé. — Voie en 
troupe , en faifant retci tir l'air de cris aigres. 

— Vit de pacants, pignoi;S, graines de laurier- 
tulipier, &c. Vol, XI, 346, 347. 

Pa P E G A I à tète ^ gorge bleues, fe trouve à h 
Guyane, y efl afiez rare. — M'c:pprt.nd point 
à parler. '— A la membrane qui eniuure les 



Iviij T j4 s L E 

yeux, couleur de chair. Volume XI, '341.— 
Confondu avec fe perroquet vert iàcé de bleu 
d^Edwards, 342, 

Va P E g a I à ventre pourpre^ fe trouve à la Mar- 
tinique , moins beau que plufieurs autres efpè- 
ces de ce genre, Vol. XI, 340. 

Pa P E G A I bmu y l'un des plus rares & des moins 
beaux de tous les perroquets. — Se trouve à 
la nouvelle Efpagne , ell de la groffeur d'ua 
pigeon commun, VoLXl , 345 , 346. 

Pa p e g a 1 de paradis , ou perroquet de paradis, 
perroquet de Cuba, eft jo:i. — Ses variétés, 
Vol. XI, 334, 335. 

Pa P E G A I maillé, perroquet d'Amérique , pa- 
roît être le perroquet varié de l'ancien conti- 
nent, tranfporté & naturaiifé à la Guyane. — 
N'a pas la voix des perroquets d'Amérique, 
mais un cri aigu & perçant. — Plumes qui en- 
tourent fa face & qu'il relève en forme de 
fraife. Vol. XI, 335 & fuiv. 

Pa p e g a I vioht , confondu avec îe crik rouge 
& bleu , Vol. XI, 319, 320, 343. — Allez 
commun à la Guyane, eft joli, mais n'apprend 
point à parler, 343. 

Pa P E G a I s , perroquets du nouveau continent. 
— Ne fe trouvent point dans l'ancien, diffè- 
rent des amazones & des criks , en ce qu'ifs 
n'ont point de rouge dans Tuile , VoL XI , 333^ 

Pa R A G u a , paroît être du Bréfil. — A beau- 
coup de rouge , pourroit bien être un lori tranf- 
porté des grandes lades^ Vol. 348. 

Parler j 



DES Matières. lik 

Par l e r , ce que c'eft , Vol. XI , 946* fuiv'» 

— Oifeaux qui apprennent à parler, 97, K©* 
lum<. XII , 100. 

Par OLE , C organes de îa ) dans les perraj 
quets , Ko/. XI, 153 6* fuiv. 

Pat 1 R I c II , guêpier de Madagafcar , y eft 
nommé patirick t.rich , mot qui a rapport K 
fon cri. — A un large bandeau noirâtre. — Va- 
riété dans cette efpèce, i^oL XII > 193 6* yî/zV* 

pA T T E S , i'ara vert fe fert de fes pattes comme 
d'une main, A^o/. XI, 278, 279. 

Peau nue, & d'un blanc fa'e aux deux côtés 
de la tête des aras. & paideflbus. Ko/. XI, 250* 
*— Les autres perroquets n'ont qu'un petit 
cercle de peau nue autour des veux , 294. 

— Cette peau couleur de chair diins le papegai 
à tête de gorge bleues, 34J , 3. 2. 

Perdrix. L'œuf du coucou ne réulïït point 
dans leurs nids, f^oL XI, 464. — Pourquoi, 

PÈRE & MÈRE, leur affedlion mutuelle , 
fondement du boa ordre, l^oL XI, 470. 

PeRRICHE à ailes variées , à queue longue Ef 
égak , nommée à Cayenne , perruche commune. 

— Voe en grandes tioupes jufques dans les 
lieux habitée. — Aime Its boutOi;s des fruits 
de l'arbre immortel. — Tail;e au - dclious du 
merle. — Apprend a fcme! t à parler. — Sa 
femelle. — Contbndu avec l'anaca, yolLmeXl, 
g62 6* fuiv, 

Oifeaux, Tome XFI. R 



hc Ta BLE 

Perriche à front ronge, à gnem longue Sf 
illégale desclimats chauds de l'Amérique. — N'eft 
point l'aputé-juba, Ko/. XI , 374, 375. 

PÉkRiClËÉ à ^rgè ètifive^ û queue kîfgm Ef 
égale de la MaFliiiique . J^oL XI, 360, 361. 

Î^EÏLRICHE à gorge pariée , à queue longue Ô* 
égale de Cayenne. — Taiffe au-deifous du merle , 
;VoL XI, 361, 362. 

f* É R R I c H E - À R A , appelée à la Guyane 

^'inakavoaanne , prononce le mot ara comme le» 
aras, mais d'une voix plus aiguë. — Se tient 
dans les favannes noyées. — Vit des fruits du 
palmier -iatanier. —A Jes joues nues, îa queue' 
longue. ■ — C'efi: la pîus grofife des pèrriches, 

~ Volume XI, 387, 388. 

!^ERRICHE à tête jaune , à queue longue 6" 
inégale. — Voyage de la Guyane à fa Caroline , 
à la Louillane, à ia Virginie. ■ — Se nourrit de 
graines & de pépins de fn4its , Volume X l , 
3^3 & fuiv, 

PeRRICHE couronnée d'or, a queue longue Ef 
inégale , appeiiée à Cayenne perruche des favans , 
a pondu en Angleterre cinq ou fix œufs allez 
petits & blancs , y a vécu quatorze ans. — 
N^eft point ia femeile de i'aputé - jubà , Vo* 
lùme XI, 378, 379.^— Va en grandes troupes. 
— Eft inteiiigente , careflante & parie bien , 

â79- 
PeRRICHE - ÉMERAUDE , à queue longue & 
égale, Volume XI, 367. 

Ferriche-pavouane de Cayenne, des An- 
ûilesp à queue longue & égale. Une des plus 



DES MATikRns. h} 

Jolies. ^— Variété d'âge. — Apprend afTez fact- 
iement à parier, du relie toujours un p^u fau- 
vage. — A i*air îeil:e , l'œil vif. — Vole eu 
troupes ; toujours criant, — Se nourrit . du 
fruit de l'immortel o-u corailo - dendroa , /^o- 
lume XI , 357 ^ fuip. 

ERRicHES, nom donné aux perruches. da 
nouveau continent. FoL XI , ^i;6. — Se divi- 
fent en deux familles caradérifées par la lon- 
gueur de îa queue. — La première famille à 
queue longue fe partage en deux branches , 
dont l'une a-k queue étagée également, 357 
if fu'iv, — Et l'autre inégalement, 370 6* fuii;, 
— Les perriches à queue courte font la féconde 
fkmiile, 389. — Ces perriches à queue courte 
font nommées touis au Bréfîl, d'où elles font 
originaires, ibid, — Il n'y en a que deux efpéces 
qui apprennent à parler , ihid, — Tranfportées 
d'un continent à l'autre 5 390. — Nommées tuiit 
par Laët, 393. 

Pjsrrique de îa Guadeloupe de Labat. — ' 
Variété du fincialo. Voyei ce mot, — Ce n'efl: 
point i'aiurucatingade Marcgrave, VoL XI , 374* 

PERROQUETCÏe) &le fînge font les ani- 
maux que les Sauvages admirent le plus. — Ne 
font point des êtres intermédiaires entre l'homme 
i& la brute. l^oL XI , 90. — Les Sauvages fivent 
varier à volonté les couleurs du plumage de 
ces oifeaux; ce qui s'appelle tapirer , 91. — Le 
perroquet imite quelques - unes de nos paro- 
les, les cris des animaux^ mais non pas le chant, 
96, 97. — En quoi confifte fon imitation , 

Ri] 



!xtj Ta 



BLE 



Vol XI, 98 , 99. — Les perroquets (îe Pancien- 
continent ne fe trouvent point dans le nou- 
veau , & réciproquement, 112, 1^3. — Nei 
séioignent guère de i'Equateur de vingt-cinq; 
degrés, 114. — Or.t \q vol pefant , court &« 
peu élevé, 117. — leur nomenclature difficile, 
117 , 118. — Première efpèce portée en Grèce^^ 
^ ibid. — Ces oifeaux fort à la mode chez lesi 
Romains ; on les tira d'abord des Indes ^ &i 
cnfuite d'Afrique, 118, 119. — Se trouvent 
en grand nombre ctars tous les pays qui îeur 
conviennent , d'où on conclut qu'ils font pîii- 
iieurs pontes , chaque ponte étant peu nom- 
bre ufe , 121. — Di ilîon du genre des perro- 
quets en deux ciaiïes . & de chaque ciafTe em 
plufieurs familles, 122, 123. — Perroquetsde 
l'ancien contir-ent, 1^4 & fuiu. — Du nouveau 
continent, 24'] ^ fui u. — Point d'autres per- 
roquets au japon que ceux qui y ont été 
apportes, 223. — Aras les plus beaux & Içî 
pliis gros des perroquets . 247 , 249 . 250. — • 
perroquets fort des oifeaux erratiques qui cau- 
fer.t quelquefois de grands dommages aux ré^ 
coites , 385^ 386. 

Perroquet à bec couleur de fang ; remarqua 
ble par fa taille , par la couleur & la grandeu 
de fen bec, Ko/. XI, 169, 170. 

Perroquet ( le grand ) à tète bleue d'Am: 
boine : t-ft un des plus grands , yolume XI 
1^0, 171. 

Perroquet à tête grife, nommé petite /'«rraL 
che du Sénégal. — Ce n'eft point une peïJ 
ruche. — Voie par petites troupes ferrées, -f 



DES Ma TI ERES. hUj 

A le cri sii^u. — Ne parle pas, dkLemâre, 
Volumf. XI, 171 , 172. 
Perroquet blanchâtre, Voyei Meunier. 

Perroquet brun de M. BrilTon. Va-iété du 
vaza, ou peut - être erpèce intermédiaire entrt 
le vaza & le mafcarin , Vol. XI, 169. 

Perroquet ctniré. Voytx Jaco. 
Perroquet du Cuba. Ko/c^Papegai it 
Paradis, 

Perroquet de la Dominique. Fojci Crik 
à tête bleue. 

Perroquet de la Martinique. Voyei Ama^» 
zone à tête blanche. 

Perroquet de Luçon. Voycx Perruche 
aux ailes chamarées. 

Perroquet de Macao, mauvais nom de Tara* 
rouge, Volume XI , 253. 

Perroquet de paradis. Voyei Papegai 
yarad s. 

Perroquet de Saint-Domingue. Voyei Papjï* 

gai à bandeau rouge. 

Perroquet des anciens, Fb/. XI, 118, 195 

214. — Voyei GRANDE PERRUCHE à çvllUr 
d'un rouge vif. 
Perroquet gm, prétendu du Bréfii , y avoic 
peut-être été tranfporté de Guinée, où les 
perroquets gris font communs^ Vol. XI, 2 49* 

Perroquet noir ou va^a , ou ipourefmeint , Ct 
trouve à Madagafcar , & feîon quelques -uns 
en Ethiopie. A le bec très- petit , & la queue 

R iij 



fxir T A 



BLE 



affez longue, eft familier , Vol XII, i66, 167» 
Koye^ Perroquet brun» 
Perroquet uarié , ou maillé, ou perroquet à* 
tète de, faucon , ou perroquet élégant » de la grof^ 
feur d'un pigeon , reîève étant en coière ies^i 
plumes de Ton cou. — • N'efr peint naturel ai 
l'Amérique. — A le cri aigu & perçant ,, 
Vol XI, 163 &• j^/V. 

Perroquet ve-n, des contrées méridionales dqp 
la Ciiine , gros comme une pouîe. — - Se trouve 
aux Moluques, à la nouvelle Guinée, mais noa? 
en Amérique, VoL XI, idi, 16 a. 

Perroquet vtn face de hUu d'Edwards^ 

Voyex_ C R I K a téu iUua; Pa P E G A I à Tèu^ 
tr gorge, bleues. 

Perroquet ven & rouge de Cayenne , bâtard 
d'amazone, demi -amazone. Foyei Amazone 
" à 'tête jaune. 

Perroquet (très- petit) pen 6* rouge d'E- 
dv^^ards, vaiiété ou efpèce voifine du moineau 
de Guinée, FoL XI, 235, q.^6. 

Perroquets- Amazones, KoL XI ^ 292. 

Perroquets , proprement dits, originaires del 
l'Afrique & des grandes Indes, Vol. XI, 137. 
— Perroquets qui ont pondu •& élevé des 
petits en France, 16c, 161 , 233. — Uragç 
d'élever & de nourrir des perroquets en domef- 
ticité , très-ancien aux Indes, 179. Commuent 
les Sauvages d'Amérique prennent & appri- 
voifent les perroquets adultes , 288 , 289.— 
Perroquets fauvages très - méchans , 289. — - 
Petit perroquet k queue courte d'Aldrovande^ 



DES Ma tj ERE s. Îxv 

pourroit bien être un kakatoès , & celui de 
Séba , un lori , 397. 
Perruche à ailes d'or E^ queue courte y proba- 
blement des Indes orientales, Fol, XI, 238, 

Perruche a ailes volres & queue courre deLuçon. 
— Différences entre ie maie & îa femelle. — 
Dorment fufpendus ia tête en bas, — Sont 
friands du fuc de cocotier, FoL XI, ^^44, 
245- 

Perruche ( grande ) à ailes vougeâtres, Vol. XI, 
218, 219. 

Perruche ( grande ) à bar.dcan noir des Mo- 
luques, mal- à-propos nommée par quelques- 
uns i ara , iori, Vol, XI , 220. — Très belle 
efpèce, 218. — Capable d'attachement, ihid. 

Perruche à collier couleur de rofe, d'Afrique, 
n'eft point le perroquet des anciens , Vol, XI , 
212, 213. — Les deux brins de fa queue font 
ie double du corps, 214. 

Perruche ( grande) à collier d'un rouge vif^ 
queue longue ^ égale , eft félon toute apparence , 
le perroquet des Anciens^ apporté en Grèce, 
par la flotte d^Aîexandre, Vol, XI, 118, 195, 
197, 198. — Se trouve dans l'Aiîe méridiO' 
naie & leT'îIcs voifmes , 198. 

Perruche à collier & à queue courte, des Phi- 
lippines, de la groileur du moineau de Guinée, 
n'apprend point: à parler, Ko/. XI, 243, 244. 

PerB-UCHE à double collier, grofle comme une 
tourterelle. — Se trouve dans llie Bourbon & 

Riv 



Ixvj 



Ta BLE 



!es continens voifîns , Volume XI, 199, aoo. 
Perruche à tête bUue , d*Amboine, ^0/. XI, 

208, 209. 
Perruche ( petite ) à gnrg* jaune , d'Amérique, 

dénomination donnée au toui à gorge jaune , 

Volume XI, 390. 

Perruche à gorge rousse , des grandes Indes, 
la plus petite, des perruches à iongue queue, 
taille dt; la méfange , Ko/. XI, 219, 220. 

Pee.PwUCHE (grande) à lou^s^bnns, relTemble 
fort cl ia petite perruche à têÛ" couleur de ro^e à 
loîigs brins ; mais elle ell beaucoup plus grande , 
Vol.Xij 217, ai8. 

Perruche à monjlache , de Pondichéry , a îa 
queue aulTi longue que ie corps. Volume XI, 
207 5 208. 

Perruche à tête bleue. Volume X[, 201, 20a^ 

PEF.RUCHE à tête bleue & queue <cturte , de Su- 
lîiatra, deLuçon & de Malaca. — Ne fe trouve 
point au Pltou ; fe nourrit de caliou. ( Voy^Xi 
ce mot, J Volume XI, 228, 229. 

Perruche (petite ) à tête couleur de rofe , à 
longs brjis , doubles de ia longueur du corps, 
du Bengale, où elle s'appelle friiytumhs très* 
belle elpéce, VoL XI, 215, 216. 

Perruche à tête d\,xLv , des grandes Indes., 
de la groîTeur d'un pigeon , a ia queue aufii 
longue que ie corps, Volume XI, 205, 206, 

Perruche à. tête gvife & queue courte , de Ma* 
dagarcar, VijL XI; 240 ^ 241. 



DES MaTI E RES. Ixvij 

T:er RUCHE à tête noire , de Cayenne. l-^eyei 
C A ï c A. 

Perruche à tête rouge, ou moineau de Guinée i 
ou petite perruche mâfe de Guinée ^ J^ol. XI , 
230. — Très - familière , périt fouvent dans ie 
tranfpon , vit aflez iong- temps en Europe, 
pourvu qu'elle foit avec fon mâle , y pond 
quelquefois, couve & fait écfore Tes œu^s. — 
Le mâle & {a femelle fort attachas Tun à l'au- 
tre. — Ces oîfeaax caufent beaucoup de dom- 
mages aux grains — Se trouvent en Ethiopie, 
aux Indes, k Java, 232, 233. — Appelés mal- 
à propos moineaux du Bré/îl, ibid. — C*eft ie 
fjittacus ininimus de Clufius. — Différent du 
perroguct d'Amérique de diverfes couleurs, donné 
par Séba, 235. 

PjiRRUCHE aux ailes hUncs & à queue courte , 
du cap de Bonne-efpérance, efpèce nouvelle, 
Volume XI > 242. 

PerKUCHE aux ailes chamarrées ^ ou perroquet 
de Luçon, a les ailes beaucoup plus iongu^es 
que les autres, VoL XI, 210, 211. 

FERRUCEE aux aihs variées & à qutne courte, 
de Batavia , de Luçon > efpèce nouvelle ,; 
Vûlume XI , 241. 

Perruche ccurcnnéz de fiphir , îâ même que 

notre perruche à tète bleue & queue copine , 
Volume XI, 238, 
Perruche ( petite) de Cayenne, ia même 
que le fofuvé , Vofurr.e XI, 391. 

Perruche de la Guadeloupe, confondre avê4 
Je cxik, Volume Xi y 322, 



R 



y 



hviij T A B L B 

Perruche ( petite) de lUe de Saint-Thomî»;. 
l^oye\ toul à tête d'^or. 

Perruche des Moluques, varp'té ou efpéce 
voilîne de fa perruche à tête bieu^ 5- /^o/. XI ^ 
2085 209. 

Perruche âe$ Savanes nom donné à Cayenne^ 
à ia perriche couronnée d'or, Ko/. XI^ 379. 

Perruche des terres Mageflaniques Foye^ 
Perriche émerAude. — Ne ie trouve 
point au détroit de Magellan^ yol. XI, 368. 

Perruche huppée, de Java, très- heXlQ petite 
efpèce , fa huppe a été comparée à TaigTette 
du paon , vole en troupes , jafe beaucoup ^ 
apprend facilement k parler. — Sa queue eft 
très- longue , VoL XI, 224, 225. 

Perruche jaune , d'Angola , Vol XI,- 204 , 20^^ 

Perruche îllinoise , nom donné mai-b- 
propos à Faputé>juba, VoL XI, 378. 

Perruche - lori , une des pîus jolies, de 
grolfeur moyenne, différente de l'avis paradi- 
Jîaca orkntalh de Séba, VoL XI ,. 202, 20g* 

PerPvUCHE ( petite ) Maïpouri de Cayenne; 
— Nom donné au maïpouri, VoL XI, 351. 

Perruche poux de-bois j nom de- î'aputé -juba 
de Cayenne,. VoL XI, 377. 

Perruche - souris , probablement efpèce 
nouvelle de Tîle de France , la moins brillante- 
de toutes ; a îa queue auffi longue que le 
corps;^ Vohm& XI > 206 j 207». 



DES Matières Ixix^ 

Perruche perte 6' roage du m^di de i'Afie & 
non du Japon, Voîaim XI, 222, 223. 

Perruches de Tancien continent. — Divifion 
d^s perruches à longue queue en deux fimilies. 
Vol. XI, 194, — A queue longue à également 
étagée, 195 zsj fuiv, — Perruches à queue lon- 
gue & inégale, 212 6' fuiv. — A queue courte, 
226 & fuiv. — Kids & fommeil de quelques 
efpéces, ibid. — Perruches vont enfemble par 
grandes troupes fans jamais faire de fociété 
avec les perroquets, 359. 

Persil, contraire à l'ara vert. Vol. XI, 280, 281. 

Philedon ou Philemon, noms du po!ochion> 
Volume XII, 169. 

P I A Y E ( coucou ) , Volume XII , 8 r» 

Pieds des oifeaux - mouches , prefque îrrrper- 
ceptibles . Vd. XI, 4. — Le couroucou a les 
doigts divifés par paires ainfi que les anis y les 
coucous , les perroquets, &c. 412. — Pieds du 
guêpier femblables k ceux du martin - pécheur. 
Vol. XII , III. — Pieds courts & patus de 
l'hirondelle de fenêtre ^ 3T4 , 377. — Pieds 
encore plus courts des martinets, 401. 

Pie - GRiÉCHir couve Toeuf du coucoa 
dépofé dans fon nid, Vol. XI, 464. 

Pigeon meflager , Vol. XI , 102 , 103.. 

Pille 0, nom Péruvien du colibri piqueté^ 
Vol XI, 68, 6^. 

P I M E K T vert ( fumée de ) employée par fes- 
Sauvages d'Amérique, pour étourdir & pren^- 
die les vieux perroq^iets.^ Vol. XI, 28^,. 



/xr Table 

P L A^ T H. N hlaiic , efpèce de colibri ^ Fb' 
/i//72e XI, 84 

Plastron noir, efpèce de colibri Sa fe- 
melle, l^oL XI, 82, 83. 

Plumes des ailes des oifeaux - mouches , 
Fol. XI, 4. — De la gorge du rubis ; coupe 
^ difpofition de ces plumes & des plumes écLv- 
tantes des autres oifeaux mouches, 18. — Plu- 
mes à la bafe du bec des oifeaux - mouches & 
colibris, 27. — Plumes furabondantes ou para- 
iites de quelques oifeaux. — Ce que c'eft, 44. 
— Les Américains prenoiem les aras trois ou 
quatre fois Tannée pour s^approprier leurs belles 
plumes, dont iis fe faifoient des parures, 259, 
264. — Plumes de perroquet. — Objet de com- 
înerce pour les Sauvages d'Ame: ique, 290. — . 
Plumes du maïpouri , du caïca collées contre 
le corps, 351 , 352. — Celles du couroucou à 
chaperon violet, font très-fournies & tombent 
au plus léger frottement. — Les Mexicains en 
faifoiei.t des trbleaux très agréables , 413.—- 
Plumes foyeufes d^ la huppe, du cou , de fa 
poitrine ^ des épaules du tuuraco , 421. — 
riumes de di.Térentes efpèces dans le houhou. 
Vol. XII, 18. — Plumes de la naifiàace de la 
gor^e dans le polochion , terminées par un& 
efpèce de foie, 169. 

P c li E s , ( t-fpècei de ) où îe crik à gorge 
jaune conferye fon manger, & d*où il le tire 
par une forte de rumination, Fol. XI, 316. 

Poissons, vivent plus long-temps dans Pair 
fins eau, que dans l'eau fiuis air, FqL Xil^ 
s ^6 if Juiv, 



DES Ma t je rk s. ixxj 

PoLOCHiON ou Philemon ou phiîeJon, des 
Muîiiqaes. — Efpècc intermédiaire entre les 
guêpiers & îes promerops. — Son crketl polo- 
chion, qui fignifie Laifons- nous. — A les plu- 
mes de la nailTance de la gorge terminées par 
une efpèce de foie, t^oL XII, 169. 

Ponte des perroquets. Foye^ PERROQUET. 
f- Fonte de quelques perroquets en France » 
dont ies petits ont été élevés par les père & 
mère, Ko/. XI, 160. — Deux perruches de 
Corée font éclore en France deux petits au 
mois de janvier, 232. — Ponte des aras, 260. 
— Des amazones, 287. — Ponte dans le nid 
d'atitrui, 426 àf f'iii''' 44i. — La faifon de la 
ponte des oifeaux à la Guyane , eft la faifou 
des pluies, Ko/. Xil, 265. — L'hirondelle djs 
cheminie fait à^wyi pontes par an, 334. — N'eu 
fait point au Sénégal, 341. — 1 ontes des hiron* 
délies de fenêtre, 367, 368. — Ponte unique 
des martinets, 411. 

Pou des martinets. Ko/. XII, 422. 

Poux-DE - BOIS, quelques perriches font leur 
nid dans les ruches de ces infectes, yoi. Xi, 
377,37^- 

Promerops. Rapports & différences entre ce 
genre & ceux des huppes t-c des guép;crs , 
Vol. Xil , 110 cf fuiv. — Se trouvent en A fie , 
en Afrique & en Amérique, 114. 

PROMEE.OPS à ailes bUueSy du Mexique. — Se 
tiert fur les montagnes. — Vie d'infedl'.s. — 
Taiiie de la grive. — Pennes intermédiaires très» 
longues, yoL XU, 154, 155. 



Ixxij T A BLE 

Promerops (grand) à paremens frifës, de la 
nouvelle Guinée. — A ies pennes intermédia res 
de la gueue très- longues; les couvertures des 
ailes relevées en éventail &: même quelques- 
unes des fcapulaires ; fur ces plumes naifient 
plufieurs autres longues plumes en partie dé- 
compofées, ^W. XII ^ i6i & fuw. 

Promerops brun à ventre rave y de h nouvelle 
Guinée. — A les pennes intermédiaires de ïa 
queue très - longues, ^oL Xli , 159- — Diffé- 
rences de la femelle. — Autres variétés, 160. 

Promerops hmn à ventre tacheté , du cap de 
Borne- elpérance. — Les iix pennes intermé- 
diaires de la queue très - longues , Vol. XII,, 
158. — La femelle eft plus petite, & fes cou- 
leurs font plus foibles , 157. 

Promerops orangé^ de la Guyane. — Différences 
de la femelle appelée coc'nwtctl j Vol. XII,. 
164, 16^, — Cet Oifeau a la queue carrée & 
beaucoup moins longue que les autres de ce 
genre, 166 

PROMERUPE de l'orient de l'Afie. — Efpèce 
intermédiaire entre la huppe & le promerops ^ 
FoLYAly 152. — Taille de rérourneau. — Les 
deux pennes intermédiaires de la queue très- 
longues , 153. 

Puces & Punaises trouvées dans des nids 
d'hirondelles de fenêtre,. FoL XII, 362.. 



Q 



UABRUPÈDES. Idée de k circulation deleiir 

fang, Vol XII 5, 252^ 



7>Es Matières. îxxit) 

ÇUAPACTOL OU îe Rieur , du Mexique. — 
Son cri reffemble à un éclat de rire. — PalToit 
pour un oifeau de mauvais augure. — Taille 
de notre coucou ^ Foi XII, 73, 74. 

QUAUCiLUi , nom donné par Séb\ au guêpier 
à tête grife. 

QUAXOXOCTOTOTL, Vol. XI, 4T5. 

Queue du plus petit oifeau- mouche. — Erreur 
à fon fujet , Vol. XI . i^, 16 — Fourchue 
dans le rubis & i'améthifte , ao, 21. — Queue 
du rubis topaze, 25, 16 — De l'^oifeau- mou- 
che k raquettes, 31 , 32. — Longue queue de 
quelques oifeaux - mouches , - 9 , 50 , 54. -^ 
Queue des colibris, diffère de celle des grim- 
pereaux par le nombre des plumes, k% — Longs 
brins de la queue du colibri - tooafe . 64. — 
Alanquent à la femeile, 65. — Queue k longs 
brins de quelques efpèces de colibri. 67, ^o^ 
75. — Couleurs de la cueue du colibri, nommé 
eollier rouge . 82. — Queue cou 1 te à pennes, 
égales; caradère du perroquet proprement dit, 
de Pancien continent, 137. — Queue des loris- 
perruches . plus loniue que celle de*^ autres-- 
toris, 190. —Non étage e , ;93. — Queue lon- 
gue & égale ou inégale ; cara<ftèies diftinélife; 
de deux familles de perruches, 194 &* fij-ij/^ 
212 &' /7izV. — La perruche huppée a la queue 
très-longue , 224. — Courte queue ; autre carac- 
tère d'une famille de perruches , 226 £r juii^^ 
— Queue très- longue; l'un des caradières dif- 
tindifs des aras , 249 , 250. — Grande queu& 
du tourticoj 42c, — Queue de la plupart dâs^ 



JxXlV T A B Z B 

coucous compofce de dix pennes étagées, Vo* 
lume Xil, I, 3, 11^ &c. — Différens ports 
de queues dans ces mêmes oifeaux, 3,4* — 
Coucous qui ont douze pennes à îa queue , 4 , 
B5' ' — Q^^ue du coucou cornu , triple de ion 
- corps , 76. — Couvertures de ia queue trës- 
iongues dans une erpèce de coucou , 78. — 
Queue du houtou longue, ét?gée & ayant les 
deux pennes intermédiaires éba-bées prés du 
bout, Î06, 107. — La plupait des efpèces de 
guêpiers & quelques efpèces de martin-pêcheurs , 
ont les deux pennes intermédiaires de la queue 
fort excédentes , m, 112. — Queue de fa 
huppe compofée de dix pennes, 144, 145. 

— Les deux pennes intermédiaires de ia queue 
très -longues , 153. — Queue du promerops 
orangé , carrée & beaucoup moins longue que 
dans hs autres promerops, 166. — Queue de 
i*engouievent, compofce de dix pennes, 231. 

— Celle du guira- querea a les deux pennes 
intermédiaires très- longues , 251. — Hiron- 
delles dont les pennes de ia queue font termi- 
nées par dçs piquans, 477 ^ fuiv, 

. R 

JtV A M I E R , couve i'o^uf du coucou 5 yoL XI • 

428, 
Respiration des grenouilles, FoL Xll, 294. 

El EUE.. ( oifeau ) Kovq Quapactol. 

Rossignol, couve l'œuf du coucou dépofé 
éms fon nid 5 A^a/. XI ^ 464, 



DES Mat I E RE S. Ixxv 

Rouge-gorge, repoufie le coucou lorf- 
qu'il fe préfeiv.e pour pondre dans fon ^nid. 
Vol. XI , 460. — Couve Tauf du coucou dé- 
pofé dans fon nid. 464. 

Rouge-queue, couve i'œuf du coucou dé* 
pofé dans fon nid, Vol, XI ^ 464. 

Rubis, une des pîus petites efpèccs d'oifcau* 
mouche, Volume XI, 16. — Son plumage. — 
Fc*rme de Tes aiies, 18. — S'avance plus que 
les autres oifeawx-mouches dans les terres fep- 
lentrionales, 19. — Se nourrit comme les autres 
du i.eclar c*es fleurs , zo. 

Rubis - ÉMÉRATJDE , cfpèce d'oifeau -mouche, 
Volume X 1 , 43. 

Rubis topase , eP^èce d'oifeau- mouche. — 
iMumage, queue , dimenfions. Vol. XI, 25 cf 
fuit;. — Bec, différences du mâle àlaieme;Ie, 
27. — Variétés d'Age ou de climat, 28. 

Rur ALBIN du Sénégal, porte fa queue épanouie. 
— A l'ongle poitéricur fort long. — La tciiile 
du merle. — La queue très- longue, Vol. XII ^ 
22 6* /?//V. 

Rumination d'une efpéce de perroquets , 
Volume XI, 316. 



Salangane des Philippines , dts INTolu- 
ques , &c. — Efpéce d'hirondelle de rivage, 
lort petite. — Son nid fe mange, Vol. XII, 454, 
455 ^ f^^^' — Ce nid différent des nids d'alcyons 



Ixxvj Table 

des Anciens, Vol. XII, 455. — Sa forme; Îieu3« 
où fa faîangane le conftruit , 462. — Matière 
<]u'elie y emploie, 463, 464. — Sa forme, fa 
ftrudure, 465. — Qualité de cette nourriture, 
466 & fuiv. — Cette efpèce d'hirondelle eft très- 
no m breufe , 467. ■— Appelée auiîi hirondelle de 
mer, alcyon » 469* — N'eft point de pafîage. — 
A ie \oI de nos hirondelles , mais voie un 
peu moins. — A les ailes plus courtes , iltid. 
— Taille au-defTous du troglodyte, 470. 

Salive du coucou; ce que c'eft, FoL XI, 
432, 436- 

Sang d'une efpèce de grenouille employé, dit- 
on , à tapirer les perroquets. Fol. XI , 91 , 331, 
332. — Circulation du fang dans les divers 
animaux, Vol. XII, 292. 

Sa N- H I A de la Chine, a les deux pennes în« 
termédiaires de ia queue fort longues, — Ref- 
fenribîe au coucou huppé à collier, VoL Xll, 
48 6* y^/V. 

Sansonnet. J-^ojq Oiseaux. 

Saphir, efpèce d'oifeau - mouche , de tairte 
un peu au deflus de la moyenne , FbL XI, 35. 

Saphir • émeraude , efpèce d'oifeau-mouche, 
de taille moyenne, VoL XI, 36, 37. 

Sassebé o« Xaxeès.. Papegai naturel, dit-on, 
à la Jamaïque, Vol. XI, 345, 

Sens: quelle influence un feul fens de plus ou 
de moins a fur les habitudes ^ les propriétés 
d'un animai, VqL XII j 243. 



lyE s Ma t I e RE s. Ixxvîj 

SiJRiN. Voyei OISEAUX. — Serin apprivoifé , 
Volume XI, loi. 

Serines qui couvent des œufs cîe merle , de ; 
-linotte, de bouvreuil, d'une autre ferine avec' 
les leurs, VoL Xi ,, 455. — Autre ferine qui 
couve des œufs de fauvette avec les (îens , & 
qui élève en même temps deux petits bruans 
nouvellement éclos , ikii, 456. — Autre qui 
couve des œufs de pinfon , élève enfuite doux 
petits bruans; man^e fes œufs, & fait ëclore 
un œuf unique de rouge- gorge , 458. — Autre 
qui couve des œufs de pinfon , de fauvette, de 
iittelle ou torchepot , de linotte par préférence 
aux fiens; fait éclore celui de linotte refté feu! , 
ibid. 459. — L'une des ferines précédentes 
mange fes œufs & enfuite un œuf de coucou 
qu'elle couvoit avec les Cens , 460. 

S I N CI A L o , perriche à queue longue & iné- 
gale . de Saint Domingue , <S:c. — Tail'e du merle. 

— Queue beaucoup plus longue que le corps. 

— Imite toutes les voix. — Se perche en nom- 
bre fur les arbres. — Jafent toutes k-la-fois. — 
Sont vives & gaies. — S'apprivoifent aifément, 
VoL XI , 370 &* fuhantes. — Se nourriflent de 
graines de bois d'Inde. — Leur chair bonne à 
manger, 372. 

Singes. Voy^i Perroquet. — Nommés 
hommes fauvages par d'autres Sauvages. — Que 
feroit-ce s'ils euifent eu la faculté de la parole, 
VoL XI, 91, 92. 

S i T T A c E 5 nom Indien du perroquet ^ Val XI ^ 



Ixxviij Table 

SOCIÉTÉ, fes premiers germes dûs à la ten^ 
drelie maternelle, l^ol. XI, 94, 95. 

Sommeil, quelques perruches de l^ancien 
continent dorment accrochées à une branche 
la tête en bas, Ko/. XI , 226. 

S O S O V É , eft appelée auffi petite perruche de 
Cayenne ; efpèce de toui, commun à la Guyane. 
' — Apprend à parler — A la voix de Polichi- 
nelle^ yolume XI, 39^1, 392. 

Streschis , nom donné à Phirondelle de rivage. 

Volume XII, 389. 
^UCE • TLEURS \\ aiTes brunes. Voyei, OlSEAU'* 

MOUCHE pourpré. 



-L ABAC ( fan-ée de) employée par les Sauva- 
ges de l^Amérique , pour étourdir \^s vieux 
perroquets qu'ils prennent, & les apprivoifer, 
Volume XI , 289 , 290. 

Ta b l e a u X faits par les Sauvages avec des 
plumes, Vol XI, 414. 

Ta c c o , coucou à long bec de la Jamaïque. — « 
RelTembie à Toifeau de pluie ou vieil la- d , 
VoL XII ,65 — En quoi il en ditlère. — Tacco 
efl: fon cri habituel ; en a encore un autre, — 
Vit d'infeâes , des lézards nommés anoHs , 
de petites couleuvres, de grenouilles, de jeunes 
rats. — Peu farouche. — Son vol. — Sa eh-ir 
mauvaife à manger. — Se recire & fe cache au 
ti/nd des bois pour faire fa ponte. — On iga ure 



DBS MATIERES, Ixxit 

s'iî fait un nid comme les autres coucous d'A- 
mérique, 66 6* fuiv. 

Tahua ou Tavoua. yoyti Crik &: Tavoua. 

Ta I t s o U de Madagafcar , a la queue étagée, 
Vol. XII, 50, 51. 

Ta P E R E , hirordeUe du Bréfil. — RelTombfe 
à la nôtre fuivar.t Marcgr^ve , à notre marti- 
net fuivant M. Sîoane. — Fréquente les Sava- 
nes , les plaines. — Se perche lur les arbufles, 
Vol. XII, 448 &• fulv. 

Ta P I R E R les perroquets ( art de ) , Vol, XI, 
91 , 33». — Cette opération douloureufe & 
dangeieufe pour ces oifeaux , 331 , 332. 

Tarabé ou Amazone à tête rouge du KréfiL 

— Ne fe trouve point à la Guyane, Voi. Xi, 
297, 298. 

Tarin. Voycx Oiseaux. 

Ta voua, confondu avec le crik. — Eft un 
papegai. Vol. XI, 323 , 337, '338.— Pario 
mieux. — Eft plus agi e & plus ingambe que 
les autres pcrr(»qucts. — Mtchant & traître. 

— Mod en care)Vai t. — Beau, aflez rare ^ 
la Guyane. — Approche quelquefois des habi- 
tations, 337, 338. 

TeTTE- CHEVRE. Voyei ENGOULEVENT. 

T I R I C A , efpéce de toui fort doux. — A pprend 
à parler. — Appelé aitfïi petirtt ja^éufi . Ko- 
lume XI, 392, 39;^. — Tranfportc aux Philip- 
pines , ou ii a lubi quelques changemens^ 
394- 



Ixxx Table 

T o M I N C s , nom efpaf^nol de Poîfeau-mou- 
che. — D'où dérivé, FoL XI, 4. 

TORiîOL, pond quelquefois daiis des nids de 
fitteHe, l^oL, XI, 442. 

T U I à gorge jaune, VoL XI , 390. 

Toui à tète d'or, du Bréfil. — A pour variété 
la petite perruche de Pîle de Saint - Thomas , 
roL XI, 395, 396. 

Tout' S, nom Brafilien des perriches à queue 
courte, Fol. XI, 388. — Sont de la groflcur 
du moineau, & les plus petites des perruches 
du nouveau continent, 389. 

T 13 L O U de Madagafcar , variété du houhou , 
FoL XII, 11. 

T u R A c 5 un des pîus beaux oifeaux de 
PAfrique. — Sa huppe , couronne ou mitre. 
— N'a de commun avec fe coucou, auquel 
on Pa comparé, que la pofition des doigta 
deux & deuyi, — Bec courbé. -— - Grolleur du 
geai. — Grande queue. — Deux ou trois efpèces 
ou variétés dans ce genre , Fol. XI , 419 £i^ 
fuhantes. — Son plumage avant «Se après fa 
mue , 421, 424. — Mange des fruits. — Son 
cri. — Indigène en Guinée. — Ne paroît pas être 
en Amérique, 422, 423, 425. 

Tou.RACO d'Abyffinie, variété du touraco, 
Ko/. XI, 421. 

Touraco du cap de Bonne - efpérance , 
variété du touraco, Ko/. XI, 421. 

Troglodyte femelle, couve & fait éclore 



BEs Mat I k RE S. Ixxxj 

vm œuf de mcrîe, Ko/«/77e XI , 455. — Couve 
l'œuf du coucou dépofé dans fon nid, 464. 

ÎZANATLTOTOTL, Fol, XI, 414. 

V 

V AZA. Voyei PERROQUET NO-IR. 

Ventricule , différence entre ie ventricule 
d'un coucou fauvage Se celui d*un coucou 
apprivoifé , P^of. XI, 486 fjf fuw. — Ventri- 
cule d'un jeune coucou velu intérieurement, 
489. 

V E R D I E R , couve i'œuf du coucou , Vol, XI , 
428. 

Vermine des nids d^hirondelles , Vol. XII, 
361, 362. — Des martinets , 412, 422. 

V E R s ( petits ) trouvés dans des nids d'hiron- 
deiies de fenêtre, Vol. XII , 361. 

Vers-macaques, fe logent dans les na- 
rines des perroquets , des caffiques , &c. des 
■chevaux, des finges , ^c. Vol. XI, 261. 

Vert- DORÉ, efpèce d'oifeau - mouche , 

Volume XI , 39, 40. 
Vert-perlé, une des plus petites efpècos 

de colibri , guère plus grand que i'oifeau- 

mouche huppé, Vol. XI, 86. 

Vieillard ou oifeau de pluie , coucou 
d'Amérique. — Sa barbe blanche. — lï annonce 
la pluie par fes cris répétés. — Se nourrit de 
graines & de vermiffeaux. — Plumes de fa tête 



ïxxxij 



A s l K 



duvetées & foyeufes. — Taille un peu au- 
dellus du merle. — Eflomac très- grand. — Queu© 
aufli longue que le corps , étagée , Ko/. XII , 
59 , 60. — Variétés. — Le Vieil'ard à ai!e« 
roufles, 62, 63. — Petit vieillard ou coucou 
des palétuviers, 63. 4 

Vieillard à ailes roujfes; variété du vieillard. 
— Eft fojraire. — Quitte la Caroline fon pays, 
aux approches de l'hiver, /^o/. XII, 62, 63. 

Vieillard ( petit) ou coucou des palétuviers 
de Cayer.ne ; variété du vieillard. — Vit d'in- 
feftes, fur- tout de la t:roire chenille qui ronge 
les feuilles des palétuviers , Ko/. XII , 63 , 64. 

Voix ou cri de Toifeau - mouche , Vol. XI, 
8. — Du colibri, 60, 61. — Voix des enfans 
imitées de préférence par le jaco , & par tous 
les oifeaux parleurs, au rapport des Anciens, 
l/:;ï. — ^ oix des perroquets de l'ancien monde, 
différente de celle des perroquets d'Amérique, 
165. — Le cri de l'ara eft ara, prononcé d'un 
ton rauque , graflexant & très- fort, 250. — 
Voix forte du crik à tête violette, 329. — 
Voix du maïpouri , efpéce de perroquet fem- 
blab e à celle du tapir, 350, 351. — Diffé- 
rei s cris des coucous maies & femelies, jeunes 
& vieu> , 467, 468. — Cri fmgulier du cou-- 
cou de Loango , 494. — Du quapadol , Ko/. XII , 
73 ? 74- — Cri fourd de i'ani, à quoi relfem- 
bie, 87. — Cri du momot, 103, 104. — De 
la huppe, 127. — Des guêpiers , 178 — Hour* 
donnement & cri de l'engoulevent, 228. — 
L'engoulevent varié de Cayei ne a deux cris, 
*6i, 26a. — Cri de i'hiionddle, 333, 334. 

— JUittéreiTis 



V E s Ma t I e r e s. Ixxxiij 

— Différens cris des martinets, Ko/. KII , 410, 
411. — Cri de l'hirondelle des blés de l'îfe de 
France a du r;^-pport avec celui de notre hiroit- 
dcile de cheminée, 471. 

Vol des hirondelles, Ko/. XII, 275, 27^, 
340. — Leçons de vo! données par les hiron- 
delles de cheminée h feurs petits, 335. — Voi 
des martinets, 401. 

Vgurodriou de Madagafcar , a douze pennes 
à fa queue. — Le bec plus long & p[us droit 
que les ^utres coucous, Ko/, XII, ^5- — La 
femelle plus groflTe que le mâle ; elle a aufîf 
le plumage différent, 56, 57. 

Vue, effets de fa trop grande fenfiiilité, Fô* 
lume XII, 235 ô* faii^. 242. 

w 

Wheel-bird, l'un des noms de l'engou- 
levent, l^oyei ce mot. 

WiiiP- POUR-wfLL , aînfi nommé d'après fou 
cri. — Ses migrations. — Sa ponie. — Ses œufs. 
— Incubation, Ko/. XII , 246 & fuh, — A. 
paru nouvellement en Virginie, 247. — Taille 
de cet oifeau , 249, 

WOURESMEINTE. Koyci PERROQUET NOIR» 

X 

-A.AXBÉS. Koyg^ S ASSE BÉ. 

Oifcaux ^ Tome XFI. S 



Ixxxiv Table, &c. 

Y 

Yeux ( îes ) des petits hiroiîdeanx crevés , fe 
rétobiiiient d'eux- mêmes, Vol. XU, 336. 



/<É LANDE C nou^îelfe ) H efl: douteux qu'on 
y ait trouvé des perroquets, Fu/. XI , 56^^ 
369- 

Z;iTz;iL. Voyei Colibri pifuetû 



Fin de la Table dès Mûtièrts 
des Tomes XI & XIL 



Ixxxv 

TABLE 

Des Matières contenues dans 
ces deux l^o lûmes. 



il. c A L o T , efpèce de courlis qui fe trouve au 
Pvîexique ; defcription des pa' ties extérieures 
de fon corps & des couieurs de Ion piumage, 
J^oL XV , page 70. 

AciNTLi, oifeau du Mexique que ies No- 
meBcIateurs ont rapporté à la poule fultane , 
mais qui en diffère par plulieurs cara .ères. — 
Sa defcription. — Comme il porte une plaque 
frontale , on peut le rapporter au genre de h 
foulque ou à celui de ii poufe fuliane ; mais 
il n*eft pas atfez connu pour qu'on puilTe dé- 
cider à laquelle de ces deux efpèces il appar- 
tient^ Ko/. XV, ^24. — Le P. Feuiiiée a dé- 
crit un oifeau fous le nom de poule qui a 
beaucoup de rapport avec Pacintii, ^ qui efl: 
des mêmes climats chauds de l'Amérique^ 3^5» 

Alcatraz (T) n'eft pas le pélican , comme 
plufieurs Auteurs l'ont écrit, yoL XVI, 22. 

A N Cr o L 1 5 oifeau des indes orientales, qui tient 
de la poule fuitauc & de la poule d'eau ^ 

S i) 



Ixxxvj 



Ta BLE 



Vu 

cle 



/. XV, 319. Notice afiez imparfaîte au Tujei 
cei oifeau , qui n'eft pas bien connu, 320. 

A N H I N G A. Figure extraordinaire de cet oifeau , 
dont le cou a prefque l*air d'un reptile enté 
fur le corps d'un oifeau ; fa defcription. — H 
fe trouve à fa Guyane & au liréfil, VoL XVÎ, 
n^e^^ — Ses habitudes naturelles & fes mou- 
vemens dars i'eau. — Son caradère farouche. 
' — Il fe tient perché fur les p!us hauts arbres 
le long des rivières & des favane, noyées , & 
il faft fon nid fur ces mêmes arbres. — Cet 
oifeau eft ordinairement fort gras ; mais fa chair 
eft huileufe & niauvaife k manger. — Variété 
dans le plumage de cet oifeau , 257. — Sa 
grandeur & fes dimenfions , 258 , 259. 

A N H I N G A TOUX ; il fe trouve au Sénégal. -^ 
Ses différences avec l'anhinga du Bréii! , Fo- 
Urne, XVI 5 260. 

Animaux. Origine du culte des animaux , 
Vol. XV, I 6* fuiv. — L'Egypte eft Pune des 
contrées où ce cuite s'eft établi le plus ancien- 
nement, & s'eft confervé le plus long- temps, 
parce que tous les reptiles & autres animaux 
nuiiibles y étoient en plus grande quantité que 
par- tout ailleurs ,2. — Exemples à ce fujet, 3, 
4. — Le culte des animaux facrés étoit fondé, 
chez les Anciens, fur leur utilité. — Les foin3 
qu'ils prenoient de leur confervation , la dé- 
ienfe de les détruire étoit une loi fage qui dé* 
généra enfuite en fuperftition , & lit de ces 
animaux des Dieux, 14. 

AvocETTjs (!') diifère de prefquç tous les 



DES Ma ti e r^e s. Ixxxvij 

Oîfeaux palmipèdes par îa longueur de fesjanî- 
bes; & ii diffère de tous en génércd par la 
courbure de fon bec qui fe fléchit en haut 
comme un croilTanc — Defcription de ee bec, 
FoL XVi, 280. — Il ell aflcz difficile d^ima- 
giner comment cet oiieau fe nourrit à l'aide 
d'un tel inihum.ent , avec lequel il ne peut 
ni béqueter , ni faiûr. — Auffi fe borne t-il a 
chercher dans l'écume des flots le frai despoif- 
fcns qui paioît être ie principal fonds de fa 
nourriture , 281. — L^avocetie fréquente les 
emboucbures des rivières & des fleuves de pré- 
férence aux autres plages de la mer. — Sa 
gnndeur, fa defcription 5 fes habitudes., fon 
naturel vif &; inconftant, 282. — Elle pafle fur 
nos côtes de Picardie en avril & en novem- 
bre, &: part fouvent dès le lendemain de fôn 
arrivée. — Salerne aflure que Tefpéce en eft 
afiéz nombreufe fur les côtes du bas Poiiou, 
& qu'elle y fait fa ponte, 283. — Différences 
des couleurs du plumage & des pieds dans les 
jeunes & dans les adultes. — H y a peu de 
différence entre le mâle & la femelle , lir.oii 
que cette dernière ell un peu plus peiite. — 
Cet oifeau eft déliant & fe iaiffe prendre très- 
difficilement, 286, 287. 

B 

xJec-en-ciseaux, oifeau qui ne peut ni mor- 
dre de côté , ni ramafier devant foi , ni bé- ' 
quêter en avant ; raifon de cette difficulté çuê 
■vient de la conformation trés-finguliére de (on 
bec. — Comment il eft forcé de prendre fa 

S i:j 



Ixxxviij Table 

nourriture. Vol, XVI 5266. — Defcriptîoii du 
bec & des autres parties extérieures de fon 
corps & de fon plumage qui ell: femblable dans 
le mâle & la femeile^ 26S. — - Cet cifeau fe 
trouve fur ies côtes de la Caroline & de îa 
Guyane; ii ell prefque toujours en Tair & va 
commune'mer.t par troupes affez r.ombrcul^s ; 
mais fon vol ireft pas rapide , 269. — Ses autres 
habitudes naturelles, 270. 

BÉCHAE,U. Vcyei FlAMMANT.> Ko/. XVI, 299* 

Bourgmestre. Voyei Goéland à manteau 



V-y A N u T. Origine de ce nom. — L'oifeau canut 
leiïemble alTez au vaneau gris, mais il cil pîus 
petit & fon bec efl: différent. — Sa defcriptlon, 
VqL XV , 219. — C'ed un petit oifeau de 
rivage que Pon peut èngralifer & nourrir de 
pain trempé de îait , & cette ncuuiture donne 

à la chair un goût exquis, 220, 221. 

_^ 
Castagneux ( ies ) font des grèbes beaucoup 
jnoins grands que les autres ; il y en a même 
de prefque auffi petits que ies pétrels qui , de 
tous les oifeaux navigateurs, font les plus petits; 
leurs reftcmbfances &Ieirs différences avec les 
autres grèbes. — On leur a donné le nom de 
caflfgmux^ parce qu'ils portent du brun- châtain 
©u couleur de marron fur !e dos , Vol. XV , 
37^5 %^'9' — Différences qui fe trouvent dans 
piulieurs individus , 379. — Leurs habitudes 
r.atuielie?. — DifScuIté qu'ils ont à fe tenir & 



DES Matières. Ixxxîx 

Tnenr- à ma cher fur h terre — On les voit 
tout rh«ver far les ri'îères, & quoiqu'on Tait 
nommé pjèhe de rivière, on en voit ai^Hi fur 
la mer, Ko/. XV, î^-9. — Leur nourriture. — 
Pefcription des parties intérieures &. extirieures 
de en orfeau, 380- 
Castaonei^îç g hc cerclé; fa defcnptîon. — Il 
fe T ouve far \e^ ^lan^^s d'eau douce a ia Ca- 
roline, yoifwieXV^ st83, 

Castagneux des Philiprïims ; cet oifeau n'eft 
peut-ttre que note caOag.ieux, un peu agrandi 
& modifié par l'influence d'un climat plus 
chaud. — -Sa defcription , Ko/. XV. 381. 

Castagneujt d& Saint Domiv7ne. Il eft encore 
plus petit que le cafta^neux d^Furooe. — vScs 
dimcnfions & fa defcription , .I'qL XV , 384. 

C a U R a L E , oifeau qui efl ainlî n jmmé parce 
qu'ii reiïemb'e aux râles, & qu'il a une ^on- 
f^ue queue. — Defcription de fon plumage qui 
eft très - agréablement nuancé. — Dimenfrons 
de cet oifeau, comparées avec celle? du râîe^ 
VoL XV 5 261. — On le trouve, mai? alTez 
rarement , dans l'intérieur des terres de la 
Guyane, 262. 

ChirIJ'RGIEN. Voyei JaCANA. 

ÇoRLiEU ou petits Courlis; fa grandeur efl 
moindre que celle du courlis ; fa figure , fes 
cauleurs & fes différences avec le grand cour- 
îis , VoL XV , 40. — Hs ont les mêmes habj- 
tudes natu elles , & cependant les deux efoècet 
ne fe mêknt ppint^, quoique fubfillant enfeift- 

S iv 



crc Table 

Lie dans îes mêmes îieux, parce qu'elles font 
trop inégaies en granceur. — Le corliea ou pe- 
tit courlis efl: pïvis coirmun en Angleterre que 
le grard couriis, mais ii eft pins rare en France 
& en Italie. — ^ Erreur de Gefner fur cet oifeau, 
^i & fui-v, 

CORMORAN.Étymoîogle de ce nom, Fb/.XVI, 
43. — Le cormoran eil un grand oifeau à plu- 
mage noir & à pieds palmés, qui détruit beau- 
coup de poiOon. — Sa grandeur, fa ligure & fa 
defcripiion, ^14, a^^. — Il ne refte pas conftam- 
menr fur l'eau ; il prend fréquemment fon eObr 
éi fe perche fur les arlres, 46. — Ii a les pieds 
engages par une membrane continue. — Son 
adielie à pccher ; fa voracité. — Ii fe tient 
prefque toujours fur les côtes de la mer , & 
en le trouve rarement dans l'intérieur des terres, 
47, — H peut relier. long- temps plongé fous 
J^eau, dans laquelle ii nage très- rapidement. 
' — Sa m.anière fingulière. d avaler le poifibn , 
4^. — Cn peut en faire un pécheur domeftique 
en le drelTant pour la pêche , comme on l'a; 
fait en Angleterre & mêmie en France à Fon- 
tainebleau. — Ii eft pareffeux dès qu'il eft rai- 
fallé. — fi prend beaucoup de graiiTe , mais ia 
chair n'eft pas bonne à manger, 49. — L^efpèce 
en eft fort répandue, on la rencontre fur toutes 
les mers, dans les deux hemifphères. — Naturel 
de cet oifeau,5o., — Defcription de fes parties 
extérieures — Différences entre les vieux & les 
jeunes, 51. — Ii par oit fupporter également les 
chaleurs du Sénégal & les frimats de ia Sibé- 
rie , d'où néanmii-ins il fembie fe retirer en 
hiver pour aller plus au midi veis k lac Bailralj, 



"DES Matières. xcj 

VoL XVI, 53. — Son efpèce eft fort nombreufe 
au Kamtfchatka ; obfervations des Voyageurs 
fur cet oifeau , 54 & fuU\ 
Cormoran (le petit ) eft appelé nii^aud à 
caufe de fa Cupidité iiiaife & de fa parefTe in- 
dolente, Vol, XVI , i;7. — Cetre petite efoèce 
de cormoran eu aulïi généra'tment répaiidue 
que la grande, mais elle fe trouve particuliè- 
rement fur fes îles & les côtes des contineas 
auftraux , 58. — Lieux où il place fon nid , 60. 
La chair des jeunes efi allez bonne à manger. 
- — H paroît qu'il y a quelques variétés dans- 
cette efpèce , mais elles ne font pas bieu dé- 
fignées par les Voya^;euîs , 61. — Nous n'en - 
connoilTons dinindîement qu'une qui fe voit 
qucîqueibis fur les côces de Cornouailies en 
Ani^icterre , fur celles de PrufTe & fur celles 
de Elollunde , 62. — Us ont les mtmes b.abi- 
tudes que les grands cormorans. — DilYerences 
entre les deux efpéces , 63. — Obfervations fu- 
ies paties intérieures ^ extérieures du petit 
cormoran , 64 & fuiv, 

COUT.ON- CHAUD. Voyei ToURNE-PlEP.PvE , 

Volume XV , 205. 

Coure- VITE ; efpèce d'oifeau qui n'ëtoir 
pas conim , & que j^ai nommé cour^ - vîte , à 
taufe de îa rapidité avec laquelle il court. — 
Ses refifemblances avec le pluvier & fes diffé- 
rences — On n'en a vu que deux individas • 
l'un qui a été pris en France, & l'autre fur 
fa côte de Coromandel. — Leurs defcrir^tioiis ,, 
VoL XV, 199, 2C0. 

C U R E U R 5 aiufi iiommé de la célérité avec 

Sv 



xcij Table 

laquelle ii court fur les rivages. — lî fe trouve 
en Italie, mais on ne le connoîc point en France. 
— Sa defcription , /^o/. XI, 289, 290, 

Courlis; ce nom efl: un Ton imitatif de îa 
voi^ de ^oifëau Foi, XV, 28. — Rapports & 
éiymologie des noms qu^on a donnés au cour- 
lis dans diffère; tes Lai;gnes. — Il a ie bec courbé 
& très long relativement à la grandeur de fou 
corps, 30, ;^i. — Par la forme & ia fubRance 
de ce bec , le couîlis pourroît êce place' à la 
tête ce la nombreufe tribu d'oifeaux à longs 
becs eifîits, teîs que les bécafles, les barges , les 
chevaliers, &c qui font autant oifeaux de ma- 
rais que de rivage , & qui ne peuvent que 
fouiller dans les terres humides pour y chercher 
les vers, 32. — Sa grandeur, fes dimenfions , 
fes couleurs, ièid. — Il y a peu de différences 
entre le mâle & la Temelle qui eil: feulement 
vm peu plus pe:.te, 33. — Ses habitudes natu- 
relks', il fe nourrit de vers de terre, d'infectes, 
de m,enus coquillages qu'il ramaffe fur le fable 
& les vafes de -a mer, ou fur les marais & 
dans les piairies htmides. — L efcription des 
parties intérielires , 3^. -- Les courlis courent 
trës-^îte & voîerit en troupes ; ils font oifeaux 
de palTage dans les provinces intérieures de la 
France ; m,ais ils féjournent dans nos contrées 
maritimes , comme en Poitou, en Bretagne, &c. 
cù ils nichent- 35. — lis fe répand;.nt en été 
Ters ie Nord, jufqu^au golfe de Rothnie ; & du 
côté du Midi on les voit pc.ifer à Malte deux 
fois i'année , au printemps & en automne; on 
les trouve aulH dans prefque toutes les parties d\x 



DES MATIÈRES. XClij 

monde, Fb/.XV,36.-Etrefpèced'Eiiropeparoîc 
fe retrouver au Sénégal & à Madagafcar. — Oa 
jencontre quelqueQ)is des courlis blancs, comme 
l'on trouve des bécalTes blanches, des merles, 
àçs moineaux blancs ; mais ces variétés ne font 
qu^individueres & ne forment pas des races 
. conftantes, 38, 39. 

Courlis à *ètt //f/e^eftune efpèce i^ouvelfe 
& tr^s - iîngulièf e. — Sa defciipticui ; fa tête 
entière eft nu**, & k fommet en eft relevé 
par une forte de bourrelet couché & roulé en 
arrière, de cinq lignes d'ép. ifieur, & recouvert 
d'une peau tjèa rouge & très- mince , Vol. XV , 
49. — Cet oifeau fe trouve au cap de Bonne- 
efpérance, Ibid. — Il a toute la forme du courlis 
d'P^urope ; fa taille eft feulement plus forte & 
plus épailfe. — Ses dimenfions, 50. 

Cou Vcléi S.Uant; il eft nn peu pfus grand que 
ie couris rouge. — Sa deftription , Fol. XV , 
62. — Il arrive à la Caroline en troupes fort 
nombreuses , vers ie milieu de Septembre, qui 
eft la faiibn des pluies. — Habitudes naturelles 
de cet oifeau. — Il niche probablement dans 
un climat plus chaud que celui de la Caroline, 
où il ne féjourne que pendant fix femaines. — 
La femelle ne dîiTcre pas du mâle; leur plu- 
mage efi également blanc , & leur graiiîe eft 
à\vù. jaune de fafran, 63. 

.Cov Kl. is brun; il fe trouve aux Philippines 

dans rile de Luçon; il eft de fa taille de notre 

grand courlis. — Sa defcription , Vol. XV, 47. 

Courlis hmn à fond rougs. Il arrive à ia 

s yj 



XCIV 1 ^ B L E 

Caroline avec les courlis blarics & mêlç dans 
kurs bandes; il eft de même gran<ieur , mais 
en pki5 petit nombre, VoU XV, 64. — Defcrip- 
tion de cet oifeau. — li paile comme le courlis 
blanc dans des climats plus chauds poiu: nicher^ 

Courlis hrun - marron. Voycx G OU AR ON A. 

Coup. LIS huppé; M. eft ie feul de fan geîire 
qui ait une huppe , ou , pour mieux dire , 
une bei'e touffe de longues pkimes, partie bîan- 
chts §£ partie vertes, qui le jettent en arrière en 
panache. — Defcription de fon plumage.— Et 
des parties extérieures de fon corps, VoL XV ^ 
51. — Il fe trouve à Madagafcar , 52. 

Courlis ronge; c'eit îa plus beîfe efpéce de 
tous les courlis. Vol, XV, 54. — Elle eil corn- 
iBune à la Guyare; defcription du plumage de 
î^oïfeau & àt% autres parties extérieures de fân 
corps. — Sa grandeur ,~ fes dimenfions , 55. — 
La femciie diffère du iiiaie en ce que fes: cou- 
leurs font moins vives; l'un &: l'autre ne pren- 
nent du rouge qu'avec l'âge; les petits naiffent 
couverts d'un duvet noirâtre ; ils deviennent 
enfuite cendrés , puis blancs iorfqu'iis commen- 
cent à voler , & ce n'ell qu'à la féconde ou 
troifième année que îe rouge paroît, & if de- 
vient toujours plus vif ou plus foncé à mefure 
que Toifeau prend de l'âge. — Les courlis rouges 
fe tiennert en troupes, foit en volant, foit en 
fe pofant fur les arbres , ibid, — Leur vol & 
leurs autres habitudes naturelles, ^6, — Les vieux 
& les jeunes courlis voient en troupes fépartcs» 
Temps où ils nichent & leur manière de nicher» 



VES MATIÈRES. XCV 

,. * — Leurs œufe font verdâtres , & on prend 
aifément les petits, même hors du nid iorfque 
la rr:ère les conduit pour chercher ies infeâes 
& les petits crabes dont iis fe nouniflent. lis 
ne font point tnrouches & iis s'habituent aifé- 
ment à vivre en domcfticicé où ils mangent 
de tout ce qu'on ieur préfente , & fur -tout 
les emraiiies de poiilons & de voiailies qu'ils 

; aiment de préférence. Foi XV , 57. — Leurs 
habitudes en domefiicité, ^^. — î eur chair n'cft 
pas mauvaife à manger quoiqu'elle ait un petit 
goût de marais ; & ii paroît qu'on pourroit les 

- multiplier & en faire des oifeaux domeftiqucs. 
ièid. 59. — Leurs habitudes naturelles dans Tctac 
fauvage. — Ils ne s'éloignent pas des bords de 
la mer , & féjournent toute l'année dans le 
même carton ; i'efpëce en eft répandue dans 
Ja plupart des contrées les plus chaudes de 
i'Amérique, 60. — Les naturels du Bréfil fQ 
parent de leurs plumes : on les a mal-à-propos 
appelés fiammans à Cayenne , ibid. 

Courlis tacheté ; H fe trouve , comme le 
courlis brun, aux Philippines dans l'île de Lw- 
çon ; ii tfi d'un tiers plus petit ; fes autres dif» 
flrences-Ôc fa defcription, F(^/.Xy,48. 

Courlis vert ; il approche de la grandeur du 
héron commun , Vol. XV , 44. — Ce courlis 
commun en Italie fe trouve aufii en Allemagne, 
&: le courlis du Danube, cité par Mariigli paroît 
être le même oifeau^ 45, 46c 

Courlis violet ; il fe trouve à Madagafcar ^ 
fuivant hi relation de F. Cauche, Fol XV. 63. 



Co U RLï S de hoîs; 41 fô tienf'dàns îes^ forêts 
de fa Guy a ne , le îong des rlii finaux & des 
Tivières, & loin des côtes dé la mer, que les 
autres courlis ne quittent guère; i! ne va point 
en troupes, innis feulement accompagné dé fa 
femelle; Tes autres habitudes naturelles; fa ma- 
nière de pêcher. — Ses dimenfions, fon cri> 
fes coufewrs & fa defcriptiori ;, Ko/. XV, 66. 
■ — On Ta maî'à propos appelé 'fiammânr ^es 
bois, 67. 

Courlis ( grand ) de Caycnne; c'efl le plus 
grand des courlis ; fa defcription,. Fb/. XV, 

Courlis de terre! yoyei grand PLUVIER. 
Courlis d'Italie. Voy&y Courlis vert. 
Courlis du Mexique. Foyei A CALOT. 

CuRiCACA ( le ) doit être féparé de la fimill© 
■ des courlis 5 VoL XV , 73 , 74. 

E 

r 

Ji c H A S S E ; cet oifeau eft ainfi nommé , à caufe 
de l'exceflive hauteur de fes jambes qui font 
trois fois longues comme fon corps, Vol. XV, 
Î77. — Elles lui permettent à peine de porter 
fon bec à -terre pour prendre fa nourriture. — 
Defcription des jambes & de ia marche de 
i'échafle , 179. — Mais cet oifeau vole auffi- 
bien qu'il marche mai, 180. — Sa defcription, 
î8i. — L^efpèce ne paroît pas être nombreufe, 
ibid. ' — Cependant elle eil aiïez répandue de- 
ritaiie jufqu'en Écofîc; îSs. — IDile fe trouve 



T>ES Mat I ERES. xcvij 

auiTi dans îe nouveau continent^ Vol. XV, 183. 
— A la Jamaïque, enEfpagne , Slc. ibid, 184. 

Égyptiens : ce peuple auffi trifte que vain , 
fut i'inventeur de l'art lugubre des momies , 
par ieqi;el il vouloit, pour ainlî^ dire , éterni- 
fer la mort ; non- feulement les Égyptiens em- 
I>aumoient les cadavres bum.ûns , mais ils con- 
fervoient également les corps de leurs animaux 
facrés, Fb/ XV, 7. — Les oifeaux étoient en- 
fermés da.is des pots de* terre cuite , dont l'ori- 
fice eft bouché d\ui ciment , 8. 

EmBERGOOSE. J^C^'ei ÎMBRIM. 

ÉPOUrVENTAiL. Foyci Gui TEXTE nolre. 



I/AVORITE5 efpèce de petite poule fult^^ne 
de la Guyane, qui n'efi; peut éfe que la femeila 
de la petite poule fultane de cette même con- 
trée. — Sa defctiption, FoL XV, 323. 

Flammant ou Phénicoptére ; origine de 
ce nom flammant, Kc/. XVI, 294. — Caradères 
principaux & tiès- apparens de ce bel oileau. 
— Il paroït. faire la nuance eiitre la grande 
tribu des oifeaux de rivage & cePe toute auiîi 
grande des oifeaux navigateurs. — Dcfcription 
de fes pa.ties extérieures. — Ses dimenfions & 
fon poids. — Son plumage eîl: de couleur de 
feu fur les ailes & fur quel' nies autres parties 
du corps, 297. — Defcription particulière de 
fon bec, 298. — On voit quelques- uns de ces 



xcviij Table 

oifeaux en îtalfe-^ en Provence , & en plus 
grand nombre en Efpagne^ VoL XVI, 302. — 
Le Pammant efl: naturel aux climats chauds des 
deux continens. — Il ne fréquente pas les pays 
froid?, 305. — Lieux particuliers où il fe trouve 
en plus grande quantité, 206, 307. — Ceîui 
d'Amérique efi: le même que ceux d'Europe & 
d'Afrique. — Par - tout il fait fon nid fur les 
îles balles, 309. — Defcription de ce nid , & 
îittitude fingulière de Toifeau pour couver fes 
œufs, qui ne font qu'au nombre de deux ou 
trois , ibid, 310. — Ces œufs font blancs & gros 
comme ceux de l'oie , ?ii. — Les petits n« 
commencent à voler que lorfqu'il ont acquis 
prefque toute leur grandeur ; mais ils courent 
avec une vkefîe fingulière peu ce jours après 
leur naifiance. — Defcription de leur plumage 
& des change mens qui \' furvîenent, 312. — 
lis ne prennent leur belle couleur rouge qu'avec 
l'âge, ihid. 313. — Manière dont ils cherchent 
6^ prennent leur nourriture. — Ces oifeaux 
paroiiTent attachés aux rivages de la mer &: aux 
embouchures des rivières, 314. — Et l'on -a 
lem.arqué que quand on vouloit les nourrir eia 
domeriicité, il falloir leur donner à boire de 
J^eau falée. — Leur manière de fe ranger en 
ligne & de pêcher en troupes, 315, 316. — 
Leur cri d'alarme eft affez femb!able au fon 
d'une trornpette , 3x7. — Leur chair eft un 
mets recherché , dont le goût refifembieroit 
afîez à ce^ui de la perdrix, s'il n'y avoit pas en' 
jTiC^me temps une légère odeur de marécage , 
3 19. — La peau de ces oifeaux fert aux mêmes 
ufiiges que celle du cygne. — Oa peut les 



DES Matières, xcîx 

apprivoifer afiez aifément , Ko/. XVI , 322, 
— Leurs habitudes en 'domefticité. — Hsvefu 
fent de fe muidplier dés qu'ils ont perdu leur 
liberté, 325, 326. 

Fou. L'efpèce du fou eil répandue dans toutes 
les mers; c'eft un oifeau llupide qui fe îaiiïe 
prendre aifément. — li ne paroît pas connoître 
l'homme > ni avoir appris à s^en défier , Ko/. XVI, 
119. — Tous les oifeaux de ce genre ont beau- 
coup de peine à mettre en mouvemeut leurs 
longues ailes, 123. — Leur plus grand ennemi, 
parmi les eifeaux , efl celui qu'on appelle la 
frégate , qui les force à livrer leur proie , & à 
dégorger le pciilbn qu'ils ont avalé, 123. — 
Leur manière de pêcher. — Leur rencontre kx\ 
mer arnonce affez sûrement aux Navigateurs 
le voiiinage de quelque terre, 125. — Obfer- 
vations particulières faites à la côte d'Yucatan 
fur ces oifeaux , 127 6* fuiv. — C'eft avec les 
cormorans que ces oifeaux fous ont plus de 
rappoji par leur con-brmation. — Leurs diiTc- 
rences. — Garadères généraux des fous, 130. 
— Strudure finguliére de leur bec. ibld. — Leur 
cri. — Leur manière de voler. — Ils fe per- 
chent fur les arbres , .& cependant ifs niellent 
à terre , 131. — Ils ne pondent qu'un œuf 
ou deux, 132. 

F ô U ( le grand ); cet oifeau eft le plus grand 
de fon genre , étant de la groffeur de l'oie & 
ayant iix pieds d'envergure — Sa defcription. 
Vol. XVI, 139. — Il fe trouve fur les grandes 
rivières de la Floride. ~ Obfervations particu- 
iiè:es fur cet oifeau, 140. 



C Ta BLE 

F u ( îe petit J ; Tes dimenfions & fa 'defcrip- 
tion, Voluim XVI , 142. 

Fou blanc; diflPérence etitre eette efpèce & celle 
du fou" commun. — Le fou blaivc ne fe perche 
guère fur ies aibres, & ne vient pas fe faire 
prendre fur les vergues des navires. Vol. XV. I , 
137. — On trouve ies deux erpèces à i'îîe de 
î'Afcenfion ; Obfervations particulières à ce 

' ^let, 138. 

Fou brun ( îe petit ) ; cette efpèce , qu? peut- 
€ire re doit pas être féparée de celle du petit 
fou proprement dit , fe trouve égaiemçiit à 
Cayenne, Vdume XVI , 143. 

Fou commun; eft connu aux Antilles. -—Sa 
^ gTtindeur eft çnoyenne entre celle du canard & 
de l'oie, Kf^/. xVi, 133.— Ses dimenfioiis 6c 
la^defcrip^ipn. — 1|. y a. beaucoup de variétés 
iDyjviduçilcs-^Iaris les couleurs de cet oifeaxi , 
334. ~ Sa chair eft noire & fem ie marécage. 
Lieux de i' Amérique où cette efpéce fe trouve 
en plus grand nombre, 135, 136. > ... 

"F OV de BaJTan, aînîi nommé parce qu'il éft com- 
mun dans ia petite îie de BalT ou RafTan , dans 
ie petit goliè d'Edimbourg, Ko/. XVI , 145. 
— C'eft une grande & belle efpèce (Jans ce 
genre d'oîfeaux fous , 146. • — lî'efl: de !a gran- 
deur d'une oie. ■ — Ses dimenfîons & fa deficrip4! 
tion , 147. r— La chair des jeunes elt afiez bonne 
à manger. — Nature! ftupide de. cet oifeau & 
fa manière de nicher, 148. — 11 ne pond qu'un 
œuf — Les doigts qui font très - longs , font 
engagés dans la membrane, 149. — La peau 



DES Matières, cj 

du corps n'y eft attachée que par une eTpèce 
de rcieau,\ie manière qu'en îa foufflant elle 
.s*enf.e comme un ballon ; & il eft à croire que 
l'oifeau en fart ufnge lorCqu'il veut lenfler ia 
Toîume de Ion corps pour fe rendre plus iéger 
daos i^on vol — li arrive au printemps ^:ans les 
Hes du Mord pour y nicher^ 6: regagne avant 
i^hiver ies climats méridionaux; k'^oLum^ Xv'l, 
150, 151. 

Fou tachtiéi iî a les aiîes beaucoup plus courtes 
que tous îes autres fous. — Sa defcription , 
Volume XVI, 144. 

Foulque, f? nom ne auïïi morelfe ; c*eft par 
la foulque que com^^3nce la rombreoTe tribu 
des véritables oifeaux d'eau, Ko/. XV, 327. 

— Eiie refte coni^anjrneDt fii: l'eau , ce il efl: 
très- rare de ia voir h t-rre. — Elle fe tient tout 
le jour fur les étangs qu'elle préfère aux rivières. 

— Ses voyages ne fe font que de nuit & par un 
vol très haut, 329. ■!— Ses habitudes naturelles, 
330. — Manière d*en faire la chaffe, 33'. — • 
La foulque ne part qu'a^ ec peine , loit fur 
la ter e, foit fur Peau , & rien ne peut la con- 
traindre à prendre îa faite pendant le jour, 332. 

— Elle pond dix- huit à" vingt œufs qui font 
d\m blanc la'e, & prefque auffi gros que ceux 
de îa poule. — Manière dont elle fait fon nid , 
ibid. — Le temps de l'incubation eft de vingts 
deux ou vingt-trois jours. — Les petits fortent 
du nid & coûtent dès qu'ils font éclos ; la mère 
ne ies réchauffe pas fous fes ailes. — Ils font 
couverts à cet âge d'un duvet noir & paroif- 
fent très - laids. — Les oifeaux de proie , ies 



cij Table 

bufes, &c. ieur font une cruelle guerre & man- 
gen- auffi les œufs dans le nid; aufli cette efpèce, 
quoique rrés-féconde, n'eft pas fort nombreufe 
en individus , VoL X V , 3 3 ;^ . — La foulque niche 
de bonne heure au printemps. — Elle refte fur 
nos étangs pendant ia plus grande partie de- 
l'année, 334; & fe réunit en grande troupe 
dans J/a«tomne ; & lorfque les frimats & la gelée 
ia cbaiïent des cantons élevés & froids, elle 
vient dans ia plaine où la température eft pius 
douce ; & c'eR la glace ou le manque d^eau 
plus que le froid qui l'oblige à changer de lieu ; 
exemple à ce fujet, 335, — Elle va de proche 
en proche dans les contrées plus tempérées , & 
revient de très bonne heure au printemps — 
I/efpcce eil répandue dans toute l'Europe , 
depuis Pltalie jufqu'en Suède ; on ia connoît 
également en Afie. — Sa defcription , 336 &* 
fiiiv. ^ — Sa manière de vivre. — Sa chair fent 
un peu le marais, 338. — Elle a deux cris 
différens dans fon état de liberté , mais elle n^en 
fait entendre aucun en captivité, 339. 

Foulque ( variétés de îa ) : on en connoît deux 
qui fubfiflent fur les mêmes eaux. fans fe mêler 
enfemble , & qui ne différent qu'en ce que 
l'une eft un peu plus grande que l'autre , 
Volume XV 5 336. 

Foulque (grande). Voyci Macroule. 

Foulque à crête ( grande ) ; elle eft encore plus 
grande que la macroule; fa membrane qui lui 
couvre ie front eft détachée en deux lambeaux 
qui lui foj^ment une forte de crêce. — Sa dçf- 



DES Mat jè RE S. cîij 

cription. — Elle fe trouve à Madagafcar , 
Volume X V , 343. 

Frég-ate; on a donné le nom de frégate a 
cet oiieau , parce que de tous ceux qui fré- 
quentent les mers, il vole le plus rapidement, 
Vol. XVI, 152. — Defcripiion de Ton v<)i. 
■ — La frégate fe porte au large fur la mer à 
plulîeurs centaines de lieues de diftance de 
toutes terres-, & ne s'arrête fur la mer que 
dans les lieux qui lui fournillent une pâture 
abondante, 154, 155. — Elle ditlingi^p de 
très - loin les troupes de petits poilTons qui 
vox/agent en colonnes, 155. — Sa manière de 
pêcner. — Ce n'eft qu'ertre les tropiques ou 
un peu au-delà qu'on rencontre cet oifeau dans 
les mers des deux mondes, 156. — Manière 
dont il fait d*igorger aux fous & h d'autres 
oifeaux le poidbn qu'ils ont avalé, 157- -- Oa 
a nommé la frégate Vofian guerrier ou le guerrier , 
à caufe de fes hoftiiités. — Elle ne craint pas 
i'afpedt de l'homme; exemple à ce fujet, i^d^^ 
Defcription de fon bec & de fes autres parties 
extérieures. — Reffembjances de fon bec avec 
celui des fous. — ^59 * 160. — Ses ailes ont 
jufqu'à douze & même quatorze pieds d'en- 
vergure. — Cette^ longueur exceffive des ailes 
Tempêche de prendre aifément fon vol lorf- 
qu'elie eft pofée, 161. — Ses habitudes natu- 
relles dans ie temps des nichées , 162. — Sa 
ponte n'eft que d'un œuf ou deux, qui font 
d'un blanc teint de couleur de chair , avec de 
petits points d'un rouge cramoiiî. — Defcrip- 
tiondu plumage & du bec des petits, & de 



CIV 



Ta BLE 



leur changement de couleur, Vol. XVI, i6q, 
164. — Indichiion d\ine partie extérieure au 
inû'e. — Sa defcription, 164. — Ulage que les 
Infuiaires de ia zone torride font de la graiffâ 
de cet oifeau 5 166. 



G A c H E T, liîrondeîle de mer, quî fe trouve 
rarement l^.ir nos côtes , & qui paroit être plus 
commune fur celfes de i'Am^rique. -- Sa def- 
cription. — Ses habitudes naturelles , Vol. XVI, 

. 93- 

GARAiOS.^oje^MouETTE cendrée^ VvL XVI, 
230. 

GiRARDINE. Voyei MARQUETTE , Ko/. XV, 

244; 245. 

G L o U T , oifeau qui ed une pouîe d'eau , fuî- 
vant Gefner/ — Sa defcription, Ko/. XV, 281 , 

Goélands; difcuffion critique au fujet de 

ces cifeaux que l'on a fouvent confondus avec 

ies mouettes, VoL XVI, 168. ^~ Le nom 

goéland doit défigner les plus grandes efpèces 

de ce genre , ^-z celui de mouette \ts efpèces ' 

inférieures en grandeur, 169. — Nous appelons 

goélands toutes ies efpèces dans ce genre qui 

furpaflent ie canard en grandeur , & qui ont 

dix-huit ou vingt pouces de la pointe du bec 

à l'extrémité de (a queue ; & nous appelons 

mouettes toutes celles dont les dimenQons font 

plus petites , 172. — Caractères généraux & 

inftin<^ cômnaun des goélands & d^s mouettes. 



DES Matières. cv 

•—Leur voracité, îeur cruauté , îeurs combats 
pour ia prcîe, VoL XVI , 172 , 173. — Manière 
de les leurer & de les prendie. — Defcription 
de feur bec, 174, 175. — Defcriptioii de leurs 
autres paities extérieures. — Leurs mouvemens 
& leur maintien , leurs courfes & leur vol, 

175. — Us font bien garnis de duvet & de 
plumes , qui prennent leurs couleurs avec i'âge, 

176, 177. — l!s fe tiennent en grandes troupes 
fur les livages de la mer , qu^ils font retentir 
de leurs cris importuns. — il n'y a pas d'oifeaux 
pius communs fur les côtes., & on en rencon- 
tre, en mer Jnfqu'à cent lieues de diftance , 177. 
■ — Les plus iîrandes efpèccs paroiffent attachées 

. aux mers du nord, 178. — ils fe repaiilent de^ 
cadavres de baleines, 17^. — Us dépofent leurs 
nids & leurs œufs fur ia terre gclte , & même 
fur les glaces, 180. — Leur chair n*eit pas bonne 
à manger, & leur plumage eil de peu de va- 
leur, ibi. 

Goéland à manteau gr'i ; obfervatîons parti- 
culières fut cet oifeau nourri en domefricité , 
Vol. XVI , 183. — Sa grandeur , 189. — Sa 
defcription. — Ses habitudes naturelles. — Sa 
voix & fes cris , 190 £5* fuiv. 

Goéland à mameau gris - hruri^ ou le bourg- 
meftre ; oiigine de ce rom bourgmeflre. — • 
Grandeur de ce goéland; fa defcription, Kb- 
lumeXVl y 2C9', 210. — Ses habitudes natu- 
relles ; il pofe fon cid fur le fommet des pius 
hauts rochers. — Sonvoi, fon cri. — Sesœu^ 
font blanchâtres, parfemés de quelques taches 
noirâtres, & aufîi gros que des œufs de poule , 
an. 



cvj Table 

GoÉLAXD à manteau gris & blanc;. Sa Jefcrîp- 
tion d'après fe ?. Feuiilée, Ko/. XVI, 213. 

Goéland à manteau wozr; obrervations parti- 
culières fur cet oifeau nonrri en domefticité , 
roi. XVI, 1S3. — C'efl le pius grand des 
oifeaux de ce genre. — Ses dimenfions & Ta 
defcriptron, 187. 

Goéland brun , fa defcription , VoL XVI * 
193. — Sa grandeur & Tes dimenOons. — C'eft 
probablement le Cataractes d'Ariftote, 194. -y 
L'efpèce en efl: répandue dans toutes les lati- 
tudes, & c'eft l'oifeau que nos Na-vigateurs 
ont dfcOgné fous ie nom de cordonnier, 195. 

Goéland i>arié. Sa defcription , FoL XVI , 
200. — Sa grandeur. — Ses mœurs en domef- 
ticité. — Sa voracité, 201 , 202. — Obferva* 
tions particulières fur les habitudes de cet oifeau, 
& fur le changement de couleur de fon plumage. 
— La femelle ne diffère du mâle qu'en ce 
qu*eHe efl un peu plus petite. — Il en eft de 
même dans ia plupart de autres goélands, 203. 

Goéland- varié; variété de cet oifeau qui fe 
trouve fur le golfe de Bothnie , & qui eiï 
plus grand que ie goélard varié ou grifard, 
qui fe trouve fur nos côtes, Fol. XVI, 207. 

Grèbes; différences de conformations entre 
les grèbes & les plongeons, FoL XV, 352.-— 
Habitudes naturelles & communes aux grèbes , 
& leur nourriture; ils font ordinairement fort 
gras. — Leur manière de conftruire & d'arrêter 
îeurs nids , 357 , 358. — Ifs pondent ordinai- 
rement deux œufs , & rarement plus de trois. 

— Le genre 



i}Ès Mat lE RE S. cvij 

*— Le genre de ces oifeaux eft compofé de 
<Ieux familles qui différent par fa grandeur ; 
nous confervons à la plus grande îe nom de 
grèbes j & nous donnons à i*a pius petite celui 
de caftagmtjx , VoL XV , 358. — Les jeunes 
grèbes n*ont qu^après la mue leur beau blanc 
fatiné, 363. — La famille des grèbes eft répan- 
due dans les deux continens. & auffi d'un pôle 
à l'autre; c'eft- à-dire du Groenland au détroit 
•de Magelian, 376. 

G E. È B E * defcription du plumage du grèbe ; on 
fait de fa peau de très -beaux manchons. — Le 
grèbe , garni d'un duvet impénétrabie , fe tient , 
comme le plongeon , conftammenr fur îes eaux , 
Vol. XV, 351 5 352, — Defcription des jam- 
bes du grèbe, ihid, — Il a beaucoup de peine 
à marcher, & même à fe tenir fur terre, 353, 
— Son agilité dans i'eau efl: aufli grande que 
fon impuiflance fur la terre. — Les pêcheurs 
îe prennent fouvent dans leurs filets. — H nage 
entre deux eaux, & defcend à une grande pro- 
fondeur, en pourfuivant les petits poiîTons. — 
Il fréquente également la mer & les eaux 
douces, 354, 355. 

Grèbe ( grand ); il eft regardé comme le 
pius grand de fon genre, à caufe de fon cou, 
car il n'a îe corps ni plus gros ni pius grand 
que le grèbe commim. — Sa defcription. — Il 
fe trouTe à Cayenne, Vd, XV, 375. 

Grèbe (îe petit), efl plus petit que le grèba 
commun , c'e.ft prefque la feule différence qu'il 
y ait entr'eux. — Mais ce petit grèbe habite 

Oifeaux :, Tome XV L T 



CViij T A B L s 

fur \à mer, au îieu que le grand grèbe fe trouTC 
plus fréquemment dans les eaux douces , Fô- 
lume XV 5 360. 

Grèbe à joues grijls, ou jougrl , ainfi dénom- 
mé parce qu'en effet il a les joues & la men- 
tonnière grifes; fa defcription. — Sa grandeur 
eft à peu-près cele du grèbe cornu, l^oL XV , 
374- 

Grèbe cornu, ainfi nommé parce qu^il po'te 
une huppe noire, partagée en arrière & divf- 
fée comme en deux cornes, yol. XV, 365. — - 
Sa crinière lînguiière, 366. — Sa defcription. 

— L'efpèce en eft fort répandue dans toutes 
les parties feptentrionales des deux continens, 
367. 

Grèbe cornu ( petit ); iî y a fa même diffé- 
rence pour la taille entre les deux grèbes cornus 
q'A'entre les deux grèbes huppés, Foi. XV , 368. 
• — Defcription de ce petit grçbe cornu, ihid. 

— C'eft de cet oifeau en particulier dont on 
dit que îe nid eft flottant fur l'eau. — La 
femeile pond quatre ou cinq œufs , & tout fon 
plumage eft gris, 370. • — On connoît ce petit 
grèbe cornu dans la pîupart des régions de 
l'Europe & dans quelques - unes de celles de 
^Amérique feptentrionale , ibid. 

Grèbe de la Loulflane ; fes différencies avec les 
autres grèbes. — Sa defcription, FoL XV, 373, 

Grèbe Duc t laart ; il fe trouve à file Saint- 
Thomas ; fa différence avec les autres grèbes. 

— Sa grandeur, — Sa defcription , Foluim XV , 



DES Mat I E RE S. cix 

Grèbe du lac de Genève. ; c'efl un oifeau mieux 
connu que ia plupart des autres grèbes. — Sa 
defcription & fes dimenfions, Fol. XV, 355. 

Grèbe foulque ; oifeau qui fe trouve à îa 
Guyane, & qui participe de ia nature du grèbe 
& de ia foulque , FoL XV, 385. — Sa def- 
cription, 386. 

Grèbe huppé; ies plumes du fommet de fa 
tête font un peu plus longues que les autres ; 
ii eft plus grand que le grèbe commun , FoL XV , 
361. — 11 a au moins deux pieds du bec aux 
ongles. — Sa defcription. ■ — 11 fe trouve égale- 
ment en mer & fur ies lacs dans les deux con- 
tinens. — Sa nourriture, 362, 363. 

Grèbe huppé ( petit ); il n*eft pas plus gro$ 
qu'une farcelie ; fes différences avec l'autre, 
grèbe huppé. Volume XV, 364. 

Grinette^ oifeau qui nous paraît apparte- 
nir au genre de la poule d*eau, Fol, XV, 277. 
— Ses dimenfions. — Sa defcription. — 11 fe 
trouve en Italie & en Allemagne, 278. 

Grive d'eau. Cet oifeau eit aiiifi nomm^, 
parce qu'ii a le plumage grivelé & la taiiie de 
îa petite grive, — Sa defcription. — Ce n'elt 
point une grive, mais un oifeau d'eau. — C'eit 
une efpèce étrangère qui n^a que peu de rap- 
port avec nos oifeaux d'Europe; elle fe trouve 
en PenfiKanie, Fclume XV, 217, 218. 

G U A R O N A , efpèce de courl'.s du B:e(il , dont 
le plumage eft d'un brun marron avec àes 
reflets verts fur plufîeurs parties du corps; 
defcription du refte de fon plumage. — imen- 
lions de i'oifeau, qui a beaucoup de rapports 
avec le courlis vert d'Euiope , Fol. XV , 68* 

Tij 



ex T A B Z B 

— lî fe 'trouve à îa G uyane , auflî - bien qu'au 
Bréfil, Ko/^/neX V, 69. 

GuiFETTE, eftîe nom que porte en Picardie 
une efpèce d'hirondelie de mer; fa defcription , 
VoL XVI, 87.— -EHeell: de taille moyenne, 
entre le pierre -garin & la petite hirondelle de 
mer. — Ses habitudes naturelles. — Elle fe 
nourrit plutôt d'infeéles que de poiflbns. — 
' — Elle ne pond pas fur le fable, 88. — Sa 
ponte eft ordinairement de trois œufs , qu'elle 
couve conftamment. — Ses petits peuvent voler 
au bout d^un mois, 89. 

GuiFETTE noire ; on lui a aufii donné le nom 
à'épouventail, parce que fon plumage efi: d'une 
vilaine couleur très fombre. — Sa defcription , 
Vol. XVI, 90, 91. — Ses habitudes naturelles. 

— Elle pond trois ou quatre œufs d'un vert 
fale , avec des taches noirâtres, qui forment une 
zone vers le milieu, 91, 92. 

© U I G N A R D , efi: appelé par quelques - uns 
j)&tit pluvier; les dimeniîons , VoL XV, 136. 

— Sa defcription. — Différences entre le mâle 
& la femelle, 137. — Cet oifeau eft un excel- 
lent manger, & fa chair eft plus délicate que 
celle du pluvier doré : Pefpèce en eft plus ré- 
pandue dans le nord que dans nos contrées ; 
elle a deux paiTages , ou plutôt deux migra- 
tions marquées, l'une en avril, l'autre en août; 
îe guignard fe porte des marais aux montagnes 
& defcend des montagnes aux marais. — Manière 
dont on fait fa chafie des guignards dans fe 
comté de Norfolck en Angleterre, ièid. 138, 
*«- Cet oifeau eft indolent & paroît ftupide, 



h ES MATikREs. ex] 

— Sa tête efl: plus arrondie que celle clés au- 
tres pluviers , ce qui femble être un indice de 
ftupidité j comme on le reconnoît dans ies 
pigeons fous , qui ont ia tête plus ronde que 
îes autres- les femelles font un peu pius gran- 
des que les mâles, Vol. XV, 139, 140. 

GuiGNARD ( varie'té du ) : indication de cetl« 
variété, Ko/w/we XV , 14O5 141. 

H 

JlI A IL L E ; îes femelîes dans le genre entier du 
harîe , font conftamment & confidérabîement 
plus petites que les mâles , & elles en diffèrent 
auflr par les couleurs, VoL XV, 421. — Cette 
différence de livrée entre le mâle & la femelle 
a caufé plus d'un double emplai dans i^énumé- 
ration de leurs efpècQs, comme on p^ut le re- 
marqi^er dans ies iiftes de nos Nomencîateurs , 
434 5 435- 

H A R L E ( le ) a été appelé hlhre , parce quM! 
détruit beaucoup de poiifon ; erreur de Béîon 
à cefujet, Vcl .XV, 414, 415, — Ses reilem- 
blances & fes différences avec le canard & Toie. 
' — Defcription de fon bec & de fa langue, 416. 
— ■ il avale de très- gros poiiTons & ies àigére 
à mefure qu/iis defcendent dans fon eftomac. 

— Sa manière de nager. — Son voL — Def- 
cription de fon plumage & des autres parties 
extérieures de fon corps, 417 , 418, *^ — Sa 
chair eft sèche & m.auvaife à manger, 418, 

— Obfervations particulières fur ia "forme d« 

Tii] 



CXij T A B LE 

cet oifeaii, qui ne paroît que rarement Jans nos 
provinces de France. — On n^eft pas bien in- 
formé de Tes habitudes naturelles , Vol. XV , 
418, 419. — li vient des terres du Nord, & 
pafle pour aller en hiver dans les climats plus 
chauds que celui de la France, 420, 

Harle à manteau noir ; fa defcription. — Oa. 
Je voit en Siléfie , où cependant il n'eft pas 
commun , Volume X V , 43 1 &* fuiv. 

Harle couronné : il fe trouve en Virginie. — 
Sa defcription. Vol. XV, 437. — La couronne 
ne paroît bien que dans l'oiîeau vivant. — Il eft 
<i-peu-près de la groflfeur du canard. — Diffé- 
rences du mâle & de la femelle. — II fe- trouve 
-aufli au Mexique, 438, 439. 

Harle étoile; cette efpèce mieux décrite & 
mieux connue , pourroit bien n'être que la 
femelle de la piette, — Defcription de cet 
oifeau, Vol. XV, 435. 

Harle huppé ; defcription de fa huppe. — II 
eft de la grofifeur du canard. — Defcription de 
fon plumage, Vol. XV, 423, 424. — Diffé- 
rences entre le mâle & îa femeiie. — Contrées 
de l'Europe où fe trouve cet oifeau, 425 , 426. 

Harle huppé (petit). Voye^ piette. 

H I M A N T P X3 s ( P ) des Anciens n'eft pas 
rhuîtrier, mais Téchaffe; difcuffion critique à 
ce fujet, Vol. XV, T96. 

Hirondelle de mer ( les ). On a donné ce 
nom à une petite famille d'oifeaux pêcheurs , 



T> E s Ma T I E RE s. cxîij 

parce qu'ils reflembîent à nos hirondelîes dé 
terre par leurs longues ailes & leur queue four- 
chue. — Leur vol. — Elles prennent en volant* 
ieur nourriture à la furface des eaux, P^ol XVI, 
67. — Elles différent des hirondelles de terre 
par fa conformation du bec & par cere des 
pieds. — Eifes n'aiment point à nager & font 
prefque tou'ours en l'air, 68; elles fréquentent 
également la mer , les rivières & même les 
étangs ; elles jettent en volant un cri femblable 
à celui des martinets. — El fur tout dans le 
temps des nichées où elles ne ceflent de crier, 
69. — Elles arrivent par troupes far nos côtes 
de Pocéan au commencement de mai, — Le 
bruit des armes h feu ne les effraie pas , 70. 

— Singularité de leur naturel qui les porte à 
X accompagner leurs compagnes bleffces ou mor- 
tes. — D'où peut venir cette confiance aveu- 
gle. — Defcription des pieds & de quelques 
autres parties extérieures de ces oifeaux, 71. — 
Cette famille des hirondelles de mer efl: com- 
pefée de plufieurs efpeces, dont la plupart ont 
franchi les océans <Sc peuple leurs rivages, 72. 

Hirondelle de mer ( grande ),Kbj'e^ Pier- 
re - GARIN. 

Hirondelle de mer (petite); elle ne dif- 
fère du pierre- garin ou grande hirondelle de 
mer de nos côtes, qu'en ce qu'elle eft confi- 
dérablement plus petite , Vol. XVI , 84. — Elle 
a aufli ie mcme naturel & les mêmes habitudes. 

— On peut néanmoins les nourrir en captivité, 

Hirondelle de mer ( autre), Voyei Gui- 

rCTTE. 

T iv 



exiv Table 

Hirondelle de mer ( autre ). Foyei Çjm- 

CHET. 

Hirondelle de mer, à grande envergure; 
quoique toutes ies hirondelîes de mer aient de 
très-grandes aiies ; celfe-ci les a proportionnelie- 
ment plus longues qu'aucune autie. — Eiîe fe 
trouve à l'île de PAfcenfîon , en très -grande 
quantité, Fol. XVI ^ 97. — Son naturel ,. fon 
cri. — Elle ne pond ordinairement qu'un œuf 
& rarement deux , 98. — Ces œuf^ font très- 
gros pour la tailie de l'oifeau ; iis font de cou- 
}eur jaunâtre avec des taches brunes & vio- 
k-ttes, ibid. g^. 

Hirondelle de mer, de Cayenne ; c'eîl: fa 
plus grande de toutes les hirondelles de mer , 
Fol. XVI, iQp. — Sa defcription , loi. 

Hirondelle de mer, des Philippines; elîe 
efi: grande comme notre pierre - garin , & peut- 
être eft- elle de ia même efpèce , modifiée par 
Pinffuence du climat. — Sa, defcription , Fo- 
lame XVI, 96. 

Huit r i e r , ainiî nommé parce qu'il fë nour- 
rit d'huîtres, de patelles & autres coquiiiagc-«. 
— îi fe tient conftamment fur les écueils & 
fur les côtes de la mer. — Il crie prefque con- 
tinuellement 3c défagréablement à-peu - près 
comme la pie , ce qui lui a fait donner le 
furnom de pie de mer» — Cet oifeau ne fe voit 
que rarement fur nos côtes de France , Fo- 
hmeXV , 187. — Il niche cependant quelque- 
fois fur celles de Picardie , il y arrive en troupe. 
•^ On croit qu'il vient d'Angleterre & d'Écolfe , 
©û cette efpèce eft très- commune, — Il fep.orte 



DBS Mat I i ÈE S. cxv 

aulïrbien plus avant vers ïe Nord; on le trouve 
jufqu'en Norwège & en Iflande. — On [e 
rencontre auffi fur les terres antarftiques , au 
détroit de Mageiîan , à ia terre de Feu & à 
la nouvelle Zélande , roi, XV , i88. — Il fré- 
quente aufli ies ciimats chauds :, & eft commun 
au Japon. — H fe retrouve en Amérique, 189. 

— Et par- tout fon efpèce paroît être ifolée & 
fans variété, 190: comparaifon de cet oifeau 
avec les autres oifeaux de rivage. — Sa gran- 
deur. ' — Son bec eft conformé de manière à- 
pouvoir ou'¥rîr aifément ies huîtres, & déta- 
cher ïes coquillages des rochers-, 191. — - Def- 
cription de l'oifeau. — Sa manière de nager. 

— On i'a appelé en quelques endroits èécajjè 
de mer k caufe de fon long bec, ibid, 192. — 
li eft toujours gras en hiver , & îa chair des 
jeunes eCt affez bonne à manger. — Ses habi- 
tudes en captivité & en liberté, 193. — li ne 
fait point de nid & dépofe fes œufs fur le fabfe' 
nu. — La femelle pond quatre ou cinq œufs, 
& le temps de l'incubation , eft de vingt ou^ 
vingt -un jours; eiîe ne ies couve pas affidu- 
ment, 194. — Les petits au fortir de i'œuf ^ 
font couverts d'un duvet noirâtre. —* Leur ai 
habitudes naturelles, 195.. 



Ibis : origine du cuite de cet oîfeauen Egypte^ 
^oL XV , 4. — Combat de i'ibis contre ies 
ferpens, décrit par Hérodote, 5. — II étoii:: 
défendu 5 fous peine de. ia vie ^ aux Égyptieas ,.>^ 

T. Y ' 



cxvj Ta s l e 



de tuet cet oifeau, VoL XV, 7. — Leé ibis 
embaum's par !e& anciens Égyptiens , & ren- 
fermés dans -es pots de terre cuite, ne fe font 
pas entièrement confervés; defcription de l'état 
sduel de ces momies, 8. — La grandeur de 
l%is eft à- peu près égale a celle du courlis. 
«— îi doit être piacé entre ce dernier oifeau & 
îa cigogne , 9. — L-'ibis a fes habitudes natu- 
relles & fon domicile en Egypte, à l'excludon 
de prelque toutes les autres contrées. — H étoit 
i'embléme d'Egypte, fur tous les mon'umens, 
12.— Son hiftoire naturelle a été chargée de 
fables par les Anciens 5 13. — Son culte en 
Egypte étoit fondé fur l'utilité de cet oifeau , 
dont l'inftinâ: ie porte à combattre & tuer les 
ks ferpens & les autres reptiles , plus nom- 
breux dans les terres bafles voilines du Nil , 
que dans tout autre pays ,14. — L'ibis fait 
en effet la plus cruelle guerre à tous ces ani- 
maux ràmpans, ainli qu'aux gros fcarabées & 
aux fauterelies ,16. — Accoutumés au refpedt 
qu'on leur marquoit en Egypte , ces oifeaux 
venoient fans crainte au miiieu des villes, 17. 

— Ils pofent leur nid fur les palmiers , dans 
î'épaiffeur des feuilles piquantes ^ pour le met-» 
tre à Fabri des chats qui font leurs ennemis, 
ibid. — On croit que la ponte efl: de quatre 
ceufs. — • L^ibis étoit confacré à la lune, & les 
anciens ont dit qu'il mettoit autant de jours 
à faire éclore fes petits , que Taftre d'Ifîs en 
met à parcourir le cercle de fes phafes ,18. 

— Ils lui ont attribué l'invention du cliftère , 
comme celle de la faignée à l'hippopotame, 19. 

— il y a devis eTpéces d'ibis , Tun blanc & 



DEsMatIESES. CXVtjf 

Tautre noir, Ko/. XV, 20. — Leurs reffembfan- 
ces & leurs différences. — Explication d'un 
paiïage d'Hérodote au fujet des ibis , méprife 
grolTière des Traducleurs de cet Hiftorien fur 
ce paiTage, 10. — L'ibis blanc eft bien connu 
des Naturaliftes ; mais l'ibis noir n'a été vu &s 
décrit que par Béion , 20. 

Ibis hUnc ; W eft un peu plus grand que (e 
courlis: Sa defcription , Ko/. XV, 21. — Com- 
paraifon & proportion du corps de l'ibis avec 
celui de la cigogne. Le bec de Tibis eft gros 
& arrondi à fa bafe & courbé dans toute fa 
longueur. — Les côtés en font tranchans & 
r.ffez durs pour couper les ferpens , & c'eft 
probablement de cette manière que cet oifeau 
les dttruit , 11. — Defcription de cet oifeau , 
par M. Perrault , ibid. — Defcription de fes par- 
ties intérieures, 23 5 24. 

Ibis noir; il eft un peu moins gros qu'un cour- 
lis : fa defcription & fes dimer.fions , par Bé- 
ion. — Il eft pius petit que Tibis blanc, Vol. XV, 
26. — Son plumage eft entièrement noir. — 
Ses habitudes naturelles paroifient être les mêmes 
que celles de l'ibis blanc , 27. 

I M B R I M ou grand plongeon de fa mer du Nord, 
Vol. XV ^ 401. — Ses dimenfions. — Sa def- 
cription. — Son féjour ordinaire eft dans les 
mers du Nord , aux Orcades , aux îles de Feroë, 
fur Les côtes d'iflande & vers le Groenland y 
402, 403. 

Instinct ( T ) focial n'eft pas donné à toutes 
ks efpèces d'oifeaux j mais dans celles où il fe 

Tyj 



4kxvnj Table 

manifefte , il eft pîus décidé que dans les aiitrei 
animaux ; leurs attroupe mens font plus nom- 
breux ; leur réunion plus confiante que celle 
des quadrupèdes ; caufe de cette fupériorité 
d'iuftindt focial dans les oifeaux, Ko/. XV, 1140 

J 

J A c A N A , oifèau du Bréfiî qui reiïembïè aux 
poules d'eau par le naturel & par plufieurs 
traits de fa conformation ; mais il en diffère par 
des caradères fînguliers & même uniques ; ii 
porte des éperons aux épaules , & des lambeaux 
de membranes fur ïe devant de la tête. — Def- 
cription des autres parties e^^térieures, Ko/. XV", 
289. — L'efpèce de cet oifeau eft commune fur 
tous les marais du Bréiil ; elle fe trouve aufii 
à la Guyane & à Saint Domingue. — Sa def- 
cription. — L'oifeau eft armé d^un éperon exac- 
tement femblabîe aux épines ou crochets dont 
eft garnie la raie bouclée,. 290 — Le jacana 
B*a pas le corps pîus gros que la caille, mais 
ii a les jambes plus hautes. — Cette première 
efpèce eft affez commune à Saint Domingue. — 
Ses habitudes naturelles , 291 , 292. — Son 
cri eft allez femblabîe à celui de l'effraie^ 292. 

Iacana noir; fa defcription. — II fe trouve 
au Bréfil , l^olume X V , 295. 

Jacana-péca, eft une efpèce peu diffé- 
rente de celle du jacana vert , Fol. XV , 297, 
— Sa defcription. — Il fe fert de fes éperons 
aivs épaules pour Ce défendre. — U eft commun 



r>S^S MaTI ERES. CXlK 

à la Guyane. — Ses habitudes naturelles , Fo^ 
lums XV 5 2985 Î299. 

J A G A N A veiné. Sa defcription , VoL. XV, goo, 
— li fe trouve au Bréfil & à Cartagène , 301. 

Jacana vert ^ c*eft ie plus bel oifeau de ce 
genre. — Sa defcription. — Il fe trouve au 
BréfiI ainli que le jacana noir, Fol. XV, 296,- 

K 

IvAPouA. Voyei Ja cî AN A -PÉc a: 

K I LD I R ( îe ) efh un pluvier de Virginie , ainG 
nommé par la reflemolance de ce mot à fon 
cri, Fol. XV, 151. — Il eft fort criard &. 
très- commun à la Caroline 6c en Virginie ; fa 
figure , fa defcription. — H n'y a prefque. pas 
de différence entre le màle & la femelle. — Cet 
oifeau paroîc être le même que le pluvier k 
collier de Saint- Domingue, 1^2 , 153. 

K I N G A L I K , oifeau du Groenland ,- auquel les 
Voyageurs donnent le nom de poule d'eau. — 
Sa grandeur. — Sa tubérofité fur le bec, — 
Defcription du mâle ^ fa différence avec la fe- 
melle, Folume XV, 296, 297. 

K I o L o , eft le nom que Pon donne à Cayenne 
à un oifeau du genre des râles , parce que ce 
mot repréfente à-peu prés fon cri; ou plutàt 
fa voix de réclame qu'il fait entendre à Pap- 
proche de la nuit. — Ses habitudes naturelles,, 
&n nid dans Ie.queJ la pluie ne peut pénétrer. 



€Xt Table 

^- lî eft encore plus petit que notre marouettc. 
— Sa defcription , Volumt XV, 253 , 254. 

KiRMEws. Voyti Mouette rieufe, VoL XV, 

234- 
KuTGEGïïEF. Voyti Mouette tachetée. 



Xjabb ou Stercoraire. Ses différences & 
reiïembîances avec les mouettes. — Il ell: ennemi 
de ia petite mouette cendrée tachetée qu'il 
pourfuit fans ceffe , VoL XVI , 24g. — Sa nour- 
riture n'eft pas Je fiente des autres oifeaux 
comme on îe croit vulgairement , 244. — Son 
voi. — Sa manière de vivre. — Sa préfence in- 
dique aux pêcheurs ies endroits où fe trouvent 
les harengs. — ^lî ne va point en grandes troupes, 
mais feulement en petites compagnies de trois 
ou quatre, 246. — Manière dont ii force les 
mouettes à dégorger leur poiflbn. — -La femelle 
pond fes œufs fur les rochers ; ie mâ.le eft plus 
noir & un peu plus gros que la femelle. — Sa 
grandeur , fa couleur, fa figure & celle de fes 
parties extérieures , ïhii. 247, — Son maintien , 
fon cri. — Son efpèce n'eft pas nombreufe , 
248. — Cet oifeau , par la forme de fon h^<:^ 
fait la nuance entre les mouettes & les péterels , 
251. 

L A B B E à longue queue ; ii porte deux longs brins 
au milieu de la queue , & ce caraâère le dif- 
tingue de Tefpèce précédente ; defcription de 
fon plumage. — Il fe trouve en Sibérie & en 



DES Mat I E RE S. CXXJ 

Norwège , ^o/. XVI , 24g. — On fe voit auilî 
fur ies côtes de la baie d'Hudfon, 250. — Il 
y a quelque apparence que les deux efpèces 
de labbe peuvent fe réduire à une feuie , & 
que ce'uî-ci qui a de longs brins à la queue 
eft îe mâle &; l'autre la femelle, 1252. 
L U M M E o« petit plongeon de la mer du Nord. 
— Son nom iumme y fignifie boiteux en langue 
Lapponne, & défîgne la démarche pénible de 
cet oifeau qui efl: un petit plongeon, VoL XV , 
405. — Ses dimenfîons , fa defcription. — -Il ne 
quitte guère les mers du Nord. — Il nourrit 
& élève fes petits avec une follieitude fîngu- 
lière, 406, 407. — Obfervations d'Anderfon à 
ce fui et , 408. — Il fe trouve dans les- parties 
feptentrionales des deux continens , 409. — Le 
himh du Spitzberg, indiqué par Martens, paroît 
être différent des lummus du Groenland , puif- 
qu'il a le bec crochu, 411, 412. 

M 

J\l ACROULE eft une efpèce de foulque plus 
grande que la morelle ou foulque commune , 
mais qui a la même figure & ies mêmes habi- 
tudes naturelles. — ObfervatioDS fur un de ces 
oifeaux vivant en captivité, Ko/. XV, 340,341. 

Mallemucke. ^Kqyq OoÉ LAND varié ou 
Grifard, VqL XVI, 205. 

Marquette , petit raie d'eau qui n'eft pas 
plus gros qu'une alouette. — Defcription de 
fon plumage, — On Ta appelé râ/e ^trlé , parce 



exxij Table 






que fon plumage efl: joliment émaillé. -—Sef^ 
habitudes naturelles , VoL XV , 242. • — Def- 
Cfiptîon de fon nid;, manière dont il i'attache 
avec un lien pour le laifler flotter fur l'eau. 

— Sa ponte efl: de fept ou huit œufs; les petits 
font tout noirs en naiffant ; ils ne reçoivent 
prefque aucune éducation du père ni de Ja 
mère, & en général ie naturel de ces oifeaux 
efl: fauvage , & iis vivent prefque foïïtaires, 243. — 
On peut cependant avec des foins ies élever en 
captivité ; exemple à ce fujet. — La marouette 
en captivité jette un cri allez fembiable à celui 
d'un petit oifeau de proie , & ce cri eft bien- 
tôt répété par toutes ies autres marouettes du 
canton. — Son opiniâtreté à fe tenir dans fon 
gîte, & fa fubtiîité pour éviter les chiens, 244. 

— Ces oifeaux difparoifient en France dans îe 
fort de l'hiver , & revienneju de benne heure 
au printemps; c^elï un très faon gibier,. 245. 

MatU'ITTJI des rivages doit être féparé de fa 
famille des courlis ;» VoL XV, 73. — H efc de 
la grolfeur d'une poule. — Sa différence avec 
un autre matuitui qui n'eft guère plus gros 
qu'une aioueite , & qui ne nous efl connu 
que parce qu'en dit Marcgrave. — H nous pa^ 
roît être un pluvier à collier, 74. 

Meïlle d'eau; ce n'eiï point un merle ^. 
mais un petit oifeau d'eau douce qui ne fré- 
quente que les ruiiTeaux & les petits lacs dans 
les montagnes , VoL XT, S07. — Sa reffem- 
feîance avec ie merle. — Ses différences, 208. 
■ — Ses habitudes naturelles font très-fingulières.. 
*^ Il entre tout entier dans l'eau ^ & marjcbe^ 



DES Ma T I E RE s. cxxii/ 

dans le fond comme les autres oifeaux marchent 
fur la terre 5 l^oL XV, 209. — Defcription de 
cette allure extraordinaire, &, obfervatlons à ce 
fujet, 210. — Dans l'eau, ii paroîc environné 
d'une couche d'air qui îe rend brillant, fem- 
blab^e en cela à certains infedles du genre des 
fcarabées qui font toujours dans Teau au mi- 
lieu d'une buUe d'air. — Autres habitudes n?.tu- 
relfes de cet oifeau , 211, 212. — La femelle 
pond quatre ou cinq œufs ; elîe cache fon nid 
avec beaucoup de foin, 213. Le merfe d''eau 
n'eft point un oifeau de paffage , il refte tout 
l'hiver dans nos montagnes, 214. — Befcrio- 
tion de fes parties extérieures , i5id. — Il fe 
nourrit de petits poiflbns & d'infeâes aquati- 
ques , 215. — Defaiption de fon plumage^ 
ièid. 216. 

Mit TEK, oifeau du Groenland, auquel les 
Voyageurs ont donne le nom de poule d'eau , 
mais qui pourroit bien être une efpéce de plon- 
geon ou de grèbe. — Defcription du mâfe. 
— Ses différences avec la femelle. — Ses habi- 
tudes naturelles, Ko/. XV, 284, 285, 

MORELLE. P^oyei F U L Q U E. 

Mouette , nom qui défigne des; efpèceg. 
d'oifeaux plus petites que celle des goélands ,. 
mais du même genre , Ko/. XVI , 169. — Lndi- 
cations de quelques efpéces de mouettes qui 
ne font pas encore bien connues, 239, 240. 

MoUETTEà pieds èkus. Voyei grande mouette 

cendrée. 
Mouette klanche; fa grandeur , Vol. XVI * 

215. — Sa defcription. — C'eil prubabieiaent 



cxxiv Taule 

fe même oifeau que celui auquel Martens a 
donné le nom de Sénateur. — Sa voix eft: diffé- 
rente de celîe des petites mouettes. — Ses ha- 
bitudes naturelles, Ko/. XVI, 216, 217. 

Mouette cendrée ( grande ) ; fes dimenfions , 
Fb/. XVI 5 224. — Sa defcription. — Onia nomme 
grande miaulU fur nos côtes de Picardie , 22^. 
' — ObfervatioDs particulières fur les différentes 
nuances de couleurs que prend fuccefirvement 
ie plumage de ces mouettes dans la fuite de 
leur mue, feion les différens âges, ibid. 226. 

Mouette cendrée ( petite ) ; couleur de fes 
pieds; fa grandeur & fa defcription, Fol. XVI, 

227. — Différences entre iesjeunes& les adultes, 

228. — Cette mouette cendrée & la mouette 
rieufe, font les deux plus petites de toutes les 
mouettes, elles ne font que de la groffeur d'un 
pigeon. «~ Naturel , nourriture & vol de la 
petite mouette cendrée. — Elle mange beau- 
coup d'infedes & de mouches. — On peut la 
nourrir dans un jardin où elle cherche les vers 
& les limaçons, 229 & fu'w. 

Mouette d*àwer; pourroit bien être îe même 
oifeau que la mouette tachetée , Ko/. XVI, 
238. — Fondement de cette préfomption. 

Mouette rieufe , ainfî nommée parce que 
fon cri a quelque reffemblance avec un éclat 
de rire, FoL XVI , 232. — Elle eft très légère , 
très- vive , très- remuante & prefque toujours 
en i*air ; elle eft criarde comme toutes les 
autres mouettes j 233. — La femelle pond iix 
œufs olivâtres & tachetés de noir, — La chair 



DES Ma ti è rs s. cxxv 

âçs jeunes efl bonne à manger. — Cette mouette 
rieufe fréquente îes côtes de la mer dans les 
deux continens & s^étend aufli affez avant dans 
îes terres, fur ies rivières, 234. — Différences 
entre le mâle & ia femelle, 237, 

Mouette tachetée ; obrervations particulières 
fur cet oifeau, Ko/. XVI , 218. — Sa grandeur, 

fa defcription, 219. Son vol contre le vent. 

— Il a pour ennemi i'oifeau appelé flrundjager , 
qui ne ceffe de le perfécuter , 220. — H fe 
trouve non- feulement dans îes mers de notre 
Nord ; mais fur les côtes d'Angleterre , & 
même en Grèce & dans les mers voifînes de 
l^'Efpagne , mais avec quelques différences dans 
îes couleurs qui font très - variables dans cet 
oifeau, 221. — Cette mouette tachetée s'écarte 
quelquefois fort avant dans les terres ; on en a 
vu en Bourgogne ^ en grandes troupes au mois 
de février 1775. ^— Obfervaiions particulières 
à ce fujet, 222, 223. 

N 

IViGAUD. Voyex PETIT CORMORAND. 

N O D D I , nommé très - improprement moineau 
fou; il ne reffemble point du tout à un moineau, 
mais à une grande hirondelle de mer , ou fi 
l'on veut à une petite mouette ; il participe 
de ces deux oifeaux dans fa conformation — 
Sa defcription. — Son nom noddi exprime en 
Anglois, l'efpèce d'alTurance folie avec laquelle 
il vient fe pofer fur ies mats & fur les ver- 
gues des navires 5 Fol, XVI , 275. — L'efpèce 



CXXVJ T A B 1 È 

de cet oifeau ne paroît pas s'être étendue' fort 
au- delà des tropiques; mais elle eft tr'ès-n'om- 
breufe dans les lieux qu'elle fréquente, comme 
prés des côtes de Cayenne , Vol, XVI , 276. 
— Manière dont le noddi pêche en troupes. — Il 
fait fa ponte fur le rocher to^it nu, 277, 278. 

O 

O I SE A UX. Tous les ôifeaux ont une plus otî 
moins grande quantité d'air répandue dans tout 
îe tiffu de leur corps, & particulièrement dans 
îe tiiTu cellulaire, qui eft aù-delTous de leur 
peau, & ils peuvent augmenter ou diminuer à 
volonté cette quantité d^^ir , pour fe rendre 
plus ou moins légers , en augmentant ou dimi- 
nuant ce volume de leur corps. — Exemple fur 
le pélican, Vol. XVI, |2, 33. — Dans 'tous 
les oifeaux dont les œufs font teints, teux 
des vieux ont les couleurs plus foncées & font 
un peu plus gros & moins pointus que ceux 
des jeunes, fur -tout (dans les premières pon- 
tes, 79, 80. 

Oiseaux d'eau ; îa plupart de oileaux d'eau , 
tels que les pluviers , les foulques, &c. voient 
très - bien dans i'obfcurité , & même les plus 
vieux de ces oifeaux ne cherchent leur nour- 
riture que pendant lâr nuit. Vol, XV, 330.— 
Ceux qui ont les pieds palmés & qui , dans 
nos contrées , ne fe perchent jamais fur les 
arbres, s'y perchent en Amérique, VoL XVI ^ 
26. 

OiSBAUX de npage; le plus grand nombre des 



DES Ma tiares, çxxvij 

Gifeaux qui fe trouvent fur' les rivages de îa 
mer, rie couvent pas affiduement leurs œufs ; 
ils laiifent au foleil pendant une partie du jour, 
,îe foin de les échauffer; iîs les quittent pour 
Tordînaire à neuf ou dix heujes du matin , & 

• ne s'en rapprochent que vers fes trois heures 
du foir , à moins qu'il ne fur vienne de la 

"pluie, Volume XV, 194, 195. 

Oiseaux du Tropique ; ainfi nommés , parce 
qu'ifs ne fe trouvent guère qu^entre ies deux 
Tropiques , Fb/. XVI, 102. — ifs paroiilent 
s'arrêter de préférence fur ies Ifîes fituées dans 
la Zor.e torride^ T03. — Ils s'éioignent fouvenc 
des terres à des diftances prodigieufes, 106.— 
lisent le voi très - puiflant & très- rapide, & 
ils ont en même temps la faculté de fe repofer 
fur Peau. — Leurs pieds font entièrement en- 
gagés dans la membrane , & néanm.oins ils fe 
perchent fur les arbres. — Leurs reifemblances 
avec les hirondelles de mer. — Leur grofieur 
efl: à-peu près celle d'un pigeon commun , 107. 
' — Le caradère le plus frappant des oifeaux du 
Tropique , eft un double long brin qui ne 
paroît que comme une paille implantée à îa 
queue, iljid. & c'efl: de-là qu'on leur a donné 
le nom de paille - en - queue. — : Defcription de 
■ce brin qui tombe dans le temps de la mue, 
108. ' — Les Infiilaires' d'OtWid & les Caraïbes 
<!' Amérique , font des ornemens de ces longs 
brins. — Habitudes naturelles de ces oifeaux , 
toutes relatives à leur conformation , 109, iio. 

Oiseau du Tropique ( grand ) ; il égale ou fur- 
paffe la taille d'un gros pigeon de volière , 



cxxviij T ^ B Z E 

Vol. XVI, 1 1 1. — Sa defcription. — lî fe trouve 
à l'îfe Rodrigue , à celle de l'Afcenfion & à ' 
Cayenne ; ç'efl le plus grand des oifeaux de ce 
genre, ibid. 112. 

Oiseau du Tropique; (petit) iî n'efl que de 
la taille du petit pigeon commun ou même au- 
deiïbus.' — Sa defcription, VoL XVI , 113. — 
Son cri , fon nid dans lequel on ne trouve que 
deux œufs blanchâtres & un peu plus gros que 
des œufs de pigeon, 114. 

Oiseau du Tropique ( variété du petit ) cet 
oifeau offre plufîeurs variétés , tant pour la 
grandeur que pour les couleurs, VoL XVI, 
114, 115. 

Oiseau du Tropique à brins rouges. Sa defcrip- 
tion. — Obfervation particulière fur cet oifeau 
& fur les autres du même genre , VoL XVI ,118. 

Oiseaux pélagiens, font ceux qui ne fréquen- 
tent que les hautes mers & qui ne connoiffent 
pas Phomme; iis fe laiflent approcher & même 
failir avec une fécurité que nous appelons 
ftupide , & qui n'eft que l'effet du peu de 
connoilTance qu'ils ont de Thomme , VoL XVI , 
274. 

Oiseaux vermiiores y tous les oifeaux qui fe 
nourrifient de vers , fe voient en grand nom- 
bre fur les terres humides, dans le mois d'Oc- 
tobre pendant les phiies; mais , dés que les vents 
froids commencent à deflecher & refîerrer la 
terre, tous les vers fe recèlent afîez profondé- 
înent, & les oifeaux auxquels ils fervent de 
pâture j font obligés d'abandonner les lieux o\i 



DES M^ TI ÈR ES. CXxiX 

fes vers ne paroiffent plus; c'eft- là la caufe 
générale de la migration des oifeaux Termivores 
dans cette féconde faifon , Ko/. XV, 85, 86. 
— Ils vont chercher cette même pâture, dans 
îes terres du Midi , où commence fa faifon des 
pîuies , en Novembre & Décembre, & par une 
femblable néceffité , ils font forcé de quitter au 
printemps ces terres du Midi, où les vers difpa- 
roiffent dès que fa terre n'efi plus îiumide à fa 
furfaee & que fa chaleur l'a delTéchée, 86. 



X^AILLE - EN- QUEUE. Fbyex OiSEAUX dtt 

Tropique. 
Paon ( petit ) des rofes. Voyex Caurale. 

PÉLICAN, grand oifeau très - remarquabfe par 
la hauteur de fa taifle, & par ie fac qu'ii porte 
fous îe bec, Ko/. XVI, i. — Anciennes fables 
au fujet de cet oifeau , 2. — If feroit le plus 
grand des oifeaux d^eau, fi î'albatroife n'étoit 
pas plus épais , & fi fe flamant n^avoit îes 
jambes beaucoup plus hautes. — Les ailes du 
pélican font fi grandes, que fon envergure efi: 
de onze à douze pieds, 4. — Ses mouvemens 
dans IVir, fa manière de pêcher, 5. ■ — Il rem- 
plit fon fac de poiffons & va enfuite l'avaîer & 
ie digérer à foillr fur quelques rochers. — On 
pourroit en faire , comme du Cormoran , un 
pêcheur domellique. — Exemple à ce fujet , 
6. — Sa defcription, 7. ~ Defcription parti- 
culière des deux mandibules de fon bec & du 



cxxx Table 

fac qui eft au -de flous; ce Hic peut contenir vingt 
pintes de liquide. Fol, XVI ,8. — Le pélican 
€il: fufceptible de quelque éducation, 9, — Son 
naturel eil afiez focial. — lî s'élève extrêmement 
haut dans les airs, quoiqu'il pèfe vingt > quatre 
ou vingt-cinq livres. — Remarques particulières 
fur la légèreté des os de cet oifeau, & fur ia 
quantité d'air répandue dans tout le tifTu de Ton 
corps , 10. — Il vit long-temps , même en cap- 
tivité. — il eft afîez rare en France , fur- tout 
dans les provinces intérieures, 11. — Il fe trouve 
en afiCz grand nombre dans les pro\'inccs méri- 
dionales de TAliemagne , & particulièrement fur 
le Danube, 12. — Il fe trouve aufii dans la 
Orice; mais il eft étranger aux climats du Nord , 
13. — Il ne paroît pas aller plus loin que dans 
la Ruffie rouge, & dans la Lithuanie, 14. •— 
Pafiage des pélicans fur la méditerranée. — Ils 
reftent pendant l'hiver en Egypte, en Judée, 
&:c. 15. — On les retrouve en plufieurs en- 
droits du nouveau continent, 16. — Lieux de 
l'Afrique & de i'Aiie où ils fe trouvent en 
_grand nombre, ihid. — On en voit auffi à la 
nouvelle Hollande où ils fjnt d'une grofleur 
extraordinaire, 18. — Lieux où ils fe trouvent 
en Amérique , ibid. — Ils font en fi grand 
nombre à la côte des Samibaies & à celle de 
Panama qu'on en charge des canots, & qu'on 
en fond la graille dont on le fert comme d'huile , 
20. — Ils pèchent dans les eaux douces comme 
dans les eaux de la mer; le pélican fréquente 
-même les pays les plus fecs , comme la Perfe 
& i'x\rabie, où on lui donne le nom de porteur 
d'eau ou c/iamsau ds la riyière, parce qu'il porte 

de très-loia 



DES MATI ERES. XXXXJ 

tîe très-ioîn de Peau Jansfon fac pour abreuver 
fes petits, T^o/. XVl, 21. — Difcuffion critique. 
ciu fujet des differens noms donnés à cet oifeau , 
22. — Sa manière de dégorger ie poiObn qu'i! 
porte dans fon fac, 25. — Il niche a terre 
& non pas fur îes arbres comme l'ont dit quel- 
ques Naturalifles , ihid. — Mais il fe perche 
fur îes arbres quoiqu'il ait le& pieds palmés, 
26. — [1 emporte dans fon fac à chaque pêche 
autant de poiflbn qu'il en faudroit pour le 
repas de fix hommes, 27. — Sa maaiére de 
manger. — Defcription de fon fac &'ufage qu-'on 
en fait, 28 , 29. — Conformation particulière 
de la trachée - artère de cet oifeau , go. — La 
chair n:'eft pas bonne à manger, 33. 

PÉLICAN ( variété du ) , i.° ie pélican brun , 

VoL XVI, 37. —2." le pélican à bec dentelé, 

41. 
PerdriXj n'ont été portées dans î'île de 

Malte que vers le milieu du dernier iiécle , 

VoL XY, 173. 

Phalaropes , nouveau genre de petits or- 
féaux aquatiques, qui, avec la taille & à-peu- 
près la conformation du cincle ou de îa gui- 
gnette, ont les pieds fembîabîes à ceux de la 
foulque. — Ce font en effet de petits i)écaf- 

. féaux ou petites guignettes auxquelles la Nature 
il donné des pieds de foulque ; ils paroiiTent 
appartenir aux terres ou plutôt aux eaux des 
régions les plus feptentriunaies , Volume XV 
344 5 345- 

pHALAROPE à feflofis dentelés ; ces feflons 
ne font pas découpés net, mais délicatement 
Oifeauxj Tome X FI. V. 



cxxxij Ta b le 

denteiés dans la membrane des pieds,, & ifs 
diftinguent cette efpèce des deux autres. — Sa 
defcripcion. — Elle eft de ia grolTeur de la 
bécaiîine, VoL XV, 349, 350. 

Phalarope cendré; fes dimenfions, FoL XV, 
346. — Sa Defcription. — ^on cri, 347. 

Phalarope rou^e ; fa defcription , Fol. XV, 
348' 

PHÉNICOPTÉRE. Foyez FlaMMANT. 

Pie de mer. Foyei H u î t r i e r. 

Pierre- GARiN, eft le nom qu'on a donné 
fur nos côtes de Picardie , à la plus grande 
efpèce d^hirondelles de mer qui fréquentent ces 
parages , Fol. XVI , 75. — Ses dimenfions. — 
Sa defcription, 76. — Elle arrive en grandes 
troupes au printemps fur nos côtes, & plufieurs 
fe difperfent & fe répandent fur les rivières , 
fur les lacs & fur les étangs. — Ces grandes 
hirondelles de mer fe portent aulïï au large fur 
ia mer à plus de cinquante lieues de d.ftance 
des côtes, — Elles nichent en grande quantité 
dans rîle des Sahages près de celles des Cana- 
ries, 77. — Leur naturel, leur manière de 
pêcher. Promptitude de leur digeftion. — Leurs 
combats en fe difputant la proie, 78. — Temps 
de leurs nichées. — La femelle pond fur Iç 
fable nu qu^'elle creufe; elle fait deux ou trois 
ccuis qui font gros eu égard k fa taille, 79» 
— Les œufs ne fom pas tous de la même cou- 
leur, les uns font gris, d'autres biuns & d'au- 
tres prefque verdâtres; ceux-ci viennent pro- 
bablement des plus jeunes femeiles.— La femcllg 



I>E s Ma T I E RE s. cxxxiij 

ne couve que îa nuit , & pendant îe jour feu- 
lement quand if pleut. — Obfervations parti- 
culières fur les nichées deccsoifeaux , ybl. XV , 
So. — Defcription des jeunes pierres- garins. — - 
Leurs habitudes naturelles ainll que xelie des 
Tieux, 8i , 82. — Les petits ne peuvent voler 
que fix femaines après ieur naiflance , parce 
qu'ii faut tout ce temps pour que leurs lon- 
gues aiies prennent leur accroiOement , 82. — 
Ces oifeaux partent & quitteiit nos côtes ds 
Picardie vers la mi août , 83. 

? I E T T E ; on lui a aufli donné le nom de relî- 
gieufe; c'eft une efpèce de harle, J^ol. XV, 
427. — Sa defcription. — Sa grandeur eft entre 
celle de la farcelie & celle du moriilo.i , 429. 
— Différence entre le màie & h femelle, la- 
quelle ne porte point de huppe, 430. 

P I p I X c A N. yoyei Mouette rUufe , Fo- 
Luim XVI 5 234. 

Plongeons. Caradères généraux qui diftin^ 
guent les plongeons des autres oifeaux pion» 
geurs. — Les plongeons , comme les grèbes , 
ne peuvent marcher que très - d.fîiciiement , 
Vol. XV, 387. — Mais ils fe meuvent dans 
Peau avec tant de prefteffe , qu'il efl difficile 
de les tuer au fuiil , & qu^iî faut cacher le 
feu de Famorce , fans quoi ils fe- plongent & 
évitent le coup, 388. — Nous con'-oifibns cinq 
efpèces dans ce genre, dont deux fréquentent 
également les eaux douces & falées daiis nos 
climats, & les trois autres paroiifeut êtie atta- 
chées aux mers feptentrionales , 389. 

Vij 



cxxxiv Table 

Plongeon ( grand ) ; il eft à-peu-près de 
Ja grandeur de l'oie. Il fe trouve fur les lacs 
de Suifle, FoL XV , 390. — Ses habitudes na- 
turelles. — Il refte très long temps fous i'eau, 
tk évite en fe plongeant les attaques de tous 
fes ennemis ; on ne peut le prendre qu'avec 
des lîiets , 391. — Temps de fes nichées & 
polition de fon nid, 392. — Sa defcription, 

Plon&eon( petit ) ; il reiïemWe au premier 

f)ar les couleurs; fa defcription. — v^es dimen- 
ions , FoL XV, 394. — Ses habitudes naïu- 
relles. — Il refte en tout temps fur nos étangs-, 
à m.oins que les glaces ne le forcei^ît à cher- 
cher les eaux courantes. — Il pond trois ou | 
quatre œufs. — Sa manière de nager & de pion- | 
ger , 395. — Obfervation à ce fujet, 396. j 

Plonge on, cat- marin ou chat de mer , ainfî 
nommé par fes Anglois & les Picards, parce | 
qu'il mange & détruit beaucoup de frai de j 
poiflon; fes reffemb'ances & fes différences avec ; 
îe plongeon commun. — Le gros de l'efpéce [ 
va nicher dans des terres plus l^ptentrionales. ;■ 

— Cependant quelques-uns font leur nid dans 
les rochers de nos côtes de Picardie, l^oL XV, 
397.— Habitudes naturelles de ces oifeaux*. — > 

— Leur nourriture. — Ils fout toujours fort 
gras, 398. — La femelle eft plus petite que le i 
maie. •— Différences pour la couleur entre les^^ 
jeunes & les adultes, 399. — Variétés dans cette-! 
efpéce, ibid, ' 

Plongeon ( grand J) de la mer du Nord/ 
Voyei iMBRIM. 



HE 3 Matières, cxxxv 

Peongeon (petit ) de la mer du Nord, 
Voyti L U M M E. 

Plu VI AN, ainlî nommé, parce qu'il a des 
rapports avec les pluviers ; fa grandeur efî: à- 
pea-près celle du petit pluvier à collier, il a 
feulement le bec plus fort & ïe cou plus long. 
— Sa defcription , Vol. XV, 163. 

Pluviers (les ), forment de très-grandes 
troupes, qui paroiffent dans nos Provinces pen- 
dant les pluies d'automne , & c'eft de leur arri- 
vée dans la faifon des pluies, qu'on les a nom- 
mes pluviers.— Ils fréquentent comme les van- 
neaux, les fonds humides &: les terres limpn- 
neufes où ils cherchent des vers & des infec- 
tes ; leurs habitudes naturelles. — lis font fortir 
les vers de la terre en la frappant avec leurs 
pieds, VcL XV, 118. — lis font fort gras & 
cependant leurs inteftins paroiffent être toujours 
vides. — Ils font capables de fuppcrter une lon- 
gue diète. — Ils cljangent fouvent de lieux' & 
prefque chaque jour; parce qu'étant en trt-s- 
grand nom.bre, ils ont bientôt épuifé la pâture 
vivante dans chaque endroit, 119, — lis quit- 
tent nos contrées aux premières neiges ou gelées, 
pour gagner des pr.ys plus tempérés. — Ils re- 
viennent ou plutôt i's repaifent au printemps, 
toujours attroupés. — Leurs plus petites bandes 
font au moins de cinquante ; leur mouvement 
à terre ell: prefque continuel , parce qu'ils font 
toujours occupés à chercher leur pâture, 120. 
-^ Ordre qu'ils fuivent en volant. — Comment 
i^s fe féparent & comment ils fe rafle mblent , 
fwau vol; foit fur ia terre , i^i. — Manjxre^ 

, V il] 



cxxxvj Table 






de îes prendre en grand nombre dans les pîainci 
de Beauce &; de Champagne. — Les pïuvien 
font un très- bon gibier, & Bélon dit que d 
fon temps un pfuvier fe vendoît fouvent au^ 
tant qu'un lièvre, Vol. XV, 122. — l! fembîi 
que la douce chaleur du printemps qui révelHi 
î'inllinifl afloupi de tous nos animaux, faflefui 
ies piu\iers une imprefl^ion contraire ; iîs von, 
dans les contrées plus feptentrionales , établi] 
leur couve'e & élever leur^ petits ; car peiv 
<3ant tout Pété nous ne ies voyons plus ei 
France ; ils font alors en Lapponie ou dans îe«l 
ffutres provinces du Nord , 123. — Ce font des 
oifLaus communs aux deux continens , & qui 
paiier.t de l'un à l'autre par le Nord. — L'ef- 
péce du piuvier qui , dans nos contrées , pa- 
roît aufli nombreufe que celle du vaimeau ^ 
n'eft pas généralement répandue en Europe 
dans les contrées tempérées, 124. — Elle eftv. 
plus nombreufe dans les' régions du Nord, Sc'^ 
au contraire les vanneaux font plus communs 
dans les contrées du Midi, 125. — La famille 
des pluviers t^ï compolee d'un grand nombre 
d^efpèces , dont la première eft celle du p!a- 
\'ier doré, ii laquelle on doit rapporter ce qu^îi 
nous avons dit fur leurs hâbiiudes naturelles, ^^ 

1.6. _ j 

Pluvier ( grand ) ; fon cri très - remarqua-|! 
ble & très - fréquent, Vol, XV , 264. — Ltfj 
mot tunlin exprime allez bien ce cri, & c'eftï- 
de ce fon articulé & femblabîe au cri des vraî|ïl 
courlis , qu'on a donné ci ce grand pluvier hst 
nom de courlis de terre. — Cet oifeau a beau-^ 
coup de relfemblance avec ia canne pctière 0¥ 



DES Matières, cxxxvij 

petite outarde. — lî tient aux autres pluviers 
par pîulîeurs caraâ:ères communs , mais il en 
diffère affez par pîulîeurs autres , pour qu^ou 
puiiTe îe regarder comme étant une efpèce ifolée, 

— lî diffère en effet des pluviers par îa plu- 
part de fes habitudes naturelles. — Il eft plus 
grand que le pluvier doré, l^oL XV, 166. — 
Defcription de fes parties extérieures & de fou 
piumsge, il)id, 167. — Ses habitudes naturelles , 
fon vol. — Sa courfe iqui eft très-rapide, î68* 
■ — Il ne fréquente pas les terres baffes & hu- 
mides comme \qs pluviers , mais le haut ces 
collines & les terres sèches & prefqae fcériies 
où il demeure en repos pendant le jour: il ne 
fe met en mouvement qu'^i Rapproche de la 
^uic. — Ces grands pluviers fe répandent alors 
de tous côtés en criant; leur voix fe fait en- 
tendre de très-loin. — Singularité remarquable 
dans ia vue de fes oifeaux ; il femble qu'ils 
voient auffi bien pendant la nuit que pendant 
le jour, 169. — Leur naturel fauvage & timide» 

— Leur crainte excefTive fe marque fur- toiic 
dans l'état de doniefticiLé. — Il fembîe preiTen- 
tir les changemens de temps & s^'agite beaucoup 
avant que Porage furvienne. — Cet oifeau fait 
une exception dans fa claffe des oifeaux qui 
ont une portion de la jambe nue ,~ 170. — Le 
temps de fon départ & celui de fon retour ne 
font pas les mêmes que pour [es pluviers pro- 
prement dits ; ii part en novembre pendant les 
dernèrespluies d'automne, iùîd. — Manière dont 
ce grand pluvier projette & exécute fes voya- 
ges. — La femelle ne pond que deux ou quel- 
quefois trois œufs fur ia terre nue, 171.-— Le 

Viv 



cxxxviîj Table 

mi^le eft aulïi corftant que vif en amour ; il ne 
quitte pas Ta femelfe, & l'aide à conduire fes 
petits qui ne p^ennent que tard aflez de forces 
pour pouvoir vo'er, Vol. XV, 172. — Ifs font 
régur'érf ment deux pontes par an dans l'î e de 
Mafte, l'une au printemps & l'autre au mois 
d^aoLt. — T es jeunes font un firt bon gibier, 
I73» — C^ g'T.nd pluvier ou courlis de teire 
ne s'avance point en été dans le Nord, comme 
font fes autres pîuvîers , 174. — Obfervations 
partiel iicres fur les habitudes de cec oifeau 
dans l'état de captivité, ihid, 175. 
Pluvier ( petit ). Voy&i G u 1 g N a r d. 

Pluvier à aigrette; il eft armé comme- îe 
pluvier huppé, d'un éperon au pli de Paile^ & 
il- a fur la tête une aigrette de pîus d'un pouce 
de îorgueui. — Sa grandeur, fes dimienficns, 
VoL XV , ^^^d. — Sa defcriptîon. — Il fe trouve 
au Sénégal ik dans quelques-unes des contrées 
méridionales de l'Aiie, 157. 

Pluvier à collier, lï y a des variétés de gran- 
deur dans cette efpèce, /^o/. XV , 142. - ^^ 
plus petit pluvier à collier n'eft pas plus gros 
qu'une alouette, & c'en: le mieux connu & ie 
pîus répandu; fe plus grand ell: de la grofieur 
du mauvis , 143. — Et il y en a de grandeur 
intermédiaire. — Leurs dcfcripticns , 144. — 
Cette efpèce fe -trouve dans prefque tous fes 
climats, depuis la Sibérie , jufqu'au cap de 
Bonne -efpérance, ainfi qu^aux Philippines & à 
Cayenne, & du détroit de Magellan à la baie 
d'Hudfon, 145, 146. — Les pluviers h collier, 
vivent au bord des eaux de k mer ^ & fuivi^nc 



T>E s Ma T J E RE s. CXXXlX 

ie cours des marées ; ifs courent très - vite fur 
la grève y en bondiO^ant & en criant. En An- 
gleterre , on trouve leurs nids fur les rochers 
des côtes, ils y font très- communs comme dans 
ia plupart des régions du Nord. — On en voit 
aulïï quelques - uns fur nos grandes rivières de 
France, Ko/. XV , 148. — Les petits ne com- 
inencent à voîer qu'à l'âge d'un mois, ou cinq 
femaines ; on aiiure que ces oifeaux ne font 
point de nid, & qu'ils pondent fur le ^'^\q ; 
leurs œufs font verdàtres & tachetés de brun , 
149, 150. 

Pluvier à lambeaux; pourquoi il eîl ainli 
nommé ; il fe trouve au Malabar. — Sa gran- 
deur, fes dimenlîons k fa defcription, Vol. XV , 
160. 

Pluvier armé de Cayenne ; il efl de Ja gran- 
deur de notre pluvier doré , & plus haut de 
jambes, FoL XV, 161. — Ses autres reffem> 
blances & différences avec le pluvier doré, fa 
defcription, 162. 

Pluvier coiffé; la defcripdon. = — îl fe trouve 
au Sénégal, Vol. XV, 158. 

Pluvier couronné, efi: un des plus grands 
oifeaux du genre des pluviers; il fe trouve au- 
cap de Bonne-efpérance. — Ses drmenfîons. — 
Sa dèfcription , VoL XV ,159. 

[Pluvier doré; fa grandeur, fes dimenlîons., 
Vol, XV ^ 127.' — Dèfcription de fon plumage 
& de fes autres parties extérieures, 126, 129; 
— Il y a peu de différence dans le plumage -,, 
snti^e le Hiâk & la femelle. Mais les variëitîi. 

Y Y- 



cxl Table 

accidentelles &; individuelles, font très- frëqo en- 
tes dans cette efpéce. — lî y a de ces pluviers 
dorés qui font prefque tous gris , VqI. XV , i gb. 
— lis an ivent fur les côtes de Picardie à îa fin 
de Septembre ou au commencement d'Octobre , 
tandis que dans nos autres Provinces plus méri- 
dionales ils ne paffent qu'en Novembre & même 
pii s tard; ils repafient en Février & en Mars, 
pour alier palier l'été, en Suéde, en Daiécar- 
lie, &;c. — C'ell fans doute p-ir les terres Arc- 
tiques , qu^iis ont communiqué au nouveau 
Monde , où ils fe font répandus plus au Midi 
que dans l'ancien, 131; car on les trouve à 
ia Jamaïque & jufqu'à Cayenne , ils y habitent 
jes Savannes, leurs troupes y font très - nom- 
breufes & fe laiflent difficilement approcher^ 
Tnais on ne les voit que dans le temps des, 
pluies, 132. 

Pluvier ioré à gorge noire ; il habite avec [e 
pluvier doré , proprement dit , les terres du 
Nord , où ils font tous deux leurs nichées ^ 
J^W. XV, 134. — Sa defcription. Sa grandeur 
eft égaie à celle du pluvier doré, 135. 

Pluvier hnppé; fe trouve en Perfe , à il eîl 
à-peu- près de la taille du pluvier doré ; maïs 
ii eft un peu plus haut de jambes. — Sa dQÏ'- 
cr'ption , Ko/. XV , 154. — il eH armé d^ua 
éperon , au pîi de i'aile, 155. 

P L U V I E R kiidir. Foyex K i L D I R. 
P K K , nom que les Nègres du Sénégal don^ 
nent au pélican, Volume XVI, 16. 

P O R T E U ii d'eau, Koyei P É L I C A ^IsT ^ Vo- 
lume XVI 5 20. 



DES Ma tiares, cxIj 

P R z A N E , eft une pcnjîe d'eau qui eil com- 
mune en Italie , aux environs de Eologne. — Ses 
dimenfions, W. XV, 275. — Sa delcription. 

— Les couleurs de la femelle font pluspâîes que 
ceiies du mâle, 276. 

P u LE d'h a it; ccmp?:rairon des peuies d'eau 
êc des râles , ieurs rellembiances & ieurs diffé- 
rences, Fb/. XV, 263. — Les poules d^eau font 
la nuance entre les oifeaux nlilpédes, dont les 
doigts font nus & féparés, & les oifeaux pd- 
mipédes, qui les ont garnis & joints par une 
membrane , 264. — Habitudes naturelles de la 
poule d'eau. — Conûruâion de Ton nid que îa 
femelle quitte tous ics foirs après l'avoir cou- 
vert avec des brins de joncs & d'herbes. — Dés 
que les petits font éclos . la mère îesmène k 
l'eau, 2655 ^ ^^^^^ éducation eft îi courio ^ 
qu'elle fait bientôt une nouvelle ponte, 266. 

— La poiiîe d'eau n^eil point un oifeau ce 
pallage, elle va feulement des montagnes à la 
plaine & des plaines k ia montagne» — Elle le 
trouve dans prefque toutes les régions du mon- 
de, ihi(ï. 267. — Exemples à ce fujet, 268.— 
Sa defcription , 269. — La feme'îe ^ïï un peu 
plus petite que le mâle , & les couleurs de fou 
plumage font moins foncées , les ondes blanches 
du ventre font plus fenfibles, & fa gorge eft: 
blanche ,270. 

Foule d'eau ( variétés de la ) ; nous cor?- 
noifions en France trois efpèces ou variétés de 
ïa poule d'eau , que Ton affure ne pas fe mêler 
quoique vivant enfemble dans lesTnêmes h'tux, 
Oi3 peut l^s difUnguer par la grandeur ; i'efpèc^ 



cxlu Table 

•moj^enne eft Ja plus commune; h grande &:- 
îa petite font un peu plus rares, FoL XV, 269. 

Poule d'eau (grande). KbjqPoRZANE. 

P UL E D* ji^ AU ( petite) ; elle n'eftpas de beau- 
coup plus petite que îa pouîe d*eau moyenne; 
cependant ces deux efpèces ne fe mêient point: 
enfemble 5 & leurs couleurs font à-peu-près les 
mêmes,. — Obfervation fur cet oifeau dans Pétat 
de captivité, FoL XV, 2-73. 

Poule d' e a u , ( grande ) de Cayenne ; cet 
oifeau s'approche du héron, par la longueur du 
cou , & s'éloigne de ia pouîe d'eau par la îongueur 
du bec ; iî refiembîe néanm.oins à cette dernière , 
par le re(l:e de fa conforrrration. — Ses dimen- 
iions & fes couleurs , Ko/. XV , 282. — Elleefl: 
très- commune dans les marais de la Guyane , 
& l'on en voit jufque dans les foffés de la ville 
de Cayenne; fa nourriture; les jeunes ont le 
plum.age tout gris, <& ils ne prennent du rouge 
qu'à îa mue, 283. 

Poule sultane; dîfcuiïïon critique au 
fujet des (^ifeaux auxquels les Nomencîateurs 
ont m:alà-p'-opos dorme le nom de poule filtane , 
Vol. XV , 315. — Toutes !es poules fuïtares, 
aînfï que les efpcces qui lui font relatives, ne 
fe trouvent que dans les climats chauds de [""un 
6e de Pautre continent, 326. 

Poule s u l t a n e , eft le même oifeau quQ 
ie porphyrion des i^nciens, Ko/. XV, 302. — • 
Ce nom qui rappelle à l'efprit le rouge ou le 
pourpre du bec & des pieds , étoit bien plus 
caradériftique & plus jufte que celui de poule 
fuitane, 2^2* '~" Defcription du porphyrîbn^, 



DES Matières, cxliij 

par les Anciens, FcL XV, 304. — Erreur des 
Modernes , au fujet de la conformation des 
pieds de cet oifeau. — Il fe nourrit de toutes 
fortes d'alimens. — On l'élève aif^iment, 305. 
C'éft un trés-bel oifeau ; defcriptîor! de fa ^^^me 
& de fon pîumace. — Son naturel eft pr.ifible, 
& il s'accoutume aifément avec nos volaiijes. 
— Ses autres habitudes , 306. — Defcripcioii 
particulière de cet oifeau, 308. — Obfervationr 
fur fes habitudes en domefticité , 310. ~;^_^^' 
manière de manger ,311. La femelle ne diffère 
du m.âle qu^en ce qu'elle eft un peu plus pe- 
tite, ibid. — Celui-ci ieil plus gros quxir.e per- 
drix, mais^un peu moins qu'une poi\(e. — Noits 
avons vu une femelle & un mâle de cette efpèce 
qui avoientété envoyés de Sici'e, où ces olfeauis 
paroillent être alfez 'communs, 8z où probable- 
ment ils fe font n?,turalifés après y avoir été 
apportés d^Afrique, 312. — îîs fe montrent 
naturellement difpofés à la domefticité, & il 
feroit agréable & utile de les multiplier. -- Us 
ont conflruit un nid & leur ponte a été de fix: 
œufs, chez M. le Marquis de Nefîe , qui les 
faifoit é-ever avec grand foin à Pari?, 312. — 
Mais la femelle n'étant pas affidue à couver fes 
œufs, ils n'ont rien produit, 313. 

Poule sultane (petite), oifeau.de fa Guyane, 

qui 5 quoique bien plus petite que notre poule 
fultane , \v.ï reffemble prefque parfaitement ^. 
Vol. XV, 321. — Sa defcîiption, 322. 

Poule sultane bnme , elle fe trouve à fa 
Chine, fes dimenfions, j — Sa Defcription^^J^o- 
lumg XV; 318,. 



cxiiv Table 

'Poule sultane rerre, fa grandeur ; fa cîeicr^ 
tion. — Eiie fe trouve aux Indes orientales. 
Volume XV 5 317. 

Poulette d'eau. Voye^ Petite Poulk 
d'eau. 



R 



R 



A LE S y oîfeaux qui forment une grande fà- 
niiiie , dont les habitudes font difTérentes 
de celles de la plupart des^ autres oifeaiix 
de rivage, Vol. XV, 223. — Etymologie de ce 
nom râU , ibid. — Caradères communs a tous 
ks râles. — Ils ont beaucoup de reilemblances 
avec ^es poules d^eau , 224. — Les efpèces en^ 
font peutvêtre plus diverfifiées dans les terres 
humides du nouveau continent que par -tout 
ailleurs ; il y en a de plus grandes & de beau*- 
coup plus petites que les efpèces Européen- 
nes , 251. 

Râle à long hec , ri a le bec plus long que 
tous les autres râles. — Sa defcription. — Il y 
en a deux efpèces, ou plutôt deux variétés qui 
différent principalement par la grandeur, Fo- 
lume XV , 251 , 252. . 

Rale biâi bidi , ainfi nommé de fon cri; il fe 
trouve à la ]am Jque , & n'eft guère plus gros 
qu'une fauvette. — Sa defcription , Ko/. XV > 
258, 250. 

Rale d'eau; il court au bord des eaux 
auiïï vite que le râles de terre dans les champs ^ 
VoL XV 5 237. — Ses autres habitudes natu- 
ïsiies. — On ie prend aifément au iacet^ajB , 



DES Ma tjer-e 3. cxh 

239. — . II fe tient dans fon fort avec autant 
d'opiniâtreté que îe râle de terre dans le fien. 
— Sa grandeur. — Sa defcription. — On ie \'oit 
dans nos provinces autour des fcurces chaudes 
pendant l'hiver ; cependant iî a , comme ie 
râle de terre , des temps de migrations mar- 
quées, & on le voit paffer à Malte au prin- 
temps & en automne, VoL XV, 240. — L'efpéce 
eft plus nombreufe que celle du raie de terre, 
& on le rencontre dans prefque toutes les con- 
trées de Fancien continent. — La chair de cet 
oifeau eil: moins délicate que celle du râle de 
terre; elle a un goût de marécage, (24 1. 

Rale d'eau, C petit ). Taye^ Marquette. 

Râle (petit ) de Cayenne ; ce joli petit oifeau,- 
n'eft pas plus gros qu'une fauvette. — Sa dei» 
cription. — G'efl le plus joli des râles, K(^ 
lume XV , 2^^. 

Rale de genêt. Voye^ Rale de terre. 

Rale de la Guyane, Voye^ K i L . 

Rale des Philippines, Voytx T I K L î N. 

Rale de terre ou de genêt ; par quelle rairGîï 
on Pa nommé roi des cailles, — Son habitation ,- 
VoL XV, 225. — Son cri , 226. — Ce cri eft 
affez femblabîe au croaflement d'un reptile. — 
Cet oifeau fuit rarement au vol, mais prefque: 
toujours en marchant avec vite fie. — Il femtle 
accompagner & fuivre les cailles en tout temps,. 
227. — Ses différences avec la cail:e , & fes 
lelfembiances avec les autres râles. — Sa def- 
cription, 228. — H n'eft pas auffi fécond que 
la caille, & ne pond que huit k dix œufs Jau 



exivj 



T A B L S 



lieu que îa caille en pond jufqu^à dîx-hub 6r 
vingt. — Defcriptron du nids & des œufs dé^cer 
oifeau. — Les petits courent dès qu'ils font éclos. 

— Manière dont îe râle de terre fe fait chaiï^r, 
229. — Son opiniâtreté à reiler fans partir de- 
vant fe chien, & la fubtilité à îe tromper. — 
Sa manière de voler, 2go. ■ — \\ fe fert plus de 
fes pieds que de fes ailes. — II part & voyage 
avec îes cailles ; manière dont ii projette & 
exécute ie voyage, 231. — On ne ]e voit dans 
nos provinces m.éridionaîes que dans le temps 
de fon paffage ; il ne niche point en Provence 
comme dans.- nos autres provinces. — Il pafîe 
îa méditerranée, & on îe voit dans ïes îles de 
cette mer, 232. — l\ fe trouve auïïi dans les 
provinces du Nord & jufqu'en Norwège, fes 
migrations en A lie femblent fuivre le même 
ordre qu'en Europe; en le voit dans îe mois 
de mai au Kamtfchatka comme en France, 233. 

— Il fe. nourrit principalement d'infedes. — l\ 
mange auiTi des graines, mais il ne donne à fes 
petits que Aqs vers ou de petits infedes ; il 
prend , lorfqu^il eft adulte , beaucoup de graille , 

• ^ fa chair eil exquife ; manière de ie prendra 
au fiîet, 234. 
Râle dé Virglnk ; iî eil: gros comm.e îa caille , 
& a plus de rapports avec îe râle de terre 
qu'avec îe râle d'eau. • — lîfe trouve dans l'Amé- 
rique feptentrîonale & jufqu'à îa baie d'Hud- 
Ton, Vol, XV, 256. —Son pîumage eft tout 
brun , & il devient îî gras & iî pefant en au- 
tomne , qu'un homme peut ie prendre h k. 
courfe j 257. 



DES Ma t I e r b s. cxîvlj 

R A L E tacheté de Cayenne ; eft un des plus beaux= 
& des pius grands du génie des lâles. — Sa 
Defcription, I^gL XV, ^55. 

Roi djls cailles f^^oyei Râle de terre. 



OÉNATEUR. Voyôi ?»ToUETTE blanche. 
S M I R R I N G , oifeau qui paroît appartenir au 

genre de la poule d'eau, Fol. XV, 279.'— Sa 

defcription d'après Gefner , 284). 

Société. Ccmparailon de la focîété des ani- 
maux quadrupèdes & de celle des oifeaux^ 
Fol, XV, 114. — Exemples à ce fujet, 115. 

Stercoraire. Foyei Labbe. 

Strundjager. Fojei Labbe. 



Iambilagan. Voyei Petits Mouette 
cendrée, FGliimeXV'i^ 227. 

TaTTARET. Foyex PETITE MOUETTB 
cendrée, Folume XVI) 227. 

TiKLiN hn/n; efpèce de raie. — Sa defcrip- 
tion, Volume XV , 248. 

TlKLiN à collieT ; autre efpèce de rfJe des 
Philippines. — Sa defcription, f/'ol. XV, 250. 

T I K L I N rayé ; fa grandeur & fa defcription, 
«— Volume XV ^ 249. '• 



cxlviij 



Ta BLE 



T I X L 1 N s , oifeaux du genre des lâîes , dont 
on connoît quatre efpèces qui fe trouvent aux 
Philippines. — Defcription deia première efpéce 
de tiklin, Vol. XV, 247, 

Tourne-pierre; oifeau de rivage ainfi nom- 
mé, parce qu'il a i'habitude iinguiiére de re- 
tourner les pierres pour trouver de (Tous ies vers 
& ies infedes dont ii fait fa nourriture, Fo- 

. lame XV , 201. — Manière dont iî exécute ce 
mouvement, & retourne des pierres qui pèfent 
jufqu'à trois iivres ^ quoiqu'il foit très-petit, 
n'étant tout au plus que de la groiTeur de ia 
maubèche, 202. —Defcription de fon bec & 
des autres parties extérieures de fon corps & 
de fon plumage, 2,03. — L'efpèce du tourne- 
pierre eft commune aux deux continens ; on en 
trouve fur les côtes occidentales de l'Angle- 
terre ; ces oifeaux vont en petites compagnies 
de trois ou quatre, & c'eft probablement le 
tourne - pierre qu'on a nommé bum fur nos 
côtes de Picardie, 204. — L'efpèce , quoique 
très -peu nombreufe, eft Tepandue dans pref- 
que tous ies climats des deux continens, 205. 

Tourne -pierre gris de Cayeum , eîl une 
variété de notre tourne-pierre , FoL XV , 205. 

V 

Vanneau; étymologie de ce nom, qui fe 
rapporte au battement bruyant & fréquent des 
ai'es de cet oifeau , VoL XV , 76 & fuh. — Sa 
defcription , 78. — Il a aufîi été appelé dix- 
huit dans piufîeurs de nos provinces ^ parce 



DES MATIÈRES. CXÎix 

que ces deux fyîîabes prononcées foiblemenC 
expriment allez bien fon cri. — Ha les aiies 
très- fortes. — Il vole long - temps de fuite & 
très-haut ; fes autres mouvemens & habitudes na- 
turelles, y^oL XV, 79. — Les vanneaux arrivent en 
grandes troupes dans nos prairies au commen- 
cement de mars, par le vent du fud, après un 
dégel. — lis fe nourrififent de vers qu'ils font, 
fortir de terre en la frappant de Ieu:s pieds ^ 
805 81. — Ifs ne fe îaifîent approcher que dif- 
ficilement, ibid. — Ils forment une grande & 
nombreufe fociété dans les mêmes lieux , & 
cette focic'té ne fe rompt que quand la cha- 
leur de ia faifon commence à fe faire fentir, 
& deux ou trois jours fuiiifent pour que toute 
ia troupe fe fépare par couples qui vont nicher 
ailleurs. — Les femelles font leur ponte en 
avril 5 elle eft de trois ou quatre œufs oblongs, 
d'un vert fombre fort tacheté de noir ; elles 
les dépofent dans les marais fur les petites buttes 
ou mottes de terre élevées au-deifus du niveau 
du terrein ,82. — Les œufs font bons à man- 
ger. — Le temps de l'incubation ed: de vingt 
jours, 83. — Les petits courent dans Fherbe 
deux ou trois jours après leur nailTance aufli 
vice que les perdreaux , 84. — lis font alor$ 
couverts d'un duvet noirâtre , voilé fous de 
longs poils blancs ; & , dès ie mois de juillet, ils 
entrent dans la mue & prennent leurs vraies 
couleurs. — C'eft alors qu'ils commencent à fe 
raifembler pour ne plus fe féparer que dans le 
temps des nichées fuivantes ; ils forment des 
troupes de cinq ou fîx cens, les vieux méië§; 
avec h^ jeunes. — - Ces olfeaux paroiiient ixx^ 



al T A B L n 

incon flans & ne fe tiennent guère plus de vingt- 
quatre heures dans le même canton, mais c'eft 
par nécefilté qu'ils changent de lieu lorfqu'iis 
en ont épuiré {es vers qui font leur pâture , 
Fol. XV , 85. — Ils font très-gras en automne 
au mois d'odobre, ibid. — Le vanne.\w fe f^ouve 
au Kamtfchatka comme en Europe ; fes habi- 
tudes naturelles & fes migrations y font les 
mêmes, 87. —Et l'on peut croire avec Eélon , 
que refpèce en ell: répandue prefque par-tout. 

— Manière d'en faire la cbaffe , 88, — En 
France, elle fe fait dans le mois d'o6lobre,':Sc 

• en novembre en Italie où ils féjournent pen- 
dant l'hiver. — Le vanneau efl: un bon gibier. 

— Defcription de fes parties intérieures , 89. 

— Il a les oreilles placées plus bas que les 
autres oifeaux — Le maie & la femelle font de 
même grandeur ; ifs différent feulement par 
quelques nuances dans les couleurs , qui , dans 
la femelle , font plus foibles ; fa huppe eft aulli 
plus petite que celle du mâle , en forte qu'il 
paroît avoir la tête plus grolfe & plus arron- 
die que la femelle, 90. — Defcription du plu- 
mage qui varie alTes fouvent d'un individu à 
l'autre 5 91. — Defcrîptï43n du bec & des au- 
tres parties extérieures, — Dimenfion de Toi- 
feau. — On peut garder le vanneau en do- 
mefricité; manière de le nourrir, 92. — Il paroît 
n'avoir qu'un inilind fort obtus, 93. 

Vanneau armé de Cayeime ; fes reiTembîances 
6c fes différences avec notre vanneau d'Euro De. 

— Sa defcription 5 Fol, XV, 105. 

VaK-N'ÎSA-u armé de la Louijîcne ; i\ eft mcnns 



BE s Ma t là RE s. cl) 

grand que le vanneau armé du Sénégal, mais 
Ton arme ell pfus forte , & il a les pieds plus 
ioiigs à proportion. — Sa defcription , l^oL XV 5 
Î03. — Le vanneau armé de Saint Domingue, 
donné par M. Briflon^ nous paroît être une 
variété de cette efpèce , 104. 

V A N N E A U armé des Indes orientcles ; fes ref- 
femblances & fes diETérences avec notre van- 
neau ; fa defcription. Fol. XV , ici 5 102. 

VANNJ2A1J armé du 'Cliily; ii paroît être de 
tous ies vanneaux le plus fortement armé, car 
Frézier dit que les éperons ou ergots qu'il porte 
au pji de l'aile ont jufqu''à un pouce de lon- 
gueur; ce vanneau du Chiiy eft aufii criard que 
celui du Sénégal, Vol, XV, ic6. 

Vanne au armé du Sénégal ; il eft gros comme 
le .vanneau commun ,' mais fort éiev.é fur fes 
jambes. — Defcription des parties extérieures 
& du plumage de cet oifeau , V^oL XV, 98. 
^- — Cet oifeau eil encore plus criard que ie 
vanneau d'Europe , & vraifemblablement il ell 
plus guerrier , parce qu'il ed pourvu de deux 
éperons aux épaules qui lui fervent d'armes 
otfenlîves, 99, ipo. 

Vanneau- PLUVIER , c'eft le pluvier gris de 
Bélon, & ii reflemble autant au pluvier qu'au 
vanneau ; fes différences &; fes relie mblances avec 
l'un ^ l'autre, Vol, XV, 107. — Le genre 
du pluvier & celui du vanneau fe rapprochent 
ii fort dans leurs efpèces , qu'ils paroiifent ne 
compofer qu'une grande famille commune. — - 
Les Naturalises ont appelé celui-ci tantôt van- 
iieau, tantôt pluvier-, & c'eft par ceite raifoû 



cUj 



Table, &c. 



cjue nous l'avons nommé vanneau-plumr.' — C^eft 

mal-à- propos que ies oifeleurs Pont appelé/?/^. 

vier de mer, car il va fur terre & de compagnie 

avec les piuvieis ordinaires, Vol. XV, 108, 

109. — Sa grandeur, fa figure , fes couleurs, 

lio. — Il fe trouve dans les terres de i'État 

de Venife , où on le nomme fquatarola ; il fe 

trouve auffi en Siiéfie & fur le bas Danube , 

ainii qu'en Pologne & enÉcolfe;!! paroît que 

ce vanneau- pluvier efl: le même oifeau que (e 

vanneau brun de Schwenckfeld , m. — Et-Ie 

vanneau varié de M. BrifTon elt d^une efpéce 

très - voiline de celle - ci , 1 1 2. 

Vanneau Suijjè ; ,îi eft à - peu - près grand 
comme le vanneau commun. — Sa defcription, 
J^oL XV, 95. — Cet oifeau ne fe trouve pas 
exclufîvement en Suifîe, & fe voit quelque- 
fois dans nos contrées, mais en troupes peu 
nombre ufes, 96. 

Y 

JL AC APITZAHOAG , oifeau du Mexique du genre 
des grèbes, mais dont Tefpèce n^eft pas déter- 
minée, Fol, XV y 370, 371. 



Fin de la Table des Matières^ 



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